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Perì Suntáxeōs

Apollonius Dyscole

DomaineTradition occidentale: grec et latin
SecteurGrammaires grecques antiques [1105]
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A. Schmidhauser (Apollonius' Works in Greek)

Auteur(s)

Apollonius Dyscole

Variantes: Apollonios Duskolos

Datation: 1re moitié du 2e s.

Professeur à Alexandrie; formé dans la tradition de la philologie aristarchéenne, son œuvre n'est pas celle d'un grammatikos (philologue qui édite et commente des textes), mais d'un technikos (grammairien qui vise une étude systématique de la langue grecque): auteur de nombreuses monographies qui couvraient l'ensemble du champ linguistique, de la phonétique à la syntaxe; son souci majeur: rendre raison des faits, ceci dans le cadre d'une conception analogiste du langage. Maître incontesté de la syntaxe antique.

Titre de l'ouvrageApollōníou Alexandréōs Perì Suntáxeōs
Titre traduitApollonii Dyscoli de Constructione (Apollonius Dyscole, De la construction)
Titre courtPerì Suntáxeōs
Remarques sur le titre
Période|2e s.|
Type de l'ouvrageTraité raisonné des règles qui président à l'assemblage correct des mots en phrases.
Type indexéSyntaxe
Édition originaleDate de composition: milieu 2e s. p.C. Première éd. impr.: 1495 (Alde, Venise).
Édition utilisée1910, Leipzig, Teubner. [= Grammatici Graeci II 2, G. Uhlig éd.].
VolumétrieFormat in-8°; LXXVII + 544 pages Texte grec: env. 450 000 signes.
Nombre de signes450000
Reproduction moderneGrammatica Graeci II 2, 1979, Hildesheim, Olms (reproduction de l'édition de 1910).
DiffusionManuscrits: une quinzaine signalés, dont 4 utilisés dans l'édition de référence (du 11-12e au 15e s.). Éditions: 1495 [supra]; 1515 (Florence, Junte); [1535 (Saint-Denis, J. Cheradamus): livre I seulement, reproduction de l'éd. juntine]; 1590 (Francfort, F. Sylburg [avec une tradition latine de F. Portus]); 1817 (Berlin, I. Bekker). Traductions: 1877 (Berlin, A. Buttmann [all.]); 1981 (Amsterdam, F.W. Householder [ang.]); 1987 (Botas, V. Bécares [esp.]); 1997 (J. Lallot [fr.]).
Langues ciblesGrec
MétalangueGrec
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageLivre I: après des généralités introductives (dont le rappel de la théorie des huit parties du discours, § 12-36), construction de l'article ('article prépositif', 37-141) et du relatif ('article postpositif', 142-157)-L. II: construction des pronoms. - L. III: a) théorie du solécisme (1-53); b) construction du verbe (modes, diathèses, constructions avec les divers cas obliques, 54-190). L. IV: construction des prépositions (essentiellement, distinction entre composition et juxtaposition). (On admet généralement que la fin du livre, peut-être en partie conservée dans la section finale des Adverbes (une dizaine de pages), traitait de la construction des adverbes et des conjonctions).
Objectif de l'auteurProlonger ses monographies antérieures consacrées aux parties du discours individuelles en décrivant les assemblages corrects auxquels elles se prêtent, en rendant compte rationnellement du correct et de l'incorrect.
Intérêt généralPremier ouvrage de syntaxe de la tradition occidentale à nous être parvenu, le traité d'Apollonius est lui-même tributaire d'une tradition antérieure qu'il reflète par endroits (polémique contre Tryphon, Habron et contre des anonymes). Riche d'analyses pénétrantes (fonctionnement de la déixis et de l'anaphore, structure diathétique des énoncés, description des modes verbaux, théorie du solécisme) et d'intuitions prometteuses (amorce d'une théorie aspectuelle du verbe, tentative d'interprétation unitaire raisonnée de l'emploi des cas obliques), la syntaxe d'Apollonius reste un domaine peu théorisé et dont l'autonomie propre, entre la sémantique et la morphologie, n'est que faiblement mise en valeur: le concept de fonction n'est pas vraiment dégagé.
Parties du discoursComme l'indique le plan, l'étude de la construction est menée partie du discours par partie du discours; ainsi est mis au jour ce qui, dans la combinatoire de chacune d'elles avec les autres, exprime ce qui fait sa spécificité (anaphore du déjà connu et accompagnement du nom pour l'article, déixis/anaphore et remplacement du nom pour le pronom, énonciation modalisée et organisation actancielle de la phrase pour le verbe…). La syntaxe d'Apollonius est largement une syntaxe des parties du discours.
Innovations term.Difficiles à apprécier compte tenu de l'ignorance où nous sommes des œuvres antérieures et contemporaines. On peut toutefois raisonnablement penser que, si Apollonius n'a pas inventé un terme comme katallēlōtēs "convenance mutuelle, congruence", il a fortement contribué à en faire un concept syntaxique majeur.
Corpus illustratifNombreux exemples, en partie littéraires (en très grande majorité tirés des épopées homériques, très peu de citations d'œuvres en prose), en partie inventés (ces derniers plus ou moins naturels: peuvent être du "langage de grammairien", paraphrases à la limite de la grammaticalité destinées à faire apparaître la logique cachée de l'énoncé banal).
Indications compl.
Influence subieTradition grammaticale alexandrine antérieure, à peu près inconnue pour la syntaxe; ouvrages de référence: Apollonius se situe expressément, le plus souvent de manière critique, par rapport aux grands philologues alexandrins (Zénodote, Aristophane de Byzance et surtout Aristarque) et par rapport à des prédécesseurs technikoí (surtout Habron et Tryphon). Il cite à l'occasion, à titre documentaire plutôt qu'à des fins argumentatives, les philosophes stoïciens (jamais d'autres philosophes). Enfin il lui arrive assez souvent de mentionner et de critiquer l'opinion d'auteurs anonymes ('certains'); pas d'influence revendiquée, Apollonius insistant surtout sur son originalité par rapport aux 'autres' qui, selon lui, tendent à se satisfaire d'une accumulation d'exemples (paráthesis), tandis que lui met au premier plan le raisonnement (lógos) sur les constructions; influence implicite, inscription dans une tradition: double dette évidente envers la tradition philologique alexandrine (au premier chef Aristarque) et envers la tradition logique (surtout stoïcienne).
Influence exercéeLe traité d'Apollonius s'est imposé comme la référence par excellence en matière syntaxique, dans l'occident latin, via Priscien, jusqu'aux modistes, à Byzance, jusqu'à la Renaissance (scholiastes de Denys le Thrace, Chœroboscos, Michel le Syncelle, Grégoire de Corinthe, Planude, Gaza…) et au-delà.
Renvois bibliographiques→ Références
Blank D. L. 1982; Blank D. L. 1993; Blank D. L. 2000; Camerer R. 1965; Donnet D. 1967; Egger É. 1854; Hahn E. A. 1951; Julien J. 1985; Lallot J. 1983; Lallot J. 1985; Lallot J. 1986; Lallot J. 1988; Lallot J. 1995; Lallot J. 2001; Lallot J. 2003; Lallot J. 2003; Lallot J. 2009; Lambert F. 1985; Lambert F. 1986; Lambert F. 2003; Lange L. 1852; Schoemann G. F. 1862; Schoemann G. F. 1871; Skrzeczka R. 1853; Skrzeczka R. 1855; Swiggers P. & Wouters A. 2003
Rédacteur

Lallot, Jean

Création ou mise à jour2003 | 1998