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Grammatike Tes Koines Ton Ellenon Glosses

Sophianos, Nicolas

DomaineTradition occidentale: grec et latin
SecteurGrammaires grecques antiques [1115]
Auteur(s)

Sophianos, Nicolas

Variantes: Nikolaos Sophianos

Datation: Début du 16e s.-1566

Né à Corfou, de famille noble; élève du collège grec du Quirinal, à Rome, ca. 1515-1516. Il fréquente les cercles d'humanistes hellénistes des cardinaux Ridolfi et Cervini. Il copie divers manuscrits grecs pour des humanistes italiens. Ouvrages divers: Description de la Grèce, traité Sur l'astrolabe à sept anneaux, etc. En 1543, il est envoyé en mission en Thessalie et à l'Athos par D. H. de Mendoza, pour rapporter des manuscrits grecs. Avec le Pédagogue du pseudo-Plutarque, Sophianos donne la première traduction d'un auteur ancien en grec vulgaire (imprimée à Venise en 1545). Le grec de cette traduction est plus conservateur que le grec décrit dans sa grammaire. Il emploie dans sa traduction des participes et infinitifs anciens, formes qui avaient disparu de la langue vulgaire. Vers 1544-1545, il fonde une imprimerie à Venise. En 1562-1563, à Padoue, il révise et annote une édition aldine de la Syntaxe d'Apollonius, en collaboration avec N. Ellebode.

Titre de l'ouvrageNikolaou Sophianou Grammatike Tes Koines Ton Ellenon Glosses
Titre traduitNicolas Sophianos, grammaire du grec vulgaire
Titre courtGrammatike Tes Koines Ton Ellenon Glosses
Remarques sur le titreSous-titre du texte qui nous est parvenu: Grammatikes eisagoges biblion proton [Introduction à la grammaire, livre premier].
Période|16e s.|
Type de l'ouvrageTraité élémentaire de grec vulgaire (lettres, parties du discours, tableaux de flexion). La préface latine, adressée au Cardinal de Lorraine, fait état de deux autres parties, pratiquement achevées: une Orthographe et une Syntaxe [perdues].
Type indexéGrammaire élémentaire
Édition originaleDate de composition: peu avant 1550. Première éd. imprimée: Émile Legrand éd., 1870, Athènes, Pandora (= Collection de monuments pour servir à l'étude de la langue néo-hellénique, n° 6, Paris, Maisonneuve).
Édition utilisée1874, Athènes, Coromilas et Paris, Maisonneuve. Rééd. de l'éd. de Legrand 1870, reproduite dans N. Sophianou, Grammatike tes koines glosses (avec introd. de Th. Ch. Papadopoulos), Athènes, Kedros 1977, p. 167-254.
VolumétrieIn-8°; nombre de pages: 52 (pour l'essentiel: tableaux).
Nombre de signes40000
Reproduction moderne1874, Athènes, Coromilas et Paris, Maisonneuve. Rééd. de l'éd. de Legrand 1870, reproduite dans N. Sophianou, Grammatike tes koines glosses (av. introd. de Th. Ch. Papadopoulos), Athènes, Kedros 1977, p. 167-254. Vernant 1990 a fait une transcription diplomatique du manuscrit de Paris (thèse à paraître).
DiffusionDeux manuscrits: Parisinus gr. 2592, considéré par Legrand comme un autographe de Sophianos (contesté par Vitti 1966, p. 21); Ottobonianus gr. 173 (f. 1-50). L'hypothèse de Moustoxydis (1843, p. 249), retenue par Papadopoulos (1977, p. 159), que la syntaxe se trouverait dans un manuscrit à Venise (Theup. Graec. Bibl. D. Marci cd. 492), est très faible, cf. Stoppie à par. (a), p. 2-3.
Langues ciblesGrec (vulgaire)
MétalangueGrec (vulgaire)
Langue des exemplesGrec (vulgaire)
Sommaire de l'ouvrageLettres (voyelles, diphtongues, consonnes). Phrase: ses huit parties. Nom (définition; nom propre et nom commun; accidents). Diacritiques. Article (déf.; flexion). Flexion des noms (parisyllabiques: 6 déclinaisons, imparisyllabique, 1 déclinaison fourre-tout). Numéraux (cardinaux). Dérivés (7 espèces: possessif, comparatif-superlatif, diminutif, dénominal, déverbal, patronymique). Espèces (propre, appellatif, adjectif, etc.). Noms hétéroclites. Verbe (définition, accidents, dont 5 diathèses). Conjugaisons (6: 4 barytones, 2 circonflexes; brève présentation, puis tableaux de conjugaison). Participe (définition, emploi, formes). Pronom (définition; espèces: primaire [= personnel], possessif, démonstratif, appositif, composé [= réfléchi]; tableaux des formes). Préposition (définition, composition/juxtaposition, énumération). Adverbe (définition, énumération des classes sémantiques). Conjonction (définition, énumération classée). Postface.
Objectif de l'auteurPréface: décrire, à des fins pratiques de communication en pays hellénophone, une langue vulgaire qui n'est pas (minime) inférieure au grec ancien. Postface: mettre à la portée des jeunes (et même des femmes) l'apprentissage d'une langue grecque qui leur donnera accès aux autres grandes disciplines de culture (rhétorique, logique, philosophie), sur lesquelles l'auteur se propose d'écrire des ouvrages comparables en langue vulgaire.
Intérêt généralPremier monument de la grammatisation de la langue grecque vulgaire, rédigé lui-même dans cette langue par un humaniste qui en maîtrise aussi la forme savante.
Parties du discoursTraitement des parties du discours traditionnel (cf. Denys le Thrace). On note toutefois que les définitions des parties du discours sont très pauvres, sèchement formelles (seule celle du nom comporte une indication sémantique). L'inclusion de l'article dans le traitement du nom est significatif à cet égard: l'article est un satellite du nom. En fait, le classement en parties du discours n'est qu'un cadre commode pour classer une information essentiellement morphologique (flexions): le livre n'est pas fait pour apprendre la grammaire, il est destiné à des étrangers qui la connaissent déjà et veulent apprendre le grec (vulgaire).
Sophianos a adapté la définition traditionnelle du participe, probablement pour convenir plus à la nouvelle morphologie, mais son chapitre n'est pas cohérent, cf. Stoppie à par., p. 5-8.
Comparée à la définition de l'adverbe chez Denys le Thrace, la définition de Sophianos est remarquable. Elle représente une "interprétation" de la définition de Denys qu'on trouve déjà dans des papyrus et dans des scholies à la Technè. Cette même interprétation du texte de Denys a été adoptée par Di Benedetto 1959, 111, mais contestée par Lallot 1998, p. 221-222.
Innovations term.Peu importantes (le vocabulaire technique est fondamentalement celui de la Technè). La plus remarquable concerne le nouveau relatif invariable ópou "qui est soit un 'article postpositif' [désignation reçue de l'ancien relatif fléchi ós], soit un 'nom anaphorique non fléchi'" (p. 76). Dans les tableaux des formes, on retrouve ce mot classé aussi comme 'pronom primaire de troisième personne' (p. 77-78). Si on accepte que ópou est bien ici le pronom et pas l'adverbe ('où'), on peut envisager deux possibilités: ou bien Sophianos a vu que ópou remplace un nom, et répond donc à la définition du pronom, mais il n'est pas allé jusqu'à introduire une sous-classe de 'pronoms relatifs'; ou bien il a fautivement interprété le pronom personnel archaïque hós, rangé par Lascaris dans la classe des pronoms primaires, comme le pronom relatif isomorphe.
On note également une tendance à la prolifération des sous-classes (sémantiques) d'adverbes, dont quelques-unes ne sont pas connues par ailleurs, par ex. adverbes d'expulsion ('hors d'ici!'), de dissimulation ('en cachette'), de soustraction ('rarement', à peine') etc. (p. 82).
Corpus illustratifPratiquement limité aux formes choisies pour illustrer les flexions. Sauf Andréas et María (p. 36), toutes les formes nominales et verbales choisies sont communes avec le grec ancien.
Dans le chapitre sur l'adverbe il y a plusieurs exemples qu'on ne trouve pas dans les dictionnaires principaux et qui semblent être des formes dialectales.
Indications compl.La stabilité terminologique entre en conflit avec certaines transformations structurelles profondes de la langue. Quelques exemples: après la disparition du datif morphologique, l'ancienne forme de génitif, en raison du syncrétisme des fonctions, est désignée comme 'génitif et datif'; après la disparition de l'infinitif, l'appellation 'infinitif' demeure, appliquée à la périphrase na + subjonctif qui tient lieu fonctionnellement de l'ancien infinitif; le participe, dont la morphologie s'est gravement appauvrie, est présenté comme une forme brachylogique dont la langue vulgaire se passe en la remplaçant par une relative (p. 76).
Influence subieCelle des grammaires grecques de la Renaissance (M. Chrysoloras, Th. Gaza, C. Lascaris). Sophianos a plusieurs sous-classes de l'adverbe en commun avec le traité attribué (à tort?) à Théodose d'Alexandrie (4e-5e s.), mais pour les autres chapitres l'influence éventuelle doit encore être établie.
Pas d'ouvrages de référence; pas d'influence revendiquée. Influence implicite, inscription dans une tradition: celle de la tradition alexandrine, byzantine, renaissante.
Influence exercéeL'influence exercée est encore à étudier. Dans son commentaire de la grammaire de Simon Portius (éd. 1638, description du grec vulgaire en latin), W. Meyer (1889) compare la langue décrite et le système de description avec ceux de Sophianos, mais Sophianos n'est pas cité comme source.
Renvois bibliographiques→ Références
Ilioudis G. N. 1989; Irmscher J. 1996; Katsouda G. 2002; Kavvadias S. A. 1981; Klairis C. 1993; Layton E. 1994; Legrand É. (éd.) 1874 {introduction, p. 5-31}; Mavroidi P. 1975; Moustoxydis A. 1843; Nicolas Sophianos 1874; Pandis D. G. 1964; Pandis D. G. 1964; Sathas K. N. 1870 {p. 11-15}; Stoppie K. 2007; Stoppie K. 2007; Tsopanakis A. G. 1982 {p. 125-126}; Vernant M. 1990; Vitti M. 1966; Vitti M. 1966 {introduction, p. 20-21, 30-34}; Ziogas P. C. 1974
Rédacteur

Lallot, Jean · Stoppie, Karen

Création ou mise à jour2002 | 1998