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Aristarchus, siue de arte grammatica libri septem

Vossius, Gerardus Johannes

DomaineTradition occidentale: grec et latin
SecteurGrammaires latines humanistes [1257]
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Auteur(s)

Vossius, Gerardus Johannes

Datation: 1577 - 17 mars 1649

Érudit et philologue hollandais, né près de Heidelberg, mort à Amsterdam. Il fut engagé dans les querelles théologiques de son temps à cause de son Histoire du Pélagianisme (1618). Il fut directeur du Collège de Dordrecht, directeur du Collège des États à Leyde (1615), titulaire de la chaire d'éloquence et d'histoire à Leyde (1622), titulaire d'une chaire d'histoire à l'Académie d'Amsterdam (1630; il l'occupa réellement en 1633). Écrivain prolifique, auteur d'ouvrages de rhétorique, de philosophie, d'histoire, de théologie, de grammaire latine et grecque. Son ouvrage Gerardi Joannis Vossii Aristarchus, siue de arte grammatica libri septem constitue le premier volet d'une trilogie qui comprend aussi les De uitiis sermonis et glossematis latino-barbaris libri quattuor (1645) [devenus 9 livres dans l'édition de 1695] et un Etymologicon linguae Latinae (1662).

Titre de l'ouvrageGerardi Joannis Vossii Aristarchus, siue de arte grammatica libri septem
Titre traduitAristarque, ou six livres au sujet de l'art grammatical, par Gérard-Jean Vossius
Titre courtAristarchus, siue de arte grammatica libri septem
Remarques sur le titre
Période|17e s.|
Type de l'ouvrageSomme philologique et grammaticale.
Type indexéSomme grammaticale
Édition originale1635, Amsterdam, G. Blaeu (sous le titre De arte grammatica libri septem).
Édition utilisée3e éd., 1695, Amstersdam, ex typographia P. & I. Blaeu, prostant apud Ianssonio-Waesbergios, Boom, à Someren, & Goethals; tome II des Opera in sex tomos diuisa (1695-1701).
Volumétrie[18] + 468 pages [en 2 col.] + index [37 p. en 3 col.]; 7000 signes par page.
Nombre de signes3600000
Reproduction moderne
Diffusion2e éd. 1662, Amsterdam, J. Blaeu, sous le titre Aristarchus, siue de arte… (titre gardé par la suite); 4e éd. 1833, Halle, livres 1-3, éd. critique par C. Foertsch; 1834, Halle, livres 4-7, éd. critique par F. A. Echstein; trad. hollandaise, 1680, Gouda.
Langues ciblesLatin
MétalangueLatin; nombreuses citations grecques (traduites); lettres et termes hébraïques.
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageDédicace au fils de Charles I d'Angleterre. Au lecteur. Épigramme d'H. Grotius. Livre I [p. 1-55; 44 chap.]. chap. 1-7: la grammaire et ses subdivisions; 8-41: la lettre: origine, voyelles, problèmes posés par certaines lettres; 42-44: orthographe. Livre II [p. 56-110; 40 chap.]: chap. 1-2: la syllabe; 3-4: la diphtongue; 5: groupes de consonnes; 6-10: l'accent; 11: l'esprit; 12-41: quantité des syllabes. Livre III = Livre I du "De l'analogie et de l'anomalie des mots" [p. 111-206; 48 chap.]: chap. 1-4: définition de l'analogie, du mot; nombre, définitions et accidents des parties du discours; 5: l'anomalie; 6-8: subdivisions et accidents du nom; 9-36: le genre; 37-44: le nombre; 45-8: le cas. Livre IV = Livre II du "De l'analogie…" [p. 207-269; 34 chap.]: chap. 1: la déclinaison (au sens large); 2-21: les 4 déclinaisons; 22-27: comparatifs et superlatifs; 28-34: les dérivés. Livre V = Livre III [p. 270-331; 47 chap.]: chap. 1: définition du verbe; 2-7: le "genre" [la voix] du verbe: 8-17: les modes; 18: nombre des conjugaisons; 19-34: formation des prétérits et supins, imparfaits et futurs; 35: verbes à double conjugaison; 36-42: verbes anomaux, défectifs, impersonnels; 43-6: l'espèce (dérivation); 47: la figure (composition). Livre VI = Livre IV [p. 332-365; 28 chap.]: chap. 1-9: le pronom; 10-15: le participe; 16-21: l'adverbe; 22-4: la préposition; 25-7: la conjonction; 28: l'interjection. Livre "de la construction du discours" (Livre VII) [p. 366-468; 79 chap.]: chap. 1: objet de la syntaxe, définition de l'oratio; chap. 2-6: les accords du nom; 7-17: régime du nom; 18-20: les accords impliquant le verbe; 21-49: le régime du verbe; 50-54: construction de l'infinitif, du gérondif, des supins; 55-59: construction des pronoms; 60: du participe; 61-64: de l'adverbe; 65-66: de la préposition; 67-68: de la conjonction; 69: de l'interjection. Index [non exhaustif] des questions traitées, des auteurs cités et des erreurs des prédécesseurs.
Objectif de l'auteurConcevant sa grammaire comme une ars, Vossius entend donner une analyse complète du latin, en tenant compte des travaux de ses prédécesseurs, en recherchant l'analogie dans la langue (comme le montre le titre Aristarque), mais avec un grand respect pour l'usus et un rare souci d'exhaustivité.
Intérêt généralReprésentant une somme d'érudition sans égal dans la période classique, l'Aristarchus est une œuvre majeure de la tradition latine, conçue pour l'essentiel dans la perspective d'un aristotélisme néo-scolastique, mais intégrant certaines données de l'analyse sanctienne.
Parties du discoursReconnaissance des 8 parties du discours traditionnelles définies de façon simplifiée sur une base sémantique à fondement aristotélicien (III, 3, p. 116). Innovations terminologiques: peu nombreuses (par ex. utilisation de subiectum / praedicatum à la place de suppositum / appositum [Padley 1976, p. 122, note 2]). L'ouvrage constitue plutôt un réservoir de toute la terminologie utilisée depuis l'Antiquité.
Innovations term.
Corpus illustratifTrès abondant, avec indication précise des références.
Indications compl.Traitement étendu de la phonétique et de la morphologie. Grammaire savante sans visée pédagogique; compilation critique sans équivalent à cette date de tout ce qui a été écrit sur la grammaire dans l'Antiquité et dans l'Humanisme.
Influence subieLes ouvrages de référence sont les grammatici latini; les grammairiens humanistes (en particulier Jules-César et Joseph-Juste Scaliger). Vossius revendique l'influence d'Aristarque, comme grammairien analogiste (la partie centrale de l'ouvrage est appelée "De l'analogie des mots et de l'anomalie"). L'ouvrage s'inscrit dans toute la tradition antérieure; l'influence d'Aristote est sensible dans les définitions des parties du discours et dans l'organisation rationnelle de la matière, alors que Varron apporte sa conception germinatoire du lexique. Pour la syntaxe, Vossius doit beaucoup à Sanctius et à Scioppius (utilisation de l'ellipse, recours à quelques schémas canoniques simples), mais ne reconnaît que partiellement sa dette à leur égard; il conteste souvent le point de vue de ses prédécesseurs (utilisation de refellere "réfuter"), mais sur des points de détail et sans révolutionner l'acquis de la tradition.
Influence exercéeL'Aristarchus devient l'ouvrage de référence jusqu'au 18e s. pour l'Allemagne et la Hollande et influence en particulier: les grammairiens flamands L. C. Valckenaer (1715-1785), D. van Lennep (1724-1771), T. Hemsterhuis (1685-1766) qui a un regard critique; le Lancelot de la Nouvelle Méthode latine; Perizonius (qui cite 179 fois Vossius dans son commentaire de la Minerve de Sanctius [Rademaker 1988, p. 119]).
Renvois bibliographiques→ Références
Chevalier J.-C. 1968; Colombat B. 1993 {p. 261-270}; Colombat B. 1999; Mouchel C. & Nativel C. 1997; Noordegraaf J. 2009; Padley G. A. 1976 {p. 118-132}; Rademaker C. S. 1967; Rademaker C. S. 1981; Rademaker C. S. 1988
Rédacteur

Colombat, Bernard

Création ou mise à jour1999 | 1998