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Hypomneses de Gallica lingua

Estienne, Henri

DomaineGrammaires françaises, remarques et traités sur la langue française
SecteurGrammaires françaises du 16e s. [2213]
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e-rara (éd. 1582)

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Auteur(s)

Estienne, Henri

Variantes: Estiene

Datation: ca 1528/1531-1598

Né à Paris, Henri Estienne apprend le grec et le latin dès son enfance et est formé à l'édition de textes anciens par son père, Robert Estienne. De 1549 à 1552, il séjourne en Italie où il collationne des manuscrits. Il rejoint ensuite son père installé à Genève depuis 1550 et prépare avec lui de nombreuses éditions d'auteurs classiques ainsi que les dictionnaires latins. En 1558, il fonde à Genève sa propre maison d'édition qu'il fusionnera avec celle de son père après la mort de celui-ci en 1559. Il publie les œuvres d'Eschyle, Pindare, Sextus Empiricus, Thucydide, Hérodote, Diogène Laërce, Plutarque, Platon, Varron, Horace, Virgile, Théocrite, Pline le Jeune, Aulu-Gelle et Macrobe, ainsi que le Thesaurus Graecae linguae (1572). Henri Estienne semble avoir pu circuler assez librement entre la France, la Suisse, l'Italie et l'Allemagne. Mais son Traité préparatif à l'apologie pour Hérodote (1566) lui valut l'hostilité des Parisiens et la censure du Conseil de Genève. Estienne a voyagé constamment, surtout dans le but de vendre ses livres dans les foires annuelles comme celles de Lyon et de Francfort. Il a souvent séjourné en Allemagne, où il avait de nombreux correspondants et protecteurs, et à Paris où il s'occupait toujours de l'imprimerie familiale. Ses deux principaux soutiens financiers ont été Ulrich Fugger et Henri III. Son fils Paul lui succéda à Genève, et l'une de ses deux filles, Florence, était mariée à Isaac Casaubon. Henri Estienne est mort à Lyon en 1598. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages en français et en latin touchant les langues, entre autres Traicté de la conformité du langage françois avec le grec (1565), De latinitate falso suspecta (1576) et Précellence du langage françois (1579), dans lesquels il compare le français au latin, au grec et à l'italien. À partir de 1570, il s'intéresse à la pratique du latin vivant et en critique l'enseignement dans des pamphlets. Il fait la promotion de la connaissance du français et de son enseignement, et se moque de la mode italianisante. Il traduit en latin la grammaire de Robert Estienne, et compose plusieurs ouvrages sur le français parmi lesquels on peut citer Deux Dialogues du nouveau langage françois italianizé (ca 1579), Hypomneses de Gallica lingua (1582), Les prémices, ou le premier livre des proverbes épigrammatisés (1595).

Titre de l'ouvrageHypomneses de Gall. lingua peregrinis eam discentibus necessariae: quaedam vero ipsis etiam Gallis multum profuturae, Inspersa sunt nonnulla, partim ad Graecam, partim ad Lat. linguam pertinentia, minime vulgaria. Autore Henr. Stephano: qui & Gallicam patris sui Grammaticen adiunxit. Cl. Mitalerii epist de vocabulis quae Judæi in Galliam introduxerunt.
Titre traduitSur la langue française, Recommandations nécessaires aux étrangers qui l'apprennent et dont quelques-unes seront fort utiles aussi aux Français eux-mêmes. Y sont entremêlées plusieurs observations sur le grec ou le latin, qui ne sont pas banales du tout. Par Henri Estienne qui y a joint aussi la Grammaire française de son père.
Titre courtHypomneses de Gallica lingua
Remarques sur le titreLe titre latin mentionne une lettre de Claude Mitallier sur les mots hébreux adoptés en français qui fait suite à l'ouvrage principal. Ce texte n'a pas été traduit dans l'édition de J. Chomarat.
Période|16e s.|
Type de l'ouvrageManuel d'apprentissage du français pour personnes cultivées connaissant le latin.
Type indexéGrammaire pour étrangers | Remarques grammaticales | Observations sur la langue | Mémento grammatical
Édition originale1582, Genève.
Édition utilisée1999, Paris, Honoré Champion. Reproduction du texte de l'édition originale, traduction, notes, index et table par Jacques Chomarat.
VolumétrieIn-8°, pièces liminaires, 215-11-109 pages et index. Le texte des Hypomneses s'arrête à la p. 215.
Nombre de signes285200
Reproduction moderneEn fac-similé avec traduction française, par Jacques Chomarat, 510 p. 23 cm.
DiffusionUne seule édition au 16e siècle, 1582 [Genève]; édition et traduction par J. Chomarat,1999.
Langues ciblesFrançais
MétalangueLatin
Langue des exemplesFrançais, latin et grec
Sommaire de l'ouvrageChomarat (1999) distingue quatre parties dans les Hypomneses: 1. phonétique (p. 3-104); 2. étymologie (p. 105-153); 3. parties du discours (p. 154-198) – a) adjectif (p. 154-158), b) pronoms (p. 159-185), c) article (p. 185-190), d) verbe (p. 191-198); 4. conseils et critique des manuels contemporains (p. 199-215).
Objectif de l'auteurPromouvoir l'apprentissage du français chez les étrangers et chez les Français eux-mêmes; montrer la filiation du latin au français dans le vocabulaire usuel; donner quelques règles grammaticales distinctives du français (changement de sens selon la place de l'adjectif; emploi des pronoms personnels et de l'article; sens des temps des verbes); mettre en garde contre certaines grammaires récemment publiées; définir l'usage à suivre. Par les comparaisons avec le latin et surtout le grec on peut penser que le livre visait un public savant.
Intérêt généralComplément de la Grammaire de Robert Estienne dont le livre reproduit la version latine de 1558. Intérêt pour l'histoire de l'enseignement du français langue étrangère, l'histoire de la prononciation et de la norme.
Parties du discoursEstienne reconnaît les 8 parties du discours, plus l'article.
Innovations term.Aucune innovation terminologique, mais emploi de termes savants (syncope, apocope, prothèse, etc.) dans un but pédagogique.
Corpus illustratifLes exemples (surtout lexicaux) viennent en majorité de la langue parlée de niveau courant, parfois comparés à des formes de niveau plus soutenu; des mots, expressions et phrases comparés à leurs équivalents latins et grecs. Exemples d'erreurs tirés des grammaires contemporaines.
Indications compl.Critique sévère de «faux préceptes» donnés par certaines grammaires contemporaines (Pillot, Cauchie, Garnier, Du Vivier) qui ne représentent pas l'usage de «ceux qui parlent le mieux». La section «étymologie» couvre les changements phonétiques responsables de l'évolution des mots latins en mots français. Plusieurs remarques montrent au moyen de permutations des différences de sens importantes entre expressions formées à partir des mêmes mots (par exemple, antéposition ou postposition de l'adjectif, présence ou absence de l'article).
Influence subieOutre les commentateurs classiques comme Varron, Cicéron et Quintilien, qui lui servent de modèles, Henri Estienne s'appuie directement sur les travaux et la conception de l'usage de son père, Robert Estienne, ainsi que sur Joachim Périon (1555). Il met en garde contre les manuels de Pillot, Cauchie, Garnier et Du Vivier, sans nommer les auteurs (Chomarat 1999, p. 15).
Influence exercéeSur le Thresor de la langue françoise tant ancienne que moderne de Jean Nicot (1606).
Renvois bibliographiques→ Références
AA.VV. 1988; Chevalier J.-C. 2006; Chomarat J. (éd.) 1999; Clément L. 1899; Demaizière C. (éd.) 1998; Demaizière C. 2008 {[1983]}; Demerson G. & Jacquetin A. (éd.) 2003; Estienne H. 1565; Estienne H. 1566; Estienne H. 1576; Estienne H. 1578; Estienne H. 1579; Estienne R. 1582; Giard L. 2009; Nicot J. 1606; Trudeau D. 1992; Trudeau D. 2008
Rédacteur

Trudeau, Danielle

Création ou mise à jour2013-04