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De Latinitate Falsò Suspecta

Estienne, Henri

DomaineGrammaires françaises, remarques et traités sur la langue française
SecteurGrammaires françaises du 16e s. [2223]
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e-rara (éd. 1576)

Google Livres (éd. 1576)

Anthonominalie.fr (éd. 1576) – Présentation donnant accès au livre

Auteur(s)

Estienne, Henri

Variantes: Estiene

Datation: ca 1528/1531-1598

Né à Paris, Henri Estienne apprend le grec et le latin dès son enfance et est formé à l'édition de textes anciens par son père, Robert Estienne. De 1549 à 1552, il séjourne en Italie où il collationne des manuscrits. Il rejoint ensuite son père installé à Genève depuis 1550 et prépare avec lui de nombreuses éditions d'auteurs classiques ainsi que les dictionnaires latins. En 1558, il fonde à Genève sa propre maison d'édition qu'il fusionnera avec celle de son père après la mort de celui-ci en 1559. Il publie les œuvres d'Eschyle, Pindare, Sextus Empiricus, Thucydide, Hérodote, Diogène Laërce, Plutarque, Platon, Varron, Horace, Virgile, Théocrite, Pline le Jeune, Aulu-Gelle et Macrobe, ainsi que le Thesaurus Graecae linguae (1572). Henri Estienne semble avoir pu circuler assez librement entre la France, la Suisse, l'Italie et l'Allemagne. Mais son Traité préparatif à l'apologie pour Hérodote (1566) lui valut l'hostilité des Parisiens et la censure du Conseil de Genève. Estienne a voyagé constamment, surtout dans le but de vendre ses livres dans les foires annuelles comme celles de Lyon et de Francfort. Il a souvent séjourné en Allemagne, où il avait de nombreux correspondants et protecteurs, et à Paris où il s'occupait toujours de l'imprimerie familiale. Ses deux principaux soutiens financiers ont été Ulrich Fugger et Henri III. Son fils Paul lui succéda à Genève, et l'une de ses deux filles, Florence, était mariée à Isaac Casaubon. Henri Estienne est mort à Lyon en 1598. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages en français et en latin touchant les langues, entre autres Traicté de la conformité du langage françois avec le grec (1565), De latinitate falso suspecta (1576) et Précellence du langage françois (1579), dans lesquels il compare le français au latin, au grec et à l'italien. À partir de 1570, il s'intéresse à la pratique du latin vivant et en critique l'enseignement dans des pamphlets. Il fait la promotion de la connaissance du français et de son enseignement, et se moque de la mode italianisante. Il traduit en latin la grammaire de Robert Estienne, et compose plusieurs ouvrages sur le français parmi lesquels on peut citer Deux Dialogues du nouveau langage françois italianizé (ca 1579), Hypomneses de Gallica lingua (1582), Les prémices, ou le premier livre des proverbes épigrammatisés (1595).

Titre de l'ouvrageDe Latinitate Falsò Suspecta, Expostulatio Henrici Stephani. De Plauti Latinitate Dissertatio, & ad lectionem illius Progymnasma
Titre traduitLa latinité injustement soupçonnée. Dissertation sur la latinité de Plaute
Titre courtDe Latinitate Falsò Suspecta
Remarques sur le titre
Période|16e s.|
Type de l'ouvrageEssai de grammaire et de stylistique comparée du latin et du français. Guide pour l’acquisition du français.
Type indexéObservations sur la langue | Comparaison des langues
Édition originale1576, Genève, Henri Estienne
Édition utilisée1576, Genève, Henri Estienne
VolumétrieIn-8°, pièces liminaires, 400 pages
Nombre de signes419846
Reproduction moderne1972, Genève, Slatkine Reprints. 2020 (à paraître), édition critique et traduction, par D. Trudeau, C. Barataud, B. Colombat et B. Moreux, Paris, Garnier.
DiffusionMis à part la reproduction par Slatkine et l’édition critique, le livre n’a connu qu’une édition, celle de 1576.
Langues ciblesFrançais, latin, grec
MétalangueLatin
Langue des exemplesFrançais, latin, grec
Sommaire de l'ouvrage1. La latinité injustement soupçonnée
Dédicace d’Henri Estienne à Jérôme de Chastillon (f. i-ix).
Préface d’Henri Estienne à son livre La latinité injustement soupçonnée (f. x-xiv).
Chap. 1: Mots soupçonnés à tort, qui appartiennent à la partie du discours que les grammairiens appellent le Nom (p. 1-127).
Chap. 2: Mots soupçonnés sans raison, qui appartiennent à la partie du discours que les grammairiens appellent le Verbe (p. 128-198).
Chap. 3: Diverses façons de parler injustement soupçonnées (p. 199-237).
Chap. 4: Participes et pronoms (p. 237-245).
Chap. 5: Mots soupçonnés à tort relevant des parties du discours que les grammairiens ont appelées indéclinables (Prépositions) (p. 246-284).
Chap. 6: Autres mots soupçonnés sans raison, qui relèvent aussi de la catégorie des indéclinables (Adverbes, conjonctions, interjections) (p. 284-294).
Chap. 7: Retour sur quelques observations contenues dans ce livre, avec de nouveaux exemples s’y rapportant (p. 295-333).
Chap. 8: De quelques mots français qui viennent de mots barbares ou latins tardifs, et dont la latinité est mise en doute. De certains autres mots qui appartiennent à la latinité davantage que la plupart des gens ne le croient. De quelques mots que les Latins ont jadis reçus de l’ancienne langue parlée en Gaule (p. 333-362).
II – Dissertation sur la latinité de Plaute (p. 362-400).
Objectif de l'auteurFaciliter l’apprentissage du latin; montrer la parenté sémantique souvent surprenante entre français et latin, et illustrer le français comme digne successeur du latin «plautien», «cicéronien», et même tardif. À l’époque où la pédagogie du latin, obsédée de «pureté» cicéronienne, enseigne à se méfier constamment des langues vernaculaires, Henri Estienne montre ici que les francophones peuvent au contraire faire confiance à leur langue maternelle pour parler latin naturellement, voire plus purement, que les locuteurs d’aucune autre langue. Il soutient cette thèse paradoxale à l’aide d’expressions françaises usuelles qui correspondent étymologiquement ou sémantiquement à des expressions latines attestées à diverses périodes de l’histoire du latin.
Intérêt généralPremier essai de stylistique comparée du français avec d’autres langues, cet ouvrage est aussi un des premiers à révéler des équivalences sémantiques entre français, latin, et dans une moindre mesure grec, au-delà de l’étymologie verbale.
Parties du discoursNom et adjectif; verbe; «façons de parler»; prépositions; adverbes, conjonctions, interjections.
Innovations term.Aucune innovation terminologique, mais emploi de termes savants (syncope, apocope, prothèse, etc.) dans un but descriptif.
Corpus illustratifLes exemples lexicaux et de construction appartiennent en majorité au français parlé de niveau courant. Ils sont comparés aux équivalents latins puisés surtout dans des genres reflétant le latin parlé ou du moins courant et familier, comme la comédie, la satire, la correspondance familière.
Indications compl.L’ouvrage se présente au départ comme une critique des «Nizoliens», disciples de Mario Nizzoli et de son dictionnaire « cicéronien », le Nizolius, qui reflète une conception limitée du latin de Cicéron. Toutefois, après les pièces liminaires, les attaques contre le Nizolius disparaissent, et la très grande majorité des «faux gallicismes» discutés dans l’ouvrage ne figurent pas parmi les gallicismes dénoncés dans le dictionnaire de Nizzoli. Ce sont des cas d’équivalences linguistiques qu’Henri Estienne a glanés au fil de ses publications, et dont la conformité serait propre à éveiller les soupçons des puristes.
Influence subieQuintilien, Varron, Festus, Aulu-Gelle, Cicéron, Guillaume Budé, Robert Estienne, Adrien Turnèbe. Henri Estienne s'appuie directement sur les travaux et la conception de l'usage de son père, Robert Estienne, ainsi que sur Joachim Périon (1555), qu’il critique légèrement ici.
Influence exercéeSur le Thresor de la langue françoise tant ancienne que moderne de Jean Nicot (1606) et sur Gilles Ménage, Les origines de la langue françoise (1650) et Observations sur la langue françoise (1675-1676).
Renvois bibliographiques→ Références
AA.VV. 1988; Chevalier J.-C. 1968; Chomarat J. (éd.) 1999; Clément L. 1899; Demaizière C. 2008; Demerson G. & Jacquetin A. (éd.) 2003; Estienne H. 1565; Estienne H. 1566; Estienne H. 1576; Estienne H. 1578; Estienne H. 1579; Estienne R. 1582; Giard L. 2009; Nicot J. 1606; Trudeau D. 1992; Trudeau D. 2008; Trudeau D. 2018; Trudeau D., Barataud C., Colombat B. & Moreux B. (éd.) 2020 {à paraître}
Rédacteur

Trudeau, Danielle

Création ou mise à jour2019-11