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Grammaire françoise raisonnée

Vallange, de

DomaineGrammaires françaises, remarques et traités sur la langue française
SecteurGrammaires françaises du 18e s. [2403]
Liens

Gallica (éd. 1721)

Auteur(s)

Vallange, de

Datation: ca 1655-ca 1736

Grammairien français. De Vallange fit des études de droit et fut avocat, puis précepteur à Paris et à la cour, puis maître dans différentes académies. En accord avec son époque (influence de Locke), De Vallange propose des réflexions pédagogiques innovantes, sur l'enseignement de la lecture, des langues, des sciences, de la philosophie et de l'art (voir Grandière 1997). Il fit publier 14 ouvrages en 1719-1721, puis 1730-1736 (cf. Grandière 1997). Le catalogue BNF signale: «Auteur d'ouvrages pédagogiques. Actif entre 1719 et 1736». 15 références à la BNF: éducation et enseignement du français et du latin (par ex. L'art d'enseigner le latin aux petits enfants en les divertissant et sans qu'ils s'en aperçoivent, 1730), méthodes d'enseignement de la lecture (voir James Guillaume, site de l'Institut Français de l'Éducation), méthodes d'enseignement du latin et des sciences (voir Grandière 1997), grammaires du français, économie et sciences.

Titre de l'ouvrageGrammaire françoise raisonnée, qui enségne la pureté et la délicatesse de la langue, avec l'orthographe, et qui sert de clé au latin et aux autres langues, que l'on peut apprendre sans le secours d'aucun maître, quand on possède la langue par principes, comme on l'enségne dans cette méthode
Titre traduit
Titre courtGrammaire françoise raisonnée
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire pédagogique. Ouvrage destiné aux enfants ou aux apprenants.
Type indexéGrammaire didactique
Édition originale1719, dans les Nouveaux systèmes, Paris, Claude Jombert et al., sous le titre: Nouveau système ou nouveau plan d'une grammaire françoise par le moyen de laquelle on peut apprendre aisément l'orthographe, le latin, le grec, l'italien et les autres Langues, sans le secours d'aucun maître.
Édition utilisée1721, Paris, Claude Jombert et al.
Volumétrie340 pages + 2 pages de titre + 10 pages «au roy», préface et table des matières; 3 pages privilège; 750 signes par page.
Nombre de signes255750
Reproduction moderneMicrofiche France Expansion, 1973, n° 386, reproduction de l'édition de 1721, Paris, Claude Jombert et al.
DiffusionCette grammaire est également intégrée dans un ouvrage plus vaste Nouveaux systèmes ou nouveaux plans de méthodes […] pour parvenir en peu de temps et facilement à la connaissance des langues et des sciences (4 tomes en 3 vol., 1719-1720, Paris, Claude Jombert et al.), dont elle constitue le tome 2.
Langues ciblesFrançais
MétalangueFrançais
Langue des exemplesFrançais
Sommaire de l'ouvrageChap. 1: Des noms (p. 3-11); chap. 2: Noms par rapport au nombre (12-26); chap. 3: Genre des noms (27-70); chap. 4: Noms adjectifs (71-89); chap. 5: Gradation grammaticale (90-98); chap. 6: Des prépositions (99-102); chap. 7: Déclinaison des noms (103-123); chap. 8: Noms appellatifs (124-138); chap. 9: Des pronoms (139-155); chap. 10: Du verbe (156-172); chap. 11: Modification du verbe (173-309); chap. 12: Termes invariables (310-332); chap. 13: Syntaxe (333-340). Le plan ne suit que partiellement l'exposé traditionnel des parties du discours dont il réduit le nombre, réservant peu de place à la syntaxe qui n'occupe qu'un chapitre. Des éléments de syntaxe sont dispersés dans plusieurs chapitres (déclinaison, modification du verbe, syntaxe). Les chapitres découpent la matière de façon peu homogène et la ligne directrice adoptée est peu apparente. Certains contenus de chapitres s'éloignent de ce que laisse attendre leur titre (Modification du verbe avoir).
Objectif de l'auteurÉlaborer une grammaire qui permette d'apprendre toutes les langues mortes ou vivantes, en se fondant sur la connaissance de la grammaire de la langue maternelle. La formulation initiale du projet n'a pas de conséquence très apparente dans le corps de l'ouvrage, lequel peut difficilement être considéré comme une grammaire générale, au sens où elle ne reprend aucune des innovations théoriques de Port-Royal et reste ancrée dans la langue française. La forme même de la grammaire s'éloigne largement d'un tel projet, puisque la Grammaire françoise raisonnée est, dans certaines parties, presque totalement constituée de listes, et présente donc une approche en extension.
Intérêt généralIl s'agit d'une grammaire où les innovations terminologiques sont particulièrement nombreuses. Elles correspondent dans beaucoup de cas à une recatégorisation de bon nombre de catégories proposées par la tradition. En général de Vallange réduit, dans l'intention de simplifier, le nombre des catégories. Le résultat, dans beaucoup de cas, est l'introduction de nombreux disparates dans les classifications. La grammaire comprend relativement peu de texte et de très nombreux exemples, parfois des listes entières de mots.
Parties du discoursLes noms sont classés en noms personnels ou noms propres (Jean, Pierre, Paul), noms de Famille (Perault, Bourbon: dans ce cas on parle aussi de surnom), noms substantifs (Ciel, Arbre, Terre), substantifs adoptés (le Vice, la Vertu, le Néant), noms adjectifs (bon, bone). De Vallange ignore la catégorie de l'article, mais il utilise la notion de «prénom» pour désigner le, la, les, parce que ces mots se placent devant les noms, et distingue des «prénoms» démonstratifs (ce, cette, ces, etc.), des «prénoms» indéfinis (un, une, des). La préposition est définie comme un mot monosyllabique qui se place devant les noms substantifs ou devant les «prénoms» (i.e. les déterminants). Le cadre de la déclinaison est conservé, mais les cas reçoivent une définition sémantique. Il distingue le nominatif, l'accusatif, le datif, et le postpositif (i.e. le génitif), marqué par la présence des prénoms postpositifs de, de la, du, et que l'on rencontre lorsque deux substantifs se suivent dans la même phrase (exemple la page du Livre). La déclinaison selon ces quatre cas est développée également à propos des pronoms relatifs, dans le chapitre «des Pronoms». Une allusion à l'ablatif dans le chapitre sur la syntaxe. En dépit des éléments de définition sémantique ou syntaxique, le modèle de la déclinaison est fondé finalement sur des variations de formes: le père (nomin.), du père (postpositif), au père (datif), le père (acc.). De Vallange note d'ailleurs au chapitre «Syntaxe» que la déclinaison enseigne à se servir des «différents prénoms». Les noms appellatifs forment enfin une catégorie à part qui regroupe les noms de dignité, charge, emploi ou profession. À cette définition sémantique, s'ajoute un critère fonctionnel ou syntaxique, les noms appellatifs s'ajoutant aux noms propres (Philippe roi de Macédoine), et un critère distributionnel: ce sont des substantifs, puisqu'ils peuvent être précédés par les prénoms le et la.
Les pronoms sont classés en personnels (je, tu, il, etc.), démonstratifs (celui-ci, celle-ci, etc.), possessifs (le mien, le tien, le nôtre, etc.), relatifs (qui, que, dont, etc.), interrogatifs. Restent les formes quoi, et lequel, qui n'entrent dans aucune des catégories précédentes.
Au chapitre du verbe, de Vallange distingue trois temps principaux: le temps présent (je parle), le temps prétérit ou passé (j'ai parlé), et le temps futur (je parlerai). Le système permet d'opposer quatre groupes de temps: les temps conditionnels (je lirais si…; j'aurais lu si…; j'eusse lu si…; quand j'aurai lu…; quand j'eus lu…) «qui prennent naturellement après eux la condition si, comme je lirais si j'avais un livre; les temps relatifs (il veut que je lise; il voudrait que je lusse; il voulait que j'aie lu) ainsi nommés parce qu'ils sont précédés par le «relatif» que; les temps absolus (je lis, j'ai lu, je lirai)». Ces temps peuvent être employés dans des constructions indépendantes, et ne dépendent pour leur emploi ni des «conditions», ni du «relatif» que.
Les mots invariables regroupent des éléments hétérogènes: adverbes de temps (quand, mais aussi aujourd'hui, demain, etc.), adverbes de lieu (, ), de quantité. Ces termes entrent également dans la catégorie des pronoms. À quoi il faut encore ajouter les «modaux» («analogiques» ou «uniformes», qui correspondent aux adverbes de manière, mais comprennent également les interjections et les mots exclamatifs), et les conjonctions.
Innovations term.Prénoms pour articles; prénoms apostrophés pour articles élidés; gradation grammaticale pour comparatif et superlatif; noms appellatifs, modes absolu et relatif, modaux (i.e. adverbes de manière), postpositif pour génitif; modes invocatif, imprécatif, plaintif; suprême (différentes formes pour l'expression du haut degré). Une terminologie phonétique et graphique: solissone réfère aux voyelles, et bissone, trissone portent respectivement sur les groupes de deux ou de trois «solissones» (voyelles graphiques) qui ne font ensemble qu'un son.
Corpus illustratifDes listes de mots (par exemple dans le chapitre «Genre des Noms» la liste des «Noms du Genre double raisoné» un couple/une couple; dans le chapitre «Modification du Verbe avoir» la liste des verbes en oudre) et des paradigmes (par exemple les conjugaisons du verbe avoir aux temps simples et composés dans le chapitre «Modification du verbe avoir»). Les exemples phrastiques sont forgés.
Indications compl.
Influence subieL'analyse du plus-que-parfait est conduite à l'aide des mêmes outils que chez Vairasse d'Allais.
Influence exercéeL'analyse du plus-que-parfait est reprise par Sauvage de Villaire.
Renvois bibliographiques→ Références
Fournier J.-M. 1994; Fournier J.-M. 2013; Grandière M. 1997; Guillaume J. 1911; Guillaume J. 1911
Rédacteur

Fournier, Jean-Marie · Lecolle, Michelle (rév.)

Création ou mise à jour2014-06 | 1998