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Gramatica Castellana

Villalón, Cristóbal de

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires espagnoles [3103]
Auteur(s)

Villalón, Cristóbal de

Datation: ca 1510-ca 1562

Grammairien espagnol. Les données biographiques sont toutes hypothétiques (cf. García 1971 qui cite Alonso 1951, Bataillon 1950 et 1958, Villoslada 1951). Villalón, originaire de Valladolid, devait être licencié en théologie. Il pourrait être l'auteur de El viaje a Turquía, El crotalón et Provechoso tratado de Cambios […] (García 1971).

Titre de l'ouvrageGramatica Castellana. Arte breue y compendiosa para saber hablar y escreuir en la lengua castellana congrua y deçentemente. Por el Liçençiado Villalon en Anvers. En casa de Guillermo Simon, ala [sic] enseña del Abestruz. M.D. LVIII. Con gracia y Privilegio
Titre traduitGrammaire castillane. Art bref et réduit pour apprendre à parler et à écrire en langue castillane de manière correcte et décente. Par le Licencié Villalón. A Anvers, chez Guillaume Simon, A l'enseigne de l'Autruche. M.D.LVIII. Avec grâce et privilège
Titre courtGramatica Castellana
Remarques sur le titre
Période|16e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire mixte: a) théorique: elle codifie (reduce a arte) la langue vulgaire (dans le but de l'ennoblir et de la fixer, suivant en cela Nebrija); b) didactique: elle sert aux Espagnols à apprendre à écrire leur langue. De ce fait, elle a une finalité normative (Peñalver Castillo 1994, p. 504).
Type indexéGrammaire didactique | Grammaire théorique
Édition originaleAnvers, Guillaume Simon, 1558.
Édition utiliséeEdition en fac-similé de Constantino García. Coll.: Clásicos Hispánicos C.S.I.C. Madrid: 1971. Gramática: 89 p. (pagination de l'éditeur moderne).
VolumétrieIn-8°, 44 fol. sans numér, sign. A-E de 8 f. F de 4 f. (L'éditeur moderne ne précise pas quelle est l'origine de l'exemplaire reproduit). Nombre moyen de signes par page: 1386.
Nombre de signes123000
Reproduction moderneEdition facsimilaire de Constantino García. Clásicos Hispánicos, Madrid, C.S.I.C., 1971 (comprend une étude préliminaire, p. IX-LIX).
DiffusionDécrite par La Viñaza (1893, col. 773), et Peeters-Fontainas (1933, p. 170 sq.), la Gramática castellana a fait l'objet d'une réédition en 1971.
Langues ciblesEspagnol
MétalangueEspagnol
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageAvertissement (p. 5-10 de l'édition de 1971). 1re partie: le nom (chap. 1 à 6): présentation de l'organisation de la grammaire (11-13), définition (13-14), la déclinaison (15-20), le genre (21-32), le pronom (33-35). 2e partie: le verbe et ses accidents: définition, classification en conjugaisons, en classes (actifs, passifs, neutres, impersonnels), en modes (36-45), énumération des paradigmes de la 1re conjugaison, présentation de quelques formes des 2e et 3e conjugaisons (45-47). Sont inclus dans la partie qui correspond au verbe, les articles et les parties indéclinables de la phrase. 3e partie: construction ou élocution (50-58). Enumération des figures de rhétorique et règles d'accord. 4e partie: orthographe (59-87): lettres et diphtongues, prononciation des lettres et graphie.
Objectif de l'auteurFixer les règles grâce auxquelles, d'une part, la langue atteindra la "perfection" et d'autre part, elle évitera la "corruption". Il y a sous-jacent un désir d'exalter la langue nationale (parallèle à celui qu'ont déjà manifesté aussi bien Nebrija en Espagne que, par exemple, les auteurs du Manifeste de la Pléiade en France) et de fixer un "bon usage" pour cette dernière. En même temps, Villalón a une finalité didactique. L'étude de la langue vulgaire est considérée comme une propédeutique pour celle des langues classiques.
Intérêt généralPremier exemple de division tripartite des parties du discours, bien que, dans l'organisation interne, le 2e chapitre inclue le verbe et les parties indéclinables. Etape dans la codification des langues vulgaires, la grammaire de Villalón marque parfois une distance déjà plus grande par rapport à la grammaire latine que l'ouvrage de Nebrija (par exemple, dans la réduction des genres (par rapport à ceux qu'établissait Nebrija), la simplification (à l'extrême) du système des temps verbaux et la description minutieuse des "lettres": phonétique/graphie. Pour l'orthographe, Villalón se situe dans la perspective de Nebrija qui recommandait déjà d'écrire selon la "prononciation de la langue pure, vulgaire non corrompue" (p. 82), s'éloignant des graphies latinisantes.
Parties du discoursL'article "détermine" le nom et este est un "article démonstratif". La définition du nom, de base sémantico-morphologique, est négative: le nom est ce qui ne possède pas les propriétés du verbe (hacer y padecer en tiempo) et ne se décline pas. Il est distingué de l'adjectif à l'aide de critères morphologiques et sémantiques. Villalón reconnaît douze pronoms qu'il énumère sans les classer. Le verbe fait l'objet d'une définition à la fois morphologique et sémantique et les temps verbaux sont réduits au "passé, présent, futur". Les adverbes offrent une définition syntaxique et sémantique, la préposition, un commentaire de quelques lignes qui constitue une courte énumération de ces éléments (non classés). Contrairement à Nebrija, Villalón intègre l'interjection parmi les parties du discours.
Innovations term.
Corpus illustratifExemples peu abondants, courts, non signés, non mis en relief typographiquement.
Indications compl.Première grammaire européenne qui offre une division tripartite des éléments du discours (nom, verbe, parties indéclinables). Cependant, cette distinction se fait sur des bases sémantiques (Merril 1970, p. 110 et Peñalver Castillo 1994, p. 505). La syntaxe (3e partie) offre quelques particularités, comme la présence des deux termes cláusula (proposition) et oración (phrase) qui, cependant, restent synonymes. Pour Lope Blanch (1990, p. 104), Villalón semble avoir l'intuition de la différence entre les verbes transitifs et intransitifs quand il aborde la question des oraciones perfectas (trimembres: S + V + CD et bimembres: S + V).
Influence subieVillalón écrit une grammaire de l'espagnol parce que l'ouvrage de Nebrija ne serait pas une vraie grammaire de cette langue: "Antonio de Nebrixa traduxo a la lengua castellana el arte que hizo de la lengua latina" (p. 6: Prohemio al Lector). Cependant, selon García, éditeur moderne (1971, p. XIX), Villalón a copié des phrases entières de Nebrija.
Influence exercéeIl est difficile d'évaluer l'influence de Villalón sur les grammaires ultérieures, qui ne le citent pas. Nous ne savons pas non plus quelle a été la diffusion de l'ouvrage en Espagne.
Renvois bibliographiques→ Références
Alonso A. 1951; Bataillon M. 1950; Bataillon M. 1958; García C. (éd.) 1971; Gerzenstein A. 1978; Lope Blanch J. M. 1990; Martí M. 2009; Merrill J. S. 1970; Muñoz y Manzano (Conde de la Viñaza) C. 1893; Niederehe H.-J. 1994; Peeters-Fontainas J. 1933; Peñalver Castillo M. 1994; Ramajo Caño A. 1987
Rédacteur

Lépinette, Brigitte

Création ou mise à jour1998