CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux • IMPRIMER • RETOUR ÉCRAN
CTLF - Menu général - Notices

De grammatica francessa, en hespañol

Encarnación, Diego de

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires espagnoles [3111]
Auteur(s)

Encarnación, Diego de

Datation: Fin 16e s. - première moitié du 17e s.

Diego de Encarnación est un moine espagnol du couvent des Carmes déchaussés de Douay. La Grammaire espagnolle, expliquée en François éditée en un seul volume avec la grammaire française est dédiée à Balthasar de Zúñiga, ambassadeur du roi d'Espagne en France et oncle du comte d'Olivares, favori de Philippe IV. Il n'est fait allusion dans cette dédicace qu'à la grammaire française et l'auteur omet tout commentaire sur la grammaire espagnole qui occupe la seconde partie du volume. Il est à remarquer que cette dernière est écrite à une époque où de nombreux ouvrages de ce genre sont édités en France (Salazar 1615, Robles 1615, Luna 1620, Tejada 1629).

Titre de l'ouvrageLe livre a une seconde partie – que nous analysons ci-dessous – intitulée: Grammaire espagnolle, expliquée en François, divisée en III livres. Par le R.P. Diegue de L'Incarnation, Carme deschaussé, Valderain, Professeur, Théologien. Avec licence et approbation des Supérieurs. A Douay, De l'Imprimerie de Balthasar Bellere, Au Compas d'Or. L'an M.D CXXIIII. De grammatica francessa, en hespañol. III libros. A don Balthasar de Zuniga. hijo del marques de Mirabel embaxador del Rey Catolico en Francia por el P. Diego de la Encarnacion, carmelita descalzo, valderano, lector de teologia. Con licencia y approbacion de los superiores. En Douay, en la imprenta de Balthasar Bellero, al Compas de Oro. Anno M. DC. XXIIII.
Titre traduitDe la grammaire française, en espagnol. III Livres. A Don Balthasar de Zúñiga, fils du marquis de Mirabel, ambassadeur du Roi Catholique en France, par le P. Diegue de l'Incarnation…
Titre courtDe grammatica francessa, en hespañol
Remarques sur le titre
Période|17e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire pédagogique qui peut s'inscrire dans la lignée de la grammaire rationaliste espagnole, influencée en général par Sanctius et développée, pour l'espagnol même, par Patón (1616), Correas (1627) et Villar (1650). L'ouvrage offre parfois des remarques contrastives français-espagnol. Il a aussi la particularité de présenter une analyse de la langue française (dans la 1re partie du volume) selon un schéma exactement parallèle à celui qui est adopté pour la langue espagnole, disposition normale dans la perspective d'une grammaire "générale" et "raisonnée". L'ensemble est de cette manière doublement contrastif, explicitement, dans les développements comparant les caractéristiques des deux langues, implicitement dans l'organisation parallèle des deux grammaires recourant à une organisation identique.
Type indexéGrammaire didactique
Édition originale1624, Douai, Balthasar Bellere.
Édition utilisée1624, exemplaire B.N. Madrid: R. 11952 (microfilm).
VolumétrieDédicace à B. de Zúñiga: 6 f, vol. in-8º, 140 pages., 1re partie: grammaire française expliquée en espagnol, 177 p. , 2e partie: grammaire espagnole expliquée en français). Nombre moyen de signes par page: 1230.
Nombre de signes389910
Reproduction moderne
DiffusionGrammaire qui n'a été étudiée que récemment en sa partie espagnole. Kukenheim (1932), ne l'intègre pas dans l'ensemble des grammaires qu'il commente. Chevalier (1968) ne signale pas sa partie française dans son corpus. Le titre de cette première partie, De Grammatica Francessa en Hespagnol, que Stengel (1889) mentionne sous cette forme, peut être à l'origine de la méconnaissance de La Viñaza (1893, col. 553-554), qui la considère uniquement grammaire française. Ramajo Caño (1987) la replace dans l'ensemble des grammaires espagnoles de la Renaissance et étudie les contenus de sa seconde partie. Cependant il ne parle pas de sa syntaxe.
Langues ciblesEspagnol
MétalangueFrançais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrage[Grammaire espagnolle expliquée en françois] Livre I: "Des lettres et leur prononciation" (voyelles, consonnes, accents), p. 6-34. Livre II: "Des parties de l'oraison", 35-141: article: 35-40; nom, 40-60; pronom, 60-71; verbe, 71-123 (définition des temps, conjugaisons régulières et irrégulières, 71-117; verbes impersonnels et participes, 117-123); adverbes et interjections: 124-137; prépositions et conjonctions, 137-141. Livre III: "De la construction", 141-177; "l'oraison", 141-146; articles et noms, 147-152; pronoms, 152-166; verbes impersonnels et participes, 166-170; adverbes et prépositions, conjonctions et interjections, 170-177.
Objectif de l'auteurFinalité pédagogique, expliquer la grammaire du français et de l'espagnol, dans le même cadre général. Ainsi la référence implicite (mais aussi parfois explicite) de l'espagnol est le français (et vice versa), comme, par ex., pour Patón (1616), elle était le latin.
Intérêt généralOuvrage qui marque la transition d'une grammaire espagnole pédagogique pour étrangers descriptive (comme par ex., celle de C. Oudin 1597) à une grammaire "raisonnée": a) présence de définitions sémantiques pour les parties du discours et l'ensemble des concepts maniés (celui de temps, par ex.) coïncidant souvent avec une définition syntaxique (cas du nom et de l'adjectif); b) présence d'une syntaxe relativement développée, comprenant: 1) une partie "générale", 2) une partie "particulière" organisée en fonction des parties du discours, descriptive et contrastive. Dans la partie générale: définition sémantique de l' "oraison". Le verbe est le pivot de la proposition. Les explications concernant la "construction" font appel aux cas, mais aussi parallèlement à la sémantique (la notion de base étant l'action ou la passion exprimée par le verbe). Le "principe" et le "terme" de l'action correspondent au mot qui est devant ou derrière le verbe et, parallèlement, dans l'ordre syntaxique, au nominatif et à l'accusatif. Oudin y est discuté (p. 157, 158, 159).
Parties du discoursAu nombre de huit: article, nom, pronom, verbe, participe, adverbe (qui inclut l'interjection), préposition, conjonction. L'auteur adopte le critère analytique classique de la hiérarchisation et définit ainsi la proposition: "les lettres sont les premiers éléments dont les parolles ou dictions se composent, celles-cy sont les proches parties desquelles l'oraison ou sentence ou raison se bastit, & se compose; par laquelle oraison nous expliquons les conceptions & iujements, ou passions de l'ame, affirmant ou niant une chose de quelqu'un d'autre […]", p. 35. L'article fait l'objet d'une définition sémantique (il sert à "delimiter et à particularizer [sic] la signification du nom et à montrer son genre", p. 36). Par ailleurs "l'article se décline par le moyen de certaines particules ou propositions adjoustées, & ces diverses variations s'appellent les cas qui sont comme les cadences des articles" (p. 37). Le nom se décline à l'aide de l'article et des propositions, mais il est aussi défini en tenant compte du sens, a) comme élément indépendant: ("les noms sont images et portraits des choses (a sçavoir de leur essence, nature, propietez et qualitez que nous faisons avec la langue par le moyen des voix et des escritures", p. 40-41), b) comme élément de la proposition ("mis en l'oraison avec le verbe, [il] rend le sens de l'oraison déterminé et particularizé", p. 45). Par opposition, l'adjectif "est celui qui n'a pas sa signification appliquée ny limitée à nulle chose particulière", p. 44. Le pronom est traditionnellement "la partie d'oraison qui se met au lieu du nom" (p. 61), El, la, lo (et leurs pluriel) peuvent être pronoms (p. 38). Pour le verbe, les critères de définition sont syntaxiques et sémantiques (reprise de la distinction de Priscien: verbe substantif: ser et estar). Les adverbes sont présentés conjointement avec les interjections (comme chez Sanctius).
Innovations term.
Corpus illustratifExemples généralement courts non signés.
Indications compl.Intérêt pédagogique: grammaire qui présente des définitions et des explications, tentant de s'appuyer de cette manière, sur le raisonnement et non sur la pure mémorisation d'éléments linguistiques.
Influence subieOuvrage dont les positions sur les questions de la déclinaison, des genres des verbes, etc. ne sont pas aussi nettes que chez Patón et "el Brocense". Ramajo Caño (1987, p. 146-147) pose l'hypothèse d'une filiation entre Miranda 1565 (Sanford 1611) et Encarnación.
Influence exercéeNous manquons de données, l'ouvrage du moine espagnol de Douay ne semble pas avoir eu de nombreux lecteurs en son temps.
Renvois bibliographiques→ Références
Chevalier J.-C. 1968; Cisneros D. 2009; Kukenheim L. 1932; Muñoz y Manzano (Conde de la Viñaza) C. 1893; Ramajo Caño A. 1987; Stengel E. 1890; Yllera A. 1983
Rédacteur

Lépinette, Brigitte

Création ou mise à jour1998