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Arte del Romance Castellano

San Pedro, Benito de

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires espagnoles [3117]
Auteur(s)

San Pedro, Benito de

Datation: 1732-1801

San Pedro est le nom que prit Benito Feliu lorsqu'il entra en religion. Illustre grammairien espagnol de l'ordre des Frères des Ecoles Chrétiennes, né à Mas de las Matas (province de Teruel). Il fit des études de théologie à Valence (Valencia) entre 1751 et 1754. On le trouve, entre 1755-1757, en Italie, pays dans lequel il complète sa formation et où il s'intéresse aux mathématiques, aux langues orientales et aux antiquités romaines. De 1761 jusqu'à sa mort, il vécut à Valence. Il y devint le supérieur provincial des Frères des Ecoles Chrétiennes. Il participa de manière active à la réforme de l'Université de Valence. Il est l'auteur de grammaires espagnole et latine (Arte de Gramatica latina, según el método de Port-Royal, traducido del francés, 1769 [L'art de la Grammaire latine, selon la méthode de Port-Royal, traduite du français]).

Titre de l'ouvrageArte del Romance Castellano dispuesta segun sus principios generales i el uso de los mejores autores por el P. Benito De San Pedro de la Escuela Pia. [Tomo I]; Arte del Romance Castellano. Tomo II.
Titre traduitArt de la langue espagnole, disposé selon ses principes généraux et l'usage des meilleurs auteurs, par le P. Benito de San Pedro, Frère des Ecoles Chrétiennes, tome I; Art de la langue espagnole, tome II.
Titre courtArte del Romance Castellano
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire à la fois spéculative et didactique, destinée aux élèves des Ecoles Chrétiennes, institution qui, vers 1760, introduisit l'étude de la langue vulgaire et de sa littérature dans son programme d'enseignement. Il s'agit de la première tentative d'application à la grammaire espagnole des principes et des méthodes rationalistes que Port-Royal et ses disciples développèrent à partir des théories de Sanctius. L'accent y est mis sur la syntaxe considérée comme une manifestation, fondée sur la raison, des principes généraux qui régissent les grammaires des langues.
Type indexéGrammaire générale
Édition originale1769, Valencia, Benito Monfort, 2 tomes.
Édition utilisée1769, Valencia, Benito Monfort.
VolumétrieFormat: in-8°; tome I: [12] + I-XXII + 1-184 = 220 pages.; tome II: 1-228 = 228 p. 1053 signes par page.
Nombre de signes471744
Reproduction moderne
DiffusionEn 1780, Benito Martínez Gómez Gayoso publie sous le nom d'Antonio Gobeyos, une critique de l'œuvre intitulée Conversaciones críticas sobre el libro intitulado Arte del Romance Castellano publicado por el Reverendíssimo Padre Benito de San Pedro de la Escuela Pía, recogidas por el Licenciado don Antonio Gobeyos. Trátase en ellas de muchos puntos en defensa de la verdadera Gramática Castellana, y de otros nos menos gustosos que instructivos (Madrid, Antonio Sancha, 1780 [Conversations critiques sur le livre intitulé Art de la langue castillane, publié par le R.P. Benito de San Pedro, Frère des Ecoles Chrétiennes, recueillies par le Licencié Antonio de Gobeyos, où il est traité de nombreuses questions concernant la défense de la véritable Grammaire Espagnole et de nombre d'autres sujets aussi agréables qu'instructifs]). Dans cette critique, l'œuvre de San Pedro est dite être un plagiat de celle d'autres auteurs, et spécialement, de la Gramática de la Lengua Castellana reducida a breves reglas y fácil méthodo para la instrucción de la juventud [Grammaire de la langue castillane mise en règles brèves et facile méthode pour l'instruction de la jeunesse] (Madrid, Juan de Zúñiga, 1743) écrite par Gayoso lui-même, ainsi que des œuvres d'Esteban de Terreros, d'Antonio Bordazar et de Gregorio Mayans.
Langues ciblesEspagnol
MétalangueEspagnol
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageTome I: [p. 1-12]: Dédicace à D. Fernando de Silva, Duc d'Albe; p. I-II: Licence du Supérieur Provincial de l'Ordre des Frères des Ecoles Chrétiennes; III-VI: Lettre de présentation de Gregorio Mayans; VII-XIX: Prologue; XX-XXIII: Mode de lecture de L'art; XXII-XXV: De la Grammmaire et de ses parties; XXVI-XXXII: Ordre des matières; p. 1-123: Livre I. De l'origine et des différentes périodes de la langue espagnole; 124-184: Livre II: De l'Analogie des parties du discours. Tome II: p. 1-97: De l'Analogie. Du verbe; 98-156: Livre III. De la Syntaxe; 157-172: Livre IV. De la Prosodie de la langue castillane; 173-228: Livre V. De l'orthographe espagnole.
Objectif de l'auteurElaborer une grammaire espagnole dans laquelle le point de départ sont les principes généraux valables pour toutes les langues et qui présente le bon usage à partir de principes fondés sur la raison.
Intérêt généralC'est la première grammaire de l'espagnol dans laquelle l'influence de la GGR de Port-Royal se manifeste clairement, aussi bien en ce qui concerne les questions doctrinales que méthodologiques (Lliteras 1992b). L'œuvre s'inscrit de manière évidente dans le courant auquel appartient Sanctius. En effet, pour la première fois dans une grammaire espagnole, cet auteur est cité comme modèle, dans le prologue (Lázaro 1948/85).
Parties du discoursBien qu'elle ne soit pas encore totalement indépendante de la grammaire latine, l'œuvre met en évidence, sur nombre de points précis, des innovations importantes par rapport à la tradition de Nebrija. C'est le cas du traitement de l'article, dans lequel il faut voir l'influence de la théorie de la détermination présente dans la Grammaire de Port-Royal; il est cependant possible que, dans ce domaine, on puisse voir aussi l'influence de Correas qui apparaît comme source directe en ce qui concerne le traitement des "oficios" [fonctions] de l'article. En face de la définition traditionnelle du verbe qui tient compte des propriétés morphologiques et sémantiques, Benito de San Pedro prend comme référence la fonction grammaticale dans la phrase considérée en tant que prédication logique. La classification des verbes en substantifs et adjectifs selon un critère fonctionnel constitue également une innovation (Ramajo Caño 1987; Lliteras 1992b). San Pedro, s'appuyant encore sur une définition syntaxique du verbe, refuse l'existence de la catégorie des verbes impersonnels. Selon les principes de la grammaire rationaliste, il ne peut y avoir de verbe sans sujet. Le traitement de la transitivité est également remarquable. Cette dernière est liée à la rection ou régime, comme chez les continuateurs de Sanctius (Vossius, Scioppius, Lancelot), face à la conception traditionnelle dans la grammaire espagnole de la Renaissance qui n'accordait que peu d'attention à la notion de régime (Lliteras 1992b; Ramajo 1987).
Innovations term.L'auteur utilise en général la terminologie traditionnelle. Il a été dit que Benito de San Pedro est le premier auteur qui, suivant le modèle de Port-Royal, a considéré un comme un article numéral (Lázaro 1949/85). Cependant dans L'Arte, il n'y a pas de distinction claire des différentes catégories d'articles et l'auteur n'utilise pas les termes definido [défini] et indefinido [indéfini], et, plus que l'influence de Port-Royal, il est possible de voir, dans ce domaine, celle de Correas qui parle de l'article indefinito [indéfini] pour un et una (Lliteras 1992b). Il y a encore à remarquer, chez B. de San Pedro, l'utilisation du terme Analogía [Analogie] dans la division des parties de la grammaire, en face de Etimología [Etymologie], traditionnel dans les grammaires espagnoles jusqu'à cette époque.
Corpus illustratifNombreux exemples illustrant l'exposition, extraits principalement d'œuvres d'auteurs classiques espagnols du Siècle d'Or, qui apparaissent cités en abréviation dans le texte (entre autres, Garcilaso, Boscán, Fray Luis de Granada, Fray Luis de León, Arias Montano, Fernando de Herrera, Alonso de Ercilla, Diego de Saavedra, Cervantes).
Indications compl.Intérêt pédagogique: il s'agit d'une œuvre destinée à l'enseignement qui présente les paradigmes et indique les usages mais ne renonce pas pour autant à la réflexion de type spéculatif.
Influence subiePar le biais de l'influence de Gonzalo Correas et de la grammaire rationaliste de Port-Royal, l'œuvre se situe dans la lignée des continuateurs de Sanctius. Elle dépasse, dans certains domaines, les conceptions de Nebrija, considérées comme habituelles dans la tradition espagnole (Lliteras 1992b; Ridruejo 1992). On a cru voir, surtout à partir de la critique de Martínez Gómez Gayoso, une certaine influence des idées grammaticales et orthographiques de Gregorio Mayans. En outre, ce dernier avait, dans une lettre, présenté l'Arte et il avait recommandé à San Pedro, alors que ce dernier élaborait sa grammaire, la lecture des œuvres de Correas. Cependant les insinuations de Gayoso selon lesquelles l'œuvre de San Pedro serait un plagiat d'une grammaire de Mayans demeurée inconnue (Martínez Alcalde 1992a, 1992b) ne semblent pas avoir de fondement.
Influence exercéeL'influence qu'a exercée El Arte a été reconnue par le grammairien espagnol Vicente Salvá (Lliteras 1992a), qui fréquenta le collège des Frères des Ecoles Chrétiennes de Valence: ce dernier cite l'œuvre de San Pedro dans le prologue de sa Gramática de la lengua castellana según ahora se habla [Grammaire de la langue castillane telle qu'on la parle maintenant] (la première édition de cette grammaire date de 1830). Il est à noter que la première Gramática de la Real Academia Española [Grammaire de l'Académie Espagnole] (1771) fut publiée deux ans après l'Arte de Benito de San Pedro. Cette coïncidence dans le temps aura pour conséquence de limiter la diffusion et la répercussion des œuvres grammaticales espagnoles éditées à la même époque que le traité de l'Academia (Martínez Alcalde 1992a, 1992b).
Renvois bibliographiques→ Références
Lázaro Carreter F. (éd.) 1949; Lliteras M. 1992; Lliteras M. 1992; Martínez Alcalde M. J. 1992; Martínez Alcalde M. J. 1992; Ramajo Caño A. 1987; Ridruejo E. A. 1996; Valls Toimil J. L. 1992
Rédacteur

Martínez Alcalde, María José

Création ou mise à jour1998