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Osservationi nella volgar lingua

Dolce, Lodovico

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires italiennes [3206]
Auteur(s)

Dolce, Lodovico

Datation: 1508-1568

Polygraphe et érudit, né et mort à Venise, éditeur de textes dont certains complétés d'index et de glossaires (Boccace, Pétrarque, Dante), traducteur (à partir du latin, du grec et de l'espagnol) et correcteur, il collabora avec divers typographes, entrant en 1512 au service de l'éditeur et imprimeur vénitien, Gabriel Giolito de' Ferrari. Son activité éditoriale est très étroitement liée à son œuvre de grammairien. Ecrivain en prose et en vers, il s'occupa de théâtre. En tant qu'essayiste, il affronta divers sujets de l'actualité. Ses écrits artistiques (sur la peinture) et linguistiques eurent un succès remarquable et furent plusieurs fois réédités. Il fit partie de l'Académie de la Fratta de Rovigo et de l'Académie des Pellegrini de Venise.

Titre de l'ouvrageOsservationi nella volgar lingua, di M. Lodovico Dolce, Divise in qvattro libri. I quattro libri delle osservationi di M. Lodovico Dolce di nvovo da lvi medesimo ricoretti, et ampliati con le apostille.
Titre traduitObservations dans la langue vulgaire de M. Lodovico Dolce divisées en quatre livres
Titre courtOsservationi nella volgar lingua
Remarques sur le titreOsservationi a ici davantage le sens de ‘remarques’ que de ‘règles’ qu'il a dans le titre de Matteo di San Martino cinq ans plus tard (Le osservazioni grammaticali e poetiche della lingua italiana).
Période|16e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire descriptive et normative de la langue toscane, présentée de façon structurée.
Type indexéGrammaire descriptive | Grammaire normative | Grammaire prescriptive
Édition originaleLa première édition, intitulée Osservationi nella volgar lingua, est sortie à Venise, chez Gabriel Giolito de' Ferrari et frères en 1550.
Édition utilisée6e éd., 1560, Venise, Gabriel Giolito de' Ferrari; 10e éd., 1575, Venise, Altobello Salicato. Exemplaire consulté: Accademia della Crusca 2.8.9.
Volumétrie6e éd, in-8°, 3 + 240 p., environ 1 500 caractères par page; 10e éd., in-8°, 238 p. (dont 7 de dédicaces, 221 de texte), environ 1430 caractères par p.
Nombre de signes350000
Reproduction moderneNouvelle édition fondée sur la huitième de 1562: Lodovico Dolce, I quattro libri delle osservationi, ed. Paola Guidotti, Pescara, Libreria dell'Università, 2004.
DiffusionOn n'a pas de manuscrit. L'œuvre a connu de nombreuses rééditions partiellement modifiées par Dolce lui-même, qui élargit les citations aux auteurs modernes, avec une certaine modération toutefois. Il existe au moins dix éditions au 16e s., toutes vénitiennes (1550, 1552, 1556, 1558, 1560, 1562, 1566, 1573, 1575, 1585), à l'exception de celle de 1561 (Pesaro, auprès des héritiers Cesano et Bicillo). Au 17e s. une dans Degli autori del ben parlare, Venise 1643, I, p. 543-661. Les opinions de Dolce sur la langue exprimées dans le préambule de sa grammaire sont rapportées, avec celles de Muzio, Salviati, Doni, Cittadini et du Subasiano, dans le tome 1 (Del nome, et elettione della lingua) de la grande anthologie en six volumes imprimée à Venise en 1644, Della favella nobile d'Italia. Lettura necessaria per chi vuole bene scrivere, e parlare in questa lingua, tandis que les Osservationi elles-mêmes ouvrent le tome 3, suivies du deuxième discours de Ruscelli.
Langues ciblesItalien
MétalangueItalien et quelques exemples d'auteurs en latin
Langue des exemplesItalien
Sommaire de l'ouvrageDédicace, index des chapitres et des matières; lettre à l'éditeur Gabriello Giolito de' Ferrari. L'œuvre est divisée en 4 livres et s'ouvre avec le discours introductif Se la volgar lingua si dee chiamare Italiana, o Thoscana [Si la langue vulgaire doit s'appeler italienne ou toscane] (6 p.), dans lequel Dolce affirme sa position linguistique. Après une brève classification et description des lettres et sons (2 p.), le premier livre traite des huit parties du discours (nom, article, pronom, verbe, participe, adverbe, préposition, interjection, conjonction) puis expose quelques observations sur la syntaxe: accords, mots utilisés de façon différente, usages figurés (en tout 100 p.). Le second livre, consacré à l'orthographe, accorde une attention particulière aux consonnes doubles (30 p.): définition de l'orthographe, causes du redoublement consonantique, consonnes initiales et médianes, évolution des consonnes, ti et z, x et ss, h, redoublement consonantique, y compris dans les verbes composés. Le troisième est consacré à la ponctuation (30 p.): accents, ponctuation des anciens, division de la phrase: comma, deux points, point final, parenthèses, point interrogatif. Le quatrième à la métrique et à la versification comprenant la description et l'illustration de quelques types de compositions poétiques (55 p.).
Objectif de l'auteurRiche de son expérience éditoriale et puisant librement dans les traités de grammaire le précédant (Fortunio, Bembo, Corso), Dolce offre à ses contemporains écrivains un manuel de consultation facile pour résoudre les nombreux doutes normatifs en matière orthographique, morphologique et de ponctuation. Il s'adresse aussi au non-spécialiste, à qui ne connaît pas le latin (le même public cultivé des éditions de son imprimeur).
Intérêt généralAvec Bembo ou Ruscelli, Dolce constitue l'un des exemples les plus significatifs de ce type d'activité grammaticale exercée par des personnages importants de l'édition du 16e s.
Parties du discoursDolce distingue 8 parties du discours: nom (substantif et adjectif), pronom, verbe (5 modes, 5 temps, 2 genres ou "manières", 3 figures, 2 nombres, 3 personnes), participe, adverbe, préposition, interjection, conjonction. Le traitement de l'article comportant des observations syntaxiques est compris dans celui du nom.
Innovations term.La terminologie est traditionnelle, de dérivation latine. On note également l'usage de périphrases non techniques italiennes. Souvent, Dolce juxtapose deux variantes (par ex. adjectif/adjonctif, conjonctif/subjonctif). Il distingue deux genres verbaux (manières), l'actif et le passif, appelés opératif et de chose opérée.
Corpus illustratifLes exemples, riches, sont tirés en grande partie de Pétrarque et Boccace et, par ordre décroissant de Dante, d'Arioste et d'autres auteurs du 16e s. (Bembo, l'Arétin, Sannazzaro). Quelques rares citations en latin (par ex. Virgile). Le nom de l'auteur est indiqué à côté de l'exemple (mais pas toujours). Caractéristique spécifique de l'auteur: la référence, dans quelques points du texte, à l'usage grammatical des imprimeurs.
Indications compl.Traitement de la phonétique: Dolce traite de façon très détaillée le redoublement consonantique (certainement en relation avec son origine septentrionale). Il s'agit d'un des problèmes cruciaux de la normalisation orthographique de l'époque. Il suit en cela une tradition inaugurée par Fortunio et poursuivie au moins jusqu'à la première édition du Dictionnaire de la Crusca. La partie relative à la ponctuation, où l'on perçoit sa longue expérience éditoriale, frappe par son ampleur (16 p.).
Influence subieFortunio (Regole) et surtout Bembo (Prose) sont cités comme des grammairiens de référence par rapport auxquels Dolce entend se différencier en s'adressant aussi à des destinataires non cultivés et en s'ouvrant aussi à des auteurs non toscans; une autre source importante est la grammaire de Corso. Inscription dans une tradition: pour Dolce, l'on peut définir un toscanisme classique sans le lier de façon limitative à quelques auteurs, mais en l'ouvrant aussi aux modernes si ceux-ci s'inscrivent dans la tradition. Pour la tradition grammaticale ultérieure, Dolce est considéré comme un disciple modéré de Bembo.
Influence exercéeLe caractère de vulgarisation de l'œuvre lui a valu un grand succès malgré les critiques acerbes de ses adversaires, surtout de la part de Ruscelli (Tre discorsi al Dolce [Trois discours adressés à Dolce], 1553), qui néanmoins s'en est parfois servi. Ce succès est concentré surtout sur le 16e s. L'œuvre a été utilisée par des auteurs de grammaires étrangères comme par exemple Miranda (Osservationi della langue castigliana [Observations de la langue castillane], Venise, Giolito de Ferrari 1566).
Renvois bibliographiques→ Références
Borsetto L. 1990; Carreras i Goicoechea M. 1996; Cicogna E. 1862; Guidotto P. (éd.) 2004; Marazzini C. 1993 {p. 163}; Padley G. A. 1988 {p. 69-70}; Pastina D. 1998; Petrilli R. 2009; Poggi Salani T. 1988; Quondam A. 1978; Quondam A. 1983; Romei G. 1991; Scaglione A. 1970 {p. 121}; Terpening R. H. 1997; Trabalza C. 1908 {p. 127-130 et passim}; Trovato P. 1991 {p. 232-235}; Trovato P. 1994 {p. 75 et passim}; Vitale M. 1978 {p.70, 126-127}
Rédacteur

Bonomi, Ilaria · Maraschio, Nicoletta · Vallance, Laurent (rév.) · Camugli-Gallardo, Catherine (trad.)

Création ou mise à jour2015-06 | 1998