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Menschlichen Sprache abgebildeten Vernunftlehre

Meiner, Johann Werner

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires allemandes [3515]
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Auteur(s)

Meiner, Johann Werner

Datation: 1723-1789

Grammairien et enseignant allemand, né à Römershafen à côté de Königsberg en Franconie, mort à Langensalza (Thuringe). Etudes supérieures (probablement de philologie et de théologie) à Leipzig à partir de 1741. Auteur d'une grammaire philosophique, d'une grammaire hébraïque et d'ouvrages théologiques et logiques mineurs. A partir de 1751, professeur de langues (allemand, français, latin, grec, hébreu, chaldéen) au lycée de Langensalza où il occupe également le poste de directeur-adjoint puis de directeur. Représentant du rationalisme allemand.

Titre de l'ouvrageVersuch einer an der menschlichen Sprache abgebildeten Vernunftlehre oder philosophische und allgemeine Sprachlehre
Titre traduitEssai d'une logique projetée sur le langage humain ou grammaire philosophique et générale
Titre courtMenschlichen Sprache abgebildeten Vernunftlehre
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire rationnelle fondée sur un modèle de la logique et des opérations de la pensée humaine, qui n'est pas celui de la logique classique.
Type indexéGrammaire rationnelle
Édition originale1781, Leipzig, Johann Gottlob Immanuel Breitkopf.
Édition utiliséePremière édition: 1781, Leipzig, Johann Gottlob Immanuel Breitkopf.
VolumétrieIn-8°; nombre de pages: [11] + 94 [III-XCVI] + [2] + 488 = 595, nombre moyen de signes par page: 1 200.
Nombre de signes710000
Reproduction moderne1971, réimpression en fac-similé de l'édition de 1781, introduction de H. E. Brekle, Grammatica Universalis 6, Stuttgart-Bad Cannstatt, Friedrich Frommann Verlag (Günther Holzboog).
DiffusionDeux éditions ultérieures en 1786 et 1787.
Langues ciblesToutes les langues
MétalangueAllemand avec une terminologie grammaticale en partie propre à l'auteur et la terminologie grammaticale latine.
Langue des exemplesHébreu, grec, latin, allemand, français
Sommaire de l'ouvrageDédicace [11 p.]; Préface (p. III-XCVI): fondements théoriques, définition et délimitation du domaine de la grammaire philosophique et de ses objectifs; Table des matières [2 p.]; Introduction (p. 1-30): résumé des parties suivantes. Première partie (31-70): orthographe et phonétique. Deuxième partie (71-318): traitement des correspondances entre entités mentales et entités linguistiques en 3 sections: 1re Section (72-78): des signes; 2e Section (79-126): la proposition; 3e Section (127-318): le prédicat. Troisième partie (319-488): la proposition complexe et exemples d'application des règles de la grammaire philosophique.
Objectif de l'auteurEtablir 1) une théorie du fonctionnement universel de l'esprit humain, 2) les moyens linguistiques universels exprimant les opérations de l'esprit (parties du discours, morpho-syntaxe), 3) une méthode pour l'apprentissage de toutes les langues.
Intérêt généralLa Philosophische Sprachlehre est une grammaire rationnelle allemande pré-kantienne qui s'inscrit d'une part dans la tradition de Port-Royal et de l'autre dans celle de la philosophie leibnizo-wolffienne. Elle se distingue de ces deux traditions et des modèles grammaticaux et logiques dominants de l'époque par le fait que Meiner y développe une analyse du jugement mental et de la proposition à, principalement, deux niveaux. A un premier niveau, le sujet est considéré comme l'origine génétique et logique de toute proposition. A un second niveau, le prédicat se trouve établi comme son centre conceptuel. Le sujet et, finalement, tous les constituants phrasaux sont alors analysés comme des "déterminations" du prédicat que celui-ci, dans un contexte donné, exige en vue de la complétude sémantique.
Parties du discoursLa définition des parties du discours est effectuée à partir d'un modèle de l'activité mentale. Meiner met alors en correspondance les constituants du jugement mental et les constituants de la phrase linguistique. Ainsi, le verbe ou l'adjectif + être désignent un "concept conçu comme dépendant" correspondant au prédicat, un substantif désigne un "concept conçu comme autonome" (p. 317: unselbständig, selbständig gedachte Begriffe) correspondant au sujet, au complément d'objet direct, etc.; l'article, l'adjectif et le pronom déterminent les concepts désignés par les substantifs, la conjonction détermine la relation entre plusieurs propositions, les prépositions, à côté des cas, déterminent la fonction d'un substantif dans la proposition, les interjections correspondent à la relation entre les propositions et l'état d'esprit de l'émetteur. De plus, on constate que Meiner s'efforce d'établir des correspondances biunivoques entre catégories morpho-syntaxiques et constituants mentaux ou fonctions mentales (cf. Spitzl-Dupic 1998, p. 86 sq.).
Innovations term.Meiner utilise une riche terminologie allemande en partie propre à lui. Les outils principaux de l'analyse sont les couples complétude vs incomplétude et autonomie vs dépendance. Ils sont appliqués aussi bien au niveau phonétique où Meiner oppose "sons incomplets" et "sons complets" (unvollständige, vollständige Töne), les premiers devant s'associer à un ou plusieurs d'autres sons pour constituer alors un son complet correspondant à une syllabe, qu'au niveau sémantique. Ainsi, les "concepts conçus comme dépendants" nécessitent la complémentation par au moins un "concept conçu comme plus autonome" (etwas selbständigers), pour qu'un sens propositionnel complet puisse être engendré. De plus, un tel concept peut être "unilatéralement", "bilatéralement" ou "trilatéralement" dépendant (p. 132: einseitig, zweiseitig-, dreyseitig-unselbständig), le degré de dépendance correspondant alors au nombre de concepts conçus comme plus autonomes nécessaires à la complétude propositionnelle (pour d'autres sous-classes, cf. Spitzl-Dupic 1998, p. 336 sq.). Traitant de la phrase complexe et du discours rapporté, il emploie unmittelbar et mittelbar abhängende Sätze (p. 380) et periodus circumscriptiva pour désigner une subordonnée introduite par daß (p. 338). Meiner introduit également dans la grammaire allemande des dénominations de fonctions syntaxiques: persönlicher Gegenstand pour le complément d'objet indirect, leidender Gegenstand pour le complément d'objet indirect (cf. Forsgren 1985, p. 74). Sur fond d'une critique de l'analyse traditionnelle des pronoms comme éléments ana- ou cataphoriques, Meiner utilise le terme persönliche Bestimmungswörter (p. 266).
Corpus illustratifNombreux exemples tirés des classiques latins et grecs avec, souvent, les références. Exemples en hébreu et allemand tirés de la Bible et exemples en allemand et français généralement sans références.
Indications compl.
Influence subieAbsence quasi-totale de références philosophiques ou grammaticales explicites, excepté des renvois élogieux à Ernesti (1769, 5e ed.), qui témoignent de l'influence de la tradition rhétorique. Forte influence de Wolff et de Leibniz concernant les fondements philosophiques (cf. Spitzl-Dupic 1998, p. 62 sq., 132 sq. et passim). Un renvoi critique aux grammaires rationnelles françaises (cf. p. LXXIII-LXXIV). D'autres influences – stoïciennes, modistes, grammaires rationnelles allemandes (de la première moitié du 18e s.) et françaises – peuvent être supposées.
Influence exercéeMeiner influence, entre autres à travers l'œuvre de Adelung (1781, 1782b), la grammaticographie de la première moitié du 19e s. en Allemagne et contribue ainsi à l'établissement des catégories grammaticales de la grammaire allemande traditionnelle (cf. Forsgren 1985, Naumann 1986).
Renvois bibliographiques→ Références
Adelung J. C. 1782; Adelung J. C. 1971 {[1782]}; Adelung J. C. 1977 {[1781]}; Brekle H. E. 1971; Ernesti J. A. 1769 {[1736]}; Forsgren K.-Å. 1985; Glinz H. 1947; Jellinek M. H. 1968 {[1913-1914]}; Naumann B. 1986; Schreyer R. 1996; Sommerfeldt K.-E. 1989; Spitzl-Dupic F. 1998; Weiss H. 1992
Rédacteur

Spitzl-Dupic, Friederike

Création ou mise à jour2000