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Theoretisch-praktische deutsche Grammatik

Heyse, Johann Christian

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires allemandes [3520]
Auteur(s)

Heyse, Johann Christian

Datation: 1764-1829

Grammairien et lexicographe allemand, né à Nordhausen. Professeur, puis recteur de gymnasium et directeur d'école privée de jeunes filles (Nordhausen, Magdebourg). Membre actif des sociétés de défense de la langue allemande de Berlin et de Francfort. Il publia de nombreux articles sur l'enseignement de la langue allemande et des langues vivantes, et les nouvelles méthodes pédagogiques (Basedow, Pestalozzi, Salzmann); un dictionnaire d'emprunts de la langue allemande (Allgemeines Fremdwörterbuch, 1804) et sa version abrégée; de même qu'une importante grammaire scolaire de l'allemand en trois versions dès 1814. Nommé docteur honoris causa de l'Université de Greifswald (1824). Ses œuvres furent revues et rééditées jusqu'au début du 20e s.

Titre de l'ouvrageTheoretisch-praktische deutsche Grammatik, oder Lehrbuch zum reinen und richtigen Sprechen, Lesen und Schreiben der deutschen Sprache. Für den Schul- und Hausgebrauch bearbeitet von Johann Christian August Heyse, Rector des Gymnasiums und Director der Töchterschulen zu Nordhausen
Titre traduitGrammaire théorique et pratique, ou manuel pour l'apprentissage de l'expression orale, de la lecture, de l'écriture de la langue allemande, à l'usage de l'école et de la maisonnée
Titre courtTheoretisch-praktische deutsche Grammatik
Remarques sur le titre
Période|19e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire scolaire, normative, non spéculative, à orientation pédagogique.
Type indexéGrammaire normative | Grammaire didactique
Édition originale1814, Hanovre, chez les Frères Hahn (éditeurs).
Édition utiliséePremière édition: 1814, Hanovre, chez les Frères Hahn (éditeurs).
VolumétrieFormat: 19,5 x 11,5 cm; 554 pages; env. 2 500 signes par page.
Nombre de signes1350000
Reproduction moderneLa seule reproduction moderne est celle de la 5e réédition entièrement remaniée par son fils aîné Karl Wilhelm Heyse (1838/1849).
DiffusionLa grammaire scolaire de l'allemand fut publiée en trois versions: dans la première moitié du siècle, la Theoretisch-praktische deutsche Grammatik (1814) connut 3 rééditions jusqu'en 1827, auxquelles travaillèrent ses fils Karl, Theodor, Gustav, et une 4e réédition entièrement modifiée en 1838/1849 par le fils Karl Wilhelm Heyse; la Deutsche Schulgrammatik (1816, 8e éd. 1829, 18e éd. 1854, 19e et 20e éd. 1859, 1864 par Theodor Heyse, de la 21e à la 23e éd. [1878] par Gustav Heyse, rééd. par Otto Lyon 24e éd. 1886 jusqu'à la 27e éd. 1907, 28e éd. par Willy Scheel en 1914), et l'abrégé: Leitfaden zum Unterricht in der deutschen Sprache (1821, 6e éd. 1829, 10e et 20e éd. par Theodor Heyse en 1858 et 1863, rééd. jusqu'en 1885 par Gustav Heyse, 21e-23e éd.). La grammaire fut diffusée dans toute l'Allemagne du Nord. La correspondance de Heyse avec des grammairiens et contemporains de l'époque est conservée à la Staatsbibliothek de Berlin.
Langues ciblesAllemand
MétalangueAllemand (il s'agit d'un choix critique de Heyse).
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvragePréface traitant des options pédagogiques de l'auteur liées au caractère innovant de cette grammaire: théorique et pratique à la fois, rédigée dans l'optique de l'apprenant. Introduction à la langue allemande, son histoire et aux dialectes, où il est fait référence aux difficultés relatives à l'élaboration d'un allemand standard et au rôle du grammairien. La langue allemande doit être bien maîtrisée. Heyse veut que l'orthographe, la phonétique et la ponctuation soient intégrées pleinement à la grammaire. Le plan de l'ouvrage s'articule de la manière suivante: préface (p. III-X); table des matières (XI-XV); introduction (p. 1-36); 1. la phonétique ("Des lettres et de leur bonne prononciation"); 2. la morphologie ("De la formation des syllabes et des mots; et de leur bonne accentuation, ou de l'accentuation des syllabes, des mots et du discours") (37-53); 3. les parties du discours (vue d'ensemble relatives aux "différentes sortes de mots ou parties du discours", leurs liens avec le jugement – le sujet et le prédicat –, considérations sur la flexion et la rection) (66-81); 4. l'orthographe (81-169); 5. la ponctuation (170-190); 6. l'article et son emploi (191-199); 7. le substantif et son emploi (199-233); 8. le pronom et son emploi (324-260); 9. l'adjectif et son emploi (261-296); 10. le numéral et son emploi (297-307); 11. le verbe et son emploi (308-413); 12. l'adverbe et son emploi (414-426); 13. la préposition et son emploi (427-470); 14. la conjonction et son emploi (471-487); 15. l'interjection et son emploi (488-489); 16. l'ordre des mots et leur combinaison pour former des phrases et des périodes (de la construction) (490-511); 17. des figures grammaticales (512-524); index alphabétique détaillé (525 sq.).
Objectif de l'auteurInnover au plan de l'enseignement de la langue allemande, en écrivant une grammaire facilitant la compréhension et le maniement des formes à l'aide de nombreux exemples tirés des grands auteurs et d'exercices à la fin de chaque chapitre, entraînant à l'emploi juste des formes. En sa qualité de membre des deux grandes sociétés de défense de la langue allemande, Heyse connaît les grands enjeux de la discussion autour de l'établissement de la norme, et en cas de fluctuations d'usage relatives à l'orthographe et à la syntaxe s'appuie sur de nombreuses publications critiques (des sociétés et de grandes revues telle la Allgemeine Schul-Zeitung) et sa correspondance personnelle avec des grammairiens.
Intérêt généralIl s'agit de l'une des premières grammaires allemandes théoriques et pratiques. La première édition montre combien l'influence de la grammaire générale française est encore grande sans que l'auteur ne précise toutefois quelle grammaire l'inspire. On observe qu'il s'agit largement d'une adaptation d'analyses de la grammaire de l'Abbé Girard (voir notice 2407). Mais Heyse tient compte des particularités propres à l'allemand.
Parties du discoursHeyse retient dix parties du discours dont il exclut le participe. Neuf sont d'ordre conceptuel (Begriffswörter): le substantif, l'article, le pronom, l'adjectif, le numéral, le verbe, l'adverbe, la préposition, la conjonction; et une relève des sensations (Empfindungswörter): l'interjection. Il rejoint ainsi Heinsius, qui classifie lui aussi les numéraux indépendamment des adjectifs. Chaque partie du discours est traitée sous l'angle d'une syntaxe "inférieure" (niedere Syntax), de la combinatoire des mots au niveau de la flexion et du régime; puis sous l'angle de la syntaxe "supérieure" (höhere Syntax), d'ordre propositionnel. L'ordre des parties du discours est lié à la fonction syntaxique des éléments: par ex., l'emploi de l'article est dû à un substantif. Le chap. qui lui est accordé suit donc le chap. sur le substantif. Le pronom en tant que substitut de substantif est traité aussi après celui-ci. Une correspondance directe est établie entre les parties du discours et les parties de la proposition, composée de manière tripartite d'un sujet, d'un prédicat et d'une copule. La classification des verbes se fait par rapport au prédicat et au sujet. La sous-classification des verba adjectiva est identique à celle de la grammaire de Steinheil (1812). Comme Adelung et à la différence de Gottsched, Heyse renonce à effectuer une distinction tripartite entre verbes "actifs", "passifs" et "neutres" (intransitifs). L'opposition entre verbes transitifs et intransitifs prend une valeur sémantique et syntaxique. Heyse réduit le nombre de modes par rapport à Adelung, Gottsched, Schottel ou Meiner. Seuls sont reconnus comme modes (Weisen, terme de la tradition grammaticale depuis Ratke): l'indicatif, le subjonctif, l'impératif, à l'exclusion du participe et de l'infinitif, forme dite neutre. La classification des temps tient compte de leur caractère relatif ou non, et de la phase. La classification des conjonctions est encore strictement sémantique. Heyse se situe dans la lignée Meiner/Heinsius pour étudier les constituants de la phrase, mais traite de cette question dans le chapitre consacré au verbe et non à la syntaxe. La classification des phrases se fait selon le "contenu" (Inhalt) et la "forme" (Form). La "forme" renvoie à des fonctions illocutoires, et le "contenu" à la structure interne (simple, composée, étendue, complexe, période) en fonction de la place occupée par le prédicat. L'étude de l'ordre des mots (Wortfolge) fait suite à la classification des phrases. L'ordre suivi par Heyse est ainsi à l'inverse de celui par Adelung. A la distinction Materie / Form d'Adelung, Heyse oppose Form / Inhalt.
Innovations term.Heyse innove par le titre Theoretisch-praktische Grammatik, nouveau pour l'époque après le Teut oder Theoretisch-praktisches Lehrbuch de Heinsius (1807). Heyse évite sciemment les termes de Sprachlehre / Sprachkunst / Sprachkunde / Lehrgebäude, fréquentes à l'époque, à connotation plus théorique. A chaque dénomination d'origine latine ou française figure une dénomination allemande: le substantif est aussi "mot principal" (Hauptwort), l'article Selbstandswort / Geschlechtswort, le pronom Fürwort / Personwort, l'adjectif Beschaffenheit- ou Eigenschaftswort, le numéral Zahlwort, le verbe Zustandswort / Zeitwort, l'adverbe Umstandswort, la préposition Verhältniswort / Vorwort, la conjonction Bindewort, et l'interjection Empfindungswort. Heyse réduit le nombre des constituants articulant la "structure de la phrase" de Girard à cinq en transposant ou calquant des dénominations allemandes correspondantes: sujet (Subject)/prédicat (Prädicat)/objet (Object, Zielwort)/terminatif (Terminativ / Zweckwort)/adjet (Adject). Le conjonctif n'apparaît pas dans la description, tandis que l'adjonctif et le circonstanciel sont confondus. Par opposition à Meiner, Heyse conserve une terminologie proche de Girard, évite de parler d'objet personnel, réel et d'instrumental, et d'associer des fonctions à des cas non attestés dans la langue (l'ablatif ou l'instrumental).
Corpus illustratifExemples tirés des grands auteurs reconnus, récents ou plus anciens, tels que Amberg, Arndt, Campe, Fichte, Goethe, Grimm, Kosegarten, Krüger, Luther, Schiller.
Indications compl.Exercices: des plus variés à la fin de chaque chapitre (de phonétique, d'orthographe, de morphologie et de syntaxe, relatifs aux différentes parties du discours et à la construction des phrases); nombreux exercices: à "trous", rétablir des accords ou des désinences, entraîner au bon usage des cas, des temps, des modes, compléter des constructions (verbales, nominales, rectionnelles par ex.), dépister dans un texte des fautes dont seul le nombre est indiqué.
Influence subieL'influence, implicite, est celle de la grammaire générale. Reprise implicite de la grammaire de l'Abbé Girard (1747). Formulations similaires à celles de l'Encyclopédie méthodique (art. analogie, grammaire, syntaxe, usage). Heyse cite surtout la grammaire de Heinsius. Il se situe dans la lignée critique de Meiner et d'Adelung dont il se sépare en de nombreux points. On peut établir des parallèles avec Spittelgarb, les grammaires de Seidenstücker, de Steinheil, de Pölitz. Influence des sociétés de défense de la langue allemande (Francfort, Berlin).
Influence exercéela grammaire de Heyse influe sur des grammaires publiées ultérieurement dans le domaine allemand (Heinsius, Herling, Wurst, Frieß).
Renvois bibliographiques→ Références
Ehrhard A.-F. 1993; Ehrhard A.-F. 1998; Forsgren K.-Å. 1985; Forsgren K.-Å. 1992; Glinz H. 1947; Haselbach G. 1966; Jäger G. 1973; Jellinek M. H. 1906; Jellinek M. H. 1968; Matthias A. 1907; Naumann B. 1983; Naumann B. 2009; Raumer R. v. 1965; Vesper W. 1980
Rédacteur

Ehrhard, Anne-Françoise

Création ou mise à jour2000