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Ausführliche deutsche Grammatik

Becker, Karl Ferdinand

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires allemandes [3528]
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Auteur(s)

Becker, Karl Ferdinand

Datation: 1775-1849

Médecin, pédagogue et linguiste allemand, né en 1775 à Liefer, en Rhénanie-Palatinat, il fut séminariste pendant deux ans, puis enseignant à Hildesheim. À partir de 1779, il étudia la médecine à l'Université de Göttingen, puis s'installa comme médecin à Hoexter en Westphalie (1803-1807). Nommé directeur des Poudres et Salpêtres (1810) et directeur de plusieurs hôpitaux militaires à Francfort sur le Main (1813). Il ouvrit à Offenbach un cabinet médical (1815) et un établissement privé d'enseignement (1823). Becker s'y adonna à l'étude des langues et de la langue allemande (Wortbildung 1824, Organismus der deutschen Sprache 1827, Der deutsche Stil 1848). L'une de ses grandes préoccupations fut de rendre la langue maternelle plus accessible aux enfants par un enseignement requérant de leur part une participation active.

Titre de l'ouvrageAusführliche deutsche Grammatik als Kommentar der Schulgrammatik. Statt einer zweiten Auflage der deutschen Grammatik, mit Königlich Würtembergischem Privilegium
Titre traduitGrammaire exhaustive de l'allemand en commentaire de la grammaire scolaire, tenant lieu d'une seconde édition de la grammaire allemande
Titre courtAusführliche deutsche Grammatik
Remarques sur le titreOuvrage en trois volumes. Vol. 1, 1836 (1. Abtheilung). Vol. 2, 1837 (2. Abtheilung); vol. 3, 1839 (3. Abtheilung)
Période|19e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire spéculative de l'allemand, en rupture avec les modèles existants centrés sur une morphosyntaxe. Vision organiciste du langage. L'ouvrage maintient une perspective normative.
Type indexéGrammaire normative | Grammaire spéculative
Édition originaleFrancfort sur le Main, 1836 (= Abt. 1), 1837 (= Abt. 2), 1839 (= Abt. 3). Johann Christian Hermann'sche Buchhandlung, G. F. Kettembeil.
Édition utiliséePremière édition: Francfort sur le Main, 1836-1839. Johann Christian Hermann'sche Buchhandlung, G. F. Kettembeil.
VolumétrieFormat: 13 x 20 cm. Au total 956 pages Environ 3 300 signes par page.
Nombre de signes3154000
Reproduction modernePrague, 1870. Vol. I et II.
DiffusionCette première édition tient lieu de deuxième édition à la Deutsche Grammatik (Francfort/Main) de 1829. Diffusion: 2e édition en 1842: vol. I (première partie), et en 1843: vol. II (deuxième et troisième parties); Neudruck, Prag, 1870 (vol. I et II). Il n'y a pas de réviseurs pour cet ouvrage, mais la réédition de certaines œuvres grammaticales de Becker fut assurée par son fils Theodor Becker à partir de 1851, et par le linguiste Otto Lyon (1853-1912) en 1883 (notice 3532).
Langues ciblesAllemand
MétalangueAllemand
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageLa grammaire est organisée en trois volumes. Le premier comprend une introduction et la partie "étymologique"; le second, la syntaxe; le troisième, l'orthographe et un index alphabétique. L'édition est dépourvue de table des matières, mais est composée de chapitres numérotés et regroupés autour de grands thèmes.
Vol. 1. Introduction et Etymologie. Préface (p. III-VIII), Introduction, § 1-26 (p. 1-62); 1re partie, Morphologie, § 27; Chap. 1: Les phonèmes, § 28 sq.; chap. 2: Des racines et des radicaux, § 37 sq.; chap. 3: "Sproßformen", § 42 sq.; chap. 4: De la composition des mots conceptuels (Begriffswörter), § 65 sq. 2e partie, Des différentes parties du discours et de la flexion. Chap. 1, le verbe, § 83 sq.; chap. 2, le substantif, § 119 sq.; chap. 3, l'adjectif, § 148 sq.; chap. 4, le pronom, § 156 sq.; chap. 5, le numéral, § 178 sq.; chap. 6, l'adverbe, § 184 sq.; chap. 7, la préposition, § 189 sq.; chap. 8, la conjonction, § 200 sq.
Vol. 2. Syntaxe. Préface (III-XVI); chap. 1, de la proposition et des relations internes à la proposition, § 210 sq.; chap. 2, la syntaxe des relations prédicatives propositionnelles, § 214 sq.; chap. 3, la syntaxe des relations épithétiques (attributivisch) propositionnelles, § 217 sq.; chap. 4, la syntaxe des relations objectives propositionnelles, § 236 sq.; chap. 5, la phrase composée, § 236 sq.; chap. 6, la suite des mots, § 272 à 283.
Vol. 3. Orthographe, règles de la langue écrite. Préface (III-X); chap. 1, § 284 sq., considérations générales; chap. 2, § 289-300, règles particulières; chap. 3, § 301 à 308, ponctuation.
Objectif de l'auteurLa grammaire se veut être l'exposé du bon usage des formes grammaticales dans le discours oral (gesprochene Rede). Il s'agit d'une grammaire de référence, pour les enseignants, venant compléter la grammaire scolaire destinée aux élèves. L'auteur approfondit la conception organiciste du langage et livre à l'enseignant des données historiques pour lui permettre d'appréhender les formes grammaticales d'après leur évolution, et de mieux juger de leur signification. Sa conception de la grammaire renouvelle l'approche logique. La séparation entre morphologie et syntaxe renvoie à une optique très différente de celle d'autres grammairiens (Bauer, Herling, Heyse…).
Intérêt généralConstruction organique autour de trois grands axes. Becker veut appliquer à la langue les principes logiques humboldtiens d'approche organiciste du langage, l'expression de la pensée. Même si l'interprétation qu'en fait K. F. Becker fut controversée, sa grammaire est unique en son genre. Elle cherche à établir des relations organiques entre les données syntaxiques (die organischen Verhältnisse der Sprache ausführlicher entwickeln) et à éviter les cloisonnements. Becker y critique l'approche traditionnelle du "mot". La méthode comparative lui permet d'accéder à la signification des formes grammaticales. Becker est en train d'élaborer en parallèle une psychologie du langage absente de la première édition de l'Organism der deutschen Sprache, où figure encore son approche physiologique. Dans la préface de la seconde édition (1841), il inclut la dimension de l'esprit (Geist) sous la forme logique. De même que la physiologie et la psychologie donnent accès à l'homme, une épistémologie du langage n'est possible qu'à partir d'une approche conciliant ses aspects logiques et phonétiques. La langue est donnée comme une force créatrice.
Parties du discoursLa proposition est l'expression de la pensée, exprimée sous forme de mots (Wörter). La pensée est l'acte de l'esprit humain, par lequel le concept d'une activité est associé à celui d'un être (Begriff des Seins) pour former une unité. Becker insiste sur le rôle du locuteur, réalisant cet acte dans un jugement sous la forme d'une phrase au plan de la parole (Akt des Sprechenden, dizierendes Urteil). Il accorde la priorité au verbe, et le fait figurer comme première partie du discours. Sa définition de la phrase est apparentée à celle de Herling. Entre le sujet et le prédicat s'établit une relation de subordination. Becker associe l'idée d'existence (Sein) au paradigme nominal et d'activité (Thätigkeit) au paradigme verbal, que l'activité soit momentanée, subie, durative… Le sujet et le prédicat sont les éléments fondamentaux d'une proposition qui ne peut avoir qu'un sujet et un prédicat. Le prédicat, l'élément essentiel, est un mot conceptuel (Begriffswort), tandis que le sujet est un mot formel (Formwort), terme à prendre ici dans un sens syntaxique, le sujet désignant la forme d'une pensée (appartenant à la morphologie de la proposition). Mais Becker propose aussi une classification des mots du discours en mots conceptuels au nombre de trois (verbe, substantif, adjectif) et en mots formels au nombre de quatre (pronom, numéral, préposition, conjonction), l'adverbe étant tantôt Formwort ou Begriffswort.
A travers trois types de liens propositionnels, prédicatif, épithétique et objectif (prädikatives, attributives, objektives Verhältnis) désignant respectivement l'unité de la pensée, le concept de l'être et le concept d'une activité, Becker envisage trois formes de syntaxe, prédicative, "attributive", objective. Il associe à la relation prédicative le verbe et l'adjectif, à l'épithétique l'adjectif, et à l'objective le substantif et le pronom. Ces correspondances ne sont pas exclusives: ainsi, un adjectif peut avoir la signification de l'être (par ex. comme attribut de l'objet). Becker insiste sur le fait que les adjectifs proviennent des verbes et sont dépourvus des catégories de mode, de temps et de personne. Leur emploi prédicatif est possible, même si on les rencontre (selon Becker) surtout en emploi "attributif". Les conjonctions sont de trois ordres: conj. de coordination, conj. de subordination et ligateurs (anreihende Konjunktionen, Beziehungen angereihter Sätze). Becker insiste sur le sens du passif, du génitif, du temps, du mode, du temps, des cas.
Innovations term.Becker distingue entre concept (Begriff), signification (Bedeutung) et pensée (Gedanke). Il pose au départ une pensée globale (ganzer Gedanke) dont les concepts (Begriff) constituent la matière (Stoff). Tandis que Gedanke est à saisir dans une acception logique voisine du Grundtypus de Hegel, le terme de Bedeutung signifie selon le contexte la fonction grammaticale, organique ou syntaxique (grammatische/organische/syntaktische Bedeutung). Pour Becker, le mot est l'expression d'un concept (alors que pour K. Heyse, il est une représentation élaborée à partir d'une expérience sensible). Il y a glissement d'une conception "statique" de l'accident dans la lignée de la grammaire générale vers une conception dynamique, où il traduit des catégories telles que le faire, le devenir, la puissance, l'activité. La syntaxe établit deux types de relations: a) entre les concepts sous la forme des relations prédicatives (par la flexion verbale, l'emploi d'auxiliaires, de pronoms personnels), épithétiques (flexion casuelle, accords liés au genre, emploi des adjectifs possessifs, des numéraux, des adjectifs) et objectives (flexion casuelle, emploi des prépositions, des adverbes); b) avec le locuteur, par l'emploi des modes, du temps, des relations spatiales, de grandeur (ex. comparaison), de personne, de monstration (pronoms démonstratifs et interrogatifs), de genre. On remarque que Becker a perçu très tôt l'importance de la deixis.
Corpus illustratifDe nombreuses citations de Goethe et de Schiller. Les langues citées en référence sont dans l'ordre indiqué par Becker et selon sa terminologie: l'anglo-saxon, le vieux-haut-allemand, l'anglais, le français, le gotique, le hollandais, l'italien, le latin, le moyen-haut-allemand, le vieux nordique, le bas-allemand (niederdeutsch), le haut-allemand (oberdeutsch).
Indications compl.Becker concilie constamment les aspects phonétiques et logiques, l'aspect logique résidant pour lui dans l'intériorité du langage par rapport à son aspect matériel, extérieur. Entre la dimension logique et phonétique n'existe qu'un lien arbitraire issu de la nature organique du langage. Cette première opposition est le pendant des paires: concept/phonème (Begriff/Laut), activité/être (Thätigkeit/Seyn), matière/forme (Stoff/Form). Dans la partie liée à l'orthographe, il insiste sur sa fonction de représentation du discours oral (Darstellung der gesprochenen Rede), et intègre par nécessité des règles distinctives pour éviter par ex. l'homonymie (sein, seyn). La ponctuation transcrit les phénomènes accentuatifs de l'oral. Becker distingue fortement entre le sens étymologique d'un mot et son sens grammatical (grammatische Bedeutung), en tant que membre d'une relative prédicative, épithétique ou objective, une fois intégré au discours.
Influence subieCelle de Guillaume de Humboldt que Becker connaissait personnellement, de la grammaire générale, de Schelling (correspondance), Trendelenburg, des frères Grimm, F. Bauer, Bernhardi, Grotefend, Herling, Reinbeck, Schmeller, J. C. Heyse, Schmitthenner.
Influence exercéeQue ce soit par une influence ou une démarcation controversée – sur les membres du cercle de Francfort; K. W. Heyse; C. Hoffmann; A. Schleicher; sur les courants de pensée liés à la psychologie du langage (Steinthal, Wundt) et à la sociologie du langage.
Renvois bibliographiques→ Références
Bartelmann J. 1857; Diestel H. 1845; Ehrhard A.-F. 1998; Erlinger H. D. 1983; Forsgren K.-Å. 1973; Forsgren K.-Å. 1985; Forsgren K.-Å. 1992; Heyse K. W. 1829; Hoffmeister K. 1830; Knobloch C. 1989; Matthias A. 1907; Michelsen C. 1837; Naumann B. 1983; Neumann W. 1984; Ott R. 1975; Steinthal H. 1968; Trendelenburg A. 1870; Vesper W. 1980; Vesper W. 2009; Weigand G. 1933; Weigand G. 1966; Wilmanns W. 1869; Wilmanns W. 1869
Rédacteur

Ehrhard, Anne-Françoise

Création ou mise à jour2000