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Theoretisch-praktische deutsche Grammatik

Heyse, Karl Wilhelm

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires allemandes [3530]
Auteur(s)

Heyse, Karl Wilhelm

Datation: 1797-1855

Grammairien et lexicographe allemand, fils aîné de J. C. Heyse (voir notice 3520), né à Oldenbourg. Après le baccalauréat (1812), il enseigna à Vevey (Suisse); il devint le précepteur à Berlin du fils cadet de Guillaume de Humboldt, puis de celui de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Il étudia à Berlin, où il fut marqué par F. A. Wolf, A. Böckh et K. P. Buttmann, mais il fut aussi un grand autodidacte. Il soutint fin 1826 à l'Université de Berlin sa thèse de philosophie sur Herodote et y fut nommé professeur "extraordinaire" (1829). Il dispensa de nombreux cours sur la Grèce ancienne et la littérature latine. Dans ses publications, il poursuivit l'œuvre de son père: l'édition des grammaires allemandes et des dictionnaires; Steinthal publia de manière posthume son System der Sprachwissenschaft (1856).

Titre de l'ouvrageTheoretisch-praktische deutsche Grammatik oder Lehrbuch der deutschen Sprache, nebst einer kurzen Geschichte derselben. Zunächst zum Gebrauch für Lehrer und zum Selbstunterricht. von Dr. Joh. Christ. Aug. Heyse, weil. Schuldirector zu Magdeburg und Mitglied der Gelehrten-Vereine für deutsche Sprache zu Berlin und Frankfurt am Main. 5. völlig umgearbeitete und sehr vermehrte Ausgabe. Erster Band, Hannover, 1838. Im Verlag der Hahn'schen Hofbuchhandlung. 1. Bd. Dr. J. C. A. Heyse's Ausführliches Lehrbuch der deutschen Sprache. Neu bearbeitet von Dr. K. W. L. Heyse, Professor an der Universität zu Berlin. Zweiter Band. Hannover, 1849. Im Verlag der Hahn'schen Hofbuchhandlung. 2. Bd.
Titre traduitTraité/système exhaustif de la langue allemande
Titre courtTheoretisch-praktische deutsche Grammatik
Remarques sur le titreLe titre est double: sur deux pages en regard.
Période|19e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire philosophique, intégrant le vecteur historique.
Type indexéGrammaire philosophique | Linguistique historique
Édition originaleKarl Heyse a édité cette grammaire à Hanovre, chez Hahn, en 1838 (1er vol.) et en 1849 (2e vol.) en conservant le nom d'auteur de son père; il s'agit de la cinquième édition de la Grammaire théorique et pratique (voir notice 3520), mais entièrement revue et modifiée. Les contemporains de K. W. Heyse ne se réfèrent plus à J. C. Heyse en citant cet ouvrage.
Édition utilisée"Cinquième" édition, en fait revue et modifiée, 1848 et 1849, Hanovre, Hahn.
VolumétrieFormat: 21 x 12,5 cm. Vol. 1, 950 pages Vol. 2, 850 p. Environ 2 500 signes par page.
Nombre de signes4500000
Reproduction moderne1972, réimpression en fac-similé, Hildesheim, G. Olms. Le nom de l'auteur qui apparaît est Karl Wilhelm Heyse.
DiffusionCette édition ne fut plus retravaillée et rééditée par la suite. Ce furent les autres versions de la grammaire de J. C. Heyse (la Schulgrammatik et le Leitfaden) qui furent rééditées d'abord par K. W. Heyse seul après 1829, puis à sa mort par son frère Theodor (20e et 21e éditions) et Gustav (22e et 23e éditions) (voir notice 3524), et enfin par Otto Lyon (voir notice 3532).
Langues ciblesAllemand
MétalangueAllemand
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageVol. 1. Reprise des préfaces des grammaires de 1814 et de 1827, nouvelle préface de 1838 (p. V-XXIV). Table des matières (XXV-XXVIII). Introduction (p. 1-144): généralités sur la langue et l'objectif d'une grammaire (Sprachlehre); histoire de la langue allemande, et enfin présentation des lois de la langue (Sprachgesetze). Livre I, Phonétique et orthographe (145-272): première section, des phonèmes et de leur bonne prononciation (145-190); de l'orthographe (191-272). Livre II, Morphologie: première section: généralités (273-412): les parties du discours, la flexion et la rection (273-307); morphologie (étymologie) (308-412); deuxième section: particularités (413-915); l'article (413-420); le substantif (421-512); le pronom (513-555); l'adjectif (556-622); le numéral (623-650); le verbe (651-794); l'adverbe (795-845); la préposition (846-865); la conjonction (866-909); l'interjection (910 sq.).
Vol. 2. Il comprend essentiellement le livre III consacré à la syntaxe, lui-même subdivisé en deux parties: une partie plus générale, allant de la phrase simple à la période; une partie plus spécifique, précisant la combinatoire des éléments constituant des syntagmes et l'agencement des constituants dans la phrase. Préface (p. V-VIII). Table des matières (IX-XII). Livre III: Syntaxe [Satzlehre] (p. 1-782). Première partie: généralités: conception (Begriff) de la proposition et les différents types de phrases, les constituants de la phrase simple, la phrase étendue, composée, l'ellipse (1-65). Deuxième partie: première section (66-537): les cas (66-98), le régime verbal (99-167), adjectival (168-183), nominal (184-208), prépositionnel (209-380), la congruence (381-537): le rapport prédicatif, épithétique (attributiv), la mise en relation (Beziehung), l'agencement des mots entre eux (coordination [Zusammenordnung], subordination, intégration [Einordnung]); deuxième section (537-583): la suite des mots (Wortfolge), régulière (541-558), inversée (559-583); troisième section: de l'enchâssement (Satzfügung) et de l'enchaînement des propositions (Satzfolge): la coordination (594-629); la subordination (630-745), la période (746-781); quatrième section: ponctuation (782-835). Rectificatifs et compléments aux deux volumes (824-837). Index (838 sq.)
Objectif de l'auteurConcilier les intérêts de la grammaire historique et de la grammaire scolaire en faisant reposer son édifice "sur la théorie scientifique et l'histoire de la langue"; mais ce faisant il n'écrit plus une grammaire à vocation pédagogique (Karl Heyse veut écrire une grammaire philosophique, lui donnant l'occasion d'exposer ses propres conceptions organicistes du langage, et de se démarquer d'une grammaire scolaire non spéculative); intégrer de nombreux acquis des recherches menées en grammaire comparée et historique par les contemporains en citant leurs travaux, et donner ainsi un caractère scientifique à la grammaire; écrire une grammaire explicative, ayant pour but de faciliter l'acquisition d'une compétence.
Intérêt généralL'auteur entend: 1) rompre avec l'écriture d'une morpho-syntaxe pour bien distinguer entre les phénomènes morphologiques et syntaxiques au sens strict; 2) écrire une grammaire de la compétence, axée sur la langue maternelle; 3) exclure la métrique qui constitue un domaine indépendant. D'une part, K. Heyse renoue avec la tradition d'une grammaire raisonnée, mais intègre les acquis de la grammaire comparée et historique (résultats de travaux de Bopp, Pott, des frères Grimm, de Graff, Benecke, Scherer). D'autre part, sa pensée grammaticale repose fondamentalement sur sa philosophie de l'individu. Elle présuppose une conception de l'homme comme sujet conscient, advenant à la conscience par la parole. K. Heyse critique Fichte accentuant le caractère premier de la raison. On observe une rupture avec la problématique de l'origine des langues. Il existe des convergences partielles entre la pensée de K. Heyse et celle de Humboldt relatives à l'organicisme et à l'énergie, mais le premier rapporte l'idée d'énergie à l'esprit qui s'objective, la langue reflétant l'énergie de la pensée. Pour K. Heyse, la langue est un produit dynamique (Werk), terme à comprendre étymologiquement (wirken, eine That).
Parties du discoursLes classes reconnues sont les mêmes qu'en 1827 (voir notice 3524). Les relations logiques de la proposition sont vues par opposition à des lois organiques présidant à la morphologie. K. Heyse expose une théorie des cas, et rajoute un cas: le vocatif. Il enrichit l'analyse des conjonctions, renouvelée en 1827. Quant à la classification des temps, il abandonne l'idée de temps relationnels et non relationnels, et renonce définitivement à exposer une concordance des temps au discours indirect. Quant au subjonctif, Heyse reconnaît implicitement l'existence de deux séries sans valeur temporelle, mais uniquement à valeur modale, dans une formulation qui sera maintenue par la suite par le prochain grand continuateur, Otto Lyon.
Innovations term.Innovations terminologiques: K. Heyse distingue entre deux types de mots, les mots matériels (Stoffwörter), et les mots formels (Formwörter). Le vocabulaire est semblable à celui de la grammaire de Roth (Stoff / Form), et aux distinctions de Becker (Begriffs- et Formwörter), mais recouvre des données différentes. Le terme de Stoff renvoie à l'origine sensible des perceptions (Anschauung), donnant lieu à une première représentation concrète de la réalité. Les Stoffwörter comprennent les nomina substantiva, ainsi que les adjectifs, les verba concreta, et les adverbia qualitativa. Seuls les Formwörter sont l'expression de représentations strictement abstraites et formelles, exprimant des relations ou des représentations: pronoms (personnels, possessifs), numéraux, l'article, les verba abstracta, les éléments adverbiaux déictiques, et les particules: prépositions et conjonctions. Les interjections traduisent un état de langue en son premier stade d'évolution, et sont qualifiées à part de sons naturels (Naturlaute). K. Heyse ne raisonne pas en termes de réunion de plusieurs représentations traduisant un jugement immédiat de la conscience, et ne part pas, comme Becker, de dichotomies fondamentales entre substantif et verbe (pour lui, les substantifs et les verbes sont susceptibles de désigner tous deux des états ou des activités, Dinge/Thätigkeiten). La classification des parties du discours ne s'effectue donc plus par rapport aux fonctions sujet/prédicat. K. Heyse admet une polyvalence fonctionnelle de toutes les parties du discours. De nombreuses analyses accentuent le plan énonciatif.
Classification des phrases: la classification des phrases se fait par opposition binaire entre le "contenu" (Inhalt) et la "forme" (Form), termes qu'il investit d'un nouveau sens. Inhalt renvoie au contenu sémantique et à l'illocutoire, tandis que Form décrit la forme externe de la phrase. Dans le Inhalt, il effectue trois grandes distinctions, 1) entre la double activité de l'esprit, en tant qu'esprit théorique et pratique exprimant une volonté, fondant la différence entre les déclaratives (Erkenntnissätze, phrases de "connaissance") et les phrases de "volition" (Begehrungssätze, injonctives, interrogatives, souhait, regret); 2) la forme, affirmative ou négative et 3) une classification selon les modes kantiens de la réalité, de la nécessité et de la possibilité, en associant à chaque type l'emploi de certains modes et formes verbales. Il reclassifie les phrases nominales, adjectivales et adverbiales en décrivant Form/Inhalt, mais il revient à la dénomination "propositions substantivales" (Substantiv-Sätze) en englobant tant les propositions introduites par des éléments en w- que par daß ou ob (voir notice 3524). Dans les analyses de la phrase étendue, complexe et de la période, il approfondit les relations de dépendance, de coordination et d'inhérence.
Corpus illustratifLes exemples sont largement ceux des éditions précédentes (voir notices 3520 et 3524).
Indications compl.K. Heyse s'intéresse à l'évolution plus ancienne et récente de la langue et de la littérature allemande. Il cite non moins de 17 grands travaux et illustre chaque période d'évolution de la langue par une traduction du "Notre-Père" en allemand. La typographie et la précision des références sont exemplaires. L'auteur s'appuie sur les derniers travaux en dialectologie après Fulda et Radlof (Stalder, Höfer, Schmid, Schmeller, Richey, Strodtmann, Dähnert, Schütze). Il développe une typologie des langues moins nuancée que Humboldt (qu'il ne cite pas dans ce cadre) selon trois grandes classes: langues flexionnelles, à affixes ou agglutinantes, et langues sans structure grammaticale. Il considère qu'il y a une forme interne, logique, de la langue, comme un réseau de signes sonores pour exprimer la pensée – et aussi un lien spécifique entre la langue et l'individu qui la parle.
Dans le tome I consacré à la morphologie, K. Heyse accorde une place essentielle à l'étymologie et à l'évolution morphologique. Il cite et nuance les travaux de J. Grimm en s'appuyant sur Graff, Bopp et Pott. Il se réfère à la grammaire latine de K. L. Schneider et a des vues divergeant de celles de Schmitthener dont il remet en cause la théorie de constitution des mots.
K. Heyse remplace le terme de "jugement" par celui de "pensée" (Gedanken, Gedachtes) dans la définition de la phrase, tandis que la "représentation" (Vorstellung) relève du "mot". Il distingue l'action de l'esprit sous la forme d'une pensée unitaire, et la "forme" logique de la pensée en tant que jugement sous la forme d'une proposition, réalisée dans la phrase. Mais la phrase peut aussi être l'expression d'un jugement non nécessaire. Toute la syntaxe (vol. 2) est développée dans une perspective phrastique.
Exercices: il n'y a plus d'exercices dans cette version. Ils sont maintenus dans les rééditions de la grammaire scolaire plus restreinte éditées en parallèle à partir de 1840.
Influence subieCelle de F. A. Wolf, K. Buttmann, A. Böckh; la pensée organiciste du langage, humboldtienne, quoique K. Heyse l'aborde différemment de Humboldt; à la différence de K. F. Becker pour lesquels des contacts directs avec G. de Humboldt sont attestés, il est difficile de montrer une filiation de pensée directe entre K. Heyse et Humboldt. Parenté avec la philosophie de la conscience de Wolff, les actes de conscience de Leibniz, Platner, Herder, Tetens, Thomas. Critique de Fichte. Rapport avec la grammaire de Harris (Hermes), pour le primat de la phrase, avec l'Abbé Girard pour l'analyse des constituants (voir notice 3520) et les relations d'inhérence/de dépendance. K. Heyse poursuit ainsi un courant suivi par Reinbeck, Grotefend, Rosenberg, Bauer. Rapport avec Bernhardi (distinction entre Stoff/Form). Influence des grammaires de Roth et de Thomas.
Influence exercéeSur les membres de la société de Francfort; plus tard sur Steinthal, Otto Lyon, Hermann Paul.
Renvois bibliographiques→ Références
Ehrhard A.-F. 1995; Forsgren K.-Å. 1973; Forsgren K.-Å. 1992; Haselbach G. 1966; Heyse P. 1912; Jolly J. 1874; Marillier J.-F. 1989; Marillier J.-F. 1990; Naumann B. 1986; Neumann W. 1984; Petzet E. & Herbig G. 1913; Polenz P. v. 1984; Ricken U. 1989; Vesper W. 1980
Rédacteur

Ehrhard, Anne-Françoise

Création ou mise à jour2000