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Deutsche Grammatik

Wilmanns, Wilhelm

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires allemandes [3531]
Auteur(s)

Wilmanns, Wilhelm

Datation: 1842-1911

Philologue, professeur allemand. Né à Jüterborg en 1842, Wilmanns devint professeur à l'Université de Greifswald en 1874, puis de Bonn en 1877, et mourut à Bonn. Il s'est fait connaître en tant que grammairien et philologue, spécialisé en littérature allemande ancienne. Il publia des textes d'auteurs du Moyen Age, une série d'ouvrages relatifs à la littérature épique (la Kudrundichtung en 1873, le Nibelungenlied en 1877 et 1903, le poète Walther von der Vogelweide en 1882), la métrique (1887, 1888), un compendium sur la littérature allemande ancienne (1885-1888), et acquit une grande renommée par sa grammaire historique et comparée de l'allemand, en trois volumes, retraçant l'évolution des formes depuis le gotique (1893-1903).

Titre de l'ouvrageDeutsche Grammatik, für die Unter- und Mittelklassen höherer Lehranstalten, nebst Regeln und Wörterverzeichnis für die deutsche Orthographie nach der amtl. Festsetzung, von Dr. Wilhelm Wilmanns, ordentl. Professor an der Universität Bonn. 3. verb. Aufl.
Titre traduitGrammaire allemande, destinée aux classes inférieures et moyennes des établissements d'enseignement classique, accompagnée de règles et d'un index orthographiques d'après la norme officielle, par Wilhelm Wilmanns, professeur ordinaire à l'Université de Bonn. Troisième édition améliorée
Titre courtDeutsche Grammatik
Remarques sur le titre
Période|19e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire de l'allemand, à usage scolaire; normative.
Type indexéGrammaire normative | Grammaire didactique
Édition originale1876, Berlin, Verlag von Wiegandt, Hempel & Parey, sous le titre: Deutsche Grammatik, für die Unter- und Mittelklassen höherer Lehranstalten [Grammaire allemande, destinée aux classes inférieures et moyennes des établissements d'enseignement classique].
Édition utilisée1880, Berlin, Wiegandt, Hempel & Parey, troisième édition augmentée.
VolumétrieIn-8°, 248 pages Environ 2 728 signes par page.
Nombre de signes675000
Reproduction moderne
DiffusionPremière édition, 1876; troisième édition: 1880; sixième édition, revue, en deux parties, 1885 (première partie, jusqu'à la sixième; deuxième partie, de la cinquième à la troisième); septième édition, 1887; neuvième édition, 1894; dixième édition, 1899; douzième édition, 1908. A partir de 1885 (sixième édition), Wilhelm Wilmanns eut comme collaborateur H. Poppelreuter.
Langues ciblesAllemand
MétalangueAllemand
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvragePréface (p. III-IV). Table des matières (V-VIII). Première partie. Chapitre premier (§ 1-10; pp. 1-4): les syllabes en langue parlée (p. 1); l'accent principal (1); les syllabes en langue (1-3). Deuxième chap. (§ 11-36): le substantif et le verbe (4); le substantif (4); le verbe (5-8); du sujet et du prédicat (8), la déclinaison du substantif et de l'article (9); le substantif déterminant un autre substantif (10); la formation du passif (10); les déclaratives et les interrogatives (12); le mode (13-15). Troisième chap. (§ 37-42): les adjectifs, en fonction épithète et attribut (16-19). Quatrième chap. (§ 43-53): des noms et des pronoms (20 sq.). Cinquième chap. (§ 54-59): les numéraux (27-29); les quantificateurs indéfinis et globaux (29); règles de flexion de l'adjectif (30). Sixième chap. (§ 60-65): les prépositions (31-35). Septième chap. (§ 66-73): les adverbes (36-41). Huitième chap. (§ 74-87): l'ordre des mots et les types de phrases (41); l'enchaînement des propositions (42-43); la coordination et la subordination (44); les différents types de dépendantes (45-48); de la polysémie des conjonctions (49); la ponctuation (49-50); l'enchaînement des propositions en l'absence de conjonction (51); le discours indirect (51-53). Neuvième chap. (§ 88-102): les propositions abrégées (les infinitives, participiales, l'apposition, l'emploi absolu des cas, les comparaisons en als et wie) (55-61); les propositions élidées (61); les membres de phrases complexes (62); la conjonction et la ponctuation dans les phrases complexes à membre de phrase élidé (62 sq.); les phrases "elliptiques" (63); les interjections (64).
Deuxième partie. Chap. premier (§ 103-124): Des phonèmes, des syllabes, des mots: la classification des phonèmes (65 sq.); la syllabe (70); l'accent syllabique (70 sq.); les syllabes radicales et dérivées (76 sq.); la séparation des mots et la composition (78-89). Deuxième chap. (§ 125-144): Des substantifs: classification des substantifs (90 sq.); le genre (93 sq.); le nombre (96); la déclinaison (97-103); la flexion (sens et évolution) (104 sq.); remarques sur l'emploi des cas (107-109). Troisième chap. (§ 145-174): Du verbe: classification (110 sq.); la conjugaison forte (113 sq.); la conjugaison faible (116); glissement de la conjugaison forte vers la conjugaison faible (116 sq.); les verbes mixtes (118); les prétérito-présents (119); irrégularités ponctuelles (120 sq.); le préverbe ge- du participe (122); sens et disparition de la flexion verbale (123); les formes verbales composées (124 sq.); l'emploi des temps (127 sq.); le mode (131-137); l'infinitif (138); le participe (139 sq.); l'infinitif tenant lieu de participe (141). Quatrième chap. (§ 175-179): De l'adjectif: l'adjectif épithète et attribut (142); les adjectifs dérivés (142); la comparaison (143); la flexion (144). Cinquième chap. (§ 180-186): Du pronom: les formes de politesse (145); le transfert de formes (146); l'emploi du pronom réfléchi (147); le pronom réciproque (148); le pronom démonstratif et le pronom personnel (149); le pronom possessif (149); l'article et le pronom démonstratif (149). Sixième chap. (§ 187-192): De l'adverbe: l'adverbe au plan syntaxique (150); l'adverbe et l'adjectif (150); l'adverbe et le substantif (152 sq.); la négation (156 sq.). Septième chap. (§ 193-197): Des prépositions: morphologie (158-161); la rection variable (162); prépositions régissant le datif et l'accusatif (162 sq.); l'emploi de l'accusatif avec bei et über. Huitième chap. (§ 198-200): Des conjonctions: morphologie (168 sq.); de la différentiation des conjonctions (169); la conjonction et la détermination adverbiale (170). Neuvième chap. (§ 201-208): Du sujet et du prédicat: Du sujet logique et grammatical (171); les phrases dépourvues de sujet (172); le cas du sujet (173); la personne et le nombre du prédicat (174); le prédicat et la détermination prédicative (175-178). Dixième chap. (§ 209-211): De l'ordre des mots et des types de phrases: la place du verbe (179); l'inversion (180). Onzième chap. (§ 181-188): De l'intonation de la phrase et de la ponctuation: la ponctuation en fin de phrase (184); la ponctuation à l'intérieur de la phrase (184-187); la structure de la phrase et la mélodie (187 sq.).
Orthographe. Introduction (§ 1-12, 189 sq.). Règles (§ 13-32, 202 sq.). Index (219-240).
Objectif de l'auteurRédiger une grammaire de l'allemand, progressive, à l'usage des collèges. La seconde partie reprend les mêmes thèmes que la première en les approfondissant.
Intérêt généralGrammaire normative, synchronique, dont la partie phonétique détailllée montre l'influence des néogrammairiens; grammaire qui intègre les acquis de l'école historique et qui a le souci constant d'expliquer les formes au plan morphologique. Wilmanns accorde une grande importance à la fonction syntaxique des parties du discours. Il intègre parfois le plan textuel, et nuance les règles en revenant sur l'évolution et le sémantisme des formes, et l'intention communicative du locuteur qui justifie leur emploi.
Parties du discoursIl prend son sens par rapport à une approche spécifique de la phrase. Wilmanns en a une conception vaste, annonçant les positions de H. Paul. La phrase est une partie constitutive du discours (Rede) formant une entité complète, démarquée par une intonation spécifique et des pauses. Se référant à des définitions plus restreintes, Wilmanns renvoie à la phrase en tant que partie constitutive du discours où figure un verbe conjugué en tant que prédicat. Les phrases dites "elliptiques", considérées comme des énoncés autonomes, sont dépourvues de verbe conjugué ou même de verbe. Wilmanns conserve la terminologie latine et traite les parties du discours dans l'ordre suivant: le substantif, le verbe, l'adjectif, le pronom, le numéral, l'adverbe, la préposition, la conjonction. Le substantif et l'adjectif font partie de la classe des "noms". La grammaire ne traite de l'article que dans le cadre du substantif. Dans la première partie de l'ouvrage, Wilmanns indique que les deux classes de mots fondamentales sont le substantif et le verbe. L'importance du verbe comme élément porteur apparaît lorsque Wilmanns traite de phrases dites "elliptiques" car dépourvues de verbe. Après avoir rapidement défini au plan sémantique et présenté les catégories du substantif et du verbe, Wilmanns traite des fonctions sujet et prédicat. Ceci est typique pour sa démarche: associer deux parties du discours pour en dégager les spécificités, et faire le lien immédiat avec leur rôle syntaxique. Dans la seconde partie du manuel, Wilmanns élargit l'analyse au sujet grammatical et logique. Il étudie dans ce chap. la distinction entre sujet réel et sujet apparent, mais traite aussi du sujet "logique" au plan textuel, qui ne figure pas toujours au nominatif. Constamment, Wilmanns montre l'absence d'étanchéité entre les différentes parties du discours, et les figements opérés en langue. L'adjectif est d'abord situé par rapport à sa fonction, puis est étudié au plan morphologique et comparé à l'adverbe. Les pronoms sont situés par rapport à leur rôle discursif, endophorique et exophorique. Le chap. consacré aux numéraux étudie les quantificateurs et les mutants. Le chap. sur l'adverbe insiste sur l'absence de marques morphologiques distinctives, et présente clairement les déictiques et les directifs; puis l'auteur développe la fonction adverbiale par rapport aux groupes prépositionnels, à l'emploi et au figement de certaines formes flexionnelles des substantifs. L'analyse des prépositions et des conjonctions se fait au plan morphologique, étymologique: ainsi le lien est établi avec la classe des substantifs, des adjectifs et des adverbes. Il en est de même pour les conjonctions; l'auteur insiste surtout sur leur polysémie, le sens se dégageant au plan contextuel.
Innovations term.Dans ses deux chap. sur le verbe, Wilmanns établit ses classifications dans la lointaine lignée d'Adelung, en fonction des verbes personnels et impersonnels; selon la présence et le cas de l'objet, il distingue des verbes transitifs, intransitifs et réflexifs; enfin les auxiliaires de temps et de mode. La grammaire développe les formes concurrentes de certains verbes (conjugaison forte/faible) en synchronie. Les prétérito-présents sont expliqués au plan morphologique. Wilmanns parle d'abord des temps, puis des modes. Il distingue trois modes: l'indicatif, le subjonctif (Konjunktiv) et l'impératif. L'approche est psychologisante, le mode exprimant pour Wilmanns un processus intérieur (des rapprochements peuvent être effectués avec des formulations de K. F. Becker). Le subjonctif II est qualifié de subjonctif passé. Au plan temporel, Wilmanns reconnaît des temps composés (de "prétérit", à savoir de parfait et de plus-que-parfait, de futur, et les formes de passif avec l'auxiliaire werden). Comme dans des grammaires plus anciennes, il distingue un emploi absolu, par rapport au moment de prise de parole du locuteur, et relatif des temps. A l'indicatif, il y a un présent, un prétérit (Imperfectum), un parfait (Perfectum) qu'il analyse comme un présent de l'accompli, un futur simple et un futur antérieur (Futurum II). Wilmanns insiste non seulement sur les formes, mais aussi sur leur simplification en langue parlée et sur les alternatives de construction. Les emplois du subjonctif sont classés au plan sémantique: le subjonctif "présent" comme subjonctif impératif et concessif (Conjunctivus imperativus et concessivus), les formes du "passé" comme optatif, conditionnel, concessif, potentiel. L'auteur étend l'analyse à l'emploi au subjonctif des verbes de modalité et à des spécificités (subjonctif en présence d'une négation, d'adverbes, dans le cadre de comparatives irréelles). L'emploi du subjonctif I au discours indirect est mis en relation avec une stratégie énonciative, le locuteur décidant de rapporter une "représentation", et "refusant" d'établir un rapport avec la réalité. Chez Wilmanns, l'emploi de l'indicatif est aussi élargi à une forme neutre (Ausdruck der Moduslosigkeit).
Corpus illustratifLes exemples figurent en général sans référence d'auteur, sauf dans quelques rares cas lorsque Wilmanns attire l'attention sur certaines spécificités de formes. Les auteurs cités sont alors Goethe ou Schiller par ex.
Indications compl.Analyse de la proposition: elle a une structure binaire sujet/prédicat. L'analyse se fait en termes de membres de phrase qui sont le sujet, et le prédicat, formé du verbe seul ou du verbe et de ses déterminations. Les éléments à fonction adverbiale en sont exclus (adverbes, circonstants). Wilmanns parle des trois places susceptibles d'être occupées par le verbe dans la proposition (la première, deuxième et la dernière), sans parler d'inversion. Il parle d'"inversion" pour qualifier l'après-dernière position d'un membre de phrase. Wilmanns présente aussi une classification des propositions par rapport à leur fonction: nominale pour les propositions en fonction sujet et objet, ainsi que les interrogatives indirectes et les complétives en w-; "attributive" pour les relatives dans l'expansion à droite d'un substantif; et adverbiale pour les subordonnées classées selon leur sémantisme, les subordonnées de lieu introduites par l'élément wo-, les comparatives, conditionnelles, et concessives. Il parle de "groupe" à certains endroits de sa grammaire pour identifier la fonction d'un membre de phrase, la fonction (sujet par ex.) n'étant pas toujours assurée par un "mot" mais, le cas échéant, un ensemble plus vaste.
Exercices: Wilmanns emploie le terme de "devoir" (Aufgabe) au lieu d'"exercice" (Übung). Les exercices figurent à la fin de certains paragraphes, mais pas systématiquement. Ils sont plus nombreux en phonétique et en morphologie, mais figurent aussi en syntaxe. Exercices variés: à trous, à transformation ou identification de formes… Quelques paragraphes débutent par un exercice qui tient lieu de définition.
Les explications historiques sont intégrées au corps du texte et ne figurent pas en note. Wilmanns procède souvent par la comparaison de formes morphologiques entre elles, ou par la mise en parallèle de deux parties du discours. Sa grammaire présente le schéma intonatif des énoncés dans une perspective démarcative, ce qui est à mettre en relation avec sa conception de la phrase.
Influence subieCelle d'O. Erdmann, J. Imelmann, D. Sanders; Adelung; Roth; Kant; K. F. Becker; F. Kern; celle des néogrammairiens.
Influence exercéeSur H. Paul; O. Behaghel (l'impact de Wilmanns se situe surtout au niveau de sa grande grammaire historique et comparée de l'allemand).
Renvois bibliographiques→ Références
Forsgren K.-Å. 1992; Glinz H. 1947; Haselbach G. 1966; Matthias A. 1907; Naumann B. 1983; Vesper W. 1980
Rédacteur

Ehrhard, Anne-Françoise

Création ou mise à jour2000