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Al-Muqtaḍab

Al-Mubarrad Abū l-ʿAbbās Muḥammad

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurGrammaires arabes [4103]
Auteur(s)

Al-Mubarrad Abū l-ʿAbbās Muḥammad

Forme complète: Al-Mubarrad Abū l-ʿAbbās Muḥammad ibn Yazīd

Datation: Mort en 898

Grammairien arabe, originaire de Baṣra. Il fut l'élève d'al-Ğarmī et d'al-Māzinī, les deux principaux transmetteurs baṣriens du Kitāb de Sībawayhi. Il se fixa ensuite à Bagdad, où il conquit le "leadership" (ri'āsa) sur le milieu grammatical, imposant notamment sa propre recension du Kitāb comme "canonique". Tous les grammairiens importants du 10e s. (notamment Ibn al-Sarrāğ) sont ses disciples ou les disciples de ses disciples; cependant son influence s'est exercée sur le plan institutionnel plus que sur celui de la doctrine, où il reste en retrait par rapport aux innovations de ses successeurs. Son ouvrage le plus célèbre, le Kāmil, est un recueil de "miscellanées", avec une orientation nettement philologique.

Titre de l'ouvrageal-Muqtaḍab
Titre traduitLe retranché
Titre courtAl-Muqtaḍab
Remarques sur le titre"Le retranché" désigne habituellement un poème dépourvu d'exorde, ou inversement un exorde poétique sans lien direct avec la suite. L'origine de cette appellation reste obscure.
Période|9e s.|
Type de l'ouvrageRecueil de questions grammaticales.
Type indexéRemarques grammaticales
Édition originaleComposé fin 9e s. Edition princeps par M. A. ʿUḍaymah, Beyrouth, s.d. [années 1970].
Édition utiliséeEdition M. A. ʿUḍaymah, 1re éd., Beyrouth, ʿĀlam al-Kutub, s.d. [années 1970].
Volumétrie4 vol, grand in-8°, 131 + 278, 369, 392, 434 + 360 pages, soit 1200 signes/page.
Nombre de signes1750000
Reproduction moderne
Diffusion6 manuscrits connus, dont un daté de 959. L'ouvrage a fait l'objet de quatre commentaires, dont deux datent du 10e s., un du 11e s. et le dernier du 12e s. (d'après Sezgin 1984). Diffusion assez limitée, donc.
Langues ciblesArabe
MétalangueArabe
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvragePlan peu apparent, d'autant que, selon l'éditeur, l'ordre du manuscrit aurait été perturbé. Chaque chapitre semble être une unité indépendante, consacrée à l'examen d'un ou plusieurs cas d'espèce. On peut cependant discerner certains regroupements: morpho-phonologie nominale (chap. 5-45); gémination, phonétique, règles de pause et de sandhi (47-60); morpho-syntaxe et morphologie du verbe (61-92); morphologie nominale: pluriels et diminutifs (93-131); usage de certains morphèmes grammaticaux (132-176); manipulations syntaxiques diverses (177-187); formation de l'adjectif de relation (187-200); le maṣdar (200-227); le nom propre (227-260); syntaxe du verbe et des déverbaux (261-279); le vocatif (280-294); détermination et indétermination (295-320); restriction (320-333).
Objectif de l'auteurNon explicitement mentionné. La nature des questions traitées montre toutefois qu'il ne s'agit pas d'un manuel d'apprentissage, mais plutôt d'un ouvrage consacré aux difficultés et aux subtilités de la langue, à mi-chemin entre grammaire et philologie. Une part importante est accordée à des "questions difficiles" visant à tester les connaissances des apprenants en leur imposant d'analyser ou de produire des formes ou des énoncés grammaticalement corrects, mais inattestables.
Intérêt généralL'un des rares témoins, avec le Kitāb de Sībawayhi et quelques autres, de l'état ancien de la grammaire avant la refondation du 10e s. Approche très intuitive, visant non pas à exposer les règles et les principes généraux, mais à analyser des données particulières, surtout lorsqu'elles s'écartent du comportement normal de la classe dont elles relèvent.
Parties du discoursSimple énumération des trois parties canoniques. L'auteur ajoute que cette tripartition est valable pour toutes les langues (Sībawayhi, lui, n'entendait distinguer les "sortes de mots" que "par rapport à l'arabe"); l'idée sera reprise par la tradition postérieure.
Innovations term.Le Muqtaḍab est l'un des premiers traités à utiliser ğumla pour désigner la phrase (Sībawayhi n'emploie que kalām, "discours", terme collectif sans singulier ni pluriel).
Corpus illustratifPlus de 600 citations coraniques et plus de 500 vers-témoins (d'après les "Index" de l'édition ʿUḍaymah), ainsi que de très nombreux exemples constitués ad hoc.
Indications compl.
Influence subieCelle des grammairiens de Baṣra, essentiellement Sībawayhi (cité 69 fois) et son maître al-Ḥalīl (38 fois), mais aussi al-Aẖfaš et al-Māzinī (19 fois chacun). Al-Mubarrad adopte cependant (à la suite, le plus souvent, d'al-Ğarmī et d'al-Aẖfaš, voir Bernards 1990) une attitude critique vis-à-vis du Kitāb sur plusieurs points de détail.
Influence exercéeApparemment très limitée à en juger par le faible nombre des citations dans la littérature ultérieure (10 selon ʿUḍaymah), ainsi que par la rareté des copies et des commentaires. L'ouvrage semble avoir été tenu en médiocre estime par les générations postérieures, qui le comparaient défavorablement au Kitāb al-uṣūl d'Ibn al-Sarrāğ, malgré les protestations de ce dernier, loyal envers son maître. Il fait l'objet d'un jugement très défavorable d'al-Fārisī (mort en 987), disciple et transmetteur d'Ibn al-Sarrāğ. Les critiques d'al-Mubarrad envers Sībawayhi lui valent les foudres du grammairien égyptien Ibn Wallād (mort en 943), qui lui reproche de travailler sur un texte mal établi.
Renvois bibliographiques→ Références
Bernards M. 1990; Owens J. 1990; Sezgin F. 1984
Rédacteur

Guillaume, Jean-Patrick

Création ou mise à jour2012-03 | 2000