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Sirr Ṣināʿat al-iʿrāb

Ibn Ğinnī (Abū l-Fatḥ ʿUṯmān)

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurGrammaires arabes [4106]
Auteur(s)

Ibn Ğinnī (Abū l-Fatḥ ʿUṯmān)

Datation: Vers 930-1002

Grammairien arabe, né à Mossoul, mort à Bagdad. Fils d'un esclave affranchi d'origine byzantine, il s'attacha très jeune à Abū ʿAlī al-Fārisī (mort en 986), le principal disciple et héritier spirituel d'Ibn al-Sarrāğ, qu'il accompagna pendant la majeure partie de sa vie. Sa carrière, brillante, eut pour cadre la cour de plusieurs émirs indépendants en Syrie du Nord, en Irak et en Iran occidental. Il laissa une œuvre abondante, dont un précis de morpho-phonologie, le Mulūkī un gros ouvrage consacré à diverses questions de méthodologie et d'épistémologie de la grammaire, les Ḫaṣāiṣ, et un précis grammatical inspiré du Kitāb al-uṣūl d'Ibn al-Sarrāğ.

Titre de l'ouvrageSirr Ṣināʿat al-iʿrāb
Titre traduitLe secret du grand art de bien dire
Titre courtSirr Ṣināʿat al-iʿrāb
Remarques sur le titre
Période|10e s.|
Type de l'ouvrageTraité de phonologie.
Type indexéPhonologie
Édition originaleDate de composition: années 980.
Édition utiliséeEdition Ḥ. Hindāwī, 1985, Damas, Dār al-Qalam.
Volumétrie2 vol. in-8°, 70 + 969 pages (pagination continue, le 2e vol. commence à la pages 435). 1000 signes par page.
Nombre de signes700000
Reproduction moderne
Diffusion28 manuscrits recensés par GAS, mais seulement un commentaire, ce qui met en évidence à la fois la notoriété de l'œuvre et son caractère atypique, peu utilisable pour un enseignement normalisé.
Langues ciblesArabe
MétalangueArabe
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageIntroduction générale sur les sons de la langue et leur variété (p. 1-40). Inventaire des segments phonétiques (i.e. non-syllabiques) de l'arabe avec leur point d'articulation; exposé et discussion de certaines de leurs réalisations contextuelles; classification des segments selon une série d'oppositions binaires (40-69). Le reste de l'ouvrage aborde successivement chaque segment dans l'ordre alphabétique, exposant brièvement ses propriétés phonétiques, puis son statut morpho-phonologique selon qu'il est "basique" (i.e. qu'il appartient à la racine et n'a pas subi de transformation), "substitué" à un autre (i.e. produit d'un métaplasme), augment, ou élidé (69-780). L'ouvrage se conclut par trois brefs chapitres: explicitation du statut morphologique et morpho-syntaxique des noms des lettres de l'alphabet (781-809), classification des segments selon leur degré de "lourdeur" (i.e. la dépense d'énergie nécessaire à leur production), avec les implications sur leur combinatoire (811-820), verbes dont l'impératif se constitue d'un seul segment (821-832).
Objectif de l'auteurIl s'agit manifestement d'une tentative de refondation de la phonétique et de la morpho-phonologie selon un plan systématique. La préface, qui s'attache à piquer la curiosité du lecteur, ainsi que l'aspect un peu racoleur du titre ("secret" et "grand art" ont des connotations nettement alchimiques), indiquent que l'ouvrage vise un public plus large que les seuls spécialistes.
Intérêt généralAssurément l'un des ouvrages les plus remarquables dans ce domaine, dont les richesses ne sont encore que partiellement exploitées. On se bornera à signaler qu'Ibn Ğinnī est, semble-t-il, l'un des premiers à reconnaître la parenté entre les voyelles brèves (traditionnellement analysées non comme des segments phonétiques, mais comme des "mouvements", ḥarakāt, affectant la consonne précédente), avec les glides dans leur réalisation comme voyelles longues.
Parties du discoursInexistant compte tenu de la nature de l'ouvrage.
Innovations term.
Corpus illustratifAbondant, mais n'appelant pas de commentaire particulier par rapport aux autres ouvrages du même genre.
Indications compl.La phonétique est intégrée à la morpho-phonologie, ce qui n'est guère fréquent dans ce genre d'ouvrages; peu d'innovations cependant par rapport à l'enseignement de Sābawayhi.
Influence subieDifficile à évaluer, dans la mesure où beaucoup d'ouvrages de la période précédente (et qui sont mentionnés par l'auteur) ne nous sont pas parvenus. Ceci étant, il s'agit à l'évidence d'un texte très personnel.
Influence exercéeProbablement assez limitée, en dépit de la notoriété de l'ouvrage dont témoigne le nombre élevé de manuscrits conservés. Comme beaucoup d'innovations d'Ibn Ğinnī, celle-ci n'a guère fait école; la raison en est sans doute que, préférant l'écriture à l'enseignement oral, il n'a guère formé de disciples susceptibles de diffuser son enseignement.
Renvois bibliographiques→ Références
Bākallā M. Ḥ. 1982; Fleisch H. 1958; Hilāl ʿ. a. 2006; Mehiri A. 1973; Versteegh K. 2009
Rédacteur

Guillaume, Jean-Patrick

Création ou mise à jour2012-03 | 2000