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Cāndravyākaraṇa

Candragomin

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurSanskrit, prakrits et pali: écoles non paninéennes [4333]
Auteur(s)

Candragomin

Variantes: Candra

Datation: Après 470

Candragomin est un docteur bouddhique célèbre qui n'embrassa pas l'état de moine. Dates mal assurées et très discutées, mais un terminus ante quem est fourni par la date de 470 p.C. Auteur du Cāndravyākaraṇa, et probablement de quelques œuvres littéraires (pièces notamment).

Titre de l'ouvrageCāndravyākaraṇa
Titre traduitGrammaire de Candra
Titre courtCāndravyākaraṇa
Remarques sur le titre
Période|5e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire du sanskrit destinée aux bouddhistes. Les règles sont rédigées, comme toujours en Inde, sous forme d'aphorismes (sūtra). Ouvrages complémentaires: un recueil de racines (dhātupāṭha) et une liste des uṇādi (Liebich 1902; Palsule 1961, p. 41-42).
Type indexéRègles grammaticales
Édition originaleCāndra-vyākaraṇa. Die Grammatik des Candragomin. Sūtra, Uṇādi, Dhātupāṭha. Herausgegeben von Bruno Liebich, Leipzig, 1902 (Abhandlungen für die Kunde des Morgenlandes, XI, 4). 47 + 235 p.
Édition utiliséeCāndra-vyākaraṇa. Die Grammatik des Candragomin. Sūtra, Uṇādi, Dhātupāṭha. Herausgegeben von Bruno Liebich, Leipzig, 1902; voir aussi Ksitish Chandra Chatterji, Cāndravyākaraṇa of Candragomin, 2 vol. Poona, 1953 et 1961.
VolumétrieVI + 352 pages et 448 pages.
Nombre de signes94000
Reproduction moderne
DiffusionUne grande partie des manuscrits connus provient du Népal. La grammaire de Candragomin est la grande grammaire des bouddhistes. Disparue du territoire indien, elle a été conservée et transmise dans tous les pays où le bouddhisme a essaimé (Népal, Tibet, Birmanie, Sri Lanka). Il est maintenant pratiquement avéré que le commentaire (vṛtti) qui l'accompagne n'est pas dû à Candragomin, mais à un certain Dharmadāsa (Oberlies 1996, p. 267). On en connaît également des sous-commentaires (dont l'un dû à un certain Ratnamati, 10e-12e s.), des traductions tibétaines (Verhagen 1994, p. 185-193), et un abrégé diffusé à Sri Lanka, le Bālāvabodhana [Éveil des ignorants], composé au 12e s., qui sert de base pour l'apprentissage du sanskrit dans les monastères bouddhiques de ce pays (Bechert 1987).
Langues ciblesSanskrit
MétalangueSanskrit
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageSix chapitres (adhyāya) comprenant chacun quatre quartiers (pāda) aboutissant à un total de 3099 aphorismes: I. Dérivation nominale, formations verbales et emplois des désinences de moyen et d'actif (580 sūtra) – II. Emploi des cas, composition nominale, suffixes de féminin, suffixes secondaires (393 sūtra) – III et IV. Suffixes secondaires et suffixes utilisés en fin de composé (384 + 555 sūtra) – V. Forme du thème en premier membre de composé et règles morpho-phonétiques diverses (643 sūtra) – VI. Règles morpho-phonétiques et procédés de substitution (544 sūtra).
Objectif de l'auteurIl est clairement posé dans la strophe liminaire: produire une grammaire facile, claire et complète. De fait, elle simplifie Pāṇini, notamment par l'adoption d'un nouveau plan qui regroupe les matières.
Intérêt généralAdoptant une présentation grammaticale de type thématique et renonçant au modèle génératif qui fait la caractéristique de Pāṇini, la grammaire de Candragomin fournit une approche pédagogique de la grammaire sanskrite.
Parties du discours
Innovations term.La grammaire de Candragomin est connue pour sa simplicité terminologique, et sa tendance délibérée à éviter le plus possible les termes techniques, en sorte qu'elle est parfaitement adaptée à un public de moines bouddhistes qui n'a pas nécessairement la maîtrise des techniques pāṇinéennes (Scharfe 1977, p. 162-165). C'est en réalité la première grande édition révisée de Pāṇini.
Corpus illustratifComme toujours dans les grammaires indiennes, le corpus illustratif est exclusivement du ressort du commentaire. Il est surtout fait de mots isolés, dont une grande partie est effectivement attestée dans les textes (Oberlies 1989). Malgré l'affiliation bouddhique de l'auteur, les exemples d'inspiration bouddhique n'existent pas et on ne trouve apparemment aucune citation empruntée à la littérature bouddhique de langue sanskrite; les citations d'autres origines sont également rares.
Indications compl.Les "innovations" décelables dans cette grammaire correspondent à l'évolution linguistique du sanskrit, qu'elles prennent en compte dans un certain nombre de faits phonétiques et morphologiques: échange ḍ/l, nivellement des hétéroclisies, suppression de certains thèmes archaïques, faits relatifs à la morphologie du verbe, procédés de composition et de dérivation (Renou 1936). Les particularités du sanskrit attestées dans la littérature bouddhique ne donnent pas lieu à règle nouvelle, mais quelques termes techniques bouddhiques sont intégrés à la grammaire. Les règles sur l'accentuation, qui ne concernent que le védique, et les sūtra afférant à cet état de langue, n'ont évidemment pas lieu d'être.
Influence subieCelle des trois sages (trimuni), que sont Pāṇini, Kātyāyana et Patañjali. En effet, Candragomin incorpore les suggestions et les améliorations qu'apportent ces deux derniers maîtres au travail de Pāṇini.
Influence exercéeNée en milieu bouddhique, la grammaire de Candragomin a beaucoup influencé les grammairiens du pali, notamment Moggallāna, à qui elle sert de modèle. Le commentaire a eu un impact sur la Kāśikāvṛtti de Jayāditya et Vāmana. En revanche, des raisons d'ordre chronologique conduisent à rejeter l'influence qu'on lui attribuait sur le Jainendravyākaraṇa, grammaire sanskrite élaborée en milieu jaina, car celle-ci paraît antérieure (Franke 1902, p. 55 n. 12/Oberlies 1996, p. 309).
Renvois bibliographiques→ Références
Balbir N. 2009; Liebich B. 1902; Oberlies T. 1989; Oberlies T. 1996; Renou L. 1936
Rédacteur

Balbir, Nalini

Création ou mise à jour2000