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Moggallānavyākaraṇa

Moggallāna

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurSanskrit, prakrits et pali: écoles non paninéennes [4339]
Auteur(s)

Moggallāna

Datation: Milieu du 12e s.

Moggallāna (seul nom courant connu) est un moine bouddhiste cinghalais du monastère Thūpārāma d'Anurādhapura, contemporain du règne de Parakkamabāhu I. Il est l'auteur d'un seul ouvrage, une grammaire du pali dite «grammaire de Moggallāna» (Moggallānavyākaraṇa). L'un des trois grammairiens importants de cette langue, avec Kaccāyana et Aggavaṃsa.

Titre de l'ouvrageMoggallānavyākaraṇa
Titre traduitGrammaire de Moggallāna
Titre courtMoggallānavyākaraṇa
Remarques sur le titreVariante du titre: Moggallāyanavyākaraṇa. Le titre original paraît être Māgadhasaddalakkhaṇa [Caractéristiques des mots de la langue du Magadha, c'est-à-dire de la langue supposée être la langue originale du Bouddha].
Période|12e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire de la langue du bouddhisme Theravāda attestée dans les écritures canoniques et leurs commentaires. Les règles sont rédigées, comme toujours en Inde, sous forme d'aphorismes (sūtra). Il est possible que l'ouvrage ait intégré un recueil de racines (dhātupāṭha).
Type indexéRègles grammaticales
Édition originaleDate de composition: 1165 p.C. (date déductible par recoupement, d'après les événements historiques mentionnés dans le colophon de l'ouvrage). Première édition imprimée: par Devamitta Thera, Colombo, 1890.
Édition utiliséeMoggallānavyākaraṇa éd. en écriture devanāgarī du texte et du principal commentaire, avec traduction en hindi, par Bhadanta ānanda Kausalyāyana, Hoshiarpur, 1965 (Sarvadanand Universal Series, vol. 46).
Volumétrie20 + 369 pages.
Nombre de signes71760
Reproduction moderne
DiffusionNombreux manuscrits surtout en écriture cinghalaise. Deux commentaires principaux: celui de Moggallāna lui-même (utilisé ici) et le commentaire dit pañcikā. En outre, il existe un commentaire tardif en cinghalais (la Moggallāyanapañcikāpradīpa, 1456 p.C.), élucidation du précédent, qui contient de nombreuses citations de grammaires et d'œuvres sanskrites et palies, et deux importantes refontes ou adaptations qui ont servi de manuels: le Padasādhana [Formation correcte des mots] de Piyadassi, élève de Moggallāna (12e s. p.C.) et la Payogasiddhi [Perfection de l'usage], composée au début du 14e s. p.C., qui présente la même matière en tenant compte des défauts remarqués dans l'ouvrage de Moggallāna par certains critiques, et y remédie.
Langues ciblesPali
MétalanguePali
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageSix chapitres comprenant au total 818 aphorismes: I. Phonétique, faits de sandhi (58 sūtra) – II. Emploi des cas et flexion nominale incluant, comme il est normal chez les grammairiens indiens, substantifs, pronoms et noms de nombre en simple (247 sūtra) – III. Composition nominale, y compris noms de nombre en composition (114 sūtra) – IV. Affixation et dérivation nominale: suffixes primaires, secondaires, formation du féminin (142 sūtra) – V. Affixation et dérivation verbale (179 sūtra) – VI. Morphologie verbale (78 sūtra).
Objectif de l'auteurPas d'objectif explicitement annoncé.
Intérêt généralMoggallāna a l'intérêt de présenter une vision purement synchronique du pali: il mentionne de nombreuses formes typiques de cette langue, ce qui prouve sa familiarité avec les textes, et enseigne de telles formes. La volonté d'accorder au pali un statut indépendant par rapport au sanskrit est manifeste et se traduit par l'addition de règles ou groupes de règles que ne connaît pas Kaccāyana (Franke 1902, p. 48) ou la critique occasionnelle de son prédécesseur (Pind 1995, p. 293-294).
Parties du discoursBien que la syntaxe soit globalement le parent pauvre, certaines constructions verbales spécifiques au pali sont discutées de manière originale (cf. Pind 1995, p. 295-297).
Innovations term.Pas d'innovation terminologique réelle; la métalangue utilisée n'est pas sophistiquée. La présentation du système phonologique du pali diffère de celle des deux autres grammairiens principaux en ce que Moggallāna reconnaît comme des voyelles indépendantes e bref et e long, o bref et o long, aboutissant donc à un total de 43 phonèmes et 10 voyelles (contre 41 et 8 chez ses collègues), et analyse autrement un certain nombre de faits de sandhi.
Corpus illustratifComme toujours dans les grammaires indiennes, le corpus illustratif est exclusivement du ressort du commentaire: nombreux exemples inventés, présentés sous la forme de mots isolés ou de syntagmes. Beaucoup de ces derniers sont des syntagmes formulaires courants dans le canon ou constituant des citations identifiables; aux noms propres conventionnels chez les grammairiens indiens (ex. Devadatta) s'ajoutent volontiers ceux qui évoquent le milieu bouddhique.
Indications compl.
Influence subieComme toutes les grammaires des langues moyen-indiennes, celle de Moggallāna subit une double influence: celle de la tradition grammaticale classique représentée par les ouvrages sanskrits, qui s'affirme dans la méthodologie et les techniques d'ensemble utilisées, et celle des maîtres grammairiens de la langue considérée.
a) La grammaire du bouddhiste Candragomin est la principale des grammaires sanskrites utilisées par Moggallāna, et on relève plusieurs concordances frappantes (par ex. dans la section sur les composés; Franke 1903). Mais l'influence de Śarvavarman et de Pāṇini est également sensible: des aphorismes pāṇinéens de définition se trouvent adaptés au pali. Ils se trouvent utilisés dans le texte principal ou cités dans le commentaire (cf. par ex. la table de correspondances dressée dans Kausalyāyana 1965, introduction p. 14-16 pour les sūtra II.2 à II.42 relatifs à l'emploi des cas).
b) Moggallāna subit aussi l'influence de Kaccāyana, son prédécesseur en matière de grammaire palie, avec lequel il cherche manifestement à rivaliser: ainsi, par souci d'économie, le chapitre sur le sandhi regroupe souvent en un plusieurs sūtra que Kaccāyana gardait séparés (Pind 1995, p. 287). Bien que Moggallāna relève donc de la même tradition, il représente à certains égards une branche indépendante de la grammaire palie, énonçant souvent les règles selon un ordre et un agencement très différents, en supprimant délibérément d'autres.
Influence exercéeLa grammaire de Moggallāna a eu ses admirateurs, mais son influence hors des cercles grammairiens paraît nettement plus limitée que celle de Kaccāyana.
Renvois bibliographiques→ Références
Franke R. O. 1902 {p. 42-57}; Franke R. O. 1978 {[1903]}; Pind O. H. 1995
Rédacteur

Balbir, Nalini

Création ou mise à jour2000