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Fangyan

Yang Xiong

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurIdées linguistiques en Chine ancienne [4402]
Auteur(s)

Yang Xiong

Datation: 53 a.C. - 18 p.C.

Lettré chinois, né à Chengdu dans l'ouest de la Chine, spécialiste des caractères anciens. Il est l'auteur d'un recueil de caractères intitulé Xun zuan pian faisant suite aux plus anciens manuels de caractères connus.

Adaptateur(s)

Guo Pu

Datation: 276-324

Guo Pu est un lettré chinois, né à Wenxi, dans la province du Shanxi à l'est du fleuve Jaune, grand connaisseur des textes classiques et des caractères anciens. Il a passé plus de 10 ans à étudier le Erya. On lui doit un important commentaire de cet ouvrage.

Titre de l'ouvrageFangyan
Titre traduitExpressions régionales
Titre courtFangyan
Remarques sur le titreLe titre Fangyan est l'abréviation de Youxuan shizhe jue dai yu shi bie guo fang yan [Expressions des différentes régions et explications des termes anciens recueillis par les envoyés impériaux].
Période|1er s.|
Type de l'ouvragePremier dictionnaire désignant le vocabulaire utilisé dans les différentes régions de Chine.
Type indexéDictionnaire
Édition originaleDate de composition: 1er s. Il est fort probable qu'avant de mourir, Yang Xiong n'a laissé qu'un brouillon de cet ouvrage qui ne sera diffusé qu'à partir de la fin du 2e s.
Édition utiliséeManuscrit utilisé: Zhou Zumo (1956) Fangyan jiao jian ji tongjian [Révision et annotations du Fangyan, suivies d'un index], Pékin, Kexue chubanshe.
VolumétriePetit ouvrage de 22 + 140 pages, plus une carte.
Nombre de signes
Reproduction moderne
DiffusionDès le 3e s., Guo Pu (célèbre pour son travail sur le Erya) a rédigé un commentaire du Fangyan très utile, car il fournit les prononciations de nombreux caractères rares par les méthodes zhiyin et fanqie, explique le sens des monosyllabes par des dyssyllabes, apporte des informations précieuses sur le dialecte jin qu'il connaît, et corrige certaines fautes du Fangyan (Liu 1983, p. 50). Le moine bouddhiste Shi Zhiqian, de la dynastie des Sui (581-618), est l'auteur d'annotations sur le Fangyan qui n'ont guère été connues en dehors du milieu bouddhiste (Fukuda 1979, p. 62). Mais c'est surtout à l'époque des Qing (1644-1911) que le Fangyan a servi de base pour l'étude de la langue ancienne et a fait l'objet de plusieurs travaux comparatifs avec les anciens dictionnaires Erya et Shuowen et de révisions de texte, dont les plus célèbres sont ceux de Dai Zhen (1723-1777) Fangyan shu zheng, de Lu Wenzhao (1717-1795) Chong jiao fangyan, de Wang Niansun (1744-1832) Fangyan shu zheng bu et de Qian Yi (18e s.) Fangyan jian shu. Aujourd'hui le commentaire le plus complet, parce qu'il a aussi bénéficié d'ouvrages que tous ces auteurs n'ont pas eu l'occasion de consulter, reste celui de Zhou Zumou.
Langues ciblesChinois classique et les dialectes de l'époque Han (2e s. a.C. - 1er s. p.C.)
MétalangueChinois
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageLe Fangyan est divisé en 13 chapitres pour lesquels il n'est pas facile de déduire une organisation précise. L'auteur utilise en général deux méthodes d'explication du vocabulaire dialectal: soit il reprend la formule: A, B, C, D… = X, que l'on trouve dans le Erya, mais dans laquelle le dernier terme X est un mot de la langue standard, alors que tous les autres, plus ou moins synonymes, proviennent de différents parlers de l'époque, dont il précise en général l'origine géographique; soit il donne un premier terme dans la langue standard et explique à quoi il correspond dans les parlers de différentes régions. Il indique à l'occasion les expressions communes à deux ou plusieurs dialectes, les dialectismes anciens, les transformations phonétiques d'une région à l'autre. Les dialectes inclus dans cet ouvrage couvrent une très vaste superficie: ils s'étendent au Nord jusqu'à la Corée, à l'ouest jusqu'à la province actuelle du Gansu, et au sud jusqu'à la province du Hunan. Le fait que l'on trouve plusieurs répétitions et que les deux derniers chapitres 12 et 13 ne donnent pas l'origine des termes qui y sont consignés semble bien suggérer que Yang Xiong n'a pas eu le temps de terminer son travail avant de disparaître (Fukuda 1979, p. 28).
Objectif de l'auteurEn utilisant avec ses propres enquêtes dialectales, effectuées auprès des lettrés et des soldats de passage à la capitale, des documents rapportés par les envoyés des époques précédentes, chargés de noter les différents parlers régionaux (ce qui explique sans doute pourquoi, à côté des noms de royaumes typiques de l'époque Zhou [2e-3e s. a.C.], on trouve des termes de division administrative propres aux Han [3e s. a.C. - 2e s. p.C.]), Yang Xiong a réalisé un lexique très général des différents parlers de la Chine de son époque. Ce faisant, il permettait aux travaux antérieurs sur les parlers régionaux de ne pas tomber dans l'oubli, il montrait avant tout les interactions entre les dialectes et permettait de mieux comprendre comment s'était formée la langue standard de son époque.
Intérêt généralParce qu'il indique précisément l'origine géographique des expressions enregistrées, cet ouvrage est indispensable pour l'histoire des dialectes chinois et plus particulièrement pour l'étude des dialectes et du vocabulaire de l'époque Han.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.Le Fangyan est le premier grand travail connu d'enquête dialectale réalisé en Chine. Il donne de précieuses informations sur la langue parlée de l'époque Han, des indications sur les transformations phonétiques d'un parler à l'autre, quelques exemples de caractères régionaux, et montre aussi que certaines expressions dialectales du 20e s. remontent au moins à son époque (Zhou 1956, p. 28).
Influence subieComme il le dit dans une lettre en réponse à Liu Xin (?-23 p.C.), le premier bibliographe chinois, qui lui demandait de lui montrer son ouvrage afin de l'inclure dans la bibliographie qu'il préparait, Yang Xiong a bénéficié d'enquêtes linguistiques réalisées dans les siècles précédents (Zhou 1956, p. 92-93). Le Fangyan a en outre été influencé par le Erya, dont il reprend une des méthodes de présentation du vocabulaire avec la formule A, B, C, D… = X.
Influence exercéePeu d'auteurs ont suivi la voie de Yang Xiong avant les études modernes de dialectologie, inaugurées par Bernhard Karlgren dans la première moitié du 20e s. Au 18e s., Liu Xianyan a repris son idée d'établir un ouvrage consignant toutes les expressions dialectales de son temps, mais n'a malheureusement pas donné suite à ce projet.
Renvois bibliographiques→ Références
Fukuda Jyonosuke 1979; Liu Yeqiu 1983; Luo Changpei 1956; Ogawa Tamaki 1977; Qian Jianfu 1986; Serruys P. L. 1959; Zhou Zumou 1956
Rédacteur

Bottéro, Françoise

Création ou mise à jour2000