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Yunjing

Anonyme

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurIdées linguistiques en Chine ancienne [4407]
Auteur(s)

Anonyme

Datation: Fin du 10e s.

Adaptateur(s)

Zhang Linzhi [1]

[1] La version du Yunjing qui nous est parvenue est précédée de deux commentaires signés par Zhang Linzhi.

Nous ne possédons pas d'informations biographiques à son sujet.

Titre de l'ouvrageYunjing
Titre traduitMiroir de rimes
Titre courtYunjing
Remarques sur le titre
Période|10e s.|11e s.|
Type de l'ouvrageTableau de rimes.
Type indexéRimes
Édition originaleLe Yunjing commenté par Zhang Linzhi a été édité une première fois en 1161, puis, avec un deuxième commentaire, en 1203. Les spécialistes s'accordent à situer la version originale du Yunjing entre le 10e et le début du 11e s.
Édition utiliséeLi Xinkui (1982) Yunjing jiaozheng [Edition critique du Yunjing], Pékin, Zhonghua shuju.
Volumétrie5 + 1 + 318 pages.
Nombre de signes
Reproduction moderneLi Xinkui (1982) Yunjing jiaozheng [Edition critique du Yunjing], Pékin, Zhonghua shuju.
DiffusionA en juger d'après des témoignages de l'époque, le Yunjing était bien diffusé au 12e s., mais il cessa de circuler au cours du 13e s. Vers 1250, il fut introduit au Japon, où il fit l'objet de plusieurs rééditions. C'est seulement à la fin du 19e s. que les Chinois purent en ramener un exemplaire (daté de 1564), pour le faire réimprimer en Chine.
Langues ciblesL'auteur du Yunjing envisage la prononciation du chinois, décrite, au moyen des fanqie, dans les dictionnaires de la tradition du Qieyun (i.e. la prononciation littéraire du 5e-6e s.). On note toutefois la présence de traits caractéristiques d'une prononciation plus tardive, du 9e-10e s. En phonologie historique, on parle, en effet, de "Chinois Ancien tardif" (angl. Late Middle Chinese) pour désigner l'état de langue reflété dans les tableaux de rimes de la tradition du Yunjing
MétalangueChinois classique
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageLe Yunjing est un inventaire des syllabes du Chinois Ancien tardif, organisé en 43 tables, appelées zhuan "tour(s)". Chaque table se présente sous forme d'une grille. Verticalement, celle-ci se compose de 23 colonnes représentant chacune une ou plusieurs des 36 initiales, dont l'existence a été déduite préalablement de l'analyse des fanqie dans les livres de rimes. Horizontalement, la grille est subdivisée premièrement en quatre grandes rangées recevant tour à tour (table par table) une à quatre des 206 catégories de rimes, déterminées, elles aussi, à partir des fanqie. Contrairement aux dictionnaires de rimes traditionnels – dans lesquels les catégories de rimes sont dissociées, selon leurs tons, en quatre chapitres –, le Yunjing réunit les catégories de rimes qui ne se distinguent que par leur ton en une même table. Chaque rangée correspond, en effet, à l'un des quatre tons (ping "égal", shang "montant", qu "descendant", ru "entrant"). Deuxièmement, les quatre rangées de chaque table sont subdivisées en 16 lignes, soit 4 lignes par rangée. Ces "divisions" ou "degrés" (deng) peuvent être définis par les traits [± arrière], [± haut] de la voyelle principale et par l'absence ou la présence de la médiane -j- précédant cette voyelle. L'ensemble des rimes d'une même table sont, en outre, qualifiées par les termes kai(kou) "(bouche) ouverte" ou (he)kou "(bouche) fermée", se référant respectivement à l'absence ou à la présence de la médiane -w-, et par les termes nei(zhuan) "(tour) intérieur" ou wai(zhuan) "(tour) extérieur" dont le sens exact reste à éclaircir. La combinaison des rimes ainsi disposées avec les 36 initiales reportées en haut de chaque table, permet d'obtenir des syllabes, qui sont "transcrites" (i.e. représentées) par un caractère si elles sont attestées dans la langue décrite, tandis que les syllabes non attestées sont marquées par des cercles. Le nombre total de caractères enregistrés dans les tables s'élève à 3 695. Le "Miroir de rimes" est précédé de deux textes dans lesquels Zhang Linzhi commente certains problèmes concernant l'interprétation des fanqie dans les livres de rimes qu'il avait consultés.
Objectif de l'auteurLe Yunjing est le fruit d'une réflexion théorique sur la phonologie chinoise, dont quelques principes sont exposés dans les commentaires de Zhang Linzhi. Toutefois ce travail scientifique, permettant la définition des syllabes par un nombre limité de traits phonologiques, fut rédigé aussi, et sans doute principalement, dans un but pratique. Le Yunjing fut conçu, en effet, dans le contexte de l'étude des mantras bouddhiques, dans lequel la précision de la transcription des termes sanscrits en chinois devint indispensable. Le tableau de rimes servit donc d'abord à la normalisation des transcriptions, mais il finit par être utilisé plus généralement dans l'enseignement linguistique en Chine.
Intérêt généralLe Yunjing est le tableau de rimes le plus ancien qui nous soit parvenu. Son rôle est comparable à celui du Qieyun dans le domaine des dictionnaires de rimes: il est l'ancêtre d'un courant important dans l'histoire de la linguistique et il constitue une source capitale pour la linguistique historique chinoise.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.
Influence subieL'introduction du bouddhisme en Chine (amorcée depuis le début de notre ère) mit les Chinois en contact avec les tableaux d'épellation du sanscrit (siddham, chin. xiyunzhang). Ce n'est toutefois qu'à l'époque des Tang (618-907) que furent entreprises des tentatives d'adaptation de ces tableaux à la langue chinoise. Un fragment de texte concernant l'analyse des syllabes, daté de la fin des Tang (fin du 9e s.) et attribué au moine Shouwen, contient déjà la quasi-totalité des termes techniques qui seront ensuite utilisés dans le Yunjing. On s'accorde aujourd'hui à ramener le Yunjing et un tableau de rimes similaire, l'"Abrégé des sept sons" (Qiyinlüe, ca. 1162), à un ancêtre commun qu'on suppose avoir été rédigé avant l'avènement des Song (avant 960).
Influence exercéeLe Yunjing marqua le début d'une longue tradition de tableaux de rimes, qui ne s'interrompit plus jusqu'au 19e s. Certes, à l'instar des dictionnaires de rimes, les tableaux évoluèrent quant au but poursuivi par leurs auteurs, mais l'essentiel de la présentation et la tradition des commentaires accompagnant les tableaux furent conservés. L'ensemble formé par les commentaires et les tableaux fut résumé sous le terme dengyunxue "phonologie graduelle" et constitua un des piliers de la phonologie chinoise traditionnelle.
Renvois bibliographiques→ Références
Baxter W. H. 1992 {p. 203-207}; Cao Shujing 1991 {p. 24-28, 170-172, 268-270}; Hu Yushu 1992 {p. 53-58}; Li Lugeng & Zhang Luhong (éd.) 1988 {p. 51-53}; Li Xinkui 1983; Wang Shouming 1986 {p. 26-29}
Rédacteur

Niederer, Barbara

Création ou mise à jour2000