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Wenze

Chen Kui

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurIdées linguistiques en Chine ancienne [4408]
Auteur(s)

Chen Kui

Variantes: Chen Shujin

Datation: 1128-1203

Lettré chinois, originaire de l'actuelle Lin Hai, dans la province du Zhejiang. Il a occupé plusieurs postes dans des institutions gouvernementales, et a été notamment Directeur de la Bibliothèque Impériale. Il est surtout connu pour être l'auteur du Nan-Song guange lu [Mémoire sur la Bibliothèque Impériale et les agences de lettrés des Song du Sud] (1178).

Titre de l'ouvrageWenze
Titre traduitRègles de composition littéraire
Titre courtWenze
Remarques sur le titre
Période|12e s.|
Type de l'ouvrageTraité sur la langue, recueil de particules grammaticales.
Type indexéRecueil de particules
Édition originaleDate de composition: 1170.
Édition utiliséeLe texte figure dans le Recueil "Wulin zhanggu", compilé entre 1877 et 1900. Une réédition photo du recueil a été faite à Taipei en 1967.
VolumétrieIl s'agit d'un petit opuscule de deux fascicules contenant chacun cinq sections. Une centaine de pages tout au plus.
Nombre de signes
Reproduction moderneEdition moderne, annotée par Liu Minghui, sous le titre Wenze. Wenzhang jingyi, Pékin, Editions Renmin wenxue, 1960.
DiffusionLa diffusion des Wen ze est mal connue. On ignore le nombre d'éditions. L'ouvrage est très peu cité par les lettrés postérieurs qui se sont intéressés à la langue.
Langues ciblesChinois classique standard
MétalangueChinois classique
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageL'ouvrage discute pour l'essentiel des particules grammaticales de la langue classique, que l'auteur appelle zhuci. 45 d'entre elles sont ainsi analysées dans leurs différents emplois. Des exemples sont aussi cités, pris pour l'essentiel dans la littérature transmise des 5e-3e s. a.C. L'auteur détaille parfois l'emploi incorrect de quelques-unes de ces particules dans les textes. Il discute ensuite les longueurs des phrases, qu'il répartit entre phrases longues (plus de trente caractères lorsqu'il s'agit de prose, mais jamais plus de huit en poésie) et phrases courtes (un ou deux caractères). Il commente enfin certaines inversions dans la phrase pour des motifs stylistiques.
Objectif de l'auteurL'objectif primordial de Chen Kui est d'ordre stylistique et rhétorique. Il vise à fournir une bonne maîtrise de l'emploi des particules grammaticales, afin d'aider à la composition littéraire.
Intérêt généralL'intérêt de cet ouvrage pour l'histoire de la linguistique chinoise est indéniable. Certains linguistes contemporains (le préfacier de l'édition moderne, Liu Minghui, ou Shao Jingmin 1990, par ex.) n'hésitent pas à affirmer qu'il s'agit tout simplement du premier livre chinois qui traite de grammaire et de rhétorique. Certes, les analyses ne sont ni systématiques, ni très précises, mais l'ouvrage date de sept siècles avant le Ma shi wen tong de Ma Jianzhong (1898), qu'on considère habituellement comme la première grammaire existante digne de ce nom de la langue chinoise.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.L'apport de l'ouvrage se situe plus spécifiquement à deux niveaux: (i) la sémantique du mot (l'auteur explique le sens et les emplois des particules grammaticales), (ii) la syntaxe. L'étude de ce second domaine est tout à fait originale pour l'époque. Le mot chinois actuel pour syntaxe, jufa, pourrait d'ailleurs avoir été employé pour la première fois dans les Wenze. Ma Songting (1986) l'attribue à Hong Mai (1123-1202), mais ce dernier aurait achevé son Rongzhai suibi [Notes au pinceau de Rongzhai] en 1180, c'est-à-dire dix ans après les Wenze de Chen Kui. Certes, il est peu vraisemblable que le sens de jufa, chez ces écrivains des Song du Sud (1127-1279), ait déjà voulu dire un ensemble de règles par lesquelles on combine en phrases des unités significatives, mais il est évident que Chen Kui considère déjà la phrase comme un assemblage de mots formant un sens complet.
Influence subieIl est difficile de situer Chen Kui par rapport à ses prédécesseurs. Comme tout lettré, il est évidemment nourri par la tradition, mais il ne revendique aucune influence particulière.
Influence exercéeL'œuvre de Chen Kui n'a jamais été considérée comme majeure, y compris aujourd'hui (Liu M. ou Shao J. sont des exceptions), et l'influence qu'elle a exercée a donc été extrêmement limitée.
Renvois bibliographiques→ Références
Hervouet Y. 1987; Lin Yushan 1983; Ma Jianzhong 1898; Ma Songting 1986; Shao Jingmin 1990; Zheng Dian & Mai Meiqiao 1964
Rédacteur

Peyraube, Alain

Création ou mise à jour2000