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Maoshi guyinkao

Chen Di

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurIdées linguistiques en Chine ancienne [4412]
Auteur(s)

Chen Di

Datation: 1541-1617

Phonologue chinois. Originaire de Jianglian dans la province du Fujian (sud-est de la Chine). Dès son adolescence, Chen excellait dans l'étude des Classiques et de l'histoire. Face à la menace exercée par les Japonais, qui, durant tout le 16e s., envahirent les régions côtières de Chine, il finit cependant par embrasser la carrière militaire. Il obtint de brillants succès en tant que stratège et commandant jusqu'à ce que, en 1582, un conflit l'opposant à un gouverneur l'incitât à abandonner brusquement ses fonctions. A partir de 1583, il vécut retiré dans son village natal, où il se consacra à une recherche approfondie sur les Classiques en portant une attention toute particulière aux problèmes de phonologie historique qui se posaient aux lecteurs de ces textes anciens. Sa langue maternelle était le parler de Fuzhou (appartenant au groupe dialectal appelé Min en linguistique chinoise moderne).

Titre de l'ouvrageMaoshi guyinkao
Titre traduitRecherche sur la prononciation ancienne dans les Odes d'après Mao
Titre courtMaoshi guyinkao
Remarques sur le titre
Période|17e s.|
Type de l'ouvrageTravail de recherche sur la phonologie historique du Chinois Archaïque.
Type indexéLinguistique historique | Phonologie
Édition originaleDate de composition: 1606.
Édition utiliséeKang Ruicong (1988) Maoshi guyinkao. Dianjiaoben [Edition critique du Maoshi guyinkao], Pékin, Zhonghua shuju.
Volumétrie
Nombre de signes
Reproduction moderneKang Ruicong (1988) Maoshi guyinkao. Dianjiaoben [Edition critique du Maoshi guyinkao], Pékin, Zhonghua shuju.
DiffusionLe Maoshi guyinkao, très connu parmi les lettrés de la dynastie des Qing (1644-1911), fut réédité de nombreuses fois. La plupart de ces rééditions, ainsi que l'édition originale, nous sont parvenues.
Langues ciblesL'auteur considère la prononciation des caractères chinois dans le Shijing, le "Classique des Odes" (transmis par Mao), qu'on suppose avoir été composé vers le 8e-7e s. avant notre ère. Le chinois de cette époque est appelé "Chinois Archaïque" (angl. Old Chinese) en phonologie historique
MétalangueChinois
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageLe Maoshi guyinkao propose une approche historique et critique de la prononciation du chinois archaïque. L'auteur part de l'hypothèse, nouvelle à son époque, selon laquelle la prononciation moderne a beaucoup évolué par rapport à la prononciation archaïque et qu'il faut, pour en avoir des indices, dégager le système de rimes des textes poétiques anciens. Ceci lui permettra en effet de proposer des prononciations qui soient en accord avec ce système de rimes. Pour chaque prononciation restituée, l'auteur réunit tous les exemples pouvant la confirmer sous deux rubriques intitulées "preuves internes" (benzheng) et "preuves externes" (pangzheng), selon qu'il s'agit d'exemples tirés du Shijing ou d'autres sources de la haute Antiquité. Le nombre de caractères, pour lesquels Chen propose ainsi, preuves à l'appui, des prononciations archaïques, s'élève à 497. Les prononciations restituées sont "transcrites" (i. e. représentées) par des caractères qui se prononcent dans le dialecte de l'auteur comme les caractères cibles à l'époque archaïque. Le Maoshiguyinkao comprend une préface dans laquelle Chen Di explicite les principes méthodologiques qui l'ont guidé dans son travail. Dans des passages devenus célèbres, il souligne le caractère historique du chinois et, par conséquent, la nécessité d'une utilisation adéquate des sources.
Objectif de l'auteurChen Di entendait rompre radicalement avec la pratique dite xieyin ("harmonisation de la prononciation"), consistant à modifier la prononciation de certains caractères dans les textes anciens, de manière à les faire rimer d'après la prononciation moderne. Cette pratique, qui avait commencé à se développer depuis le 7e s., et qui était encore répandue à l'époque de Chen Di, sous-entendait d'une part que la prononciation des caractères était immuable et, d'autre part, que les textes poétiques de l'antiquité n'étaient pas rimés. En démontrant, fort de sa démarche inductive, que ces suppositions étaient sans fondement, Chen Di se fit le promoteur d'une approche philologique (plutôt que philosophique) des textes classiques, qui prit un grand essor sous la dynastie des Qing (1644-1911).
Intérêt généralL'œuvre de Chen Di constitua le premier progrès réel dans l'étude des rimes du chinois archaïque et de leur évolution phonétique. Elle marqua le début de la phonologie historique chinoise moderne.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.
Influence subieLe problème des rimes du chinois archaïque commença à être étudié de manière systématique à partir des Song (960-1279). Dans la préface du Maoshi guyinkao, Chen Di se réfère à deux de ses prédécesseurs, Wu Yu (1100-1154) et Yang Sheng (1488-1599). Ce dernier avait sévèrement critiqué Wu Yu d'avoir eu recours à des documents de toutes les époques pour déterminer les rimes dans les textes de l'Antiquité. Au 16e s., des remarques en faveur d'une approche historique des textes et du langage se firent de plus en plus fréquentes. Il appartenait à Chen Di de les réunir en un programme de travail cohérent.
Influence exercéeLes plus grands philologues de la dynastie des Qing, tels Gu Yanwu (1613-1682) et Jiang Yong (1681-1762), reprirent et continuèrent l'œuvre de Chen Di en adoptant ses principes de travail. La portée des résultats concrets auxquels avait abouti Chen Di était toutefois limitée par le fait qu'il n'avait pas choisi une langue standardisée (par ex. celle du Guangyun) comme référence pour sa description, mais son dialecte natal, le parler de Fuzhou.
Renvois bibliographiques→ Références
Elman B. A. 1990; Hong Cheng 1982 {p. 202-212}; Hu Yushu 1992 {p. 93-97}; Ji Changhong & Wang Peizeng 1992 {p. 313-328}; Shao Rongfen 1988; Wang Shouming 1986 {p. 49-54}
Rédacteur

Niederer, Barbara

Création ou mise à jour2000