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Zhuzi bianlue

Liu Qi

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurIdées linguistiques en Chine ancienne [4413]
Auteur(s)

Liu Qi

Variantes: Variante du prénom: Wuzhong.

Datation: fl. 17e s

Lettré chinois, dates précises non connues. Son frère cadet Liu Wen est né en 1659. Il serait originaire de Queshan, dans la province du Henan, ou de Qining, dans celle du Shandong (d'après Shao Jingmin, 1980). Il est aussi l'auteur de cinq autres ouvrages, dont un commentaire sur le Zhou Yi [Classique des Mutations] (6e s. a.C.) très remarqué.

Titre de l'ouvrageZhuzi bianlue
Titre traduitCompendium de particules grammaticales
Titre courtZhuzi bianlue
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageRecueil de particules grammaticales de la langue classique.
Type indexéRecueil de particules
Édition originaleDate de composition: 1711.
Édition utiliséeKaiming shudian, 1940.
Volumétrie468 pages.
Nombre de signes
Reproduction modernePékin, Zhonghua shuju, 1954.
DiffusionL'ouvrage semble avoir été bien diffusé. Il était en tout cas accessible aux lettrés de la fin du 18e s., sans aucun problème.
Langues ciblesChinois classique
MétalangueChinois classique; parfois, langue vernaculaire de l'époque
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageL'ouvrage discute et explique 476 mots vides ou particules grammaticales, que l'auteur n'appelle plus yuzhu, comme Lu Yiwei (fin du 12e - 1re moitié du 13e s.), mais zhuzi. Ces mots vides ont été recueillis dans un large corpus d'œuvres littéraires, historiques et philosophiques de l'époque de la langue classique par excellence (5e-2e s. a.C.), mais aussi des époques ultérieures, jusqu'à la dynastie des Yuan (1279-1368). L'auteur annonce dans la préface qu'il a regroupé ces particules en 30 classes distinctes, qu'il énumère. Les raisons d'un tel classement restent aujourd'hui obscures. Heureusement, l'ouvrage n'est finalement pas organisé ainsi. Il est simplement divisé en cinq chapitres, qui correspondent aux tons de la langue: 103 caractères au ton plat-haut dans le chapitre 1, 76 au ton plat-bas dans le chapitre 2, 100 au ton montant dans le chapitre 3, 105 au ton partant dans le chapitre 4, et 92 au ton rentrant dans le chapitre 5.
Objectif de l'auteurL'approche de Liu Qi, contrairement à celle de Lu Yiwei, est essentiellement d'ordre philologique. Il détaille et commente les explications trouvées dans les dictionnaires anciens et chez les commentateurs. Il intègre aussi néanmoins dans ses gloses des interprétations d'ordre stylistique. C'est en ce sens qu'on a pu dire que Liu Qi a continué l'œuvre de Lu Yiwei (Li K. 1993).
Intérêt généralUn des apports fondamentaux de l'ouvrage est qu'il introduit pour chaque époque des mots appartenant au registre du "vernaculaire ancien". On peut ainsi relever la glose très intéressante sur le marqueur aspectuel de l'accompli le, que Liu Qi considère comme un dialectisme mis pour que. Malheureusement, l'auteur n'a pas fait ce travail pour tout le répertoire des opéras des Yuan. Liu Qi utilise aussi souvent la langue vernaculaire de son époque, et non pas le chinois classique, pour expliquer les particules de la langue classique.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratifDe très nombreux exemples sont donnés pour illustrer les explications que l'auteur donne des particules.
Indications compl.On trouve dans l'ouvrage des remarques très pertinentes et inédites d'ordre grammatical, par exemple une interprétation de jian comme un marqueur de passif sans agent (p. 217).
Influence subieLiu Qi s'inscrit dans la tradition proprement philologique, mais il a aussi manifestement été inspiré par les rhétoriciens Chen Kui (1128-1203) ou Lu Yiwei.
Influence exercéeLe Zhuzi bianlue a ensuite passablement influencé les philologues postérieurs des Qing (1644-1911), qui n'ont pas toutefois reproduit les nombreuses erreurs d'interprétation qu'il contient, notamment en ce qui concerne le mot zhi, qui est souvent analysé par l'auteur comme une particule déterminative, alors qu'il s'agit d'un pronom. On peut considérer que le Zhuzi bianlue est le devancier du Jingzhuan shici (1798) de Wang Yingzhi (1766-1834), mais ce dernier est un ouvrage bien supérieur. L'œuvre de Liu Qi a aussi inspiré Ma Jianzhong (1845-1900) qui lui a emprunté plusieurs termes grammaticaux pour son Ma shi wen tong (1898).
Renvois bibliographiques→ Références
He Jiuying 1985; Li Kai 1993; Lin Yushan 1983; Ma Jianzhong 1898; Ma Songting 1986; Pu Zhizhen 1990; Shao Jingmin 1990
Rédacteur

Peyraube, Alain

Création ou mise à jour2000