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Nihon bunpô

Tokieda Motoki

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurGrammaires du japonais [4515]
Auteur(s)

Tokieda Motoki

Datation: 1900-1967

Linguiste japonais, historien de la linguistique et théoricien du langage. Il prit position contre le structuralisme saussurien au nom d'une conception du langage comme étant d'abord un processus de communication, conception qu'il appuie sur la tradition proprement japonaise. Langue maternelle: japonais.

Titre de l'ouvrageNihon bunpô - kogo hen
Titre traduitGrammaire japonaise – Volume sur la langue contemporaine
Titre courtNihon bunpô
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageDescription du japonais moderne.
Type indexéGrammaire descriptive
Édition originale1950, Tôkyô, Iwanami.
Édition utilisée6e édition, 1982, Tôkyô, Iwanami.
Volumétrie18 cm. XIII + 251 + 12 pages 640 signes par page. 176 000 signes au total (caractères chinois et syllabaires).
Nombre de signes176600
Reproduction moderne6e édition, 1982, Tôkyô, Iwanami.
Diffusion
Langues ciblesJaponais moderne
MétalangueJaponais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageL'ouvrage comporte 4 parties. Première partie (p. 1-37): Généralités. Réflexion générale sur le langage et sur sa description. Le langage s'organise sur trois plans successifs, le mot, la phrase, le discours, qui sont tour à tour étudiés dans les parties suivantes. Deuxième partie (p. 38-195): Le mot. Exposé des parties du discours. Deux grandes classes. Les kotoba ou shi (mots pleins) incluant nom, pronom, qualificatif; verbe, adverbe, déterminant nominal, préfixe et suffixe; ce sont les mots qui réfèrent à un concept. Les teniha ou ji incluant conjonction, exclamatif, adjuvant verbal, particule; ce sont les mots qui expriment directement le sentiment du locuteur. Troisième partie (p. 196-241): La phrase. Elle est l'expression d'une subjectivité face à une réalité objective. Donc, à chaque niveau de sa structuration: groupe de base, syntagme intermédiaire, phrase, on trouvera obligatoirement la combinaison d'un kotoba et d'un teniha. L'ensemble de la phrase pouvant se schématiser alors comme une succession d'emboîtements (type poupée russe). Quatrième partie (p. 242-250): Le discours. Brève amorce d'une réflexion sur un niveau d'organisation supérieur à la phrase.
Objectif de l'auteurTokieda indique clairement son choix: ne pas se laisser influencer par la linguistique occidentale, mais respecter la nature spécifique de la langue japonaise. Il se situe donc explicitement dans la suite des grammairiens du 18e s.
Intérêt généralTokieda est le seul linguiste du 20e s. qui ait cherché avec autant d'insistance à élaborer une description du japonais assise sur une conception originale du langage qu'il dégage d'une part de l'observation directe de la langue japonaise, d'autre part des acquis de la tradition, et surtout à chercher, explicitement, à travers cette démarche, à s'opposer aux principes fondateurs de la linguistique générale de Saussure (théorie du signe) pour proposer une alternative à partir de l'étude d'une langue comme le japonais.
Parties du discoursTokieda présente une vision très convaincante de la structure du japonais. Les deux grandes classes de mots, kotoba et teniha, permettent directement la mise en œuvre des deux fonctions qu'il attribue au langage: référer à la réalité objective, et exprimer la perception subjective du locuteur de cette réalité. Sa grammaire et sa conception générale du langage sont donc en parfaite harmonie.
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.
Influence subieTokieda se déclare lui-même l'héritier d'une pensée linguistique qui parcourt toute la tradition japonaise, depuis le Teniha taigai shô (14e s.) jusqu'au Gengyo shi shû ron de Suzuki Akira en 1824, issue de la réflexion sur la poétique, et dans laquelle le point de vue premier est l'expression de la subjectivité du locuteur.
Influence exercéeLa démarche de Tokieda est restée trop incomplète, en particulier dans le domaine de la syntaxe pour influencer concrètement la description grammaticale. Par contre, sa réflexion générale constitue une référence obligée pour les philosophes du langage au Japon.
Renvois bibliographiques→ Références
Garnier C. 1982; Garnier C. 1994; Suzuki Kazuhiko & Hayashi Ooki 1984
Rédacteur

Garnier, Catherine

Création ou mise à jour2000