CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux • IMPRIMER • RETOUR ÉCRAN
CTLF - Menu général - Notices

Race, Language and Culture

Boas, Franz

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5312]
Liens

CTLF Images (éd. 1940)

TextesCTLF Textes (63)
Auteur(s)

Boas, Franz

Datation: 9 juillet 1858 - 22 décembre 1952

Anthropologue et linguiste de nationalité allemande, né à Minden, Westphalie, où il fit ses études secondaires; puis études universitaires à Heidelberg, Bonn et à Kiel, où il obtient en 1881 son doctorat (Beiträge zur Erkenntniss der Farbe des Wassers), dans lequel il aborde des problèmes de psychophysique et se pose en précurseur de la psychologie expérimentale moderne; études de géographie (il rédige trois mémoires et découvre l'Amérique du Nord au cours d'une expédition arctique en 1883-1884 à Baffin Land, Cumberland, Davis Strait). Nommé professeur de géographie à l'université de Berlin. Le climat antilibéral et antisémite de l'Allemagne de Bismark lui déplaît, et sa passion du terrain ethnologique (séjour d'un an chez les eskimos en 1882) le poussent à émigrer aux Etats-Unis et à renoncer définitivement à sa carrière de chercheur et de géographe en Allemagne. A partir de 1885, l'anthropologie devient sa spécialité, mais il connaît une période de relative précarité jusqu'à sa nomination à la Columbia University en 1896 sur un poste d'anthropologie physique. Durant cette période intermédiaire, il occupera diverses fonctions éditoriales, notamment dans la revue Science, où il publie un grand nombre de notices en topographie, géologie, anthropologie; il enseigne également l'anthropologie à la Clak University, dirige des projets d'exposition au Columbian Museum de Chicago, puis à l'American Museum of Natural History à New York. Il prend sa retraite en 1936.

Titre de l'ouvrageRace, Language and Culture
Titre traduitRace, langue et culture
Titre courtRace, Language and Culture
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageRecueil d'essais en anthropologie physique, linguistique (classification et typologie, morphologie et lexicologie amérindienne), géographie, ethnologie et anthropologie sociale et culturelle, mythologie comparée et littérature orale.
Type indexéAnthropologie | Classification des langues | Linguistique générale
Édition originale1940, New York, The Free Press, et Londres, Collier-MacMillan.
Édition utilisée1940, New York, The Free Press, et Londres, Collier-MacMillan.
Volumétrie647 pages, 14 x 21 cm; 33 planches en noir et blanc, 54 graphiques. 2300 signes par pages.
Nombre de signes488000
Reproduction moderne
DiffusionL'ouvrage a été préparé par l'auteur, qui en a rédigé la préface; il a été aidé par Alexandre Lesser dans cette tâche. Il s'agit d'un recueil d'articles et d'essais publiés entre 1888 et 1939, rendant ainsi accessible l'essentiel de l'œuvre de Boas sur les trois variables fondamentales de l'anthropologie boasienne: race, langue et culture. Il s'agit donc d'une compilation thématique illustrant une doctrine qui pouvait donner une impression d'éclatement de par la diversité des problèmes abordés.
Langues ciblesLangues amérindiennes d'Amérique du Nord (en particulier sioux dakota, kwakiutl)
MétalangueAnglais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageQuatre parties: Race, langue, culture, miscellania. Les dates de publication et la pagination dans le recueil des divers articles, essais et rapports originaux sont signalées dans le descriptif qui suit.
PREMIERE PARTIE. RACE: Race et progrès, 1931 (p. 3-17); Populations actuelles d'Amérique, 1915 (18-27); Rapport sur les études anthropométriques de la population des Etats-Unis, 1922 (28-59); Changements dans le physique des descendants d'émigrants, 1910-1913 (60-75); Nouvelles preuves de l'instabilité des types humains, 1916 (76-81); L'influence de l'hérédité et de l'environnement sur la croissance, 1913 (82-85); Taux de croissance des phratries, 1935 (86-88); Conditions influençant le taux de développement et de déclin, 1935 (89-93); Notes sur l'étude anthropométrique des enfants, 1912 (94-102); Croissance, 1892-1939, revu et condensé (103-130); L'étude statistique de l'anthropométrie, 1902 (131-137); L'Indien métis, 1894 (138-148); Recension de Anthropologische Studien über die Ureinwahner brasiliens par Paul Ehrenrech, 1897 (149-154); Recension de The Races of Europe par William Z. Ripley, 1899 (155-159); Recension de The Racial History of Man par Roland B. Dixon, 1923 (160-164); De quelques critiques récentes de l'anthropologie physique, 1899 (165-171); Des relations entre l'anthropologie physique et l'anthropologie sociale, 1936 (176-180); L'analyse des séries anthropologiques, 1913 (176-180); Mesure des différences entre quantités variables, 1922 (181-190); Race et profil culturel, 1932 (191-195).
DEUXIEME PARTIE. LANGUE ET LANGAGE: Introduction à la revue International Journal of American Linguistics, 1917 (199-210); La classification des langues amérindiennes, 1920 (211-218) et 1929 (219-225); Quelques caractéristiques du sioux dakota, 1937 (226-231); Expressions métaphoriques dans la langue des Indiens Kwakiutl, 1929 (232-239).
TROISIEME PARTIE: CULTURE: Objectifs de la recherche anthropologique, 1932 (243-259); Quelques problèmes de méthodologie dans les sciences sociales, 1896 (270-280); Les méthodes de l'ethnologie, 1920 (281-289); Evolution ou diffusion, 1924 (290-294); Recension de Methode der Ethnologie par Graebner, 1911 (295-304); Histoire et scientificité en anthropologie: droit de réponse, 1936 (305-311); L'importance des doctrines ésotériques en ethnologie, 1902 (312-315); L'origine du totémisme, 1910 (316-323); Histoire de la race américaine, 1911 (324-330); Problèmes d'ethnologie canadienne, 1910 (331-343); Relations entre le Nord-Ouest américain et le Nord-Est asiatique, 1933 (344-355); L'organisation sociale des Kwakiutl, 1920 (356-369): L'organisation sociale des tribus du nord de la côte pacifique (370-378); Le développement des sociétés secrètes des Kwakiutl, 1896 (379-383); Systèmes de relations sociales et familiales chez les Vandau, 1922 (384-396); Le développement des contes et des mythes, 1916 (397-406); L'expansion des mythologies amérindiennes, 1985 (425-436); Dissémination des contes chez les Indiens d'Amérique du Nord, 1891 (437-445); Mythologie et contes des Indiens d'Amérique du Nord, 1914 (451-490); Aspects stylistiques de la littérature primitive, 1925 (491-502); La tradition orale chez les Eskimos, 1904 (503-516); Traditions orales romanes chez les Indiens d'Amérique, 1925 (517-524); Quelques problèmes d'archéologie nord-amérindienne, 1902 (525-529); Les arts figuratifs chez les peuples primitifs, 1916 (535-540); Les arts décoratifs des Indiens d'Amérique du Nord, 1903 (546-563); L'art ornemental des incisions sur aiguilles de pêche en Alaska […] d'après les collections du Musée National américain, 1908 (564-592); Relations entre les Eskimos de l'est du Groenland, 1909 (593-595); La notion de vie future dans les tribus primitives, 1922 (593-595); La notion d'âme chez les Vandau, 1920 (608-611); Terminologie religieuse des Kwakiutl, 1927 (612-618).
QUATRIEME PARTIE: MISCELLANIA: Avancées dans l'enseignement de l'anthropologie, 1898 (626-638); Les objectifs de l'ethnologie, 1888 (626-638); L'étude de la géographie, 1887 (639-647).
Objectif de l'auteurFonder une anthropologie critique et empirique, en réaction contre un certain mécanisme de l'évolutionnisme; autonomiser l'anthropologie comme paradigme fondé sur la diversité culturelle davantage que sur des critères biologiques dans la continuité des sciences naturelles, comme le voulait la tendance dominante au 19e s.
Intérêt généralL'ouvrage de Boas est un des plus riches et diversifiés que l'on puisse concevoir en sciences humaines, aussi bien du point de vue des contenus que des méthodes. C'est aussi l'un des plus cohérents que l'on puisse imaginer en termes de conception des sciences humaines, et l'un des plus engagés de son époque, au carrefour de la pensée scientifique du 19e s. et de celle du 20e s. D'une part, Boas traque et falsifie inlassablement toutes les tentatives de subordination des races et des cultures, revendiquant avec des arguments empiriques leur cohésion interne, leur variabilité et leur interdépendance. D'autre part, sa formation de géographe le conduit à découvrir et mettre en valeur des aires culturelles en relation de complémentarité, que ce soit par la comparaison des mythes, des arts ou des systèmes d'organisation sociale. Il défend également l'idée de l'idiosyncrasie non pas de cultures en tant qu'entités isolées, mais d'ensembles géographiques culturels et physiques (interférence et métissage): ce qui fait l'originalité d'un type humain, d'une langue ou d'une culture tient plus dans le processus unique d'hybridation et d'échange avec d'autres qu'à une spécificité héritée.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.Du point de vue linguistique, Boas rompt avec la philologie et le reconstructivisme basé sur des critères phonétiques ou lexicaux d'ordre onomasiologique pour mettre en valeur une typologie linguistique basée sur des critères morphologiques et catégoriels. Du point de vue de la démarche, il innove par une attention aux moindres détails des composantes de la culture ou des caractéristiques physiques: les stries ornementales dessinées sur des aiguilles de pêcheurs eskimos de l'Arctique sont à ses yeux aussi représentatifs, sinon davantage, de la dynamique culturelle que des critères plus classiques, tels que les motifs vestimentaires ou les habitudes alimentaires. Par ailleurs, alors que ses recherches démontrent de manière convaincante l'universalité et la rapidité du contact interculturel (notamment dans la diffusion des motifs de tradition orale; cf. le chapitre sur la diffusion de contes d'origine française, espagnole et portugaise chez les Indiens d'Amérique), Boas reste fasciné par la recherche d'éléments irréductibles ou originaux, comme dans le folklore eskimo, qui ignore les contes d'animaux, et dont les mythes cosmogoniques se distinguent par l'absence d'anthropocentrisme, à la différence des mythes amérindiens. La pensée de Boas cherche des pistes, des indices, des points de fracture ou d'union entre strates de phénomènes: d'où par exemple une attention particulière aux stades de développement intermédiaires en anthropologie physique (étude de l'ontogénèse de types raciaux chez les enfants plutôt que seulement chez les adultes, avec l'idée que les processus de développement physique des jeunes sujets présenteraient un étagement optimal des critères raciaux, en quelque sorte "en temps réel et accéléré". En outre, de manière décisive, Boas souligne l'interdépendance entre culture et milieu: c'est plus la culture qui façonne et oriente les sociétés que le milieu naturel ou tout autre facteur d'ordre physique ou économique. Le succès économique ou la santé d'une population ne sont donc en aucun cas dus à des atavismes, mais à des contraintes d'organisation et de hiérarchie sociale, autrement dit, à des artifices culturels.
Les chapitres "Introduction à la revue International Journal of American Linguistics" et "La classification des langues amérindiennes", outre leur intérêt en tant que programmes de recherche et leur orientation résolument typologique, proposent une démarche qui n'a malheureusement pas pu aboutir par la suite faute de ressources et d'attention: l'idée que les problèmes que posent la configuration des langues d'Amérique et leur degré de parenté génétique pourraient être résolus par la recherche systématique et comparative des mécanismes de fragmentation d'ordre phonologique, morphologique et morphosyntaxique sur un continuum de différenciation allant de la variation dialectale intralangue, intrafamiliale aux niveaux intragroupes et intergroupes.
Influence subieFriedrich Ratzel, Adolf Bastian, Théobald Fischer pour les corrélats psychologiques des aires culturelles; Paul Ehrenreich, William Z. Ripley, Roland B. Dixon (méthodologie en anthropologie physique).
Influence exercéeDe manière générale, sur la plupart des fondateurs de la linguistique et de l'anthropologie amérindienne au début du 20e s. Boas avait en fait ouvert un gigantesque chantier que ses étudiants travaillaient par segments: Kroeber (ethnologie californienne), Sapir, (anthropologie linguistique, linguistique), Wissler (culture matérielle, muséologie), Lowie (anthropologie culturelle), Radin, Spier, etc.
Renvois bibliographiques→ Références
Andresen J. T. 1990 {p. 211-220}; Darnell R. 1998; Doe J. 1988 {p. 127-182}; Hyatt M. 1990; Pearson B. L. 2009
Rédacteur

Léonard, Jean Léo

Création ou mise à jour2000