CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux • IMPRIMER • RETOUR ÉCRAN
CTLF - Menu général - Notices

Essai de sémantique

Bréal, Michel

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5306]
Liens

CTLF Images (éd. 1897)

Gallica (éd. 1897)

TextesCTLF Textes (5)
Auteur(s)

Bréal, Michel

Forme complète: Bréal, Michel Jules Alfred

Datation: 26 mars 1832 - 25 novembre 1915

Linguiste français, né à Landau de parents français israélites d'origine berlinoise, mort à Paris. Professeur de grammaire comparée des langues indo-européennes au Collège de France, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Il participe à la fondation en 1866 de la Société de Linguistique de Paris et de la Revue critique d'histoire et de littérature, en 1868 de l'Ecole des Hautes Etudes, puis de l'Ecole Alsacienne, du Collège Sévigné. Inspecteur général de l'Instruction publique pour l'Enseignement supérieur (1879-1888). Appelé par Jules Ferry au Conseil supérieur de l'Instruction publique (1880-1896). Il favorise l'implantation de la phonétique en faisant ouvrir en 1893 à l'E.P.H.E. le premier cours de phonétique par P. Passy et en annexant en 1897 à sa chaire du Collège de France un laboratoire de phonétique confié à l'abbé Rousselot. Lors de ses études à l'E.N.S. (1852-1855), pressenti par E. Egger et F. Baudry, il s'intéresse à la grammaire comparée. Agrégé en 1857, il suit à Berlin les cours de Bopp (qu'il traduira) et d'A. Weber, soutient une thèse en 1863 sur les noms perses chez les écrivains grecs, occupe la chaire de Hase au Collège de France (1866-1906). A. Meillet lui succède.

Titre de l'ouvrageEssai de sémantique (Science des significations)
Titre traduit
Titre courtEssai de sémantique
Remarques sur le titre
Période|19e s.|
Type de l'ouvrageSémantique linguistique.
Type indexéLinguistique générale | Sémantique
Édition originale1897, Paris, Librairie Hachette
Édition utilisée1897, Paris, Librairie Hachette.
VolumétrieIn-12, 372 [+ 2] pages.
Nombre de signes515000
Reproduction moderneEd. Gérard Montfort, Imago Mundi, Saint-Pierre de Salerne, 27800 Brionne, 1982, 372 p.
DiffusionRééditions: 1899, 1904, 1908, 1911, 1913, 1924, 1930, 1982. Traduction espagnole: Ensayo de semántica, ciencia de las significaciones, Madrid, La España Moderna, Biblioteca de jurisprudencia, filosofia é historia, 189?. Traduction anglaise: Semantics; Studies in the science of meaning, translation Mrs Henry Cust, with a preface by J. P. Postgate, London, W. Heinemann, 1900, lxvi + 341 p. et New York, Henry Holt and Co, 1900, repris en 1964 with a new Introduction by Joshua Whatmough, New York, Dover Publications; The Beginnings of Semantics: Essays, Lectures and Reviews by Michel Bréal, Preface by G. Wolf, London, Duckworth / Stanford, Standford University Press. Traduction italienne: Saggio di semantica, introduzione, traduzione e commento di Arturo Martone, Napoli, Quaderni del Dipartimento di filosofia e politica. Istituto universitario orientale, 1990, 172 p.
Langues ciblesEn principe les langues du monde, en fait essentiellement le grec ancien et le latin
MétalangueFrançais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrage[N.p., titre, dédicace], [1-8] Sommaire, Idée de ce travail.
PREMIERE PARTIE: Les lois intellectuelles du langage. [9-25] Chap. I. La loi de spécialité. [26-38] II. La loi de répartition. [39-49] III. L'irradiation. [50-55] IV. La survivance des flexions. [56-59] V. Fausses perceptions. [60-78] VI. De l'analogie. [79-90] VII. Acquisitions nouvelles. [91-98] VIII. Extinction des formes inutiles.
DEUXIEME PARTIE: Comment s'est fixé le sens des mots. [99-106] IX. Les prétendues tendances des mots. [107-116] X. La restriction du sens. [117-123] XI. Elargissement du sens. [124-136] XII. La métaphore. [137-142] XIII. Des mots abstraits et de l'épaississement du sens. [143-150] XIV. La polysémie. [151-159] XV. D'une cause particulière de polysémie. [160-171] XVI. Les noms composés. [172-176] XVII. Les groupes articulés. [177-184] XVIII. Comment les noms sont donnés aux choses.
TROISIEME PARTIE: Comment s'est formée la syntaxe. [185-193] XIX. Des catégories grammaticales. [194-204] XX. La force transitive. [205-209] XXI. La contagion. [210-216] XXII. De quelques outils grammaticaux. [217-223] XXIII. L'ordre des mots. [224-233] XXIV. La logique du langage. [234-244] XXV. L'élément subjectif. [245-258] XXVI. Le langage éducateur du genre humain. [259-278] Qu'appelle-t-on pureté de la langue. [279-308] L'histoire des mots. [309-331] La linguistique est-elle une science naturelle? [332-359] Les commencements du verbe. [361-364] Index rerum. [365] Index des mots grecs. [367-372] Table des matières.
Objectif de l'auteurL'Essai se présente comme le résultat de plus de 20 ans de recherches sur l'analyse des sens et de leur évolution, des mécanismes psychologiques qui déterminent les changements de signification, atteignent les mots et les formes grammaticales, montrant – en réaction contre toutes les théories de l'"inconscient" – comment l'esprit humain se fabrique des outils de plus en plus commodes et perfectionnés.
Intérêt généralFormé à la science comparatiste allemande (Bopp, Schleicher), Bréal entend renouer avec la logique de tradition française des grammairiens philosophes (Condillac), mais il critique la conception allemande organiciste, l'exclusivité accordée aux lois phonétiques dans l'explication des changements linguistiques et la description intemporelle des grammairiens français du 18e s. concernant l'évolution de la langue. Il y substitue des lois intellectuelles volontaristes qui gouvernent la transformation des significations linguistiques, non seulement des mots mais des groupes de mots, de la syntaxe et de la morphologie. Sa démarche vise à extraire de la linguistique comparée une linguistique générale. Son rejet de la métaphore du discours linguistique inaugure cette visée épistémologique nouvelle.
Parties du discoursBréal refuse l'autonomisation des mots et il ne les considère qu'en synchronie enchâssés dans le système linguistique. Les analyses portent sur le mot comme entité située dans un contexte ou sur un morphème (suffixes, préfixe, composition). Ce choix implique le rejet de la tradition historique qui toujours renvoie à un étymon. Il montre l'analogie à l'œuvre comme processus de création dans la mécanique linguistique. Parties du discours étudiées: prépositions, adverbes, conjonctions, pronoms, verbes, substantifs, auxiliaires.
Innovations term.Bréal introduit une terminologie nouvelle, celle de "sémantique" à des fins patriotiques (à la place de "sémasiologie" [Reisig 1839] utilisé en Allemagne, de "sématologie" en usage en Grande-Bretagne [Smart 1831], et de "polysémie" [1887]). La création de néologismes de sens est présentée comme la conséquence du travail de l'analogie et de la volonté méliorative de l'esprit humain. Le sens n'est pas figé, mais dépendant des progrès non seulement d'une communauté linguistique mais des relations éventuellement entretenues avec les autres communautés.
Corpus illustratifPour l'essentiel emprunté au grec ancien et au latin; plus épisodiquement, exemples empruntés au français, à l'italien, à l'espagnol, au portugais, à l'anglais, à l'allemand, au grec moderne, au gallois, une fois au cambodgien.
Indications compl.
Influence subieNourri des écoles comparatistes allemandes de Bopp, Schleicher, des néo-grammairiens, Hermann Paul (Principien der Spachgeschichte, 1880), Delbrück, Curtius, etc., Bréal puise volontiers dans la réflexion de ses contemporains (Littré, Chavée) et, surtout, dans les travaux de ses élèves (Arsène Darmesteter, La Vie des mots, 1887; Victor Henry, Antinomies linguistiques, 1896; Louis Havet; Louis Duvau; Antoine Meillet), de ses collègues (Henri Weil, Joseph Loth, Jules Gilliéron), mais encore de publications américaines (dont L. Bloomfield), italiennes (G. I. Ascoli) et danoises (K. Nyrop; O. Jespersen, Progress in language, 1894).
Influence exercéeSi l'Essai a permis de développer comme discipline la sémantique, la traduction anglo-américaine (1900) a assuré la fortune de la terminologie bréalienne. Dès 1889, ouvrant à l'ère scientifique de l'argotologie, l'Etude sur l'argot français de Marcel Schwob et Georges Guieysse, dédicacée à Bréal, se donne comme un essai de sémantique.
Renvois bibliographiques→ Références
Aarsleff H. 1982; Bally C. 1952; Bergounioux G., Décimo M. & Dumont C. (éd.) 1999; Carnoy A. 1927; Chiss J.-L. & Puech C. 1987; Décimo M. 1997; Delesalle S. 2009; Delesalle S. & Chevalier J.-C. 1986; Desmet P. & Swiggers P. 1995; Dihigo y Mestre J. 1911; La Grasserie R. de 1908; Meillet A. 1921; Nerlich B. 1992; Nerlich B. 1993; Nerlich B. (éd.) 1993; Thomas A. 1897 {p. 166-193}
Rédacteur

Décimo, Marc

Création ou mise à jour2000