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How to do Things with Words

Austin, John

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5338]
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CTLF Images (éd. 1975)

CTLF Images (éd. 1975, trad. fr.)

TextesCTLF Textes (25)
Auteur(s)

Austin, John

Forme complète: Austin, John Langshaw

Datation: 26 mars 1911 - 8 février 1960

Philosophe du langage anglais (né à Lancaster, mort à Oxford), dont toute la carrière universitaire se déroule à Oxford. Ayant achevé ses études au Balliol College, il devient chargé de cours (fellow) à l'All Souls College en 1933, puis tuteur et fellow au Magdalen College en 1935. Après l'interruption des six années de guerre, qu'il passe dans les services de renseignements, il donne les premiers éléments de sa théorie des actes de langage dans un article de 1946 (Other Minds) et dans diverses conférences à Oxford et Cambridge. Il est élu en 1952 titulaire de l'une des trois seules chaires de philosophie d'Oxford (White's professor à Corpus Christi), celle de philosophie morale – domaine dans lequel il n'avait pourtant rien produit. Il occupe d'importantes responsabilités à l'Oxford University Press à partir de 1952. Austin a fort peu publié: parmi les 13 articles réunis en 1961 dans les Philosophical Papers, seuls sept avaient déjà paru avant sa mort. En 1949, il édite les Conférences sur la philosophie de Leibniz de H. W. B. Joseph et publie l'année suivante sa propre traduction des Grundlagen der Arithmetik de Frege. En 1955, il donne à Harvard la série de conférences qui paraîtront, elles aussi après sa mort, sous le titre How to do Things with Words (1962). L'autre ouvrage posthume d'Austin sera Sense and Sensibilia (1962). Austin est considéré comme l'un des principaux représentants de l'école dite d'Oxford, constituée dès 1936-1937 au sein de la philosophie analytique, aux côtés d'Ayer, Wisdom et Ryle. Ce courant prolonge le "tournant linguistique" opéré par Russell en 1905 (On Denoting) en s'attachant à l'analyse du langage ordinaire, sans chercher toutefois à l'enrégimenter dans le symbolisme logique.

Titre de l'ouvrageHow to do Things with Words
Titre traduit[Comment faire des choses avec des mots]
Titre courtHow to do Things with Words
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageTraité de philosophie du langage.
Type indexéLinguistique générale | Philosophie du langage
Édition originale1962: How to do Things with Words. The William James Lectures delivered at Harvard University in 1955 [Edité par James Opie Urmson], Londres, Oxford University Press-Clarendon Press.
Édition utiliséeRéimpr. 1962: Cambridge (Massachusetts), Harvard University Press.
Volumétrie1 vol. in-8°, [IV] + v-vii + 1-167 pages = 174 pages Nombre moyen de signes par page: 1540.
Nombre de signes197000
Reproduction moderne1980, réimpr. de l'édition anglaise de 1975, avec un nouvel index par P. H. Nidditch.
Diffusion1970, trad. en français: Quand dire, c'est faire. How to do things with words. Recueil des textes de douze conférences prononcées par l'auteur à l'Université de Harvard, en 1955. Index. Introduction, traduction et commentaire par Gilles Lane, Paris, Editions du Seuil (L'Ordre philosophique). 1971, réimpr. de l'édition originale: Londres, Oxford University Press. 1973, réimpr.: New York, Oxford University Press. 1974, trad. en italien par Margherita Gentile et Marina Sbisà: Quando dire e fare, Antonio Pieretti ed., Turin, Marietti. 1975: How to do Things with Words, nouvelle édition revue et complétée par J. O. Urmson et Marina Sbisà, Londres, Clarendon Press, viii-168 p. 1988, trad. en castillan par G. R. Carrio et E. A. Rabossi: Como hacer cosas con palabras: palabras y acciones, Barcelone, Paidos. 1988 (réimpr. 1996, 1997), nouvelle trad. en italien: Come fare cose con le parole, Carlo Penco e Marina Sbisà ed., trad. Carla Villata, Gênes, Marietti. 1991, rééd. de la trad. en français, avec une postface de François Récanati, Paris, Editions du Seuil (Points Essais). 1994, trad. en allemand par Eike von Savigny: Zur Theorie der Sprechakte, Stuttgart, Reclam (Universal Bibliothek).
Langues ciblesAnglais
MétalangueAnglais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrage[P. 1-11] 1re conférence: L'énonciation performative ne vise pas à dire le vrai (comme le constatif), mais vise à faire. [12-24] 2e conférence: Les performatifs qui échouent. [25-38 et 39-52] 3e et 4e conférences: Les performatifs nous contraignent à redéfinir la notion de vérité. [53-66, 67-82 et 83-93] 5e, 6e et 7e conférences: Il n'y a pas de critères formels du performatif. [94-107] 8e conférence: Les trois aspects de l'acte de langage: locution, illocution, perlocution. [108-119 et 120-131] 9e et 10e conférences: Ce qui distingue l'illocutoire du perlocutoire. [132-146] 11e conférence: Rééxamen de la distinction initiale performatif/constatif; retour sur la notion de vérité. [147-163] 12e conférence. Classement des valeurs illocutoires. [164-166] Appendice par l'éditeur [J. O. Urmson]: Indication des passages les plus importants où le texte a été complété ou reconstruit à partir d'autres conférences d'Austin: celles données au micro de la BBC (Performatives Utterances), à Gothenberg (octobre 1959) et à Royaumont (1958 in Austin 1962). Index.
Objectif de l'auteur"Démythologiser" les conceptions traditionnelles du jugement logico-linguistique (statement) en considérant toute énonciation comme un acte de langage avant de la considérer comme porteuse d'une fonction de vérité; parmi les aspects de l'acte de langage, classer ses valeurs illocutoires (illocutory force) en cinq catégories.
Intérêt généralIntroduction de la distinction entre deux catégories d'énoncés: les constatifs (qui représentent un fait et possèdent la propriété d'être vrais ou faux) et les performatifs (qui se représentent eux-mêmes et servent à réaliser une action). Ce n'est plus la vérité qui est le critère de validation des énoncés, mais la réussite. La théorie du performatif, exposée dans les premières conférences, se dissout à la fin de l'ouvrage dans la théorie des actes illocutoires et dans la généralisation à tous les types d'énoncés de la présupposition, conçue comme une condition d'emploi des énoncés assertifs (cf. Russell) relative à l'énonciation. Asserter devient alors un acte de langage parmi d'autres (promettre, commander, menacer, etc.).
Parties du discours
Innovations term.Performatif – performatory (Urmson 1979, p. 260), puis performative –, constatif; les actes locutoire (à valeur référentielle), illocutoire – ou illocutionnaire – (constitué par l'énonciation elle-même), perlocutoire – ou perlocutionnaire – (effets de l'acte illocutoire sur les croyances ou les actions de l'auditeur).
Corpus illustratif
Indications compl.Déplacement de l'intérêt de l'énoncé vers l'énonciation (utterance): ses conditions institutionnelles, son unicité, son caractère sui-référentiel (Savatovsky 1985).
Influence subieCelle de J. Stuart Mill, de Gardiner et du positivisme logique, d'abord: Russell, Pritchard (Berlin 1973, p. 4), puis celle du second Wittgenstein.
Influence exercéeDécisive sur des philosophes inclassables, comme Stanley Cavell ou Roy Harris (1981, p. 23-24, 200 sq.), et sur l'ensemble des courants de recherche en pragmatique, en sémantique ou, de façon plus générale, en philosophie du langage (Warnock 1963, p. 147 sq.), notamment sur Strawson (1964) et Searle (1969, en particulier chap. 3 et 6.2.), qui critiquent et redéfinissent la conception austinienne de l'acte illocutoire (voir Gochet 1967, pour une discussion de l'ensemble des critiques adressées à Austin). La réception des thèses austiniennes par les linguistes est également très large. Parmi tant d'autres, voir Mac Cawley 1977 ou Benveniste qui reprend l'idée de performatif tout en récusant celle d'acte illocutoire (1966, chap. 21, 22, 23, p. 268-288) et en faisant valoir, à l'encontre d'Austin, l'importance de "l'appareil formel de l'énonciation".
Renvois bibliographiques→ Références
Austin J. L. 1946; Austin J. L. 1962; Austin J. L. 1971; Benveniste É. 1966; Berlin I. 1973; Fann K. T. 1969; Gochet P. 1965; Harris R. 1981; McCawley J. D. 1977; Radatz H.-I. 2009; Récanati F. 1979 {p. 91-106}; Récanati F. 1981 {p. 29-35}; Savatovsky D. 1985; Searle J. R. 1969; Strawson P. F. 1964; Urmson J. O. 1960; Urmson J. O. 1977; Warnock G. J. 1963; Warnock G. J. 1989
Rédacteur

Savatovsky, Dan

Création ou mise à jour2000