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Ordklasserne. Partes orationis

Brøndal, Viggo

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5319]
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CTLF Images (éd. 1948, trad. fr.) – Dans l'incapacité de trouver les ayants-droits, malgré nos recherches, nous donnons provisoirement accès au présent texte. Nous examinerons toute observation qui nous serait transmise au sujet de l'ouvrage et nous en tiendrons compte

TextesCTLF Textes (2)
Auteur(s)

Brøndal, Viggo

Forme complète: Brøndal, Rasmus Viggo

Datation: 10 octobre 1887 - 12 décembre 1942

Linguiste danois, né et mort à Copenhague. Après des études de droit et de philosophie, il suit les cours de Nyrop à Copenhague, puis de Meillet et de Bédier à Paris. Il consacre sa thèse aux problèmes de l'emprunt et du substrat dans les langues romanes et germaniques (1917), puis devient lecteur de danois à la Sorbonne (1925-1928). De retour à Copenhague, il collabore à la revue Acta philologica scandinavica (1927-1928). L'année où il succède à Nyrop dans la chaire de langues et de littératures romanes de l'université de Copenhague, il délaisse la romanistique pour se consacrer à la linguistique générale, avec ses Ordklasserne… (1928). "Frère ennemi" de Hjelmslev au sein du Cercle de Linguistique de Copenhague (fondé en 1931), il co-dirige la revue du Cercle, Acta linguistica, à partir de 1939. L'introduction par Brøndal au premier numéro de cette revue (repris in Brøndal 1943, chap. X) est devenu un classique de présentation de la linguistique structurale – une mouvance dont il se démarque néanmoins. Il participe à tous les Congrès internationaux de linguistes (1928-1937). À la demande de Trubetzkoj, il préside la section linguistique du Congrès psychologique de Paris (1937). Théorie des prépositions (1940), qui développe les analyses du chap. IX de Brøndal 1943 (1939), est celui de ses ouvrages qui a sans doute exercé le plus d'influence; il se présente comme une introduction à la "sémantique rationnelle". Les travaux de Brøndal se caractérisent de façon générale par la mise en perspective philosophique de l'analyse empirique des faits de langue, notamment à la lumière de la phénoménologie.

Titre de l'ouvrageOrdklasserne. Partes orationis. Studier over de sproglige kategorier. Avec un résumé en français
Titre traduitLes Parties du discours, études sur les catégories linguistiques
Titre courtOrdklasserne. Partes orationis
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageTraité de philosophie du langage, dans une perspective historico-épistémologique.
Type indexéLinguistique générale | Philosophie du langage | Types de mots
Édition originale1928, Copenhague, G. E. C. Gad [Graebes Bogtrykkeri].
Édition utiliséeTraduction française: 1948, Les parties du discours. Partes orationis. Etudes sur les catégories linguistiques. Traduction française par Pierre Naert, Copenhague, Einar Munksgaard.
Volumétrie1 vol. in-8°, 173 pages Index et tableau synoptique dépliés [avec une préface de Rosally Brøndal et Knud Togeby qui donne une esquisse des changements indiqués par Brøndal pour une réédition de l'ouvrage, mais que la mort ne lui a pas laissé le temps d'opérer]. 8 + 9-173 p. Nombre de signes: par page: 2800.
Nombre de signes460000
Reproduction moderne
Diffusion1948, trad. fr. par Pierre Naert, Copenhague, Einar Munsgaard.
Langues ciblesToutes les langues du monde
MétalangueFrançais pour l'édition utilisée, danois pour la première édition
Langue des exemplesPeu d'exemples, pris surtout en grec, latin, français, anglais, danois et allemand
Sommaire de l'ouvrage[P. 7] Préface. [9-12] Avant-propos. [13-14] Table des matières. [15-21] Bibliographie. [23-84] I. Introduction (1. Le problème; 2. Histoire de la terminologie; 3. Histoire des définitions; 4. Essais de groupement; 5. Notions fondamentales). [85-149] II. Théorie: [85-87] 1. Principes (Classes possibles). [88-103] 2. Classes abstraites (a. Prépositions; b. Noms propres; c. Noms de nombre; d. Adverbes). [104-121] 3. Classes aristotéliciennes (a. Noms; b. Verbes: c. Pronoms; d. Conjonctions). [122-130] 4. Classes homogènes (a. Possessifs; b. Réfléchis). [131-136] 5. Classes complexes (a. Verbes situatifs; b. Noms situatifs; c. Substantifs possessifs; d. Adjectifs verbaux). [137-141] 6. La classe indifférenciée. [142-149] 7. Universaux (a. abstraits; b. concrets). [150-171] III. Conséquences: [150-161] 1. Styles. [162-164] 2. Langues nationales. [165-171] 3. Types de langue. [172-173] IV. Conclusions (1. Minimum et maximum; 2. Systèmes; 3. La base commune). [174-175] Index et tableau synoptique.
Objectif de l'auteur1) Proposer une théorie des parties du discours à partir de trois problèmes: "Existe-t-il des classes de mots universelles? Est-ce que les classes de mots forment système? Y a-t-il une même base logique pour toutes les langues?" (p. 24). 2) Fonder en raison les catégories permet ainsi de montrer qu'elles répondent "aux concepts à l'aide desquels une langue donnée ou un type de langue donné répartit son vocabulaire": comme signification intentionnelle, le langage est tourné vers l'objet à tous les niveaux de l'analyse linguistique.
Intérêt généralEn écartant la dimension ontologique des catégories d'Aristote et leur hiérarchisation, Brøndal met en place un dispositif catégoriel non-hiérarchisé et strictement logique. L'ouvrage lie intimement analyse linguistique et histoire des théories philosophico-linguistiques: les notions de classes de mots sont examinées au travers d'un synopsis historique allant des Grecs jusqu'à Jespersen, Sapir et Cassirer en passant par Priscien, Donat, les logiciens du moyen âge, Port-Royal, etc. On trouve aussi dans l'ouvrage une tentative pour reprendre à nouveaux frais le thème humboldtien d'une détermination de l'identité nationale et de la Weltansicht par la langue nationale. Cette détermination relève de la structure morphologique, elle-même régie par les catégories logiques et les parties du discours, définies comme combinaisons de catégories.
Parties du discoursReprise et réinterprétation des catégories aristotéliciennes de nom, verbe, pronom et conjonction à la lumière d'une histoire de la théorie des parties du discours et à travers le prisme de la scolastique et de la phénoménologie. Cette "systématisation quasi a priori" [Marouzeau 1948, p. 324] consiste notamment à distinguer: 1) les catégories limitatives (issues du concept aristotélicien de substance et dénommées génériques: objet objectif, objet subjectif, relation et qualité); 2) les catégories non limitatives (dénommées relationnelles), à partir desquelles Brøndal définit la signification propre des mots: symétrie, transitivité, etc.
Innovations term.Grande inventivité terminologique: le "style" peut ainsi être copulatif, résultatif, situatif, descriptif, etc.
Corpus illustratif
Indications compl.
Influence subieLa tradition scolastique; la phénoménologie du premier Husserl (Brøndal thématise la relation langage-pensée par le canal de l'intentionnalité. Voir Larsen 1987a, p. 96-98); Jespersen, bien qu'il soit assez peu cité.
Influence exercéeL'ouvrage, puis sa traduction en français, sont assez bien accueillis lors de leur parution, par les romanistes (Grammont 1928) et les latinistes français (Marouzeau 1928, 1948). Il exerce surtout une influence sur les linguistes danois du Cercle de Copenhague (Diderichsen, Togeby), avant que ceux-ci ne se tournent vers la glossématique de Hjelmslev. Plus tard, il influencera le courant de la sémiotique greimassienne (Greimas 1966, p. 23 sq., 121-122, 170. Voir Larsen 1991).
Renvois bibliographiques→ Références
Brøndal R. V. 1948; Grammont M. 1928; Greimas A. J. 1966; Larsen S. E. 1975; Larsen S. E. 1987; Larsen S. E. 1991; Marouzeau J. 1928; Sechehaye A. 1941
Rédacteur

Savatovsky, Dan

Création ou mise à jour2000