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Langage et science du langage

Guillaume, Gustave

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5340]
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CTLF Images (éd. 1994)

TextesCTLF Textes (21)
Auteur(s)

Guillaume, Gustave

Datation: 16 décembre 1883 - 3 février 1960

Linguiste français, né et mort à Paris. De 1891 à 1896, il fréquente une école protestante. Sa trace se perd alors, mais on le retrouve en 1909 commis de banque. C'est au guichet qu'il aurait fait la connaissance d'Antoine Meillet, dont il suit les cours à l'Ecole des Hautes Etudes durant la Première Guerre mondiale. Il obtient le diplôme en 1917 et entre à la Société de Linguistique de Paris grâce au parrainage d'A. Meillet et de L. Havet. En 1921 il devient correcteur d'imprimerie et en 1938 il obtient le poste de Chargé de conférences à l'Ecole des Hautes Etudes, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort en 1960.

Titre de l'ouvrageLangage et science du langage
Titre traduit
Titre courtLangage et science du langage
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageÀ l'exception de l'article liminaire, qui est inédit, les études groupées dans ce recueil (par Roch Valin) ont paru entre 1933 et 1958 dans différentes revues et collections. Elles traitent de la science du langage, du système du verbe et de l'article, du mot, des parties du discours, de la déclinaison, de la psycho-systématique et de la psycho-sémiologie du langage. A travers ces thèmes chers à G. Guillaume, on retrouve les principales hypothèses de sa théorie du langage.
Type indexéLinguistique générale | Psychologie du langage | Types de mots
Édition originale1964, Paris, Librairie A.-G. Nizet / Québec, Presses de l'Université Laval.
Édition utilisée3e éd., 1973, Paris, A.-G. Nizet / Québec, Presses de l'Université Laval.
VolumétrieIn-8°, [7] + 8-286 + [2]; nombre moyen de signes par page: 3250 signes; 76 schémas.
Nombre de signes910000
Reproduction moderneTexte toujours disponible dans le commerce.
Diffusion2e éd., 1969, Paris, A.-G. Nizet / Québec, Presses de l'Université Laval; 3e éd. (sic!), 1984, Paris, A.-G. Nizet / Québec, Presses de l'Université Laval; 4e éd., 1994, Paris, A.-G. Nizet / Québec, Presses de l'Université Laval. Il s'agit en réalité de réimpressions successives de la 1re édition. Celles de 1973 et de 1984 portent toutes les deux la mention "3e édition". Les articles qui figurent dans le recueil ont été réunis par Roch Valin.
Langues ciblesFrançais (essentiellement), latin, grec, allemand, anglais, langues indo-européennes en général, chinois, langues sémitiques
MétalangueFrançais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrage[P. 7-10] Avant-propos par R.-L. Wagner. [11-24] Introduction par R. Valin. [25-45] Observation et explication dans la science du langage (I). [46-58] Immanence et transcendance dans la catégorie du verbe. Esquisse d'une théorie psychologique de l'aspect. [59-72] Thèmes de présent et système des temps français. Genèse corrélative du présent et des temps. [73-86] Théorie des auxiliaires et examen de faits connexes. [87-98] Discernement et entendement dans les langues. Mot et partie du discours. [99-107] Esquisse d'une théorie psychologique de la déclinaison. [108-119] Comment se fait un système grammatical. [120-126] De la répartition des trois radicaux du verbe "aller" entre les formes de la conjugaison française. [127-142] Existe-t-il un déponent en français? [143-156] Particularisation et généralisation dans le système des articles français. [157-166] La question de l'article. D'une raison qui s'est opposée jusqu'ici à une coopération étroite et fructueuse des linguistes historiens et des linguistes théoriciens. [167-183] Logique constructive interne du système des articles français. [184-192] La représentation du temps dans la langue française. [193-207] La représentation du temps dans la langue française (suite). [208-219] De la double action séparative du présent dans la représentation française du temps. [220-240] La langue est-elle ou n'est-elle pas un système? [241-249] Psycho-systématique et psycho-sémiologie du langage. [250-271] Epoques et niveaux temporels dans le système de la conjugaison française. [272-286] Observation et explication dans la science du langage (II).
Objectif de l'auteurG. Guillaume veut construire une théorie générale du langage. Il estime que la science du langage doit se débarrasser de son caractère descriptif et classificatif, ainsi que de son positivisme excessif, afin de se constituer en science théorique. Elle doit étudier les formes dans leur phase génétique, antérieure à leur actualisation dans la parole. Son objet est l'analyse de la relation entre le sémiologique et le psychique. Le guillaumisme se présente comme une linguistique de la langue ("de l'avant", "de position", "de la puissance"), qui regroupe trois disciplines: la psycho-mécanique, la psycho-systématique et la psycho-sémiologie.
Intérêt généralL'œuvre publiée de G. Guillaume comporte un bon millier de pages. Sa première monographie paraît en 1911, avant le Cours de linguistique générale de F. de Saussure, et son dernier article en 1958, après Syntactic Structures de N. Chomsky. Sous le titre Leçons de linguistique de Gustave Guillaume, une partie des soixante mille feuillets d'inédits a été publiée (13 volumes jusqu'à ce jour). Dépassant le stade descriptif dans lequel s'est enfermé un certain structuralisme, G. Guillaume cherche à expliquer les phénomènes et à construire sur la langue des hypothèses à valeur explicative. Il a mis la linguistique au rang des sciences hypothético-déductives et est, à ce titre, plus proche de N. Chomsky que de L. Bloomfield. Il était à contre-courant de la linguistique de son époque, ce qui explique probablement en partie l'indifférence, voire l'hostilité, avec laquelle ses théories ont bien souvent été accueillies.
Parties du discoursL'article publié p. 87-98 traite spécifiquement des parties du discours. La construction du mot dans l'esprit (l'ontogénèse), comporte deux phases: 1°) une genèse matérielle, créatrice de la signification, 2°) une genèse formelle, créatrice de la catégorie grammaticale. Cette dernière phase correspond à une opération d'entendement (mouvement généralisant): la pensée reverse à l'universel, au titre de sa forme, la notion individuée lors de la genèse matérielle (opération de discernement, mouvement particularisant). Les formes vectrices, qui sont les déterminants catégoriels du nom, assument la transition entre le discernement initial qui apporte au mot sa matière et l'entendement final duquel le mot reçoit sa forme générale. Les formes vectrices "portent" et "conduisent" le mot jusqu'à la partie du discours. Les mots aboutissent tantôt à l'univers-espace (substantif, adjectif, article, voire – Guillaume n'est pas très explicite à ce sujet – pronom et adverbe), tantôt à l'univers temps (verbe). Les deux univers se rejoignent dans le régime d'incidence, déterminant principal de la partie du discours, commun au substantif, au verbe, à l'adjectif et à l'adverbe. Ailleurs G. Guillaume opère également une distinction entre les parties du discours prédicatives (substantif, adjectif, adverbe, verbe) et les parties du discours non prédicatives (préposition, conjonction). A côté de cela, on rencontre aussi des parties du discours obtenues par dématérialisation du nom: les pronoms et l'article (cf. Leçons de linguistique 1956-1957, vol. 5, Lille / Québec, Presses Universitaires de Lille / Presses Universitaires de Laval, 1982).
Innovations term.On a reproché à G. Guillaume l'hermétisme de sa terminologie. Il utilise en fait peu de néologismes (certains sont des hapax). La difficulté provient essentiellement du fait qu'il a recours à la terminologie traditionnelle pour exprimer des idées nouvelles.
Corpus illustratifOn trouve très peu d'exemples littéraires dans les écrits de G. Guillaume. Comme il s'intéresse surtout à des problèmes de morphologie, ce sont habituellement des mots ou des syntagmes isolés qui sont cités en exemple.
Indications compl.
Influence subieG. Guillaume rend régulièrement hommage à son maître à penser A. Meillet et à F. de Saussure, dont il lit le Cours de linguistique générale dès 1916, soit l'année de sa publication. Il n'a guère subi d'influences étrangères.
Influence exercéeLes thèses de G. Guillaume, jugées souvent d'un accès trop difficile, ont dérouté ses contemporains et ont, de tout temps, trouvé leurs défenseurs et leurs détracteurs. La psychomécanique ne s'est finalement bien implantée qu'en France, au Québec et en Belgique. L'hostilité reste la plus marquée dans les pays anglo-saxons et ce malgré les efforts des anglicistes. Les hypothèses de G. Guillaume, primitivement destinées au français, ont été appliquées au latin, aux langues romanes, germaniques et slaves, ce qui tend à détruire le préjugé selon lequel elles seraient intransportables vers d'autres idiomes. Certains ont vu dans la psychomécanique l'ancêtre de la sémantique et de la grammaire générative, ainsi que du cognitivisme.
Renvois bibliographiques→ Références
Boone A. & Joly A. 1996; Curat H. & Meney L. 1983; Fuchs C. & Le Goffic P. 1992; Jacob A. 1970; Martin R. 1975 {p. 30-38, 77-82, 85-89}; Savatovsky D. 2009; Tollis F. 1991; Valin R. 1954; Valin R. 1981; Wilmet M. 1978
Rédacteur

Boone, Annie

Création ou mise à jour2000