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Erya

Anonyme

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurIdées linguistiques en Chine ancienne [4401]
Auteur(s)

Anonyme [1]

[1] L'auteur du Erya, que la tradition chinoise attribue tantôt aux disciples de Confucius, tantôt au frère cadet du premier roi des Zhou (règne au 11e s. a.C.), est malheureusement inconnu. Il est plus probable que l'on ait affaire à plusieurs auteurs.

Datation: Entre le 5e et le 1er s. a.C.?

Adaptateur(s)

Guo Pu

Datation: 276-324

Guo Pu est un lettré chinois, né à Wenxi, dans la province du Shanxi à l'est du fleuve Jaune, grand connaisseur des textes classiques et des caractères anciens. Il a passé plus de 10 ans à étudier le Erya. On lui doit un important commentaire de cet ouvrage.

Titre de l'ouvrageErya
Titre traduitApprocher la perfection
Titre courtErya
Remarques sur le titre
Période|-5e s.|-4e s.|-3e s.|-2e s.|-1er s.|
Type de l'ouvrageCet ouvrage est constitué à la fois d'un dictionnaire, se présentant sous la forme de listes de synonymes ou quasi-synonymes, et d'une sorte d'encyclopédie avec son propre type de classement thématique.
Type indexéDictionnaire | Encyclopédie | Synonymes
Édition originaleL'analyse approfondie du texte actuel, qui comprend de nombreuses expressions tirées des Classiques, d'auteurs antérieurs aux Qin (221-206 a.C.), ainsi que certains noms géographiques propres à la dynastie des Han occidentaux (206 a.C. - 23 p.C.), ne permet pas d'en faire un ouvrage du 11e s. a.C. comme le prétend la tradition. On considère maintenant qu'il s'agit plus vraisemblablement d'ouvrages écrits entre le 5e et le 1er s. a.C. et compilés après l'époque de l'empereur Han Wudi (règne de 141 à 87 a.C.) (Zhou 1966, p. 675).
Édition utiliséeManuscrit utilisé: Shisan jing zhu shu [commentaires sur les 13 Classiques], (1980) Pékin: Zhonghua shuju, vol. 2, p. 2563-2658. Cette édition, corrigée par Ruan Yuan (1764-1849) en 1815, comprend le commentaire de Guo Pu et le sous-commentaire de Xing Bing (931-1010), rédigé sur ordre de l'empereur en 994.
VolumétriePetit ouvrage de 92 pages.
Nombre de signes
Reproduction moderneZhou Zumo, Erya jiao jian, 1984, Jiangsu jiaoyu.
DiffusionLa diffusion du Erya à partir de l'époque des Han Orientaux (25-220) a donné naissance, entre le 2e et le 3e s. de notre ère, à de nombreux commentaires qui ont malheureusement tous été perdus après les Tang (618-907). Seul celui de Guo Pu nous a été transmis. Sans doute parce que la version de Guo Pu avait été retenue officiellement, lorsque le Erya est devenu un ouvrage obligatoire pour les élèves du Collège impérial, à l'époque des Tang, ce commentaire condamnait-il ainsi progressivement les autres à l'oubli. Parmi les manuscrits découverts dans les grottes de Dunhuang au 20e s., se trouvaient trois fragments du Erya datés de 759, 774 et 749, reproduisant 5 sections du 2e chapitre. Ces manuscrits comprennent des caractères anciens qui ont été remplacés dans les versions postérieures. Ils montrent que le texte moderne n'a pas subi de grandes modifications, et permettent également de corriger un certain nombre de fautes qui ont été introduites par la suite (Zhou 1966, p. 683). Ces fragments confirment en même temps la présence de cet ouvrage dans cette région aux confins de la Chine occidentale. Avec le mouvement de critiques textuelles et le regain d'intérêt pour les caractères propre à la dynastie des Qing (1644-1911), le Erya suscita également de nombreux travaux dans lesquels les auteurs cherchaient à retrouver les commentaires perdus parmi les citations qui en avaient été faites ou bien à corriger la version de Guo Pu. Parmi plusieurs ouvrages, on retiendra ceux de Shao Jinhan (1743-1796) Erya zheng yi, et de Hao Yixing (1755-1823) Erya yi shu.
Langues ciblesChinois classique avec de nombreux termes dialectaux
MétalangueChinois
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageLe Erya, tel que nous le connaissons aujourd'hui, comprend trois chapitres et 19 sections au lieu des 20 sections répertoriées dans la bibliographie du livre de l'Histoire des Han (Hanshu 30). La 1re section [explication des expressions anciennes] et la 2e [explication des expressions contemporaines] rassemblent, sous la formule: A, B, C, D, …: X, des synonymes ou quasi-synonymes, et parfois même des antonymes. Elles commencent par des termes liés au sens de "commencement" et s'achèvent par ceux liés à l'idée de "fin". Ce qui semblerait suggérer que ces deux sections sont les plus anciennes parties du Erya. Elles sont suivies d'une section qui présente des dissyllabes formés par répétition d'une syllabe. On trouve ensuite 16 sections thématiques traitant des termes de parenté, d'édifices, d'ustensiles, de musique, touchant au ciel (saison, climat, etc.), à la terre (noms de régions, points cardinaux, etc.), aux hauteurs, aux monts, aux cours d'eau, aux plantes, aux arbres, aux insectes, aux poissons, aux oiseaux, aux bêtes sauvages (ou quadrupèdes) et enfin aux animaux domestiques. On peut donc distinguer une partie proche du dictionnaire, comprenant les 3 premières sections, et une partie qui se présente comme une sorte d'encyclopédie, avec les 16 sections suivantes.
Objectif de l'auteurIl est difficile de parler de la finalité de l'auteur étant donné que l'on ne sait pas si l'on a affaire à un seul auteur ou à une compilation d'ouvrages de plusieurs auteurs. Selon Fukuda (1979, p. 8), le Erya aurait été conçu, au départ, dans le cadre d'une politique visant à définir une norme linguistique. C'est pourquoi dans les listes de synonymes, on y aurait regroupé des termes provenant de régions variées de la Chine à côté de ceux de la Chine centrale de l'époque.
Intérêt généralEn tant que premier glossaire de mots anciens et dialectaux, le Erya est une source de première main pour l'étude de la langue et des dialectes de l'époque ancienne, et il occupe ainsi une place importante dans l'histoire de la linguistique chinoise et générale. Le commentaire de Guo Pu donne lui aussi de précieuses informations sur la langue et les dialectes du 3e s. de notre ère.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.On notera qu'aucune indication des prononciations n'est donnée dans le texte même du Erya. Dans son commentaire, Guo Pu donne parfois quelques prononciations par les méthodes zhiyin et fanqie (laquelle méthode commence à être utilisée à partir de cette époque).
Influence subieEn tant que premier ouvrage connu de ce genre, il est difficile d'établir les influences subies par le Erya.
Influence exercéeLe Erya est à la base du domaine d'études touchant les Écrits anciens et leurs commentaires (xunguxue). Plusieurs ouvrages s'inscrivent directement dans sa lignée. Les uns parce qu'ils ont été conçus pour le compléter, tel le Xiao Erya (1er ou 2e s.) dont on ignore l'auteur, ou le Guangya de Zhang Yi (licencié vers 230); les autres parce qu'ils ont été largement influencés par sa présentation des termes et son organisation thématique: le Shiming (vers 200) de Liu Xi, qui est le premier et le seul à avoir systématiquement défini le sens des termes en fonction d'explications paronomastiques, dont certaines se trouvent déjà dans les textes classiques; le Fangyan, qui est le premier ouvrage à rassembler uniquement des termes dialectaux anciens et contemporains; et enfin les Leishu ou encyclopédies, qui commencent à fleurir aux environs du 3e s. de notre ère, et qui sont organisées par sections thématiques sur la base des quatre principales suivantes: ciel, terre, homme et le monde des êtres vivants autre que l'homme.
Renvois bibliographiques→ Références
Coblin W. S. 1993; Fukuda Jyonosuke 1979; Gu Tinglong & Wang Shiwei 1990; Guan Xihua 1996; Liu Yeqiu 1983; Qian Jianfu 1986; Zhou Zumou 1966 {p. 670-686}; Zhou Zumou 1984
Rédacteur

Bottéro, Françoise

Création ou mise à jour2000