CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux • IMPRIMER • RETOUR ÉCRAN
CTLF - Menu général - Notices

Philosophy of grammar

Jespersen, Otto

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5317]
Liens

CTLF Images (éd. 1924) – Dans l'incapacité de trouver les ayants-droits, malgré nos recherches, nous donnons provisoirement accès au présent texte. Nous examinerons toute observation qui nous serait transmise au sujet de l'ouvrage et nous en tiendrons compte

CTLF Images (éd. 1971, trad. fr.)

Gumer (éd. 1958, trad. russe)

TextesCTLF Textes (3)
Auteur(s)

Jespersen, Otto

Forme complète: Jespersen, Jens Otto Harry

Variantes: Jesperson

Datation: 16 juillet 1860 - 30 avril 1943

Linguiste danois, né à Randers, Danemark, mort à Reskilde, Danemark. Spécialiste de philologie, de linguistique et littérature anglaises, de linguistique et phonétique générales et d'enseignement des langues (fondateur de la société Quousque tandem dont le but était de promouvoir l'enseignement des langues étrangères; How to Teach a Foreign language, 1904). On peut le considérer comme un autodidacte en linguistique, ce qui n'est pas rare à son époque. Après une formation secondaire et classique, il poursuit par des études de droit. Sa vie professionnelle commence par un poste de sténographe à la Chambre de députés danoise, ce qui le conduit à aborder les problèmes de phonétique avec le traité de E. Sievers paru en 1876, les travaux de H. Sweet et ceux de P. Passy. Il collabore avec ce dernier pour la mise au point de l'API auquel il n'adhérera pas vraiment. Il étudie à Paris, Berlin, Leipzig, Londres. Il obtient une chaire d'anglais à l'université de Copenhague de 1893 à 1925. Il prend une part très active dans le débat autour des principes néo-grammariens dont il rejette la thèse des lois phonétiques absolues dans son grand article de 1896, publié d'abord en danois puis traduit en allemand (Zur Lautgesetzfrage). Les intérêts de Jespersen couvrent un très large spectre: du langage enfantin et de la communication avec les "enfants-loups", jusqu'à l'origine du langage, sa philosophie (Language, its Nature, Development and Origin, 1923, traduction française, Nature, évolution et origine du langage, 1976) et son rôle dans la société (Mankind, Nation, and the Individual, 1946). Il n'est pas surprenant qu'il se soit intéressé au problème des langues universelles au point d'en élaborer une, le novial (An International Language, 1928). S'il reste un grand phonéticien, ce n'est pas par sa proposition de notation "analphabétique", mais par son rôle de précurseur en ce qui concerne le concept de phonème, et peut-être aussi par sa conception des changements phonétiques: compromis entre le moindre effort articulatoire et nécessité d'intercompréhension, dont A. Martinet reprendra la thèse.

Titre de l'ouvrageThe philosophy of grammar
Titre traduitLa philosophie de la grammaire
Titre courtPhilosophy of grammar
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageTraité de linguistique générale fondé sur l'analyse d'un corpus principalement anglais, avec excursions logico-philosophiques (notamment dans les chap. 4, 5, 7, 10, 11 et 24).
Type indexéLinguistique générale | Philosophie du langage
Édition originale1924, Londres / New York, George Allen & Unwin Ldt / H. Holt and Co.
Édition utilisée1re éd. 1924, Londres / New York, George Allen & Unwin Ldt / Henry Holt and Co.
VolumétrieIn-8°, [7] + 8-359 + [1] = 360 pages; nombre moyen de signes par page: 2480 signes.
Nombre de signes873000
Reproduction moderne1992, University of Chicago Press (avec une nouvelle préface et un index, par James D. McCawley).
Diffusion1925, Londres / New York, George Allen & Unwin / H. Holt. 1929, Londres / New York, George Allen & Unwin / H. Holt. 1935, Londres / New York, George Allen & Unwin / H. Holt. 1948, Londres, George Allen & Unwin. 1951, Londres, George Allen & Unwin. 1955, Londres, George Allen & Unwin. 1963, Londres, George Allen & Unwin. 1992, with a new introduction and index by James D. McCawley, University of Chicago Press, VIII + 363 pages. Traduction française de la 1re éd., par Anne-Marie Léonard, avec une préface d'Antoine Culioli, Paris, Editions de Minuit, 1971.
Langues ciblesAnglais principalement, avec quelques exemples issus des langues germaniques, du français et de l'italien
MétalangueAnglais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrage[P. 7-8] Préface de l'auteur. [11-13] Abréviations. [17-29] Chap. 1: La grammaire vivante. [30-44 et 45-57] Chap. 2 et 3: La grammaire systématique. [58-71] Chap. 4: Les parties du discours. [72-81] Chap. 5: Substantifs et adjectifs. [82-95] Chap. 6; Les parties du discours (fin). [96-107] Chap. 7: Les trois rangs (ranks). [108-116] Chap. 8: Jonction et nexus (Junction and Nexus). [117-132] Chap. 9: Les différents types de nexus. [133-144] Chap. 10: Les substantifs nexaux. [145-156] Chap. 11: Sujet et prédicat. [157-172] Chap. 12: L'objet. Actif et passif. [173-187] Chap. 13: Les cas. [188-201 et 202-211] Chap. 14 et 15: Le nombre. [212-225] Chap. 16: La personne. [226-243] Chap. 17: Sexe et genre. [244-253] Chap. 18: La comparaison. [254-268 et 269-289] Chap. 19 et 20: Temps notionnel et temps grammatical (Time and Tense). [290-300] Chap. 21: Discours direct et discours indirect. [301-312] Chap. 22: La classification des énoncés. [313-321] Chap. 23: Les modes. [322-337] Chap. 24: La négation. [338-348] Chap. 25: Conclusion (les conflits linguistiques). [349-352] Appendice (un cas ambigu de nexus). [353-359] Index (rerum).
Objectif de l'auteurExposer une théorie de la grammaire conçue comme "la partie la plus élémentaire de la logique" (Mill); définir les catégories grammaticales. Poser les bases d'une syntaxe universelle.
Intérêt généralL'ouvrage systématise un ensemble très riche et divers de données de langue; il décrit les relations entre catégories grammaticales et catégories notionnelles; il propose un modèle d'analyse syntaxique, qui gagne à être comparé avec la théorie guillaumienne de l'incidence. Y figurent également des échappées sémantiques, comme dans l'analyse des quantificateurs. L'ouvrage trouve un prolongement dans Syntaxe analytique (1937), qui le complète par des procédés de littéralisation des structures syntaxiques.
Parties du discoursBien qu'elles y soient qualifiées d'"imposture" (p. 24), on trouve dans l'ouvrage une référence aux parties du discours, identifiées comme "classes de mots" (p. 60, 112, 122) selon trois critères: formel, fonctionnel, sémantique. Jespersen superpose à la hiérarchie sémantique des parties du discours des relations d'ordre, de nature taxinomique, basées sur la fonction des mots dans les constructions syntaxiques (distinctes de la hiérarchie sémantique des parties du discours). Il est ainsi amené à distinguer trois sortes de rangs syntaxiques: primaire ("habituellement les substantifs"); secondaire (adjuncts): verbes et adjectifs; tertiaire (subjuncts): adverbes. La notion de rang est étendue aux groupes de mots.
Innovations term.introduction d'une terminologie métasyntaxique propre, liée à une contribution originale à la théorie de la subordination: la notion de nexus désigne la relation sujet/groupe prédicatif exprimant deux idées; celle de jonction, le groupe syntaxique n'exprimant qu'une idée – notion basée sur la modification; enfin la notion de rang. Jespersen acclimate aussi le terme de quantificateur.
Corpus illustratifConstitué presque exclusivement de phrases.
Indications compl.
Influence subieEncore fortement marqué par la linguistique historique, notamment par l'héritage de Hermann Paul, Jespersen emprunte certains des thèmes et des catégories de sa "logique" à John Stuart Mill (il s'agit d'une influence implicite). S'agissant du traitement du corpus anglais, influence déterminante et revendiquée de Henry Sweet (au delà même de la phonétique).
Influence exercéePhilosophy of Grammar est l'ouvrage le plus souvent cité par Bloomfield in Language (1933). Son analyse en rangs annonce l'analyse en constituants immédiats. L'ouvrage influence l'Ecole de Copenhague à ses débuts, notamment Hjelmslev (Principes de grammaire générale, 1928), qui s'en démarque par la suite (1945). Selon Brøndal, il fournit le cadre d'une nouvelle architectonique de la grammaire, en redéfinissant notamment les liens syntaxe/sémantique. Jespersen acclimate la notion de "shifting" (qui lui vient de Sweet) dans le traitement des pronoms (p. 83-84). Selon Chomsky, qui revendique son influence sur la Grammaire générative, il accorde attention à la créativité linguistique (1970), malgré la problématique de "l'habitude langagière"; il traite de l'indépendance de la syntaxe par rapport à la sémantique et de la grammaire par rapport aux autres systèmes cognitifs (1975). Intérêt également marqué pour l'ouvrage de la part des philosophes du langage (Pos, Delacroix) et de logiciens (Reichenbach 1947).
Renvois bibliographiques→ Références
Bloomfield L. 1927; Brøndal R. V. 1930; Chomsky N. 1975 {p. 159-175}; Delacroix H. 1926; Falk J. S. 1992; Francis W. N. 1989 {p. 79-86}; Henriksen C. 2009; Joly A. 1976 {p. 412, 424-428}; Laurendeau P. 1986; Malmberg B. 1983 {p. 176-280}; McCawley J. D. 1992; Mounin G. 1972 {p. 77-78}; Pos H. J. 1926; Reynolds A. L. 1971; Simone R. 1992 {p. 48-50}
Rédacteur

Savatovsky, Dan

Création ou mise à jour2000