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Antihermes

Roth, Georg Michael

DomaineGrammaires des langues européennes modernes
SecteurGrammaires allemandes [3517]
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Auteur(s)

Roth, Georg Michael

Datation: 1769-1817

Grammairien allemand, né et mort à Francfort sur le Main. Après des études universitaires de théologie et de droit, il obtient le grade de docteur en philologie en 1796 et celui en droit en 1804; professeur de lycée et d'université; avocat et bibliothécaire; représentant des grammaires rationnelles s'inscrivant dans le criticisme et l'idéalisme transcendantal allemand.

Titre de l'ouvrageAntihermes oder philosophische Untersuchung über den reinen Begriff der menschlichen Sprache und die allgemeine Sprachlehre
Titre traduitAntihermes ou recherches philosophiques sur le concept pur du langage humain et sur la grammaire générale
Titre courtAntihermes
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageEtude philosophique du concept de la représentation et de celui du langage, fondée sur l'idéalisme transcendantal.
Type indexéGrammaire philosophique
Édition originale1795. Frankfurt und Leipzig, Neue Buchhandlung.
Édition utiliséePremière édition: 1795. Frankfurt und Leipzig, Neue Buchhandlung.
VolumétrieIn-8°; nombre de pages: 1 page de titre [3 pages non paginées: citation d'Horace, dédicace à W. Hufnagel, ministre à Francfort sur le Main, K. Chr. E. Schmid, F. W. D. Snell, professeurs de philosophie] + 7 [V-XII] + 106 + 2 = 116; env. 745 signes par page.
Nombre de signes107000
Reproduction moderne
Diffusion
Langues ciblesToutes les langues dans la mesure où l'auteur cherche à établir une théorie générale de la représentation comme fondement de toute théorie générale du langage et des langues particulières
MétalangueAllemand
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvragePréface (p. V-XII): esquisse du projet – application de la philosophie critique de la représentation de Reinhold à une théorie générale de la "présentation" (Darstellung) dont le langage constitue une espèce; [suit le texte subdivisé en 8 paragraphes sans titre]: § 1 (p. 1-26): distinction entre une "grammaire générale empirique", "science empirique", et une "grammaire générale pure", "science pure", la seconde faisant abstraction de toute donnée empirique; nécessité pour les deux d'établir, à partir du criticisme transcendantal, le concept pur du langage; critique des grammaires antérieures comme grammaires empiriques; le concept pur du langage comme fondement de l'étude des langues et de leur enseignement; § 2 (27-34): définition du langage comme espèce du genre présentation, qui, elle, est toujours présentation d'une représentation (Vorstellung); § 3 (34-44): déduction du concept pur de la présentation à partir du concept pur de la représentation; postulat de l'isomorphisme entre elles: elles comportent matière (le divers) et forme (l'unité); § 4 (44-54): exclusion du sujet représentant et de l'objet présentant la présentation, i.e. pour le langage le signe linguistique, du concept pur de présentation comme données empiriques; présentation et représentation ne se distinguent que par leurs propriétés extrinsèques, i.e. la première étant un phénomène extérieur, la seconde un phénomène intérieur; § 5 (54-67): distinction entre représentations sensibles et représentations de l'entendement; théorie des représentations sensibles (sens externe et interne au sens reinholdien) et leur présentation (isomorphisme) par – respectivement – l'image et la musique; déduction du concept pur du langage du concept pur de la représentation de l'entendement; engendrement de l'unité (forme) du divers (matière) par les catégories a priori de l'entendement; § 6 (67-75): isomorphisme entre langage et représentations de l'entendement: entre 1° concept et mot, 2° jugement et phrase, 3° raisonnement logique et syllogisme en langue; le concept pur du langage n'inclut ni le sujet représentant (ce à quoi le langage renvoie), ni le son articulé (ce par quoi le langage s'adresse au sujet); § 7 (75-97): le concept du langage est ainsi conçu comme a priori, général, nécessaire, indépendant de toute expérience; reproduction de la table des formes de l'entendement et des catégories kantiennes/reinholdiennes; postulat selon lequel les formes du langage leur correspondent (sans illustration); définition du langage comme connaissance conceptuelle; esquisse d'une théorie spéculative de l'origine du langage, celui-ci allant de la désignation d'objets sensibles par des sons imitatifs aux vrais signes linguistiques symboliques. § 8 (97-106): distinction entre formes du langage "constitutives", correspondant aux catégories de l'entendement, et formes du langage "régulatrices", correspondant aux prédicables kantiens/reinholdiens et "indispensables pour des langues évoluées"; les deux formes comme causes nécessaires de tous les phénomènes de langue; application de "schèmes" aux sons articulés d'une langue particulière comme condition d'une grammaire particulière et à plusieurs langues comme condition d'une "grammaire harmonique"; critique de la notion d'"adverbe" des grammaires traditionnelles (107-108: annonces de l'éditeur).
Objectif de l'auteurPrésenter une "grammaire générale pure", fondée sur le concept pur du langage, indépendamment de toute expérience, en mettant en œuvre la théorie de la représentation établie par Reinhold (cf. en particulier Reinhold 1789, p. 200 sq.); dépasser toutes les grammaires générales antérieures, à ses yeux grammaires empiriques, dont Hermes de J. Harris lui sert de modèle. Le concept pur du langage ne pouvant se déduire que du concept de la présentation et celui-ci du concept de la représentation, Roth esquisse une philosophie élémentaire de la présentation à l'image de la philosophie de la représentation reinholdienne.
Intérêt généralAntihermes témoigne de l'importance capitale de l'idéalisme transcendantal, ici essentiellement sous sa forme reinholdienne, pour la réflexion linguistique en Allemagne et initie (cf. Forsgren 1985, p. 29) un courant de grammaires rationnelles pour lesquelles il constitue le fondement philosophique. La mise au centre du concept de la présentation constitue une nouveauté dans le cadre des grammaires générales. Roth lui-même mettra en œuvre le "concept pur de la représentation" développé ici dans sa Systematische deutsche Sprachlehre (1799) et le Grundriß der reinen allgemeinen Sprachlehre… (1815).
Parties du discoursN'établissant que la théorie de la présentation dont le langage serait une espèce, cet ouvrage ne traite pas les parties du discours, mis à part un exemple à travers la critique de la notion d'"adverbe" des grammaires traditionnelles: selon l'auteur qui identifie ici verbe et copule, l'adverbe, ne déterminant que le verbe, ne déterminerait que la copule dont le concept serait la temporalité. Tout autre "adverbe", d'un sens non temporel, devrait être classé autrement. Il abandonnera cette conception plus tard (cf. Roth 1815, p. 26 où l'adverbe est conçu comme mot déterminant l'adjectif). Roth met par ailleurs en parallèle concept et mot, jugement et phrase, raisonnement et syllogisme, le second élément des couples étant la présentation en langue du premier, celui-ci relevant du domaine de la représentation mentale.
Innovations term.La terminologie employée provient de l'idéalisme transcendantal et est appliquée au langage. Ainsi Roth utilise "formes du langage" (Sprachformen) qui correspondraient aux formes de la pensée, il distingue "formes du langage constitutives" (constitutive Sprachformen), correspondant aux catégories, et "formes du langage régulatrices" (regulative Sprachformen), correspondant aux prédicables ou concepts de l'entendement dérivés kantiens/reinholdiens. Roth définit la "métaphysique du langage" comme portant sur le son articulé soit du langage en général, i.e. "métaphysique générale du langage", soit sur les sons d'une langue, i.e. "métaphysique particulière du langage".
Corpus illustratifMis à part un exemple forgé dans le cadre de la discussion sur l'adverbe, aucun exemple, aucun paradigme pour les raisons mentionnées.
Indications compl.
Influence subieL'influence principale, le fondement de la théorie de la présentation de Roth, est la théorie de la représentation de K. L. Reinhold, interprète du criticisme kantien. Celle-ci s'appuie essentiellement sur la distinction entre forme et matière: la représentation ne se réduit ni au sujet représentant, la "forme", ni à l'objet représenté, "la matière", mais comporte les deux comme éléments essentiels et les unit. Il adopte également la méthode déductive de Reinhold, consistant à déduire la condition du conditionné. Par ailleurs, Roth se réfère explicitement ou implicitement, de manière critique ou non, à Adelung, Harris, Herder, Kant, Meiner, Snell.
Influence exercéeDes influences, notamment celle de la théorie de la présentation, peuvent être repérées chez J. S. Vater (1801), A. F. Bernhardi (1801-1803), J. Chr. A. Heyse (1814) (cf. Naumann 1986, p. 170), chez Herling (1830) (cf. Forsgren 1992, p. 38), chez Neide 1797 (cf. Forsgren 1985, p. 24), chez Humboldt (cf. Nerlich & Clarke 1996, p. 40), chez Pölitz (1804) (cf. Neumann 1987, p. 137).
Renvois bibliographiques→ Références
Forsgren K.-Å. 1985; Forsgren K.-Å. 1992; Harris J. 1987 {[1751]}; Herder J. G. 1964 {[1772]}; Heyse J. C. 1827 {[1814]}; Jakob L. H. 1814; Meiner J. W. 1971 {[1781]}; Naumann B. 1986; Neide J. G. 1797; Nerlich B. & Clarke D. D. 1996 {p. 36-40}; Neumann W. 1987; Neumann W. 1987; Pölitz K. H. 1804; Reinhold K. L. 1963 {[1789]}; Romaško S. A. 2009; Roth G. M. 1799; Roth G. M. 1815; Snell F. D. 1794; Vater J. S. 1799
Rédacteur

Spitzl-Dupic, Friederike

Création ou mise à jour2000