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Grammaire des fautes

Frei, Henri

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5322]
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CTLF Images (éd. 1929) – Dans l'incapacité de trouver les ayants-droits, malgré nos recherches, nous donnons provisoirement accès au présent texte. Nous examinerons toute observation qui nous serait transmise au sujet de l'ouvrage et nous en tiendrons compte

TextesCTLF Textes (2)
Auteur(s)

Frei, Henri

Datation: 5 juin 1899 - 14 novembre 1980

Linguiste suisse, né à Baar (Canton de Zoug). Il fait partie, avec A. Burger et R. Godel, des saussuriens genevois de la seconde génération. Etudes à Genève – il est le disciple de Charles Bally, dont il suit les cours de linguistique générale et de grammaire comparée des langues indo-européennes. Après sa thèse (La Grammaire des fautes, 1929), il apprend le chinois et le japonais. Il part enseigner la langue et la littérature françaises à l'université franco-chinoise et à l'université nationale de Pékin (1932-1934), puis à l'Athénée français de Tokyo (1934-1938). Sa connaissance des langues d'Extrême-Orient donne lieu à plusieurs travaux, notamment Monosyllabisme et polysyllabisme dans les emprunts linguistiques. Il entreprend la constitution d'échantillons de langage vivant organisés autour de deux mille notions, à partir d'un questionnaire élaboré en 1937 et soumis à un seul informateur: le Livre des deux mille phrases. En 1940, il succède à Bally dans la chaire de grammaire comparée et de sanscrit de l'université de Genève et à Sechehaye en 1945 dans celle de linguistique générale, jusqu'à sa retraite, en 1969. Il devient secrétaire de rédaction des Cahiers Ferdinand de Saussure (1940-1944), revue qu'il dirige à partir de 1957. Ses travaux sur la syntaxe occuperont l'essentiel de son activité de recherche à partir des années 1940. Ils visent à dégager "les catégories grammaticales auxquelles ressortissent les éléments d'une phrase avec leurs rapports de mutuelle dépendance" (Dèses, 1941). Frei introduit les notions et les termes de monème (1941), de catène (1962). Il propose la construction de graphes syntaxiques (pignons, poteaux, angles…), qui éclairent synoptiquement la structure d'ensemble de la phrase et les diverses relations de dépendance (Word, 1967).

Titre de l'ouvrageLa Grammaire des fautes, Introduction à la linguistique fonctionnelle. Assimilation et différenciation, brièveté et invariabilité, expressivité
Titre traduit
Titre courtGrammaire des fautes
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageTraité de linguistique de la parole ("fonctionnelle") avec aperçus sociolinguistiques.
Type indexéLinguistique générale | Approche sociolinguistique
Édition originale1928, La Grammaire des fautes, Thèse lettres, Genève, 1928. Bibliographie p. 13-15. Index, Bellegarde (Ain), Société anonyme des Arts graphiques de France.
Édition utiliséeFac-similé de l'édition de 1929 [Paris / Genève]: 1971, Genève, Slatkine Reprints.
VolumétrieIn-8°, [9] + 10-317 = 317 pages; nombre moyen de signes par page: 2300 signes.
Nombre de signes730000
Reproduction moderne1971, Genève, Slatkine Reprints (impr. en Suisse), 317 p. Réimpr.: 1993, Genève / Paris, Slatkine Reprints [Reproduction en fac-similé de la 1re éd.].
Diffusion1929, Paris / Genève / Leipzig, P. Geuthner / Kundig / O. Harrassowitz. In-8°, 317 pages. Traduction en japonais par Hideo Kobayashi: La Grammaire des fautes, Tokyo, Misuzu Shobo, 1973. In-8°, VIII + 223 p.
Langues ciblesLangue cible: le français "avancé" (fautes, innovations, langage populaire, argot, cas insolites ou litigieux, "perplexités grammaticales"…)
MétalangueFrançais
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrage[P. 9-12] Au lecteur. [13-15] Références (bibliographiques). [17-39] Introduction à la linguistique fonctionnelle. (17-25) A: Linguistique fonctionnelle contre grammaire normative (fonction vs norme; la finalité empirique; loi vs règle). (25-31) B: Linguistique fonctionnelle contre linguistique historique (explication fonctionnelle vs histoire; changement vs évolution). (31-39) C: Le choix des faits (correct et incorrect; mémoire et discours; grammaire et phonologie; langue parlée et langue écrite; coïncidences interlingues; coïncidences intersémiologiques). [41-105] Interdépendance: assimilation et différenciation. (43-61) Chap. I. Le besoin d'assimilation: l'instinct analogique (analogie sémantique; analogie formelle); le conformisme. (63-105) Chap. II. Le besoin de différenciation (clarté): pathologie et thérapeutique (l'équivoque; les procédés différenciateurs); différenciation mémorielle (formelle; sémantique); différenciation discursive (syntagmatique; phonique). [107-232] Brièveté et invariabilité. (109-130) Chap. III. Le besoin de brièveté: figement (brachysémie); représentation (mémorielle; discursive); ellipse (mémorielle; discursive). (131-232). Chap. IV. Le besoin d'invariabilité: transposition sémantique (la substance et ses déterminations; espace et temps; quantité et qualité; transitivité: inhérence et relation; corrélation; modalité); transposition syntagmatique (prédication: la phrase indépendante; condensation: phrase → mot, syntaxe → morphologie; transposition linéaire); suppléments (coordination, transposition discursive, transposition phonique, transposition interlingue). [233-290] Chap. V. Le besoin d'expressivité: expressivité sémantique (la substance; espace et temps; quantité et qualité; transitivité; corrélation; modalité); expressivité formelle (procédés mémoriels; procédés discursifs); emprunts expressifs (déplacement dans l'espace; recul dans le temps). [291-292] Conditionnement social des besoins. [293-312] Index.
Objectif de l'auteur"Faire de la grammaire avec ce qui en est la négation" (p. 9): étudier de manière systématique les fautes commises dans une langue pour en déterminer les tendances, d'un point de vue synchronique (c'est le "changement statique" ou réversible – à distinguer de "l'évolution" linguistique). Acclimater une approche fonctionnelle des fautes de langue (la faute comme indice des "besoins linguistiques"), à l'encontre des approches normatives. Montrer que les fautes servent "à prévenir ou à réparer les déficits du langage correct" (p. 19). Retravailler certains concepts saussuriens (par ex. les rapports mémoriels [= associatifs] et discursifs [= syntagmatiques]) au point de vue d'une linguistique de la parole.
Intérêt généralL'ouvrage étudie les régularités du français non-standard, du langage "parlé" (mais atteintes pour l'essentiel à travers un corpus écrit ou des sources indirectes), en liant la correction ou l'incorrection des faits de langue à leur degré de conformité aux fonctions (d'expressivité, de clarté, d'économie, etc.) qu'ils remplissent. Conception des fautes comme moyen de lever les ambiguïtés linguistiques (besoin de clarté satisfait par la différenciation) ou comme productrice d'économie (besoin de brièveté: ellipses, sous-entendus, abréviations…). L'étude des fautes permet aussi de mettre en évidence les phénomènes de mobilité, de transposition des valeurs sémantiques ou catégoriales au regard du "besoin d'invariabilité" – principe structural en vertu duquel les formes tendent à rester inchangées, quels que soient les rapports associatifs ou syntagmatiques dans lesquels elles sont prises. Enfin les fautes relèvent de l'usure sémantique (contre laquelle agit l'expressivité).
Parties du discoursNeutralité par rapport au classement traditionnel des parties du discours.
Innovations term.Pas d'innovations terminologiques dans cet ouvrage.
Corpus illustratifProvenant de "l'enquête parlée" et d'un ensemble de lettres parvenues à l'Agence des prisonniers de guerre de la Croix-Rouge (1914), "rédigées le plus souvent par des personnes de culture rudimentaire – généralement des femmes du peuple" (p. 37). Parmi les sources imprimées: H. Bauche, Le langage populaire, Paris, Payot, 1928; G. O. d'Harvé, Parlons bien, Bruxelles, Office de publicité, 1923; Ph. Godet, Brèves remarques sur la langue française d'aujourd'hui [Chroniques hebdomadaires de la Gazette de Lausanne, 1918-1922]; Lancelot [= Abel Hermant], Défense de la langue française [chroniques hebdomadaires du Figaro], 1927-1929; Ph. Martinon, Comment on parle en français, Paris, Larousse, 1927; K. Nyrop, Grammaire historique de la langue française, Copenhague / Leipzig / Paris, Gyldenhal / Harrassowitz / Picard, 1899-1926; Th. Joran, Le Péril de la syntaxe, Paris, Savaète, s.d.; E. Vittoz, Journalistes et vocabulaire, Paris, Payot, 1921.
Indications compl.
Influence subieFrei subit l'influence de Bally (malgré ses prises de distance avec le "psychologisme" – nommément celui des romanistes allemands) et de Sechehaye et, par leur canal, revendique sa part de l'héritage saussurien.
Influence exercéeSur la sociolinguistique d'expression française. La notion de "français avancé" est reprise par P. Guiraud.
Renvois bibliographiques→ Références
Amacker R. & Godel R. 1980 {p. 119-120, 128-129}; Gadet F. 1989; Guiraud P. 1965; Klingler D. & Véronique G. D. 2012; Kukenheim L. 1966 {p. 177}; Savatovsky D. 2009; Simone R. 1992 {p. 50-52}
Rédacteur

Savatovsky, Dan

Création ou mise à jour2000