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Etymologie

Turgot, Anne-Robert

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurCompilations [5158]
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CTLF (PDF, éd. 1756, vol. 6)

ARTFL (éd. 1751-1772)

TextesCTLF Texte
Auteur(s)

Turgot, Anne-Robert

Forme complète: Turgot, Anne-Robert-Jacques

Datation: 1727-1781

Économiste et homme politique français. Ami de Diderot et d'Alembert, il contribua à l'Encyclopédie et prit en charge la rédaction des articles "Etymologie", "Existence", "Expansibilité", "Foire", et "Fondation".

Titre de l'ouvrageEtymologie, (Lit.)
Titre traduit
Titre courtEtymologie
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageArticle [non signé].
Type indexéCompilation de langues | Origine du langage
Édition originale1756, 1re éd., vol. 6, édition de Paris (1751-1772).
Édition utiliséeEd. originale mise en ligne par ARTFL, University of Chicago et ATILF-CNRS, éd. Robert Morrissey 2013 (ARTFL Encyclopédie Project).
Volumétrie13 pages (p. 98-111), deux colonnes par page (notées A et B dans cette notice), env. 8518 signes par page.
Nombre de signes110738
Reproduction modernePour l'article "Etymologie": Piron, Maurice (1961).
DiffusionDe nombreuses réimpressions au cours du XVIIIe siècle qui rendent l'histoire éditoriale de l'Encyclopédie complexe. De nombreuses éditions numériques récentes viennent complexifier davantage cette histoire car elles ne peuvent pas toujours établir l'origine des versions éditoriales utilisées. Pour une définition d'une édition originale de l'Encyclopédie, voir le projet ENCCRE (Edition Numérique Collaborative et CRitique de l'Encyclopédie).
Langues ciblesToutes les langues
MétalangueFrançais
Langue des exemplesLe latin et le grec principalement. Mais aussi l'hébreu et le chaldéen, le celtique par des exemples empruntés à M. Fréret de sa dissertation sur l'étymologie de la terminaison celtique dunum (s.d.)
Sommaire de l'ouvrageNous donnons le contenu général de l'article en indiquant les éléments de sa structure interne.
[Introduction] (p. 98A-99A)
Sources des conjectures étymologiques (p. 99A-102B). Il s'agit de 14 sous-parties dans lesquelles Turgot aborde les techniques de l'art étymologique ou comment et où chercher la filiation des mots. Les parties 1-6 se concentrent sur la variation interne des langues considérée comme source principale des conjectures (dialectes, patois, prononciation, orthographe, ancien état de la langue, registres de langue). Les parties 7-11 étendent les recherches à la comparaison des langues entre elles et à leur contact («langage mitoyen», traduction, documents historiques, emprunts, mélange des nations et de leurs langages, migrations). La 12e partie sert de transition et introduit l'étude de «la substance même du mot», c'est-à-dire la prise en compte des sons dans l'art étymologique (p. 101B).
Principes de critique pour apprécier la certitude des étymologies (p. 102B-107B). 20 sous-parties qui exposent l'art de vérifier les conjectures et «propose[nt] quelques règles de critique, d'après lesquelles on pourra vérifier ses propres conjectures & celles des autres.» (p. 102B). Dans les parties 1-4, Turgot explique comment rejeter ou ignorer les incertitudes et souligne qu'une «étymologie probable exclut celles qui ne sont que possibles» (p. 103B). Il préconise ensuite (parties 5-11) l'usage des connaissances positives et historiques des anciennes migrations des peuples, de leurs conquêtes, et du commerce qu'ils ont entretenu les uns chez les autres. Les parties 12-14 abordent la question de la justesse des métaphores et des tropes, lorsque des mots anciens désignent de nouveaux objets. Enfin, la question de l'altération des sons (prononciation et euphonie) est discutée (15-18), du point de vue de la fréquence de l'usage des mots. Les parties 19 et 20 reviennent sur la méthode probabiliste et la nécessité de toujours douter: «une étymologie est une supposition; [qu']elle ne reçoit un caractère de vérité & de certitude que de sa comparaison avec les faits connus; du nombre des circonstances de ces faits qu'elle explique; des probabilités qui en naissent, & que la critique apprécie. Toute circonstance expliquée, tout rapport entre le dérivé & le primitif supposé produit une probabilité, aucun n'est exclus; la probabilité augmente avec le nombre des rapports, & parvient rapidement à la certitude.» (p. 107A).
[Conclusion] (p. 107B-111B).
Objectif de l'auteurL'objectif de l'auteur est donné dans l'introduction: «(…) l'art étymologique est, comme tout art conjectural, composé de deux parties, l'art de former les conjectures ou les suppositions, & l'art de les vérifier; ou en d'autres termes l'invention & la critique: les sources de la première, les règles de la seconde, sont la division naturelle de cet article; car nous n'y comprendrons point les recherches qu'on peut faire sur les causes primitives de l'institution des mots, sur l'origine & les progrès du langage, sur les rapports des mots avec l'organe qui les prononce, & les idées qu'ils expriment» (p. 98B).
Intérêt généralL'auteur insiste sur la nécessité d'appliquer à l'étymologie un empirisme probabiliste, une démarche empirique poussée à son extrême: «Rejetter enfin toute étymologie contredite par un seul fait, & n'admettre comme certaines que celles qui seront appuyées sur un très-grand nombre de probabilités réunies.» (p. 107A). Turgot cite par ailleurs les auteurs des travaux qui correspondent le mieux à sa description de l'art étymologique: Leclerc, Leibniz, Fréret, les Mémoires de M. Falconet (1745, dans Histoire de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres 1753) et de Brosses sur les étymologies.
Parties du discours«Les mots qui reviennent le plus souvent dans les langues, tels que les verbes être, faire, vouloir, aller, & tous ceux qui servent à lier les autres mots dans le discours, sont sujets à de plus grandes altérations; ce sont ceux qui ont le plus besoin d'être fixés par la langue écrite.» (p. 106A).
Innovations term.Exposition d'une approche quantitative de l'altération (ou «degrés d'altération», p. 102A) pour servir l'art étymologique.
Corpus illustratifLes exemples sont pris du latin et du grec, de l'hébreu, du celtique et ses vestiges (l'irlandais, le gallois, le bas-breton, le saxon, le gothique, les langues germaniques), et d'autres langues européennes.
Indications compl.L'article renvoie aux articles II (Origine de la langue primitive) et III (Analyse et comparaison des langues) de l'entrée "Langue" rédigé par Beauzée pour l'Encyclopédie, l'art étymologique contribuant avant tout à une théorie générale des langues (p. 107A et 111B). Turgot mentionne le Dictionnaire étymologique ou Origines de la langue françoise (1694) de Gilles Ménage et le Glossarium mediæ et infimæ latinitatis de Du Cange (éd. 1678 ou 1733-36: voir Éléc, Éditions en ligne de l'École des chartes).
Influence subieDescartes, Locke, Berkeley, Condillac (voir l'article "Existence" de l'Encyclopédie).
Influence exercéeDifficile à déterminer.
Renvois bibliographiques→ Références
Condorcet J.-A. 1787; Droixhe D. 1978; Droixhe D. 1987; Dulac G. 2011; Grimsley R. (éd.) 1971; Hassler G. 2003; Piron M. (éd.) 1961; Renan E. 1858; Ricken U. 1978; Turgot A.-R. 1756
Rédacteur

Lechevrel, Nadège

Création ou mise à jour2016-05