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Traité des langues

Frain, Jean

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurCompilations [5151]
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Gallica (éd. 1703)

TextesCTLF Textes (2)
Auteur(s)

Frain, Jean

Forme complète: Frain, Seigneur du Tremblay, Jean

Datation: 1641-1724

Frain du Tremblay est un auteur angevin, conseillé au Présidial d'Angers de 1666 à 1672 et membre de l'Académie d'Angers à partir de 1685, neveu par alliance de Monsieur l'Abbé Ménage. Il a produit de nombreux ouvrages mais reste un auteur discret, décrit par les historiens spécialistes de morale chrétienne comme un petit moraliste protégé par l'oubli (voir Pitou 2006). Cependant, son Traité des langues n'était pas passé inaperçu et était cité par Nicolas Beauzée dans l'Encyclopédie.

Titre de l'ouvrageTraité des langues: où l'on donne des principes et des règles pour juger du mérite et de l'excellence de chaque langue et en particulier de la langue françoise
Titre traduit
Titre courtTraité des langues
Remarques sur le titre
Période|18e s.|
Type de l'ouvrageMémoire (dissertation ou traité).
Type indexéCompilation de langues | Origine du langage
Édition originale1703, Genève
Édition utilisée1703, Genève
Volumétrie278 pages, in-12, env. 950 signes par page.
Nombre de signes264100
Reproduction moderneTraité des langues, où l'on donne des principes et des règles pour juger du mérite et de l'excellence de chaque langue, et en particulier de la langue, françoise (1709), par Mr. Frain Du Tremblay, Amsterdam, E. Roger.
A treatise of languages wherein are laid down the general principles of each, with proper rules to judge of their respective merits and excellence, and more particularly of the French and English (1725), traduit de l'anglais par M. Halpenn, Londres, D. Leach.
Traité des langues ou l'on donne des principes et des régles pour juger du mérite et de l'excellence de chaque langue et en particulier de la langue françoise (1703), par Jean Frain du Tremblay, Genève, Slatkine (1972).
Traité des langues: où l'on donne des principes et des règles pour juger du mérite et de l'excellence de chaque langue, et en particulier de la langue françoise, par M. Frain Du Tremblay, Paris, France-expansion, 1973.
Traité des langues (Paris, 1703), Frain du Tremblay, Paris, Microéditions Hachette, s.d. (Base bufrl3 de Lille3).
DiffusionProbablement importante. Il y a une rééd. en 1709 (cf. supra). Dans le Dictionnaire raisonné de bibliologie (1802, G. Peignot), le Traité de Tremblay est indiqué comme un ouvrage important sur les langues, comme ceux de Maupertuis, Rousseau ou de Brosses.
Langues ciblesSans objet
MétalangueFrançais
Langue des exemplesLes langues évoquées sont le latin et le grec, l'hébreu, le chinois, l'égyptien et le chaldéen. Le Traité ayant également pour but la défense de la langue française face au latin, celle-ci sert de support à l'argumentation, notamment au chapitre X
Sommaire de l'ouvrageI. Dessein de l'ouvrage (p. 1-12);
II. Ce que c'est une langue (p. 12-20);
III. On fait voir le peu de solidité qu'il y a dans la pensée de quelques philosophes, sur l'origine des langues (p. 21-29);
IV. Que c'est à Dieu même qu'il faut rapporter l'origine des langues (p. 29-41);
V. De la perfection de la première langue (p. 41-56);
VI. De la multiplication des langues et de leur changement (p. 56-67);
VII. De la perfection et de la décadence des langues (p. 67-76);
VIII. Quand une Langue est arrivée à sa perfection, & quand elle est absolument perdüe (p. 76-92);
IX. De la Langue Grecque, de la Latine & de la Françoise (p. 92-105);
X. De la clarté du discours (p. 106-116);
XI. De la pureté du discours (p. 116-125);
XII. De la netteté du discours (p. 125-133);
XIII. De l'abondance des langues (p. 134-147);
XIV. De l'énergie ou de la force des langues (p. 147-160);
XV. Des causes qui ont fait croire que le Grec & le Latin avoient plus de force que le François (p. 160-170);
XVI. Que c'est une Question problematique de sçavoir si l'énergie des Langues est une perfection ou un vice (p. 170-188);
XVII. Du nombre ou de l'harmonie des Langues (p. 189-208);
XVIII. De la sublimité ou de la grandeur du discours (p. 209-222);
XIX. Que toutes les Langues seront capables de toutes sortes de compositions, de Proses, de Vers, de Descriptions, de Devises, &c. Observations sur la Versification des Latins & sur la nôtre (p. 222-236);
XX. Des causes qui ont produit d'un côté l'estime excessive du Grec & du Latin, & de l'autre le mépris des Langues vivantes ou naturelles (p. 237-248);
XXI. On fait voir que les fondemens sur lesquels on s'appuye pour preferer les Anciens aux Modernes, sont moins solides que l'on ne pense (p. 248-271);
XXII. Que les Langues considerées selon leur état & selon le genie des peuples qui les parlent, ont chacune en particulier quelques avantages au dessus des autres (p. 271-279).
Objectif de l'auteurDéfendre que les éléments de la langue ne sont ni totalement naturels ni purement conventionnels ou arbitraires (p. 38-39) et qu'il n'y a pas de langue supérieure à une autre. L'origine des langues, leurs changements et leur diversité, est divine «C'est donc Dieu qui est veritablement l'auteur de la premiere langue, comme il l'est du premier homme» (p. 36) et «Les langues qui se formerent à la confusion de Babel viennent donc de Dieu comme la premiere, puisque c'est Dieu luy-même qui en a formé tous les termes par une direction speciale des organes de la voix de ces hommes» (p. 59). Les langues étant composées les unes des autres, l'auteur rejette l'idée que l'on puisse distinguer les langues mères des langues filles: les langues, tels des cours d'eau, se jettent les unes dans les autres et il est impossible de déterminer précisément quand une langue devient complètement une autre langue car c'est un «progrès insensible» (p. 89). Frain n'admet qu'une seule définition possible de la langue (p. 83-84): «Pour moy il me semble que l'on ne sçauroit mieux marquer la distinction des langues; qu'en disant qu'une langue est essentiellement differente d'une autre langue, quand les peuples qui parlent ces deux langues ne s'entr'entendent point naturellement parler».
Intérêt généralIl s'agit d'une dissertation sur l'origine divine des langues et du langage, où l'auteur défend l'égalité des langues (p. 104-105 en particulier). Des vues intéressantes à divers endroits, sur l'analogie, le génie des langues, la théorie du climat, le changement linguistique. Le Traité des langues est un essai pondéré, Frain souhaite y prouver que bien des querelles sont sans fondement (voir la querelle des Anciens contre les Modernes au chap. XXI). À noter: le Traité se termine sur une mise au point concernant le Ménagiana, un ouvrage qui selon l'auteur fait plus de tort que d'honneur à Gilles Ménage (qu'il cite abondamment dans son Traité).
Parties du discoursL'analogie de la langue (évoquée en divers endroits du Traité) est posée comme principe divin. L'accent est mis sur les mots et les sons articulés (le vocabulaire d'une langue, comme l'écrit Nicolas Beauzée dans sa critique du Traité) et sur la naturalité des règles de syntaxe: «La régularité de la construction ou la Syntaxe est encore une des causes de la netteté: car si on ne voit pas le rapport du nominatif avec son verbe, de l'adjectif avec son substantif, &c. il est impossible d'appercevoir le sens, & les fautes de Syntaxe blessent également la netteté & la pureté» (p. 126) et «on appelle netteté la perfection qui resulte de l'ordre naturel des parties du discours & de la régularité de sa construction» (p.127). Enfin, «les verbes & les noms sont les mots essentiels; les autres ne sont que pour les servir, pour contribuer à la netteté & à la cadence ainsi ils ne font pas proprement nombre» (p. 181).
Innovations term.Sans innovations terminologiques.
Corpus illustratifSans objet.
Indications compl.La culture de Frain est vaste, de nombreux ouvrages de différents domaines sont cités: les Avantages de la langue françoise sur la latine de Louis le Laboureur (1669) et les lettres de René-François Gualter Sluse en réponse à Louis le Laboureur; La grammaire raisonnée d'Antoine Furetière; Vaugelas; le Dictionnaire de l'Académie (1694); Saint-Augustin; Aulu-Gelle (Aulus Gellius) vs Arnobe et Scaliger; Monsieur Simon et Saint Grégoire de Nysse; La Méthode d'étudier et d'enseigner la grammaire ou les langues par rapport à l'Ecriture Sainte, en les réduisant toutes à l'hébreu (Volume 1) de Louis Thomassin (1693); De l'excellence de la langue françoise (1683) par M. Charpentier de l'Académie française (Gallica); Ménage; les glossaires de Du Cange; Les Six Livres de la République (1576) de Jean Bodin, etc.
Influence subieCelle des auteurs classiques (Platon, Cicéron, Aristote, Démosthène, etc.), Port-Royal (?)
Influence exercéeDifficile à évaluer, mais il ne fait aucun doute qu'il fut lu par ses contemporains.
Renvois bibliographiques→ Références
Delesalle S. 1980; Droixhe D. 1978 {p. 162-163}; Frain du Tremblay J. 1703; Lechevrel N. 2016; Peignot G. 1802 {vol. 1}; Pitou F. 2006
Rédacteur

Lechevrel, Nadège

Création ou mise à jour2017-06