CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux • IMPRIMER • RETOUR ÉCRAN
CTLF - Menu général - Notices

A Course in Modern Linguistics

Hockett, Charles

DomaineCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
SecteurLinguistique générale [5348]
Liens

CTLF Images (éd. 1958)

Internet Archive (éd. 1958)

Auteur(s)

Hockett, Charles

Forme complète: Hockett, Charles Francis

Datation: 1916-2000

Charles Francis Hockett, linguiste et anthropologue américain, figure éminente du distributionalisme néo-bloomfieldien, est l'auteur de A Course in Modern Linguistics. Né en 1916 à Colombus dans l'Ohio, il entre à l'Ohio State University en 1932, à l'âge de 16 ans, où il étudie la linguistique et l'anthropologie. Il obtient son B.A. et son M.A. la même année en histoire ancienne à l'âge de 20 ans avec un mémoire sur l'utilisation du mot grec logos chez Platon. Puis, à l'université Yale, il étudie l'anthropologie et la linguistique avec notamment Edward Sapir, Morris Swadesh, George L. Trager, et Benjamin Whorf. Son Ph.D. obtenu en anthropologie en 1939, porte sur un travail de terrain sur le potawatomi (langue algonquienne); la partie syntaxe est publiée l'année même dans Language puis la thèse est publiée in extenso en 1948 dans la revue International Journal of American Linguistics.De 1939 à 1942, il effectue des recherches sur le terrain au Michoacán (Mexique) et sur le kickapoo (langue algonquienne), puis il obtient un post-doc auprès de Bloomfield à Chicago puis à l'université de Michigan.
Comme la plupart des linguistes américains, il est engagé dans l'Army Service Forces en 1942 pour participer à l'effort de guerre, c'est-à-dire pour enseigner les langues étrangères aux militaires et fabriquer du matériel pédagogique. Il apprend le chinois et l'enseigne aux militaires, notamment en Inde. En 1945 il est envoyé à Tokyo pour enseigner cette fois le japonais toujours aux militaires. Il élabore du matériel d'enseignement selon les principes établis par Bloomfield, Bloch et Trager. La mim-mem method est fondée sur l'imitation, l'entraînement et la mémoire (mimicry, imitation and drill), ainsi que sur la primauté de la compréhension et de la parole sur la lecture et l'écriture. Après la guerre, en 1946, Hockett est engagé à l'université Cornell dans le tout nouveau département de langues modernes créé dans le sillage de l'effort de guerre. Il enseigne le chinois, la linguistique et l'anthropologie (langues des Fidji et langues algonquiennes). Il a pour collègues des linguistes qui deviendront des références en linguistique structurale, descriptive et historique, William Moulton, Robert Hall, Frederick Agard et Gordon Fairbanks. Il est ensuite nommé à la chaire de linguistique et d'anthropologie Goldwin Smith jusqu'à sa retraite en 1982. À partir de 1986 il est nommé professeur de linguistique à l'université Rice à Houston, poste qu'il conservera jusqu'à son décès le 3 novembre 2000 à Ithaca dans l'état de New York. Entre autres distinctions, il a été élu président de la Linguistic Society of America en 1964 et nommé à l'Académie des sciences en 1974.
Comme pour la plupart de ses contemporains linguistes, linguistique et anthropologie sont à ses yeux indissociables et la linguistique de terrain sur les langues amérindiennes est incontournable. Comme eux également, il a appris et enseigné des langues autres que l'anglais dans le cadre de l'effort de guerre. Outre les langues indiennes d'Amérique du nord sur lequel il a fait du travail de terrain, il connaît et travaille sur l'anglais et le vieil anglais, le latin, le chinois et le fidjien. En outre, Hockett s'intéressait aux mathématiques et a poursuivi une réflexion approfondie sur les rapports entre mathématiques et linguistique et sur les systèmes formels. À noter que son épouse, Shirley Orlinov, était une mathématicienne. C'est un des premiers linguistes, avec Jakobson, à s'intéresser à la théorie de l'information et à la cybernétique. Enfin il a travaillé avec des psychiatres et des sociologues. Il s'intéressait aussi à la musique et a même composé un opéra.
Parmi ses travaux, il faut citer les ouvrages: A Manual of Phonology (1955), «The first five minutes; a sample of miscroscopic interview analysis» (1960), State of the Art (1968), Refurbishing our foundations (1987), et les articles suivants: «Review of C. L. Shannon and W. Weaver, The Mathematical Theory of Communication» (1953), «Two models of grammatical description» (1954), «Grammar for the hearer» (1960), «Language, mathematics, and linguistics» (1966).

Titre de l'ouvrageA Course in Modern Linguistics
Titre traduitCours de linguistique moderne
Titre courtA Course in Modern Linguistics
Remarques sur le titre
Période|20e s.|
Type de l'ouvrageLinguistique générale, méthodologie de la linguistique, somme grammaticale.
Type indexéLinguistique générale
Édition originale1958, New York, The Macmillan Company.
Édition utilisée1958, New York, The Macmillan Company, 1re éd.
Volumétrie621 p.
Nombre de signes1141800
Reproduction modernePas pertinent.
DiffusionEntre 1958 et 1973, on compte 17 éditions en anglais: 1re éd 1958; 2e éd 1959; 3e éd. 1960; 4e éd. 1962; 5e et 6e éd. 1963; 7e éd. 1964; 8e éd. 1965; 9e éd. 1965; 10e, 11e éd. 1966; 12e éd. 1967; 13e éd. 1968;14e éd. 1969; 15e éd. 1970; 16e éd. 1972; 17e éd. 1973.
L'ouvrage a été traduit en 5 langues dont l'espagnol (4 éd. jusqu'en 1979), le polonais (1968) et le chinois (2002).
Langues ciblesPrincipalement anglais, vieil anglais, chinois, latin, fidgien, patawatomi, mais l'index recense environ 200 langues
MétalangueAnglais
Langue des exemplesEnviron 200 langues (recensées dans un index de 12 pages)
Sommaire de l'ouvrageContents, ix-xi. Introduction: 1-11.
Part I: Signalling Via Sound: Phonology: 12; chap 2. Phonemes: 15-26; chap 3. Phonemic notation: 27-32; chap 4. English intonation: 33-46; chap 5. English accent: 47-53; chap 6. English juncture: 54-61; chap 7. Phonetics: 62-68; chap 8. Contoid articulations: 69-76; chap 9. Vocoid articulations, timing and coordination: 77-83; chap 10. Phonemic arrangements, redundancy: 84-91; chap 11. types of phonemic systems: 92-101; chap 12. Phonemic analysis: 102-111; chap 13. Phonemes and sound: 112-119.
Part II: Phonology And Grammar: Levels Of Patterning: 122 chap 14. Morphemes 123-129; chap15. Morphemes and phonemes: 130-136; chap 16. The design of a language: 137-144.
Part III: Grammatical Systems: 145; chap 17. Immediate constituents: 147-156; chap 18. Form classes and constructions 157-165; chap19. Words: 166-176; chap 20. Morphology and syntax: 177-182; chap 21. Syntactical construction types: endocentric: 183-190; chap 22. Syntactical construction types: exocentric 191-198; chap 23. Sentences and clauses 199-208; chap 24. Inflection: 209-213; chap 25. Kinds of syntactical linkage: 214-220; chap 26. Parts of speech: 221-229; chap 27. Grammatical categories: 230-245; chap 28. Derivation: 240-245; chap 29. Surface and deep grammar: 246-252; chap 30. Substitutes: 253-260; chap 31. The grammatical core: 261-267.
Part IV: Morphophonemic Systems: 269; chap 32. Morphophonemics: 271-276; chap 33. Types of alternation: 277-283; chap 34. Canonical forms and economy: 284-292; chap 35. Secondary effects of phonemic shapes: 293-300.
Part V: Idioms: 301; chap 36. Idiom formation: 303- 309; chap 37. Types of idioms: 310-318.
Part VI: Synchronic dialectology: 319; chap 38. idiolect, dialect, language: 321-330; chap 39. Common core and overall pattern: 331-338; chap 40. American English stressed syllabics: 339-350.
Part VII: Linguistic Ontogeny: 351; chap 41. Linguistic ontogeny: 353-362.
Part VIII: Phylogeny: 363; chap 42. Phylogenetic change: 365-371; chap 43. Old and Middle English: 372-379; chap 44. Kinds of phylogenetic change: 380-386; chap 45. Mechanism of phylogenetic change: 387-392; chap 46. Innovation and survival: 393-401; chap 47. The conditions for borrowing: 402-407; chap 48. Kinds of loans: 408-416; chap 49. Adaptation and impact: 417-424; chap 50. Analogical creation: 425-431; chap 51. Further varieties of analogy: 432-438; chap 52. The Nature of sound change: 439-445; chap 53. Coalescence and split: 446- 451; chap 54. The consequences of sound change: 452-458.
Part IX: Linguistic Prehistory: 459; chap 55. Internal reconstruction: 461-470; chap 56. Dialect geography: 471-484; chap 57. The comparative method: 485-492; chap 58. Reconstruction phonemics: 493-504; chap 59. Reconstruction morphophonemics and grammar: 505-511; chap 60. Further results of the comparative method: 512-525; chap 61: Glottochronology: 526-535.
Part X: Writing: 537; chap 62. Writing: 539-549.
Part XI: Literature: 551; chap 63. Literature: 553-568.
Part XII: Man's Place In Nature: 567; chap 64. Man's place in nature: 569-586.
Appendix of language names: 587-598. Bibliography: 599-605. Index: 607-621.
Objectif de l'auteurL'ouvrage est explicitement pédagogique: comme le dit Hockett dans sa Préface, l'ouvrage est destiné aux étudiants en linguistique des colleges. Ce n'est pas un ouvrage de vulgarisation, bien qu'il ait tenté d'expliciter les faits et les principes de la façon la plus claire possible. Comme il s'adresse à de futurs spécialistes en linguistique, ce n'est pas non plus un ouvrage de linguistique appliquée à l'enseignement. Chaque chapitre se termine par un rappel de la terminologie utilisée, des références bibliographiques et un problème de linguistique proposé aux étudiants.
Intérêt généralLe CML constitue une vaste synthèse de la linguistique des années 1940-1950 et couvre tous les champs existants, à l'exception, comme le précise Hockett lui-même, de l'histoire de la linguistique et d'une étude détaillée des langues du monde. Ainsi que le signale un de ses recenseurs (Householder 1959), c'est à la fois un manuel et un ouvrage de référence. L'ouvrage comprenant 12 parties et 64 chapitres consacre cinq parties à la grammaire: phonologie, morphologie, syntaxe, lexique, et sept parties à des domaines aussi variés que la dialectologie, la diachronie, la linguistique historique (reconstruction, glottochronologie), l'écriture, la littérature et l'anthropologie. Le CML est un ouvrage charnière, à la fois dans l'œuvre de Hockett et pour la linguistique américaine. Selon son biographe James Gair (2003, 2006), il s'agirait du dernier ouvrage néo-bloomfieldien (publié aux États-Unis). Sa publication suivant de très près celle de Syntactic Structures de Chomsky (1957) prend juste le temps de le mentionner dans une note en fin du chapitre 23 «Sentences and clauses» à propos des transformations actives et passives, et en même temps que Harris. Une analyse critique plus complète du programme chomskyen figure dans son State of the art (Hockett 1968). Au début des années 1960, Hockett s'intéressera aussi à la grammaire de l'auditeur, à la sociolinguistique et la psychiatrie. Enfin le CML est le premier de trois ouvrages jalons dans l'œuvre de Hockett dans lesquels il reformule sa théorie tout en offrant un synthèse critique des approches de son temps; voir Hockett (1968) et Hockett (1987) pour les deux autres ouvrages.
Parties du discoursContrairement à Bloomfield et aux néo-bloomfieldiens qui se situent dans la tradition latine des parties du discours sans la discuter, Hockett redéfinit les parties du discours à partir des stems (mots dépouillés de leurs affixes flexionnels), et considère que chaque langue a son propre système de parties du discours. Il compare 3 langues dont le système est très différent: le latin, l'anglais et le nootka. Le système du latin est triparti (si on met de côté les sous-classes): noms (étendus aux adjectifs), verbes, particules. Le système de l'anglais est multipartite avec 8 parties du discours: N, A, V, NA, NV, AV, NAV, c'est-à-dire (Nom, Adjectif, Verbe, Nom-Adjectif, Nom-Verbe, Adjectif-Verbe, Nom-Adjectif-Verbe) + particules. Par exemple, la classe NA (Nom-Adjectif) comprend les noms qui suivent les patterns à la fois du nom et de l'adjectif comme American, sweet, savage, private, human, male, white, red, innocent.
Innovations term.Dans sa préface, Hockett indique qu'il n'a pas souhaité innover sur le plan terminologique. La terminologie, dit-il, doit être exclusivement linguistique et destinée aux futurs spécialistes. On notera toutefois l'apparition des termes deep structure et surface structure que Chomsky (1964) reconnaîtra lui emprunter et qui deviendront des notions fondamentales dans la grammaire générative. L'innovation se situe surtout au niveau de la représentation syntaxique. Dans le CML, Hockett développe l'idée d'une représentation hiérarchique des constituants immédiats en boîtes (boxes) préalablement introduite dans un article de 1954 (Hockett 1954).
Corpus illustratifLes exemples sont forgés, rédigés dans un très grand nombre de langues (environ 200 figurant en index).
Indications compl.
Influence subieHockett se considérait comme un disciple de Bloomfield et tenait A Course in Modern Linguistics comme un commentaire de l'ouvrage Language (1933) de Bloomfield: “a commentary on Language”. Il a d'ailleurs publié une anthologie de Bloomfield (Hockett 1970). Toutefois on notera que sa bibliographie très fournie comporte des références à la plupart des linguistes de son temps. Une très grande majorité des travaux cités ont été publiés dans les années 1950, que ce soit ceux des structuralistes européens et des descriptivistes américains; des dialectologues, sociolinguistes, et historiens de la langue; enfin des logiciens, philosophes et théoriciens de l'information. Dans l'ouvrage Hockett utilise notamment assez largement les notions de redondance et bruit dans la communication empruntées à la théorie de l'information. On a pu lui reprocher (Householder 1959) de ne pas examiner la linguistique britannique; certes, il ne cite pas John Rupert Firth, mais il cite Henry Sweet et Harold Palmer.
Influence exercéeRéédité 17 fois (de 1958 à 1973) et traduit en 5 langues, l'ouvrage a eu un impact indiscutable sur plusieurs générations de linguistes. En témoignent également les 39 essais publiés en hommage en 1983 (Agard et al. 1983) par ses élèves et collègues, qui touchent à des domaines très variés, que ce soit la théorie linguistique, le lexique, la phonologie, la dialectologie, la linguistique anthropologique et la linguistique des langues amérindiennes et malayo-polynésiennes, la linguistique appliquée, la sociolinguistique. Il a contribué à former de nombreux linguistes aux USA, mais aussi en Europe et en Asie (Inde, Thaïlande, Philippines), qui tous reconnaissent avoir été initiés à la linguistique grâce au CML.
Renvois bibliographiques→ Références
Agard F. B., Kelley G. B., Makkai A. & Becker Makkai V. (éd.) 1983; Bloomfield L. 1933; Chomsky N. 1957; Chomsky N. 1964; Gair J. W. 2003; Gair J. W. 2006; Hockett C. F. 1953; Hockett C. F. 1954; Hockett C. F. 1955; Hockett C. F. 1960; Hockett C. F. 1966; Hockett C. F. 1968; Hockett C. F. 1970; Hockett C. F. 1977; Hockett C. F. 1980; Hockett C. F. 1987; Householder F. W. 1959; Pilch H. 1959; Pittenger R. E., Hockett C. F. & Danehy J. J. 1960; Silverstein M. 2003; Wevers J. W. 1959
Rédacteur

Léon, Jacqueline

Création ou mise à jour2018-09