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Atlas linguistique de la France

Gilliéron, Jules • Edmont, Edmond

ChapitreGrammaires françaises, remarques et traités sur la langue française
Sous-chapitreGrammaires françaises du 20e s. [2602]
Fac-similé(s)
Texte(s)
Nom de l'auteurGilliéron, Jules • Edmont, Edmond
Datation de l'auteurGilliéron, J. (21 décembre 1854 – 26 avril 1926); Edmont, E. (1848-1926)
Biographie de l'auteurGilliéron, J. - Dialectologue, phonéticien, linguiste d'origine suisse et naturalisé français, né à Neuville, canton de Berne, Suisse, mort à Cergniaux-sur-Gléresse, Neuchâtel. C'est le créateur incontesté de la géographie linguistique moderne. Né de parents suisses, il fait ses études de licence à l'Académie de Neuchâtel, puis à Bâle. Conseillé par J. Cornu, il vient à Paris suivre les cours de l'École Pratique des Hautes Études (EPHE) et ceux de l'École des charte (P. Meyer). Il soutient à l'EPHE, en 1879, sous la direction de G. Paris (professeur de philologie romane, de langue et de littérature du moyen-âge, fondateur de l'EPHE) sa thèse sur le Patois de la commune de Vionnaz (Bas Valais). Celui-ci lui confie dès 1883, un poste d'enseignement de dialectologie romane à l'EPHE. Il y enseigne pendant près d'un demi siècle, et ce jusqu'à sa mort. Avec la bienveillance et l'appui efficace de G. Paris, il forme le projet de réaliser un atlas linguistique de la France et il fonde, avec l'abbé Rousselot, la Revue des Patois gallo-romans (1887-1893). Il met au point, avec celui-ci, l'alphabet qui porte leur nom et qui va lui servir, alphabet qui se retrouve encore dans les cartes du nouvel Atlas Linguistique de la France (atlas régionaux). En 1888, G. Paris exhorte les dialectologues à élaborer, pour chaque commune, une monographie lexicale et phonétique "avec toute la rigueur d'observation qu'exigent les sciences naturelles". Mais son appel solennel n'entraînant pas une adhésion suffisante, Gilliéron crée, en 1893, la Société des parlers de France qui se solde aussi par un échec. Il décide alors de se lancer dans l'entreprise de l'Atlas Linguistique de la France (ALF) avec un enquêteur unique, qu'il a eu la chance de trouver, en la personne de Edmond Edmont. Seront ainsi recueillis des matériaux fiables, notés de façon homogène, à partir d'un seul questionnaire, avec précisions de lieux, de date, de circonstances. A partir de 1902 les livraisons de l'Atlas se succèdent jusqu'en 1923. C'est sur ce matériau et ses analyses que Gilliéron fonde la géographie linguistique dont il propose d'exemplaires études comme La généalogie des mots qui ont désigné l'abeille (1917). Certains importants travaux ont été publiés en collaboration avec G. Paris et M. Roques (un de ses élèves). Opposé aux néogrammairiens, pour lesquels les lois phonétiques s'appliquent systématiquement, Gilliéron a défendu l'autonomie de l'histoire du développement de chaque mot du lexique. L'ALF va servir de modèle à de nombreux autres chantiers entrepris depuis par les dialectologues du monde entier.
Edmont, E. - Représentant en fromages de Saint-Paul-sur-Ternoise (Pas de Calais), devenu enquêteur dialectologue. Remarqué en 1885 par Gilliéron qui a apprécié ses extraordinaires aptitudes de notation phonétique lors de la constitution du Lexique saint-polois, il devient son fidèle et efficace collaborateur, excellant dans la maîtrise des enquêtes. C'est lui qui a recueilli, seul, à bicyclette, pendant quatre ans (d'août 1897 à la fin de 1901) la totalité du matériau de l'ALF. Il meurt la même année que Gilliéron. Ses cahiers d'enquête manuscrits sont déposés à la Bibliothèque Nationale à Paris, sous le titre J. Gilliéron, Atlas Linguistique de la France, parmi les Nouvelles acquisitions françaises, en 59 volumes reliés (cotes 11.971 à 12.030).
Titre de l'ouvrageAtlas linguistique de la France
Titre traduit
Autre titreAtlas linguistique de la France
Remarques sur le titre
Type de l'ouvrageEnquête dialectologique constituée par un ensemble de cartes dont chacune est consacrée à une notion.
Type indexéAtlas linguistique.
Original (date, lieu)1903-1910, Paris, Champion. Suppléments, 1. 1920.
Période|20e s.|
Édition utilisée1903-1910, Paris, Champion.
Volumétrie8 volumes, 519 pages Suppléments, 1. 1920. 308 pages.
Nombre de signes
Reproduction moderne
Diffusion
Langue(s) cible(s)Les parlers gallo-romans de la France.
MétalangueFrançais.
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageL'ouvrage est constitué de 1920 cartes onomasiologiques (pour un mot isolé, une phrase extraite du questionnaire posé par Edmont). On dispose, pour chacune des localités de l'enquête, de la réponse en dialecte. Le maillage est relativement dense puis qu'il couvre, avec 639 localités, tout le territoire gallo-roman de la France (les points situés dans le département des Pyrénées Orientales sont de langue catalane) et de la continuité territoriale et linguistique: la Belgique romane, la Suisse romande, la Vallée d'Aoste et les vallées vaudoises en Italie, les Iles Normandes. Il manque les localités romanes du département de la Moselle, certaines vallées du Piémont, le Val d'Aran, et, bien sûr, les colonies galloromanes de l'Italie méridionale, en Allemagne et en Outre-mer. Les suppléments de 1920 présentent des matériaux recueillis par Edmont, en dehors de son questionnaire ordinaire, ou dans d'autres localités que celles présentées par l'ALF. le fait même qu'il ait défendu la nécessité de faire l'histoire géolinguistique de chaque mot l'a amené à renforcer les thèses de ses maîtres.
Pour la consultation de l'ALF il est profitable de disposer de l'opuscule rédigé par Gilliéron Atlas linguistique de la France. Notice servant à l'intelligence des cartes, Paris, Champion, paru en 1902 et de la table de l'Atlas Linguistique de la France, Paris, Champion, 1912, VIII-519 p.
Objectif de l'auteurRecueillir un matériau et le présenter pour permettre l'étude linguistique - dans ses dimensions synchronique, historique et géographique - des patois de la France de la totalité du domaine gallo-roman. L'enquête lancée par Gilliéron se place au moment de la controverse entre les tenants de la réalité des ensembles dialectaux défendue notamment par G. Ascoli et ceux qui, comme G. Paris et P. Meyer, soutiennent qu'il n'existe que des répartitions de faits linguistiques qui ne permettent jamais de retrouver des ensembles dialectaux.
Intérêt généralUn des grands intérêts de l'ALF est de présenter une coupe synchronique de la France au tournant du 19e et du 20e s. Il est possible d'y étudier les rapports existants entre les différents éléments d'un seul et même patois, comme il est possible d'opposer deux patois différents.
Parties du discours
Innovations term.
Corpus illustratif
Indications compl.Délimitation des aires de faits dialectaux sur la bases de critères d'abord phonétiques, mais aussi lexicaux et morphosyntaxique.
Influence subieGilliéron a subi celle de son père J. V. Gilliéron (cartographie pour la géologie), ainsi que celle de: J. Cornu, G. Paris, L. Havet, A. Darmesteter.
Influence exercéeGilliéron a influencé directement certains de ses élèves et collaborateurs comme M. Roques, H. Morf, mais aussi une grande quantité de travaux de dialectologie en géographie linguistique: K. Jaber, J. Jud et les enquêteurs P. Scheuermeir, G. Rohlf, M.L. Wagner, pour l'atlas de la Suisse italienne (AIS), H. Kurath et de ses successeurs pour l'atlas de la nouvelle Angleterre, S. Pop pour les langues romanes, T. Navarro-Tomás pour l'atlas de la péninsule ibérique (ALPI), U. Pellis pour l'atlas de l'Italie (ALI), G. Bottiglioni pour l'atlas des dialectes corses et italiens (ALEIC), pour ne citer que ceux-ci.
Renvois bibliographiquesBergounioux G. 1994 (p. 308-328); Bronstein A.J., Raphael L.J. & Stevens C. 1977 (p. 69); Engler R. & Boë L.-J. 2009; Roques M. 1930 (p. 3-13), 1966 (vol. 2, p. 65-73); Tagliavini C. 1969 (p. 25-33); Von Wartburg W., Keller H.-E. & Geuljans R. 1969 (p. 50).
→ Références
Auteur de la noticeBoë,Louis-Jean; Abry, Christian; Contini, Michel
Création ou mise à jour1998