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Grammatichetta vaticana

Alberti, Leon Battista

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires italiennes [3201]
Fac-similé(s)Liber Liber (éd. électronique 1998)
Texte(s)
Nom de l'auteurAlberti, Leon Battista
Datation de l'auteur1404–1472
Biographie de l'auteurHumaniste italien, architecte, peintre, polygraphe, né à Gênes, mort à Rome. Formé à Padoue auprès de G. Barzizza, puis études à Bologne. Carrière ecclésiastique, secrétaire pontifical aux brefs (1432-34). Il suit Eugène IV à Florence durant son exil (1434-43), puis revient à Rome. Conseiller de Nicolas V pour la réorganisation urbanistique et architecturale de la Ville. Il écrit en latin et/ou en italien plusieurs traités sur les arts plastiques (De pictura, 1435; De re aedificatoria, 1452), des oeuvres morales et politiques (De familia, 1434), un traité de stéganographie (De componendis cifris, 1466), etc.
Titre de l'ouvrageGrammatichetta vaticana
Titre traduitPetite grammaire vaticane
Autre titreGrammatichetta vaticana
Remarques sur le titreEn fait le manuscrit ne comporte pas de titre (ouvrage anépigraphe). Autre titre traditionnel: Grammatica della lingua toscana [Grammaire de la langue toscane]. Pendant une bonne partie du 20e s., l'attribution à Alberti de cette œuvre anonyme a été discutée, jusqu'à la découverte par Carmela Colombo, à Florence en 1962, dans le manuscrit Moreni 2 de la Bibliothèque Riccardiana (décrit pour la première fois en 1903), d'un feuillet de la main même d'Alberti intitulé Ordine dẻlle lættẻre pẻlla linghua toschana, qui est un brouillon du début de la grammaire.
Type de l'ouvrageGrammaire descriptive, essentiellement morphologique, de l'usage toscan du Quattrocento.
Type indexéGrammaire descriptive. Grammaire didactique.
Original (date, lieu)Rédaction entre env. 1435 et 1441; texte conservé par le ms Reg. Lat. 1370, f. 1r-16r, Rome, Biblioteca Apostolica Vaticana.
Période|15e s.|
Édition utiliséeEd. par Giuseppe Patota, L. B. Alberti, Grammatichetta e altri scritti sul volgare, Rome, Salerno Editrice, 1996; l'ouvrage comprend: introduction générale, p. xi-lxxxiv; appendice, p. lxxxv-lxxxvii; bibliogaphie, p. lxxxviii-c; Proemio al terzo dei Libri de Familia, p. 3-12; Ordine delle lettere della lingua toscana, p. 13-14; Grammatichetta, avec apparat-critique et notes en bas de page, p. 15-39: Lettre dédicatoire à Lionello d'Este pour le Theogenius, p. 40-41; Protesta, p. 42-52; Notes sur les textes p. 53-82; Index p. 83-88.
VolumétriePour la Grammatichetta elle-même: 25 pages.
Nombre de signes20 000
Reproduction moderneEd. Giuseppe Patota, Rome, Salerno Editrice.
DiffusionUn seul manuscrit copié vers 1508 sur un original ayant appartenu à la bibliothèque de Laurent de Médicis. Texte attribué à Alberti lors de sa première édition dans C. Trabalza, Storia della grammatica italiana, Milano, Hoepli, 1908. Trois éditions ensuite: par Cecil Grayson (1964; 1973) et G. Patota (1996). Traduction française par L. Vallance, avec éd. critique, introduction et notes par G. Patota, Paris, Les Belles-Lettres, 2003.
Langue(s) cible(s)Italien (toscan).
MétalangueItalien (toscan).
Langue des exemplesItalien (toscan).
Sommaire de l'ouvrageIntroduction (p. 15); ordre des lettres: consonnes, voyelles (15-16); terminaison des mots; genres masculin et féminin (16-17); les noms: marque de la fonction par la variation de l'article; noms communs, noms propres (17-20); pronoms indéfinis, pronoms interrogatifs (20-21); adjectifs numéraux (21); pronoms personnels, démonstratifs, possessifs (22-25); les verbes: morphologie du verbe essere: indicatif, passato prossimo, expression du souhait, subjonctif, infinitif, gérondif, participe, formes du passif, conditionnel (26-28); selon les mêmes items: morphologie des verbes type amare (28-30); des verbes monosyllabiques (30-32); des verbes type leggere, scrivere (32-33); prépositions (33-34); adverbes, interjections (35-36); conjonctions (36-37); vices de prononciation et solécismes de la langue parlée (37-38); conclusion (39).
Objectif de l'auteurL'auteur s'inscrit dans le débat de la "question de la langue" ouvert par F. Biondo et L. Bruni en 1435. Porte au départ sur la langue latine (parlait-on dans l'Antiquité un seul latin, plus ou moins grammatisé selon les compétences du locuteur, ou deux langues, le latin et une sorte de vulgaire, à l'image de la situation du 15e s.?); mais s'élargit au rapport entre latin et volgare. Objectif d'Alberti: démontrer que le volgare peut avoir une grammaire, et être décrit selon les mêmes catégories que celles de la langue latine.
Intérêt généralPremière grammaire du toscan et première tentative connue en Italie, et pour une langue romane en général, de réformer l'alphabet latin pour l'adapter aux exigences de notation de la langue parlée. Alberti distingue les réalisations ouverte et fermée du e (ae / ) et du o (ó / ov), ainsi que le «u consonne» du «u voyelle» (comme on dit alors), c'est-à-dire le v du u, mais non les voyelles u et i des semi-voyelles [w] et [j] (pour laquelle il aurait pu utiliser la lettre j), ni la double prononciation, sourde ou sonore, de s, pourtant parallèle à celle de z. Imparfait et employé de manière inconstante dans le manuscrit qui nous l'a transmis, cet alphabet réformé a partagé le destin malheureux de la grammaire. Au seizième siècle, les projets publiés de Trissino (1524-1529), Tolomei (à partir de 1525) et Giambullari (1545-1552) ont eu plus d'écho, mais pas davantage de succès.
Parties du discoursPas de définition des parties du discours; la terminologie descriptive est la transposition de celle de Priscien. Description de la fonction des noms en termes casuels, selon variation de l'article et sa combinaison avec les prépositions ("premier article" = forme simple, "deuxième article" = article + préposition di...). Même description de la "déclinaison" des pronoms, sans remarques particulières sur la distinction entre formes faibles et fortes (io = forme simple, di me ou mi... = formes déclinées). Verbes: Alberti souligne particulièrement l'existence de formes propres au toscan (passato prossimo, conditionnel). Selon l'usage latin, il désigne sous le terme de "préposition" celles qui s'emploient seules ou en composition et celles "qui ne s'emploient qu'en composition", c'est-à-dire les éléments préfixaux. Description sous une même rubrique ("conjonction ne") de nel, nello préposition et ne adverbe de lieu ou pronom personnel. Parmi les quelques remarques de syntaxe, une sur la place des pronoms avant ou après le verbe lors de leur description morphologique.
Innovations term.En un sens, tout le texte est une innovation terminologique, dans la mesure où il s'agit de la première description de la langue: adiectivo, adverbio, appellativo, coniunctione, prepositione, caso, numero, compositione, brieve/longo, feminino, impersonale, perfetto… La terminologie est pour l'essentiel transposée de Priscien. Innovations sur les points propres à l'italien: conditionnel appelé asseverativo ou assertivo, dénomination du passé composé comme preterito quasi testé (litt. "passé presque maintenant").
Corpus illustratifExemples forgés uniquement, ce qui est rarissime dans les grammaires italiennes du siècle suivant (Florio et Salviati, deux autres œuvres restées manuscrites).
Indications compl.Remarques intéressantes touchant à la vie de la langue: présentée comme capable, par souci de concision, de générer des solécismes qui cependant la rendent plus souple, plus fine.
Recours à l'équivalent latin pour distinguer che interrogatif et che relatif (pas de distinction par la nature).
Influence subieCelle de l'Ars Prisciani (Institutiones gramamticae), livres 1-16 essentiellement (partie morphologique, intitulée Ars maior au Moyen Âge). La Grammatichetta, vu sa taille, ne prétend évidemment pas être au toscan ce que les Institutiones sont au latin, mais la transposition systématique de la terminologie latine pour la description du toscan a valeur de symbole de continuité d'une langue à l'autre.
Influence exercéeQuasi nulle, vu sa faible diffusion.
Renvois bibliographiquesBertolini L. 2011; Bongrani P. 1982; Colombo C. 1962, 2003; Grayson C. 1963, 1965 [1973]; Manni P. 2007; Patota G. (éd.) 1996, 1999, 2003; Patota G. 1999.
→ Références
Auteur de la noticeFurno, Martine; Vallance, Laurent (rév.)
Création ou mise à jour2015-06 | 1998