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Fondamenti del parlar thoscano

Corso, Rinaldo

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires italiennes [3205]
Fac-similé(s)
Texte(s)
Nom de l'auteurCorso, Rinaldo
Datation de l'auteur1525–1582?
Biographie de l'auteurHomme de lettres italien, probablement né à Vérone et qui a grandi à Corrège, aux intérêts divers. Etudes de droit à Bologne, où il obtient la licence en 1546. En 1554, il devient le premier juge et prieur des notaires du collège de Corrège. Membre actif de l'Académie locale, fondée par Veronica Gambara – à la mort de laquelle il créé une nouvelle académie, celle des Filogariti –, il rédige des traités historique, juridique et technique. En 1556 et 1558 respectivement, il séjourne à la cour ducale d'Urbino et à Naples, où il est visiteur des domaines du marquis de Pescara. En 1558, il publie à Venise (chez les fratelli Sessa) un commentaire de toutes les poésies de Vittoria Colonna, éditées par son ami Girolamo Ruscelli: Tutte le rime della illustriss. et eccellentiss. signora Vittoria Colonna Marchesana di Pescara con l'espositione del signor R. Corso, nuovamente mandate in luce da G. Ruscelli. Auteur lui-même de poésies diverses et d'une tragédie, Panthia, il a annoté les vers de Pétrarque et aurait traduit en italien une grande partie de l'Iliade. Après l'assassinat en 1567 de sa femme, Lucrezia Lombardi, à qui il avait dédié sa grammaire l'année même de leur mariage (en 1549), il devient homme d'Eglise: successivement Nonce Commissaire à Policastro, puis Inquisiteur à Malte et à Chypre, ainsi que Conseiller référendaire de la Signature à la Cour du Vatican, il est nommé évêque de Strongoli en Calabre, où il meurt.
Titre de l'ouvrageFondamenti del parlar thoscano
Titre traduitFondements du parler toscan
Autre titreFondamenti del parlar thoscano
Remarques sur le titreLe titre insiste sur la dimension orale de la langue.
Type de l'ouvrageGrammaire descriptive.
Type indexéGrammaire normative. Grammaire prescriptive.
Original (date, lieu)1549, Venetia, Comin da Trino.
Période|16e s.|
Édition utiliséeVenetia, s.d., s.e.
Volumétrie2 + 104 pages; environ 1200 signes par page.
Nombre de signes122 400
Reproduction moderne
DiffusionIl s'agit d'une grammaire appréciée qui a été réimprimée, corrigée et augmentée dès l'année de sa première édition (Venise, sans mention de l'éditeur). On recense cinq impressions au cours du 16e s. (Trabalza 1908, p. 125), dont une à Rome chez A. Blado en 1564 (Graziani 1995, p. 495). En 1562, Corso est le seul auteur vivant qui a l'honneur de voir sa grammaire figurer (avec celles de Fortunio, d'Acarisio et de Gabriele, et les Prose della volgar lingua de Bembo) dans la première anthologie italienne du genre, éditée à Venise par Francesco Sansovino, Le osservationi della lingua volgare di diversi huomini illustri (puis Venise, 1565), qui en dit le plus grand bien («Il a traité tout ce que l'on pouvait traiter, mais si minutieusement et à sa façon nouvelle, qui a beaucoup plu», p. 326). Les Fondamenti del parlar Thoscano closent le tome deux du grand recueil en six volumes imprimé à Venise en 1644, Della favella nobile d'Italia. Lettura necessaria per chi vuole bene scrivere, e parlare in questa lingua. Motif du succès: l'exposition simple et claire, le traitement très complet du sujet et la grande qualité de la réflexion grammaticale.
Langue(s) cible(s)Italien (toscan).
MétalangueItalien (toscan).
Langue des exemplesItalien (toscan).
Sommaire de l'ouvrageDédicace (p. 2-3); Lettres: consonnes, voyelles, syllabes (3-7); règles orthographiques avec remarques de prononciation (7-10); ponctuation et syllabation (11-12); accent et ses usages (12-18); les parties du discours: partition (18-19); préposition (19-25); article (25-30); noms communs, noms propres (30-38); pronoms (38-45); verbe: en général (45-49); règles de formation du verbe (49-64); en particulier mode indicatif: imparfait (64-65), passé défini (65-69), futur (69-70); expression du souhait (70-72); mode impératif (73-74); mode subjonctif (74-78); infinitif: en particulier le futur (78-79); participe et gérondif (80-87), morphologie des verbes avere, essere, dovere; principaux verbes irréguliers (91-92); adverbes (92-98); conjonctions (98-99); accord des principales parties du discours et figures (99-103); conclusion (103-104).
Objectif de l'auteurDonner à la langue la régularité qui en permette l'apprentissage. L'auteur écrit dans la Dédicace (p. 2): «Et la thoscana favella incerta finhora et sparsa hò ridutto in guisa [...] che potrà per innanzi da ciascuno quantunque Barbaro, et strano sotto certe regole essere impresa [...]» [Et j'ai réduit le parler toscan, jusqu'à présent incertain et dispersé, de façon à ce qu'il puisse dorénavant être appris avec certaines règles par n'importe qui, même barbare et étranger].
Intérêt généralPremier traité grammatical complet, méthodique et structuré de la Renaissance italienne sur le modèle des grammaires anciennes (ce que la grammatichetta de Trissino avait déjà eu le grand mérite d'esquisser vingt ans plus tôt, mais très sommairement). S'ouvrant par une dédicace, les Fondamenti commencent par présenter les éléments (lettres), puis les syllabes et les mots, sans oublier les autres signes de l'écriture (accents et signes de ponctuation), avant de passer en revue les parties du discours et de dédier ensuite quelques pages à leur construction, à l'accord et aux figures, section sans précédent connu dans la grammaire italienne (hormis deux-trois lignes chez Alberti). Enfin, une conclusion termine le traité. Outre la description la plus précise de la syllabe et de sa structure, Corso offre le meilleur traitement de l'adverbe dans une grammaire italienne de la Renaissance, illustrant remarquablement à son propos les deux accidents de l'espèce et de la figure (c'est-à-dire les deux principaux procédés de création morphologique, dérivation et composition: strano, strana, stranamente ou in fatti). Il est le premier à reconnaître l'autonomie des formes de conditionnel (après Alberti) et à identifier l'une de leurs valeurs, pour laquelle il introduit le terme conditionnel: «Però egli si dee chiamar più tosto tempo sospeso, over conditionale, overo impedito, che altramente» (69v). Le premier aussi à expliquer par une opposition d'aspect (et non de temps) la différence entre scrissi et ebbi scritto: «Il y a encore une différence remarquable entre ces deux parfaits: l'un montre seulement la fin de l'action, c'est le composé; l'autre, le simple, la montre du début jusqu'à la fin, progressivement. Voici des exemples: Io hebbi scritto il giorno di Natale, c'est-à-dire que je finis d'écrire ce jour-là; Io scrissi il di di S. Stephano, c'est-à-dire que je commençai à écrire ce jour-là, et finis ce même jour» (éd. 1550, p. 78). Pour ce qui est de la présentation et de la mise en page, Corso a généralisé l'usage des tableaux (non seulement pour les déclinaisons ou les conjugaisons) et des titres (non seulement pour les chapitres, mais pour chaque portion de texte autonome, section voire paragraphe), et rassemblé les remarques concernant tel ou tel phénomène en petites listes de règles concises et numérotées, ce qui est une nouveauté appréciable du point de vue didactique.
Parties du discoursUne attention particulière est accordée au verbe et au nom, considérés comme les deux éléments fondamentaux, car capables à eux seuls de former une phrase; de là découle l'importance de l'accord. La morphologie, surtout du verbe, est développée en reprenant le schéma de la grammaire latine. Corso, toutefois, se singularise en débutant l'étude des parties du discours par les prépositions, au motif que leur nom même oblige, que, «après être monté des lettres aux syllabes et aux mots», il est logique de commencer par «les mots les plus simples, qui se contentent souvent d'une seule syllabe, voire d'une seule lettre», enfin que ce sont les «prépositions seules», qui «distinguent les cas obliques des articles et des noms toscans», sans en changer une lettre. Il est exceptionnel qu'une grammaire italienne de la Renaissance ne commence pas la revue des parties du discours par le nom ou l'article: hormis Corso, seul del Rosso, convaincu lui aussi de l'importance du verbe, lui avait logiquement réservé le premier rang.
Innovations term.Outre des innovations qui ne se sont pas imposées – accento dell'unione ‘trait d'union', interrogatione ‘point d'interrogation', legame ‘voyelle de liaison', misto ‘circonflexe', mutabile ‘variable' –, on trouve dans la grammaire de Corso la première attestation de punto fermo ‘point final', due punti ‘deux points', titolo ‘signe typographique (en forme de tilde) indiquant qu'un mot est écrit de manière abrégée', fermo ‘dit de la classe de noms où masculin et féminin sont représentés par deux mots indépendants (que l'on ne peut modifier par suffixation pour obtenir l'autre)', (tempo) conditionale ‘conditionnel', congiuntivo ‘subjonctif', sede ‘place qu'un accent occupe dans le mot', tacito ‘sous-entendu', etc.
Corpus illustratifExemples forgés; rares exemples d'auteur (surtout Pétrarque).
Indications compl.Distinction entre la langue de la prose et celle de la poésie: distinction entre une manière commune (stile comune) et l'utilisation des figures pour embellir l'écriture (ornamento della scrittura); Corso indique, dans la section de l'ouvrage consacrée à l'accord des parties du discours, les figures à éviter.
Influence subieSi influences il y a, elles sont difficiles à préciser tant elles sont assimilées: l'ouvrage se distingue par une structure solide, une organisation remarquable de la matière, une exhaustivité sans précédent et de nombreuses réflexions originales.
Influence exercéeLa grammaire a été largement copiée par Dolce, ce qui avait déjà été dénoncé par Ruscelli (présentation des lettres, chapitre sur l'accord des parties du discours entre elles et les figures, commentaire du premier sonnet de Pétrarque, etc.), et a servi aussi parfois à ce dernier (voir p. ex. construction partitive con del pane). Buonmattei s'en est souvenu au siècle suivant.
Renvois bibliographiquesFinzi R. 1959; Graziani A.-M. (éd.) 1995; Nesi A. 1993; Poggi Salani T. 1988; Romei G. 1983; Sansovino F. 1562; Trabalza C. 1908.
→ Références
Auteur de la noticeNesi, Annalisa; Camugli-Gallardo, Catherine (trad.); Vallance, Laurent (rév.)
Création ou mise à jour2015-06 | 1998