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Regole della toscana favella

Salviati, Leonardo

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires italiennes [3209]
Fac-similé(s)
Texte(s)
Nom de l'auteurSalviati, Leonardo
Datation de l'auteur1539–1589
Biographie de l'auteurGrammairien et rhétoricien italien, né et mort à Florence où il vécut, protégé par le Duc Cosimo. Pendant de courtes périodes, il séjourna à Pise (chevalier de l'ordre de Santo Stefano 1569-75), à Rome et à Ferrare. Ami de Vettori, Varchi et Borghini, il se forme dans le milieu de l'Académie florentine dont il est consul en 1566. Défenseur du "vulgaire" florentin, promoteur de l'Académie de la Crusca et de son dictionnaire, il est orateur en langue "vulgaire", poète, auteur de comédies, philologue et grammairien. Œuvres principales: l'Orazione in lode della fiorentina favella [discours en faveur du parler florentin] (Florence, 1564) et les deux volumes des Avvertimenti [Avertissements] (Venise, 1584; Florence, 1586).
Titre de l'ouvrageRegole della toscana favella
Titre traduitRègles du parler toscan
Autre titreRegole della toscana favella
Remarques sur le titreLe terme favella (au lieu de lingua) insiste sur la dimension orale de la langue.
Type de l'ouvrageGrammaire didactique; grammaire normative.
Type indexéGrammaire didactique. Grammaire normative.
Original (date, lieu)Date de composition: entre 1575 et 1576 (on en trouve mention pour la première fois dans une lettre du 4 février 1576). Lieu de composition: Florence.
Période|16e s.|
Édition utiliséeFlorence, B.N. Cod. Magl. IV.65 (autrefois Strozzi 420). Ce manuscrit a été copié à Florence avant 1622.
VolumétrieFormat: 21,5 x 150 cm; 67 feuillets dont 64 écrits; numérotés de 1 à 128 à partir de la 3e pages De la p. 1 à 90: Salviati: Regole della toscana favella. De la p. 98 à la p. 128: Gio. Bat. Strozzi: Osservazioni intorno alla nostra lingua. Env. 670 signes par page.
Nombre de signes603 000
Reproduction moderneA. Antonini éd., Le regole della toscana favella di L. Salviati, Florence, 1991, Académie de la Crusca; avec une introduction générale et un commentaire philologique.
DiffusionTrois manuscrits, dont aucun n'est autographe: les Magl. IV 62 et IV 65 et le Palatino 727, qui contient la copie que Fioravanti fit du deuxième en 1622 (voir Brown 1957, 1962 et 1974; Antonini 1991; Colombo 2005). Le premier est probablement le plus ancien (avant 1585).
Langue(s) cible(s)Toscan (le "toscan" s'identifie au "vulgaire" florentin).
MétalangueItalien (toscan).
Langue des exemplesItalien.
Sommaire de l'ouvrageLes dix parties du discours (en général); nom (qui comprend aussi l'adjectif); accidents et terminaisons du nom, marques des cas et le relatif (153-155); article (155-156); pronom et usage du pronom au singulier et au pluriel dans les cas régis et obliques (156-158). Verbe (actif, passif, neutre: 158-181): modes (159), temps (159-163), conjugaisons, exemplifications des quatre conjugaisons – portare, temere, perdere, sentire – (163-169) et de la conjugaison du verbe être pour la formation du passif (179-181) et avoir (164-165); conformités et règles générales dans les conjugaisons des verbes (169-171); différences entre les conjugaisons (171-172); règles de formation des formes de chaque verbe (172-178); participe et accord du participe passé (181-184); gérondif (184-185); préposition, adverbe, conjugaison et interjection (185-186) [pagination de l'éd. A. Antonini, 1991].
Objectif de l'auteurL'auteur se propose d'exposer avec concision les principes fondamentaux de la langue toscane à Ercole Cortile, ambassadeur du Duc de Ferrare Alphonse II à la cour des Médicis. Salviati veut montrer à son élève la supériorité du "vulgaire" toscan à tous les niveaux linguistiques: phonétique, orthographique, morphologique et lexical. Les fréquents renvois au système et à la terminologie du latin sont justement là pour marquer l'autonomie du "vulgaire".
Intérêt généralL'intérêt théorique de ces "règles" est assez faible à cause de leur caractère élémentaire et didactique; elles sont cependant significatives car: a) on y entrevoit des références à des problèmes linguistiques qui alors étaient au centre de controverses; b) est affirmée l'intention de l'auteur de démontrer l'identité de la langue littéraire du 14e s. avec l'usage parlé et vivant de Florence du 16e s. C'est pourquoi cette œuvre annonce les Avvertimenti, dont les doctrines linguistiques ont servi de base théorique pour la codification de la langue du premier dictionnaire de l'Académie de la Crusca.
Parties du discoursSalviati en indique dix (nom, article, pronom, verbe, participe, gérondif, préposition, adverbe, conjonction, exclamation) – ce qui constitue le record pour la grammaire italienne de la Renaissance. Il ne conserve pas l'ordre traditionnel qui aurait exigé que l'article soit traité avant le nom, l'adverbe tout de suite après le verbe et la conjonction avant la préposition. Comme ses collègues toscans, Varchi et Giambullari, et Trissino et Gaetano avant eux, il finit par l'adverbe, l'interjection et la conjonction, mais il est le seul (avec Carlino) à traiter l'interjection en dernier.
Innovations term.La terminologie des temps verbaux, exprimés par dix-neuf formes est très personnelle et se présente comme un compromis confus entre forme et sens. On ne trouve aucune référence à cette terminologie ni auparavant, ni dans des grammaires postérieures.
Corpus illustratifExemples forgés de langue non littéraire (deux seulement dérivent de Pétrarque et de Boccace).
Indications compl.Intérêt pédagogique: se différenciant de la plus grande partie des grammaires qui lui sont contemporaines, l'enseignement de Salviati est consacré à la morphologie et plus particulièrement à celle du verbe qui occupe plus des deux tiers du traité. Les paradigmes verbaux reflètent en grande partie les formes du 14e s. et en sont exclues les formes populaires que Giambullari avait codifiées.
Influence subieL'auteur ne cite aucune oeuvre, mais se réclame de la doctrine de Bembo avec les modifications nécessaires imposées par son intention de concilier l'usage vivant et parlé avec l'usage littéraire.
Influence exercéePresque inexistante à cause de l'absence de diffusion de l'ouvrage, dont l'Accademia fiorentina avait toutefois une copie. Membre de l'Académie, Buonmattei connaissait la grammaire de son prédécesseur et s'en est servi pour son traité Della lingua toscana (1643).
Renvois bibliographiquesAntonini Renieri A. (éd.) 1991; Antonini Renieri A. 1982; Brown P. 1957, 1962, 1974; Colombo M. 2005; Sozzi B.T. 1955; Trabalza C. 1908 [1963]; Vitale M. 1986.
→ Références
Auteur de la noticeAntonini, Anna; Camugli-Gallardo, Catherine (trad.); Vallance, Laurent (rév.)
Création ou mise à jour2015-06 | 1998