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Windische Sprachlehre

Gutsman, Ožbalt

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires des langues slaves [3477]
Fac-similé(s)Slovnice in pravopisi (éd. 1777, PDF)
dLib.si (éd. 1777, PDF)
Google Livres (3e éd. 1799)
dLib.si (6e éd., 1829, PDF)
Texte(s)
Nom de l'auteurGutsman, Ožbalt
Datation de l'auteur1725–1790
Biographie de l'auteurVariante du nom: Ožbald, Oswalt Gutsmann. Lexicographe, grammairien, auteur de livres pieux et philologue, né à Grafenstein (Grabštajn) en Carinthie, Autriche. Il a reçu sa formation à Krems, à Leoben, à Vienne, à Zvolen (Slovaquie) et à Graz. Après une longue période d'absence du territoire slovénophone, il est retourné à Klagenfurt comme missionnaire jésuite où il a été actif dans le domaine littéraire pendant de longues années. En dehors de nombreux autres livres, il a publié une grammaire slovène et un dictionnaire allemand-slovène très complet (1789). Sa première publication dans le domaine de la linguistique a été l'écrit intitulé Anmerkungen über die windisch, und krainerische Rechtschreibung dans lequel il rejette certaines solutions orthographiques et linguistiques de Pohlin. Pour la rédaction, il a utilisé la variante carinthienne de la langue slovène littéraire; il désirait se conformer à la tradition de la langue littéraire (carniolienne) du centre de la Slovénie, mais il n'y a pas toujours réussi. Il est mort à Klagenfurt.
Titre de l'ouvrageWindische Sprachlehre
Titre traduitGrammaire slovène
Autre titreWindische Sprachlehre
Remarques sur le titreLe titre est modelé sur l'adaptation jésuite de la grammaire de Bohorič de 1758 et rappelle que la grammaire est destinée à l'usage dans un territoire plus vaste que celui auquel Pohlin s'était limité en indiquant dans son titre la «Carniole».
Type de l'ouvrageGrammaire didactique qui présuppose la connaissance de la terminologie grammaticale allemande. La syntaxe est traitée notablement du point de vue contrastif par rapport à l'allemand.
Type indexéGrammaire didactique.
Original (date, lieu)1777, Klagenfurt, Ferd. Edlen v. Kleinmayr.
Période|18e s.|
Édition utilisée1777, Klagenfurt, Ferd. Edlen v. Kleinmayr.
Volumétrie[10] + 164 p.
Nombre de signes157 000
Reproduction modernePas de reprint.
DiffusionLa grammaire était très répandue et a connu 6 éditions, mais la 2e, la 3e et la 5e n'ont pas été conservées. — 3e édition: Klagenfurt, 1799: l'édition est qualifiée d'«améliorée», mais il n'y a pratiquement pas de correction: par rapport à la 1re édition, il manque la dernière phrase de la p. 148 et toutes les pages à partir de la p. 149. — 6e édition: Klagenfurt, 1829 – le texte de Gutsman est complété avec d'intéressantes remarques d'Urban Jarnik, mais il n'y a pas de modifications sur le niveau du contenu.
Langue(s) cible(s)Slovène.
MétalangueAllemand.
Langue des exemplesSlovène, les exemples sont généralement traduits en allemand.
Sommaire de l'ouvragePréface (p. *2a-*4b). Table des matières (*5a-*6b). Première partie – Éléments de la grammaire slovène (1-81): 1. Descriptions de lettres [Von dem Lesen und Schreiben] (1-4), 2. Déclinaison de l'article et des substantifs [Von der Abänderungen] (4-19), 3. Déclinaison des adjectifs [Von den Beywörtern] (20-25), 4. Numéral [Von den Zahlwörtern] (26-28), 4. Pronom [Von den Fürwörtern] (29-33), 5. Verbes – conjugaisons régulières [Von den Zeitwörtern insgemein] (32-55), 6. Verbes irréguliers [Von den unrichtigen Zeitwörtern] (56-70), 7. Comment reconnaître le genre du substantif (70-77), 8. Préposition [Von der Vorwörtern] (77-81). Seconde partie – Syntaxe et particularités de la langue slovène [Von der Wörtfügung, und sonderlichen Eigenschaften der windischen Sprache] (81-148): 1. Syntaxe des substantifs, adjectifs et numéraux (82-88), 2. Syntaxe des pronoms (89-95), 3. Syntaxe des verbes (96-107), 4. Syntaxe des prépositions (108-113), 5. Adverbe [Von den Nebenwörtern] (114-120), 6. Conjonction [Von den Bindewörtern] (120-124), 7. Interjection [Von den Zwischenwörtern] (124-125), 8. Particularités dialectales et dictons (126-133), 9. Erreurs linguistiques communes (133-144), 10. Remarques particulières sur l'orthographe (145-148). Liste de quelques mots radicaux slovènes (149-158), Appendice contenant quelques mots utiles (159-164).
Objectif de l'auteurComme Marko Pohlin, Gutsman désire souligner l'importance de la langue slovène, mais en même temps il met l'accent sur le fait que le slovène décrit dans une grammaire ne peut pas être soumis au choix arbitraire d'un seul dialecte (ce qui était le cas chez Pohlin), mais doit réunir tous les dialectes slovènes. En exerçant sa fonction de missionnaire sur la totalité du territoire slovène, Gutsman s'est rendu compte que la chose était possible. C'est précisément de la grande diversité des dialectes pris en compte que la grammaire tire son importance: elle va donc constituer un modèle de la langue littéraire commune. La grammaire va être suivie d'un dictionnaire (que Gutsman a publié en 1789) pour compléter ce modèle.
Intérêt généralGutsman s'est appliqué à fournir une grammaire de la langue slovène unitaire qui soit moins «carniolienne» que celle utilisée par ses prédécesseurs (et non seulement Pohlin) – c'est dans cette optique-là qu'il faut interpréter son usage d'éléments dialectales carinthiennes et le fait qu'il s'est écarté (légèrement) de la tradition de la langue littéraire slovène du centre de la Slovénie.
Dans l'écriture, à part quelques exceptions (par ex. -l vs -u, voir ci-dessous), il a suivi la tradition précédente et le texte de l'adaptation jésuite de la grammaire d'Adam Bohorič de 1758; de plus, il a introduit la lettre majuscule Ş avec un signe diacritique pour distinguer de façon cohérente les sifflantes non voisées des sifflantes voisées. Il a introduit aussi quelques nouveautés morphologiques, par ex. la désinence -ega au lieu de la désinence contenant une voyelle réduite -iga. Il est le premier grammairien slovène qui a cessé de décrire les exemples de locatif comme des exemples de génitif ou datif et qui les a classés dans une catégorie indépendante; il a emprunté l'instrumental à Pohlin. Il a abandonné l'ablatif et le vocatif, c'est-à-dire les cas qui avaient été enregistrés par tous les grammairiens slovènes précédents suivant la grammaire latine. Il est ainsi le premier grammairien slovène à introduire la classification actuelle des cas slovènes: nominatif, génitif, datif, accusatif, locatif, instrumental. Dans le traitement des déclinaisons, des numéraux et du système temporel et modal du verbe, qui est d'ailleurs la partie du discours qu'il décrit de façon la plus détaillée (et dont la description est accompagnée d'un vocabulaire contenant des verbes et leurs formes typiques), Gutsman suit la grammaire de Pohlin (1768); il introduit aussi quelques particularités de dialectes carinthiens dans les déclinaisons et conjugaisons. Il ne traite pas la formation de mots, alors que l'adverbe, la conjonction et l'interjection ne sont traités que dans le chapitre sur la syntaxe.
Gutsman se montre original dans le chapitre consacré à la détermination du genre des substantifs sur la base de désinences: en ce qui concerne la manière de traiter des données linguistiques, il a pris, dans ce chapitre, pour modèle des grammaires contemporaines d'autres langues, par ex. la grammaire tchèque de Jan Václav Pohl. Le chapitre sur les prépositions représente un pas en avant vers le traitement moderne, parce que les données sur la rection des prépositions sont plus précises par rapport au système de cas moderne qu'il a introduit.
C'est dans le chapitre sur la syntaxe que Gutsman montre le plus d'autonomie. Il se distingue de grammaires précédentes surtout par le fait que, de tous les éléments de la syntaxe slovène, il ne traite que ceux qui diffèrent de l'allemand. Sa démarcation entre la langue littéraire et les dialectes est importante aussi. Gutsman considère comme dialectal «ce qui se distingue de la règle générale et de la bonne langue, mais ne donne pas une impression sonore mauvaise au point de ne pouvoir être admis dans une grande communauté qui a adopté ce mode de parler ou de prononcer». Dans le chapitre Particularités dialectales et dictons, Gutsman se révèle comme le premier grammairien slovène à avoir étudié la phraséologie.
Parties du discoursDans sa grammaire, Gutsman n'énumère nulle part les parties du discours. Dans la première partie de la grammaire, il décrit l'article, le substantif, l'adjectif, le numéral, le verbe et la préposition et il ajoute, dans la seconde partie (syntaxe), la description de l'adverbe, de la conjonction et de l'interjection. Dans le traitement de la préposition dans le chapitre sur la syntaxe, il traite aussi des préfixes verbaux issus de prépositions dans les verbes perfectifs et dans les verbes calqués.
Innovations term.L'ensemble de la terminologie est la terminologie allemande établie de l'époque.
Corpus illustratifLes exemples pour les paradigmes s'appuient sur la grammaire de Pohlin: ils sont entièrement nouveaux, mais souvent moins bien choisis. Le chapitre sur la syntaxe contient plusieurs exemples en forme de phrase dont la source, pour le moment, ne peut pas être déterminée.
Indications compl.Dans l'introduction qui s'appuie, du point de vue de contenu, sur celle de Pohlin, Gutsman souligne la large diffusion de la langue slave. Quant au mauvais état de la langue slovène, il a été le premier à condamner le «fait» qu'elle ne soit utilisée que par le peuple non éduqué qui corrompt la langue, tandis que les gens éduqués se conforment ensuite à la langue du peuple. Il justifie l'usage de la lettre u au lieu de la lettre l dans la graphie des réflexes de ł vélaire en position finale et préconsonantique (en réalité, surtout dans les participes passés; pour les autres cas, il n'est pas cohérent) par la nécessité pour la grammaire de refléter l'usage réel de la langue, et non un usage qui en serait éloigné. Il partage ainsi les vues que Jernej Basar a exprimées dans sa collection de sermons de 1734, mais qu'il n'a pas mises en pratique.
Le purisme de Gutsman apparaît assez clairement dans le fait qu'il présente, dans le chapitre sur la syntaxe, des propositions concrètes pour se débarrasser d'emprunts inutiles.
Influence subieDès l'introduction, Gutsman s'attaque à la grammaire de Pohlin: certains essaient, par leur prétention, de changer la langue et de lui donner une autre forme. La dette due à la grammaire de Pohlin de 1768 (même si Gutsman a une attitude critique) est manifeste dans les Anmerkungen über die windisch, und krainerische Rechtschreibung de 1770 dont les reproches fondamentaux seront inclus comme des solutions dans la grammaire de 1777. L'influence de la grammaire de Pohlin se manifeste aussi dans la plupart des autres chapitres. Si, pour le choix de la langue et les solutions orthographiques, Gutsman est critique envers Pohlin, il en reste dépendant pour la structure de la description. L'opinion qu'on rencontre couramment dans la littérature disponible, selon laquelle la maxime d'introduction Nil discit, qui sine ordine discit fait référence à la grammaire de Pohlin, nous paraît sans fondement.
Plusieurs parties indiquent que Gutsman a bien connu l'adaptation jésuite de la grammaire de Bohorič de 1758. Dans sa propre grammaire, il rejette de nombreuses solutions que présente l'adaptation jésuite, de façon particulièrement évidente dans le chapitre Erreurs linguistiques communes, mais il tait cela par considération pour ses collègues jésuites. En outre cette grammaire fait l'objet de plus de critique que celle de Pohlin.
Parmi les sources étrangères, on peut déceler des influences indirectes de la grammaire de Jan Václav Pohl, Gramatica Linguae Bohemicae (1765), mais il est difficile de les prouver en raison du style condensé de la grammaire de Gutsman.
Influence exercéeGutsman a exercé une influence sur la grammaire de Mihael Zagajšek publiée en 1791. Dans l'introduction à sa grammaire (1809), Jernej Kopitar, qui a adopté les points de vue puristes de Gutsman, se montre assez favorable à sa grammaire, mais surtout en raison de son avis défavorable sur Pohlin. Les réactions des grammairiens postérieurs sont similaires, même s'ils ne s'appuient que faiblement sur cette grammaire.
Renvois bibliographiquesKržišnik E. 1997; Neweklowsky G. 2013; Pogorelec B. 2011; Toporišič J. 1984, 1985.
→ Références
Auteur de la noticeAhačič, Kozma ( Version slovène de la notice); Trojar, Mitja (trad.)
Création ou mise à jour2014-04