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Grammatik der Slavischen Sprache

Kopitar, Jernej

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires des langues slaves [3478]
Fac-similé(s)Slovnice in pravopisi (éd. 1809, PDF)
dLib.si (éd. 1809, PDF)
Texte(s)
Nom de l'auteurKopitar, Jernej
Datation de l'auteur1780–1844
Biographie de l'auteurVariante du nom: Kopitar, Bartholomeus. Slavisant, linguiste et auteurs de textes journalistiques, Kopitar est né à Repnje près de Vodice. En 1800, il achève ses études de philosophie de deux ans au «lycée» (cours supérieur) à Ljubljana. Il a travaillé comme précepteur: il a enseigné le slovène à la comtesse Bellegarde, ce qui l'a amené à rédiger en français une esquisse de la grammaire slovène en tableaux; puis, à partir de 1803, il est secrétaire, libraire et conservateur de la collection de minéraux à la maison de Žiga (Sigismundus) Zois. De 1808 à 1810, il étudie le droit et les sciences naturelles à Vienne; en 1810, il devient censeur de livres en langues slaves et en grec moderne (plus tard, de livres roumains aussi) et employé comme Scriptor à la Bibliothèque de la Cour à Vienne. Puis, avançant en grade, il est devenu le premier conservateur et conseiller de la cour (en 1844). Il a fait quatre voyages d'étude/d'affaires (en 1811, en Allemagne et Tchéquie; en 1814, à Paris; en 1837 et en 1842-1843, à Rome). Dans les dernières années de sa vie, il était membre de toutes les académies des sciences européennes les plus importantes. À part la grammaire, qui représente la première description détaillée de la tradition protestante slovène, il a publié, en 1836, le livre Glagolita Clozianus où sont édités les Manuscrits de Freising. Il était un défenseur de la théorie pannonienne de l'origine du vieux-slave (théorie selon laquelle la base du vieux-slave serait située en Pannonie/Carantanie). Il a conçu le programme du renouveau national slovène qui comprenait la compilation d'une grammaire, d'un manuel d'orthographe, d'un dictionnaire, la collecte de chansons populaires et une nouvelle traduction de la Bible. Il a vivement incité Vuk Karadžić à la réalisation d'un programme semblable pour les Serbes et il l'y a beaucoup aidé à bien des égards.
Titre de l'ouvrageGrammatik der Slavischen Sprache in Krain, Kärnten und Steyermark
Titre traduitGrammaire de la langue slave en Carniole, Carinthie et Styrie
Autre titreGrammatik der Slavischen Sprache
Remarques sur le titrePour nommer la langue slovène, Kopitar n'utilise pas encore l'adjectif slovenisch 'slovène' qui engloberait toutes les trois régions mentionnées ci-dessus. Il qualifie aussi sa grammaire de Krainische Grammatik (p. 385).
Type de l'ouvrageKopiter conçoit son ouvrage comme une grammaire scientifique, à usage pratique: elle doit servir de base à des études ultérieures sur le slovène et compléter l'histoire de la langue slovène. Elle est destinée à être utilisée par les locuteurs du slovène avec une bonne connaissance de l'allemand (surtout les enseignants). En raison de sa description du slovène, de comparaisons avec d'autres langues slaves et de nombreux parallèles esquissés, elle doit être utile aux slavisants (p. XLVII-XLVIII). Tenant compte des usagers éduqués à qui il destine son ouvrage, Kopitar décide d'omettre les définitions grammaticales et les explications de concepts grammaticaux et de se limiter à une grammaire dans le sens étroit, c'est-à-dire à une analyse d'éléments et paradigmes (p. XLVIII).
Type indexéGrammaire scientifique.
Original (date, lieu)1809, Ljubljana (la date 1808 paraît sur la page de titre; la date 1809 paraît sur la p. 460).
Période|19e s.|
Édition utilisée1809, Ljubljana.
VolumétrieXLVIII + 460 + [2] + [2 – grands dépliants non numérotés].
Nombre de signes502 000
Reproduction moderneFac-similé: Cankarjeva založba à Ljubljana et dr. dr. Rudolf Trofenik, Munich, 1971.
DiffusionAvant 1971, la grammaire n'a pas été réimprimée. Quelques rares exemplaires de la première édition sont conservés surtout dans les bibliothèques européennes. Du fait que l'auteur n'est pas indiqué sur la page de titre, la grammaire a été attribuée, en France par ex., à Žiga Zois.
Langue(s) cible(s)Slovène.
MétalangueAllemand.
Langue des exemplesSlovène, les exemples slovènes sont toujours traduits en allemand, parfois en latin aussi. De façon exceptionnelle, ils sont expliqués au moyen d'un équivalent dans une autre langue ou par une traduction en latin. Dans la seconde partie du chapitre sur l'orthographe élémentaire, des exemples slovènes en alphabet latin sont parfois écrits aussi en alphabet cyrillique. Pour établir une comparaison entre les langues, des exemples d'autres langues sont fournis: des deux langues classiques (grec et latin), des langues modernes non slaves (l'allemand mis à part, l'italien, le français, plus rarement l'anglais et l'espagnol, exceptionnellement le turc) et des langues slaves (croate, serbe, tchèque, polonais, russe, sorabe, etc.). Kopitar fournit aussi des exemples en vieux slave.
Sommaire de l'ouvrageIntroduction [Einletung] (p. III-XLVIII). La première partie de la grammaire. Orthographe élémentaire [Der Grammatik erster Theil. Elementar-Orthographie] (1-221): 1. Alphabet slave de Cyrille [Kyrill's Slavisches Alphabet] (1-13), 2. L'adaptation par Trubar de l'alphabet latin pour la langue carniolienne [Truber's Einrichtung des Lateinischen Alphabets für die Krainische Sprache (13-20), 3. Dalmatin, traducteur de la Postilla de Spangenberg [Dalmatin, der Uebersetzer von Spangenberg's Postille] (20-37), 4. Bohorič, auteur de la première grammaire carniolienne [Bohoritsch, Verfasser der ersten Krainischen Grammatik] (37-56), 5. Destin de l'orthographe élémentaire de Bohorič de 1584 à 1808 [Schicksale der Bohoritschischen Elementar-Orthographie seit 1584 bis 1808] (57-157), 6. Résultats du paragraphe précédent [Resultat des vorhergehenden Paragraphs] (158-160), 7. Bohorič amélioré [Verbesserter Bohoritsch] (161-212). La seconde partie de la grammaire. Étymologie (213-384): 8. Objet de cette partie [Gegenstand dieses Theiles] (213-214), 9. Article [Der Artikel] (214-215), 10. Substantif [Das Substantivum] (216-254), 11. Adjectif [Das Adjectivum] (254-271), 12. Numéral [Das Zahlwort (Adjectivum Numerale)] (271-280), 13. Pronom [Das Pronomen] (280-300), 14. Verbe [Das Verbum] (300-366), 15. Adverbe [Das Adverbium] (366-374), 16. Préposition [Die Präposition] (374-383), 18. Interjection [Die Interjection] (383-384). Post-scriptum [Nachschrift] (385-460), Corrections [Verbesserungen] (461-462]. À la page 157 [Zur Seite 157] (dépliant, pas d'annotations), À la page 233 [Zur Seite 233] (dépliant, pas d'annotations).
Objectif de l'auteurL'objectif principal de l'auteur était de présenter l'état contemporain de la langue slovène en tant que membre d'une famille nombreuse (par rapport au nombre de langues et au nombre de locuteurs), celle des langues slaves (considérées par Kopitar comme les dialectes slaves), et en tant que langue pourvue d'une riche tradition linguistique. La présentation contient une révision critique des grammaires slovènes (antérieures), ce qui est aussi une composante de l'indispensable révision critique de l'ensemble des états linguistiques dans les langues slaves, révision qui avait été conçue par Josef Dobrovský. Un autre objectif de la grammaire était de souligner le besoin de créer un alphabet latin uniforme et amélioré adapté aux sons des langues slaves.
Intérêt généralIl s'agit de la première grammaire de la langue slovène basée sur des principes scientifiques contemporains. Elle est en même temps descriptive et, par endroits, historique. Une bonne connaissance et une évaluation critique des grammaires slovènes antérieures ont permis à Kopitar, qui connaissait des grammaires étrangères et l'état linguistique slovène, de rédiger une description grammaticale qui se distingue par son caractère analytique et par la fiabilité de ses conclusions. Le poids de cette grammaire est aussi dû à sa présentation complète et précise – intéressante encore aujourd'hui – de textes importants pour la langue slovène et d'extraits de textes linguistiques tirés de la littérature slovène jusqu'en 1808.
Parties du discoursKopitar traite neuf parties du discours: l'article, le substantif, l'adjectif, le numéral, le pronom, le verbe, l'adverbe, la préposition et l'interjection. Selon Kopitar (p. 388-389), la description des parties du discours indéclinables a été achevée par Valentin Vodnik.
Innovations term.Kopitar a remplacé les désignations antérieures ‘verbum perfectum' et ‘verbum imperfectum' par deux nouvelles expressions plus appropriées; en même temps, il était le premier à fournir une définition précise de l'aspect verbal dans les langues slaves: il utilise le terme ‘verbum perfectivum' pour un verbe qui retient, dans tout son paradigme, le sens de l'accomplissement d'une action à la fin du déroulement et le terme ‘verbum imperfectivum' pour un verbe qui désigne un état ou une action en déroulement avant l'accomplissement. Par ailleurs, il utilise dans sa grammaire (soit séparément soit parallèlement) la terminologie linguistique allemande et/ou latine établie (par ex. Das Zahlwort (Adjectivum Numerale)). Par endroits, il fournit des termes provenant d'autres langues, surtout ceux qui désignent des phénomènes caractéristiques de ces langues (par ex. e aperto et e chiuso de l'italien ou e muet du français).
Corpus illustratifMême quand il pourrait suivre des grammaires slovènes antérieures, Kopitar préfère choisir ses propres exemples. Dans son traitement introductif de l'histoire linguistique slovène et des stades identifiables dans le processus de la formation de l'alphabet latin de la langue carniolienne depuis la période de la Réforme, de nombreux extraits des œuvres d'auteurs différents du 16e au 18e s. sont cités. Les extraits textuels les plus longs sont cités dans le dernier chapitre (Nachschrift) où tous les textes imprimés slovènes connus du 16e s. sont présentés; sont présentés de manière plus détaillée surtout ceux qui n'avaient pas encore été enregistrés. Outre les textes slovènes, Kopitar a enregistré aussi les éditions croates de cette époque écrites en alphabets glagolitique ou cyrillique.
Dans les deux chapitres centraux de sa grammaire – en dehors d'exemples de la prononciation de sons dans différentes positions et en dehors d'exemples typiques de parties du discours et des autres classifications faites sur des bases différentes –, Kopitar fournit aussi les variantes les plus fréquentes de sons, de formes de mots, d'accent et de formation de mots (par ex. drobtine et droftine [p. 335]) dont il détermine souvent l'appartenance dialectale (par ex. trétji, tréki [dans les dialectes de la Basse-Carniole] et trézhi [dans les dialectes de la Haute-Carniole], p. 277). Il illustre l'état synchronique en fournissant également des exemples de l'histoire de la langue slovène littéraire. Il cherche à fournir le plus d'exemples divers possible. Il s'est servi de listes préexistantes qu'il a trouvées dans des dictionnaires et des grammaires (il mentionne particulièrement les listes des dictionnaires manuscrits préparés par Blaž Kumerdej, Janez Debevec et Valentin Vodnik [p. 222]). Les exemples étrangers sont le plus souvent tirés des grammaires qui lui ont servi de modèle.
L'annexe de la p. 157 contient 19 exemples de textes (un extrait de l'Évangile selon Luc): à côté de l'original biblique grec et de sa traduction en latin, sont présentées 17 traductions en langues slaves (deux en vieux-slave et 15 traductions slovènes de la période entre 1557 et 1806).
Indications compl.La grammaire de Kopitar est un livre complexe contenant un grand nombre de données fiables. Kopitar la considère comme un manuel de langue.
Le système linguistique présenté est illustré par des textes donnés en exemple. Dans l'introduction, l'auteur regrette l'usage de différents systèmes graphiques qui rend impossible une meilleure compréhension mutuelle et le renforcement de la conscience de ce qui est identique et cohésif sur le niveau linguistique; il présente les grammaires antérieures de la langue slovène, il souligne l'importance de la première grammaire slovène (de Bohorič, 1584), il souligne la valeur des œuvres linguistiques de Žiga Popovič (Johann Siegmund Popowitsch) et rectifie, sur la base d'une analyse critique appuyée sur des arguments, les affirmations d'Anton Tomaž Linhart sur la rédaction de textes slovènes au passé exprimées dans son Histoire de la Carniole (Geschichte von Krein, Laibach 1788-1791). Kopitar critique sévèrement la grammaire de Marko Pohlin, surtout sa réforme de l'orthographe et ses nombreux nouveaux mots dérivés qui sont, selon lui, inappropriés.
Au début du chapitre sur l'orthographe, Kopitar traite l'alphabet slave de Cyrille en le comparant à l'alphabet grec, puis il présente, de manière critique, le développement de cet alphabet chez les écrivains protestants slovènes du 16e s. et le développement de l'alphabet Bohorič (slov. bohoričica) dans la période qui suit la Réforme. Quant à la pertinence de la notation des sons, il attribue plus de mérite à Sebastijan Krelj et Adam Bohorič qu'à Primož Trubar.
Dans le chapitre sur l'orthographe sont mis en évidence le principe de Kopitar «autant de sons que de lettres», son opposition à une germanisation excessive et plusieurs constatations claires et fiables sur les caractéristiques de la langue contemporaine (par ex. sur le système vocalique contenant huit phonèmes). Kopitar énumère aussi des moyens possibles pour réduire la germanisation de la langue slovène littéraire: les écrivains devraient connaître la langue plus pure de gens simples, traduire à partir de textes latins plutôt que de textes allemands, lire des œuvres littéraires écrites dans les langues slaves qui n'ont pas été influencées par l'allemand; il faudrait compiler un dictionnaire complet, fiable et en même temps critique de la «langue carniolienne» et créer une chaire de langue slovène dans le cadre des études de théologie (p. 56).
Dans le chapitre sur l'étymologie, Kopitar renonce expressément à décrire la formation de mots, mais dans le traitement de certaines parties du discours il donne parfois des explications sur la formation de mots (par ex. dans les verbes). Dans le traitement de l'article, qui n'est pas typique des langues slaves, il exprime sa critique de l'affirmation de Josef Dobrovský selon laquelle l'usage de l'article n'est influencé que par l'allemand en citant des exemples d'usage slovène (Ktiro kravo si drajshi prodál, to písano al to zherno? ‘Quelle vache as-tu vendu plus cher: la colorée ou la noire?'). Les déclinaisons sont classées selon la forme au génitif singulier. Les modèles des déclinaisons sont accompagnés d'exemples (commentés) et d'exceptions. Dans le traitement du verbe, Kopitar consacre une section considérable à l'aspect verbal en tant que caractéristique typique des langues slaves. Il élargit la présentation de l'aspect verbal, qui passe pour une nouveauté théorique, sur la base d'une analyse critique des traitements antérieurs du temps et de l'aspect, il y introduit des compléments théoriques et des précisions terminologiques. Il classe les verbes selon la base du présent (comme dans les grammaires slovènes antérieures, par ex. celles de Bohorič, Pohlin, Gutsman), mais, contrairement à ses prédécesseurs, il distingue sept types de conjugaison de base (les verbes en -am, -ám, -em, -èm, -ém, -im et -ím), et non seulement trois (-am, -em, -im). La grammaire se distingue aussi par fiabilité des conclusions concernant l'accent ainsi que la quantité et la qualité des voyelles dans les mots variables.
Dans le traitement des parties du discours variables, Kopitar mentionne de nombreux traits distinctifs et/ou apparentés dans d'autres langues européennes identifiés par comparaison. Il signale aussi de nombreuses variantes de sons, de formes de mots et de formation de mots qui sont parfois caractérisées du point de vue dialectal.
Influence subieDans le chapitre introductif, Kopitar mentionne souvent les œuvres d'August Ludwig Schlözer (surtout sa Nordische Geschichte, Halle 1771) et les points de vue de Josef Dobrovský exprimés dans des lettres et des œuvres scientifiques (par ex. sa classification des langues slaves publiée dans Slovin: Bothschaft aus Böhmen an alle Slawen, Prague 1806).
Dans les chapitres sur l'orthographe et l'étymologie, il mentionne plusieurs grammaires slovènes et étrangères. Il a une très bonne connaissance des grammaires grecques et latines ainsi que des grammaires allemandes, françaises, italiennes et slaves. Il mentionne certaines d'entre elles quand il rend compte de faits linguistiques dans d'autres langues (slaves et non slaves) en vue de comparaison et parfois aussi quand il cite des opinions ou fait mention de méthodes ou de modes de présentation, d'usage de termes, etc. (par ex. la grammaire d'Adelung Umständliches Lehrgebäude der Deutschen Sprachlehre für Schulen, Erster Band, Leipzig 1782; la grammaire de Dobrovský Geschichte der Bömischen Sprache und Literatur, 1792; la grammaire tchèque Böhmische Grammatik de Nejedlý, Prague 1804 [1re partie] et 1805 [2e partie]; la grammaire russe de Heym, 1804, etc.). Kopitar a reproduit le modèle de traitement analytique de la langue comme un organisme vivant d'après Adelung. Comme Adelung, il a tâché de dégager des règles dans la langue, parce qu'il était convaincu que le grammairien ne peut que décrire la langue, et non pas la prescrire.
Il a adopté une attitude critique envers les descriptions grammaticales slovènes et étrangères. Il introduit dans son texte de fréquentes mentions de la grammaire d'Adelung (1782), notamment des critiques d'opinions et de présentations qui y figurent (par ex. la critique de la façon dont il interprète des sons allemands écrits par z et tſch [p. 193]). La comparaison avec la 1re et la 2e partie de la grammaire d'Adelung montre que la grammaire de Kopitar diffère de cette dernière par l'ordre ainsi que par la manière dont les parties du discours sont traitées (néanmoins, elles concordent parfois, comme pour l'ordre des parties du discours indéclinables).
Influence exercéeLes idées sur le slavisme et les opinions sur la langue slovène présentées par Kopitar ont trouvé un écho favorable dans la pensée linguistique slovène du 19e s. L'exposé de l'histoire de la formation de la langue slovène littéraire et des œuvres des écrivains protestants slovènes du 16e s. que Kopitar présente de manière experte reste encore aujourd'hui incontournable en raison de son étendue, sa minutie et sa fiabilité.
Au 19e s., la grammaire de Kopitar a exercé une influence sur l'éveil de la conscience nationale. Ses efforts pour réduire la germanisation de la langue slovène littéraire ont également connu un retentissement. Ils ont déclenché un mouvement puriste qui a cherché le caractère originel de la langue slovène sur les plans de la syntaxe et de la formation de mots; les partisans de ce mouvement étaient, entre autres, Valentin Vodnik, Matevž Ravnikar, Urban Jarnik, Janez N. Primic. La description grammaticale du slovène de Kopitar a influencé, en tant que modèle, d'autres grammaires, surtout celles de la 1re moitié du 19e s. C'est le cas de la grammaire de Vincenzo Franul de Weissenthurn, Saggio grammaticale italiano-cragnolino, écrite par à Trieste en 1811 et qui suit le modèle de Kopitar. Janez Leopold Šmigoc en a fait une adaptation pour la variante de la langue slovène littéraire en usage à l'est de Styrie. Dans la 1re partie de sa grammaire Theoretisch-praktische Windische Sprachlehre, 1812, il l'a suivie de très près. Il a même inclus dans sa grammaire la reproduction du chapitre que Kopitar avait rédigé sur l'aspect verbal. La grammaire de Kopitar a incité Franc Serafin Metelko à continuer et à compléter sa description linguistique lors de la rédaction de sa grammaire Lehrgebäude der slowenischen Sprache, 1825. En adaptant l'alphabet appelé «alphabet Metelko» (slov. metelčica), il a essayé de réaliser le désir de Kopitar d'un alphabet slovène (et slave) adapté, mais sa réforme de l'orthographe – de même que la réforme de Peter Dajnko à l'est de Styrie – a été rejetée par ses contemporains, ce qui a de ce fait annihilé l'initiative de Kopitar. L'introduction de l'alphabet latin toujours en vigueur pour écrire le slovène appelé «alphabet Gaj» (slov. gajica) au milieu du 19e s. peut être considérée comme l'un de ses effets indirects. Metelko a été le premier à souligner l'importance de la grammaire de Kopitar. À la fin du 19e s., Stanislav Škrabec a attiré l'attention sur cette grammaire par ses commentaires de spécialiste.
Renvois bibliographiquesBartula C. 2009; Kernc E. 1932; Kolarič R. 1971; Kunzmann-Müller B. 1996; Legiša L. 1959; Merše M. 1995; Orel I. 2003, 2008; Orožen M. 1981, 1996; Pogačnik J. 1977, 1991; Toporišič J. 1980, 1981, 1987, 1994, 1996.
→ Références
Auteur de la noticeMerše, Majda ( Version slovène de la notice); Trojar, Mitja (trad.)
Création ou mise à jour2014-06