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Lehrbuch der windischen Sprache

Dajnko, Peter

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires des langues slaves [3481]
Fac-similé(s)Slovnice in pravopisi (éd. 1824, PDF)
dLib.si (éd. 1824, PDF)
Texte(s)
Nom de l'auteurDajnko, Peter
Datation de l'auteur1787–1873
Biographie de l'auteurVariante de la graphie du nom de l'auteur: Dainko, Peter. Peter Dainko fut un linguiste, prêtre et éducateur slovène. Né à Sv. Peter près de Radgona (aujourd'hui Črešnjevci près de Gornja Radgona). Après le lycée à Maribor, il a fait des études de philosophie à Maribor et des études de théologie à Graz. Il a travaillé comme vicaire à Sv. Peter près de Radgona (1815-1816) et à Radgona (1816-1831) et comme curé à Velika Nedelja (1831-1873). Il a été aussi doyen, inspecteur pédagogique de district, conseiller spirituel à Seckau (Autriche), chanoine honoraire et conseiller de l'évêque de Lavant. Comme étudiant, il a partagé les idées sur la langue et la culture de l'association Slovensko društvo (Association slovène) à Graz. Il a écrit ses œuvres dans la variante de la langue slovène littéraire utilisée dans l'est de la Styrie. Rédigeant la grammaire, il a conçu aussi un alphabet rénové qui s'appelle (d'après son patronyme) dajnčica, mais qui n'a pas été bien reçu. Si l'on met à part la rédaction de sa grammaire, les œuvres qu'il a rédigées, traduites et adaptées ont réalisé un programme d'éducation religieux assez varié en ce qui concerne les niveaux de langue.
Titre de l'ouvrageLehrbuch der Windiſchen Sprache. Ein Verſuch zur gründlichen Erlernung derſelben für Deutſche, zur vollkommeneren Kenntniß für Slowenen
Titre traduitManuel de la langue slovène. Un essai destiné à un apprentissage de base de cette langue pour les Allemands et à un approfondissement des connaissances pour les Slovènes
Autre titreLehrbuch der windischen Sprache
Remarques sur le titreLe syntagme windische Sprache, c'est-à-dire "langue slovène", est utilisé par Dajnko, même s'il décrit effectivement la variante de la langue slovène littéraire utilisée dans l'est de la Styrie.
Type de l'ouvrageGrammaire descriptive et normative à visée didactique. Dans sa description normative de la langue, Dajnko a utilisé le principe d'une évaluation hiérarchique des phénomènes en tenant compte de la tradition slovène des textes écrits rédigés non seulement par des écrivains provenant de l'est, mais aussi par ceux du centre du pays.
Type indexéGrammaire didactique.
Original (date, lieu)1824, Graz, Johann Andreas Kienreich.
Période|19e s.|
Édition utilisée1824, Graz, Johann Andreas Kienreich.
VolumétrieXVI pp. + 344 pp.
Nombre de signes320 000
Reproduction moderne
DiffusionLa grammaire a vu son utilisation limitée en premier lieu par le fait qu'elle décrivait le dialecte de l'est de la Styrie et en second lieu par son nouveau alphabet, appelé dajnčica d'après le patronyme de l'auteur: or cet alphabet n'a vécu que pendant 15 années, bien que Dajnko l'ait utilisé pour la publication de la totalité de ses manuels scolaires.
Langue(s) cible(s)Slovène.
MétalangueAllemand.
Langue des exemplesSlovène; les exemples grammaticaux slovènes sont en règle générale traduits en allemand. Les textes (conversations, fables, nouvelles, devinettes avec les solutions, proverbes) sur les pages 299-344 ne paraissent qu'en slovène.
Sommaire de l'ouvragePréface [Vorrede] ([III]–VIII). Explication de certains termes partiellement empruntés à la terminologie latine [Erklärung einiger aus der lateiniſchen Nomenclatur Kürze halber angenommenen Ausdrücke] (IX–X). Contenu [Inhalt] (XI–XVI). I. partie: Flexion de mots [Von der Wortforſchung] (1–268): 1. Sur la prononciation et l'orthographe de lettres, syllabes et mots [Von der Ausſprache und Rechtſchreibung der Buchſtaben, Sylben und Wörter>] (1–42); 2. Sur les parties du discours et leur flexion [Von den Redetheilen und ihren Biegungen] (42–268). II. partie: Sur la syntaxe [Von der Wortfügung]: Sur la phrase [Von dem Redesatze] (269–296). Supplément. Textes en slovène [Windiſche Aufſätze] (297–344).
Objectif de l'auteurÉlever le dialecte slovène de l'est de la Styrie au rang de langue littéraire, le fonder et le décrire en tant que tel. Comme l'indique le titre, la grammaire est destinée aux Allemands ainsi qu'aux Slovènes: aux premiers pour leur permettre d'acquérir les bases d'une langue étrangère et aux seconds pour leur permettre d'approfondir leurs connaissances.
Intérêt généralLa grammaire de Dajnko constitue pour les historiens de la langue et pour les dialectologues une excellente source pour la description de l'état linguistique à Gornja Radgona et dans ses alentours dans le premier quart du 19e s. Pour les chercheurs intéressés par le développement de la grammaire slovène, elle représente une étape importante, surtout comme modèle pour le traitement de la formation de mots. Elle marque aussi un progrès important dans le développement de la recherche sur l'aspect verbal, puisqu'elle distingue deux potentiels sémantiques de base pour l'aspect inaccompli: une action unique durable et une action répétée.
Parties du discoursDajnko traite neuf parties du discours: substantif, adjectif, numéral, pronom, verbe, adverbe, préposition, conjonction et interjection. En outre il mentionne la particule (Partikel), mais ne la traite pas séparément.
Innovations term.Dajnko n'utilise des termes latins que pour désigner les cas, mais généralement il opte pour des termes allemands d'usage courant; il utilise parfois aussi de nouvelles traductions des termes. Les termes désignant les parties du discours sont presque identiques à ceux utilisés par J. K. L. Šmigoc dans sa grammaire (1812).
Corpus illustratifLes exemples sont en dialecte de l'est de la Styrie et sont tous traduits en allemand. Dans la partie initiale, où il décrit la prononciation de certains sons, Dajnko fait référence à l'allemand, mais aussi au français et à l'italien.
Indications compl.La préface est suivie d'un glossaire de termes linguistiques sur deux pages dans lequel les termes latins paraissent comme entrées et des traductions en allemand comme équivalents. Dans les années 20 du 19e s., il y a eu plusieurs tentatives de réforme orthographique. L'idée centrale dont la source principale était la grammaire de Jernej Kopitar était de remplacer les groupes de plusieurs lettres représentant les chuintantes par une seule lettre et augmenter ainsi le nombre de lettres disponibles. L'alphabet Dajnko – dajnčica – fut – mis part l'alphabet Metelko (metelčica) – la tentative la plus connue de réforme d'orthographe, ce qui a déclenché la guerre de l'alphabet. L'alphabet qui remporta la guerre fut l'alphabet Bohorič (bohoričica) partiellement adapté, qui avait été en usage depuis 250 ans, mais qui, dans les années 40 du 19e s., céda à son tour sa place, sans résistance majeure, à l'alphabet Gaj (gajica) d'origine croate qui est resté en usage jusqu'à nos jours.
Influence subieLa position de Dajnko en matière de la langue a été influencée par le groupe de prêtres styriens appelé svetourbanska akademija (Académie du Saint Urbain) ainsi que par l'association Slovensko društvo (Association slovène) à Graz. Ses précurseurs en matière de la langue littéraire étaient les poètes Leopold Volkmer et Štefan Modrinjak, tous les deux provenant de la région linguistique de l'est de la Styrie. Janez K. L. Šmigoc venant de Haloze est l'auteur d'une grammaire pratique (1812) écrite en allemand et destinée aux Allemands, dans laquelle il fournit, parmi les exemples illustratifs slovènes, également des exemples provenant de la région de l'est de la Styrie. De la même façon, Janez Nepomuk Primic, le premier professeur de la langue slovène au lycée de Graz, a tenu compte du lexique provenant de cette région dans ses livres (1813, 1814). Cette entrée du dialecte de l'est de la Styrie dans la sphère littéraire rejoignant ainsi la langue standardisée du centre était l'étape préliminaire pour les efforts que Dajnko a poursuivis plus tard. Dans la première partie de sa grammaire (morphologie et formation de mots) ainsi que dans la seconde (syntaxe), Dajnko aurait en partie suivi le linguiste tchèque Josef Dobrovský et sa Lehrgebäude der Böhmischen Sprache de 1819: dans la partie sur la morphologie, il accorde la priorité à la classification de la langue basée sur la formation de mots sur la classification grammaticale traditionnelle; la structure de la partie sur la syntaxe est, du point de vue du contenu, semblable à celle de la grammaire tchèque; elle contient des règles sur l'accord, la dépendance, l'ordre de mots, l'ellipse. La comparaison avec les grammaires slovènes précédentes montre que Dajnko les connaissait et qu'il en a aussi pris certaines pour modèle (Marko Pohlin, Jernej Kopitar, Valentin Vodnik, Janez Krstnik Leopold Šmigoc). L'influence de Jernej Kopitar est visible, par ex., dans le modèle même de la grammaire, et, du point de vue du contenu, dans une certaine mesure dans la phonétique et surtout dans la morphologie: traitement des parties du discours, exemples des déclinaisons, division des verbes à partir du présent. Pohlin est précurseur de Dajnko quant à la classification sémantique des préfixes et suffixes.
Influence exercéePar son choix du dialecte de l'est de la Styrie en tant que base de la langue littéraire, par sa standardisation et par son alphabet rénové, Dajnko a exercé une grande influence sur certains de ses contemporains dans cette région linguistique (Vid Rižner, Anton Šerf). Environ 50.000 exemplaires de livres auraient été publiés en alphabet Dajnko; le dernier livre dans cet alphabet est paru en 1839. Dans la période 1831–1838, des manuels scolaires aussi ont été publiés dans cet alphabet, mais l'interdiction de son utilisation dans les établissements scolaires (l'alphabet a été finalement rejeté comme inadéquat) a fortement réduit les possibilités de lire les livres de Dajnko et d'utiliser sa grammaire. L'influence indirecte de Dajnko sur l'implantation de «nouvelles formes» (nove oblike) dans la langue littéraire centrale qui proviennent de dialectes périphériques est soulignée par Anton Murko et encore davantage par Fran Miklošič. Cette unification et ce rapprochement ont éliminé les causes du séparatisme à la Dajnko au niveau de la langue littéraire. D'une façon générale, ce sont les tendances intégratives qui ont prévalu dans la langue littéraire: elles étaient les seules à pouvoir assurer une existence permanente de la langue littéraire vu l'expansion des domaines de son utilisation.
Renvois bibliographiquesBreznik A. 1929; Jesenšek M. & Rajh B. (éd.) 1998; Orel I. 2003, 2004; Orožen M. 2004; Rajh B. (éd.) 1998; Rajh B. 1998; Rajhman J. 1970; Rigler J. 1968.
→ Références
Auteur de la noticeNarat, Jožica ( Version slovène de la notice); Trojar, Mitja (trad.)
Création ou mise à jour2016-03