CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux Imprimer Retour écran
Menu CTLF Notices Bibliographie Images Textes Articles

Slovenski pravopis

Levec, Fran

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires des langues slaves [3483]
Fac-similé(s)Slovnice in pravopisi (éd. 1899)
Texte(s)
Nom de l'auteurLevec, Fran
Datation de l'auteur1846–1916
Biographie de l'auteurFran Levec est né à Ljubljana. Après le lycée, il a fait ses études à l'université de Vienne (études de langues slaves et germaniques, d'histoire et de géographie). Dans cette période, il s'est engagé activement dans la littérature et la culture. D'abord, il a travaillé au lycée à Nova Gorica (1871), à partir de 1873, il a enseigné le slovène au lycée professionnel à Ljubljana pendant 28 ans, mais il a aussi passé l'agrégation de géographie et d'histoire. Il est surtout connu comme rédacteur en chef de la revue littéraire et culturelle centrale Ljubljanski zvon (1881-1890), dans laquelle il a aussi publié ses propres études d'histoire littéraire. En outre, il a rassemblé des œuvres littéraires et publié des éditions d'œuvres complètes. En tant que rédacteur en chef, il a porté une attention particulière à l'aspect linguistique des textes de ses contemporains. Dans son Slovenski pravopis (Orthographe slovène) de 1899, il a réuni son expérience de pédagogue et d'éditeur; certaines des solutions qu'il a retenues ont suscité des polémiques avec les contemporains et parfois un agacement qui a persisté encore une bonne dizaine d'années après la parution. Levec a aussi travaillé comme inspecteur pédagogique au district de Radovljica, ensuite aussi comme directeur des deux séminaires d'enseignants et comme inspecteur pédagogique régional pour les écoles primaires en Carniole. Il a été mis à la retraite comme conseiller de la cour en 1915. Il est mort à Ljubljana.
Titre de l'ouvrageSlovenski pravopis
Titre traduitOrthographe slovène
Autre titreSlovenski pravopis
Remarques sur le titre
Type de l'ouvrageManuel d'orthographe scolaire constitué d'une partie plus étendue (règles) et d'une partie lexicographique plus courte (dictionnaire). Du point de vue de ses dimensions et de l'information qu'elle apporte, l'œuvre est plutôt modeste. Le manuel se concentre principalement sur les problèmes de la graphie, notamment sur la relation son-lettre, en partie aussi sur les problèmes morphologiques. La partie dictionnaire contient des références à l'argumentation présentée dans la partie théorique (règles).
Type indexéDictionnaire. Orthoépie. Traité de morphologie.
Original (date, lieu)1899, Vienne, Cesarska kraljeva zaloga šolskih knjig.
Période|19e s.|
Édition utilisée1899, Vienne, Cesarska kraljeva zaloga šolskih knjig.
Volumétrie167 pages. Règles= 166 005 signes; dictionnaire= 116 883.
Nombre de signes282 888
Reproduction moderneL'édition électronique de 2012 permet aussi la recherche dans le texte.
DiffusionLa seule édition est celle de 1899; elle a été suscitée par l'appel du ministère de l'éducation austro-hongrois.
Langue(s) cible(s)Slovène.
MétalangueSlovène (en partie aussi l'allemand).
Langue des exemplesSlovène.
Sommaire de l'ouvrageA. RÈGLES (5-124): Première partie, Phonétique (5-22): I. Sons [Glasniki] (5), II. Comment prononcer et écrire la consonne l (6-7), III. La division des voyelles et consonnes (7-8), IV. Alternances vocaliques [Premembe na samoglasnikih] (8-11), V. Alternances consonantiques [Premembe na soglasnikih] (11-22). Deuxième partie, Morphologie (23): I. Déclinaison (23-30), II. Déclinaison des noms propres (31-34), III. Adjectif (34-39), IV. Pronom (39-42), V. Conjugaison (42-53). Troisième partie, Formation des mots [Debloslovje] (54-74): I. Substantifs dérivés par suffixation [Tvoritev samostalnikov s priponami] (54-56), II. Adjectifs dérivés par suffixation [Tvoritev pridevnikov s priponami] (56-59), III. Verbes empruntés à l'allemand dérivés par le suffixe -ieren [Tvoritev izposojenih glagolov na -ieren] (59), IV. Mots dérivés par des préfixes [Besede, sestavljene s predlogi iz-, s-, u-, v-, vz-] (60-61), V. Mots et noms propres empruntés [Kako obrazimo tuja imena] (61-74). Quatrième partie, Ordre de mots dans la phrase (75-79). Cinquième partie, Règles d'orthographe (80-102): I. Usage de majuscules et minuscules [Katere besede pišemo z veliko začetnico] (80-89), II. Graphie de mots dérivés en un mot ou en plusieurs mots [Kako pišemo sestavljene besede] (89-93), III. Division des mots en syllabes [Kako delimo ali razstavljamo besede na zloge] (93-95), IV. Usage d'accents et de signes diacritiques [Kakšna besedna znamenja nam rabijo v pisanju posameznih besed] (95-102). Sixième partie, Ponctuation [Kakšna znamenja nam rabijo v pisanju posameznih stavkov]. (Signes de ponctuation) (103-120): I. Virgule (103-108), II. Point-virgule (108-110), III. Deux points (110-111), IV. Point (111-112), V. Point d'interrogation (112-113), VI. Point d'exclamation (113-114), VII. Tiret (114-117), VIII. Guillemet (117-119), IX. Parenthèse (119), X. Astérisque et obèle (120), XI. Signe égal (120), XII. Paragraphe (120). Appendice (121-124).
B. DICTIONNAIRE (125-165).
Objectif de l'auteurEn tant que rédacteur actif d'une revue littéraire centrale (Ljubljanski zvon), qu'éditeur d'œuvres complètes d'auteurs slovènes classiques et que pédagogue, Levec voulait contribuer, avec ce manuel publié à la charnière des 19e et 20e s., à l'unification de la norme slovène écrite. En témoigne aussi sa position envers les variantes dans la norme qu'il a par endroits unifiée pour faciliter l'apprentissage de la langue slovène écrite aux apprenants.
Intérêt généralIl s'agit du premier manuel d'orthographe slovène officiellement reconnu comme manuel scolaire. Il est paru alors que la Slovénie faisait encore partie de l'Empire austro-hongrois. Dans la partie autrichienne de l'Empire, la Cisleithanie, le slovène était la (première ou seconde) langue régionale, alors que l'allemand avait le statut de langue de l'État (mais pas celui de langue officielle exclusive). En tant que manuel normatif spécialisé ayant une fonction surtout didactique et le caractère d'un ouvrage de référence, il a atteint un public plus large de gens alphabétisés que le dictionnaire de Maks Pleteršnik (1894-1895) qui lui servait de base pour les données linguistiques. La partie théorique de l'orthographe (Règles) contient aussi des chapitres grammaticaux liés à l'orthographe (prêtant une attention particulière à la relation lettre-son) et à la slovénisation des éléments étrangers. Le dictionnaire contient surtout le lexique dont l'usage était encore flottant du point de vue de l'orthographe et qui posait, de ce fait, des problèmes. Le manuel a déclenché bien des polémiques en raison de l'alternance de la consonne l et sa variante bilabiale u, parce que Levec a proscrit la graphie traditionnelle bralec bien ancrée dans l'usage (et la graphie d'autres mots contenant le suffixe -a/ilec et -a/ivec) et l'a remplacée par la graphie bravec.
Parties du discoursL'auteur n'aborde pas directement le sujet de l'organisation en parties du discours, mais traite des déclinaisons du nom et de l'adjectif, des conjugaisons des verbes, ainsi que de la dérivation et de la suffixation des mots en général.
Innovations term.Du point de vue de la terminologie, l'auteur s'appuie, dans la partie théorique (Règles), sur les manuels scolaires contemporains pour les écoles secondaires. En tant que professeur de slovène, il prend soin de répandre l'usage de termes slovènes (samostalnik, pridevnik, soglasnik, etc.) et le fait aussi dans la partie constituée du dictionnaire, si bien que la métalangue diffère de celle utilisée dans le dictionnaire de Maks Pleteršnik (1894-1895).
Corpus illustratifLe corpus illustratif est adapté au contenu du manuel. Généralement parlant, la partie théorique est assez pertinente en ce qui concerne l'exemplification puisqu'elle fournit des exemples difficiles rencontrés dans l'usage – tel est le cas des noms propres ainsi que des mots récemment formés. Pour illustrer la syntaxe et la stylistique de la langue slovène, Levec tire des exemples: d'œuvres d'auteurs classiques slovènes dont il ne mentionne pas les noms (par ex. France Prešeren); d'ouvrages de vulgarisation sur l'histoire slovène récente et lointaine (christianisation, invasions ottomanes); de la littérature sur l'histoire, la culture et la géographie locales; du corpus de proverbes et dictons slovènes; de ses propres œuvres. Le corpus illustratif reflète aussi l'ordre social et l'idéologie (Mi čvrsti Slovenci smo, gremo na boj za pravdo, za dom, za cesarja [Nous sommes des Slovènes fermes, nous allons nous battre pour la justice, la patrie, l'empereur]), ce qui est visible surtout dans l'exemplification des manières de s'adresser à quelqu'un, de l'aborder et d'exprimer le respect, puisque les exemples dans ces chapitres ne parlent que de la famille impériale austro-hongroise et de dignitaires de l'Église catholique. La partie dictionnaire apporte une information assez modeste: les distinctions sémantiques sont expliquées à l'aide d'équivalents allemands (Lah = der Italiener, Vlah = der Walache); de rares mots fonctionnels (conjonctions, préposition, etc.) apparaissent généralement en contexte; des exemples plus étendus sont utilisés dans les entrées où l'auteur a voulu avertir le lecteur d'usages inappropriés dans la langue littéraire ou courante (rabiti: ce verbe s'utilise souvent incorrectement à l'oral et à l'écrit…). Le corpus illustratif est d'ailleurs limité au niveau lexical.
Indications compl.En ce qui concerne l'orientation normative de l'ouvrage, l'auteur avertit expressément le lecteur d'exemples d'usage incorrect à tous les niveaux de la langue. Tenant compte du destinataire, il formule ses avertissements de façon plus ou moins expressive, selon le genre de la faute qu'il signale (par ex. Celui qui prononce [de cette manière], fait des singeries, parle une langue étrangère, avec affectation et fait violence au parler national ou Dans les écoles, cette erreur est tellement enracinée qu'il faudra lui déclarer une guerre ouverte). Dans le dictionnaire, la norme est signalée de plusieurs façons: a) par un signe graphique – obèle – indiquant la forme à proscrire (neokusen) † ( neukusen); (hrošč) †( hrost); b) par un commentaire linguistique (rabiti: ce verbe s'utilise souvent incorrectement à l'oral et à l'écrit au lieu du verbe potrebovati); c) par des marques signalant l'origine étrangère du lexème (hrvaški (hrvatski hs. [croate]); d) par des renvois aux graphies plus appropriées (hrasta gl. [v.] krasta); e) par des marques de coordination servant à évaluer les variantes (nemam in [et] nimam; inako = drugače; mikam, mičem; marmor, ora in [et] orja). L'information au niveau de la microstructure est limitée à la graphie du mot (žerjav, ženska). Les indications concernant l'orthoépie et la morphologie sont plutôt modestes puisque le dictionnaire ne fournit que les formes particulières du génitif (okvir, ra; krhelj, hlja; kábel, bla et kebèl, blà) et du présent (odpehniti, odpahnem). Alors que les informations grammaticales sont fournies de façon explicite, les informations concernant la formation des mots proviennent de la graphie des dérivés (žival, živalca; opolnoči, opolnočen, opolnočnica). Les caractéristiques syntaxiques des lexèmes ne sont fournies qu'avec parcimonie et sporadiquement; à certains endroits, rarement pourtant, l'entrée étant accompagnée de l'équivalent allemand qui indique la distinction sémantique entre les paronymes (par ex. želo versus žrelo).
Influence subieL'auteur a pris pour modèle le manuel d'orthographe croate de Ivan Broz (Hrvatski pravopis, 1893) dont la structure est semblable (règles, dictionnaire), comparable du point de vue de l'information et destinée aussi à l'usage scolaire dans des circonstances sociales similaires. La source des données linguistiques est le dictionnaire Slovensko-nemški slovar (Dictionnaire slovène-allemand) (1894-1895) de Maks Pleteršnik, surtout pour le lexique dont la graphie n'était pas encore stable; Levec traite aussi du lexique dans les règles d'orthographe et mentionne de fréquentes fautes d'orthographe qu'il a rencontrées lors de ses activités professionnelles. Pour l'évaluation normative, il s'est appuyé sur Maks Pleteršnik, justifiant les écarts par les solutions proposées par Stanislav Škrabec dans ses réflexions sur les couvertures de la revue religieuse Cvetje z vrtov svetega Frančiška (Fleurs des jardins du saint François).
Influence exercéeLe traité d'orthographe suivant a été publié en 1920 par Anton Breznik. Dans cette période, le slovène a atteint un degré supérieur de stabilité. Il semble que ce sont les discussions publiques, plutôt que l'orthographe de 1899 elle-même, qui ont influencé les opinions sur la forme unifiée de la langue écrite. Ces discussions ont traité des problèmes d'orthographe spécifiques et exercé une influence sur la dissémination des problèmes d'orthographe parmi les linguistes, linguistes amateurs, amateurs de la langue, et finalement aussi sur la conscience générale de la culture linguistique.
Renvois bibliographiquesBokal L. 2000; Breznik A. 1913; Dobrovoljc H. 2004; Dobrovoljc H. & Bizjak Končar A. 2011; Gložančev A. 1997; Štrekelj K. 1911.
→ Références
Auteur de la noticeDobrovoljc, Helena ( Version slovène de la notice); Trojar, Mitja (trad.)
Création ou mise à jour2016-06