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Grammatica germanicæ linguæ

Clajus, Johannes

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires allemandes [3504]
Fac-similé(s)
Texte(s)
Nom de l'auteurClajus, Johannes
Datation de l'auteur1535-1592
Biographie de l'auteurVariante du nom: Klaj, Johann, dit der Ältere. Maître d'école et grammairien allemand. Né à Herzberg en Saxe, il fait ses études à Leipzig et enseigne - dans sa région natale, puis en Silésie - la musique, les poètes latins, ainsi que le grec et l'hébreu pour lequel il écrivit une grammaire. Il poursuivit ensuite des études de théologie à Wittenberg où il obtint sa maîtrise en 1570. Nommé recteur de l'école de Nordhausen en 1572, il fut, à partir de 1574, pasteur à Bendeleben (Thuringe), où il rédigea sa "grammaire de la langue allemande"; il est également l'auteur d'ouvrages de spiritualité, de pédagogie ainsi que de poésie.
Titre de l'ouvrageGrammatica germanicæ linguæ. Iohannis Claij Hirtzbergensis: ex bibliis Lutheri germanicis et aliis eius libris collecta
Titre traduitGrammaire de la langue allemande, tirée des bibles allemandes et d'autres ouvrages de Luther. Par Johannes Clajus, d'Herzberg
Autre titreGrammatica germanicæ linguæ
Remarques sur le titre
Type de l'ouvrageGrammaire scolaire (pour étrangers et pour les Allemands) qui vise à montrer la dignité de l'allemand par son aptitude à être systématisé.
Type indexéGrammaire didactique.
Original (date, lieu)1578, Leipzig, chez Johannes Ramba.
Période|16e s.|
Édition utiliséeReprographie de la première édition, Documenta Linguistica, Quellen zur Geschichte der deutschen Sprache des 15. bis 20. Jahrhunderts. Reihe V. Hildesheim, New York, 1973.
Volumétrie279 [+ XV] pages; env. 780 signes par page.
Nombre de signes225 000
Reproduction moderneReprographie de la première édition, Documenta Linguistica, Quellen zur Geschichte der deutschen Sprache des 15. bis 20. Jahrhunderts. Reihe V. Hildesheim, New York, 1973.
Diffusion12 éditions de 1578 à 1894. A partir de la deuxième édition, le titre devient: Grammatica Germanicæ linguæ ex optimis quibusque Autoribus collecta Opera et studio. La 12e édition est celle, critique, de F. Weidling, Strasbourg, 1894. Une traduction en danois: En Tydsk Grammatica, par Frederik Andersen Klyne, éditeur Johan Philip Bockenhoffer, sans date (la préface est datée du 16 novembre 1696). Une édition abrégée: Johannes Gezelius der Ältere: Grammaticæ Germanicæ Synopsis (s. l. n. d.).
Langue(s) cible(s)Allemand.
MétalangueLatin.
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageOrthographe (p. 2-10). Prosodie (10-15). Etymologie (15-211: article, nom, pronom, verbe, participe, adverbe, conjonction, préposition). Syntaxe, quatrième partie de la grammaire (213-257: syntaxe des articles, des noms [substantifs - adjectifs], des pronoms, des verbes personnels, des verbes impersonnels, des participes, des adverbes, des conjonctions, des prépositions). Du métaplasme, ou des figures de l'orthographe (218-261). Métrique allemande ancienne (261-272). Métrique moderne (272-279).
Objectif de l'auteurLa dignité de l'allemand étant établie de par son origine et de par le caractère inspiré de la traduction allemande de la Bible par Luther, Clajus entend apporter par sa grammaire un démenti à l'opinion régnante, selon laquelle l'allemand serait une langue très difficile et impossible à synthétiser sous forme de règles. La grammaire de Clajus répond ainsi à un double objectif: d'une part, elle constitue un outil commode pour les étrangers qui veulent apprendre l'allemand, et d'autre part, elle donne aux autochtones les moyens de s'exprimer de manière correcte et idiomatique.
Intérêt généralClajus apporte une des premières réponses (dans l'aire germanique) au problème que le passage du latin au vernaculaire posait en termes nouveaux, à savoir celui du degré d'universalité des catégories du latin. Si, par delà le schéma de présentation et le métalangage, Clajus conserve autant que faire se peut les catégories de la grammaire (gréco)latine, il ne peut méconnaître que certaines distinctions du latin lui sont propres (ex. les genera verbi, différents en latin et en allemand). Il observe que l'universel se situe au niveau de la signification, et note qu'une même signification peut être exprimée différemment selon les langues, sans toutefois exploiter totalement cette dernière réflexion (ex. le système des cas, donné comme identique en latin et en allemand, et ce en dépit des paradigmes respectifs).
Parties du discoursConforme à la tradition grammaticale latine, en particulier à celle initiée par Donat (8 parties du discours; + article, interjection intégrée à l'adverbe; nom divisé en propre et appellatif, ce dernier subdivisé en substantivum et adjectivum).
Innovations term.Clajus ne les recherche pas dans son métalangage.
Corpus illustratifConstitué d'exemples en allemand, suivis de leur équivalent ou de leur traduction en latin.
Indications compl.Intérêt pédagogique: effort de systématisation à partir de l'observation d'un usage (l'allemand de Luther), ce qui aboutit à l'édification de règles à valeur normative devant conduire à une expression conforme à cet usage. Mais parce qu'elle est rédigée en latin, la grammaire de Clajus ne permet en fait de (bien) parler allemand qu'à ceux qui savent le latin.
Influence subieElle est double; il y a d'une part celle de la tradition grammaticale latine (de Donat à Melanchthon), et d'autre part celle des grammairiens allemands antérieurs (notamment Albertus et Ölinger).
Influence exercéeElle dépasse la région de Meißen et la Saxe pour gagner également l'Allemagne du Sud (où le luthéranisme était moins répandu). Les grammairiens allemands ultérieurs connaissent la grammaire de Clajus, qui exerce une influence plus directe sur Ritter (1616), Gueintz (1641), et Schottel (1641/1663).
Renvois bibliographiquesMoulin-Fankhänel C. 1994 (p. 51-61), 1997 (p. 368-369); Petry U. & Keinästö K. 2009.
→ Références
Auteur de la noticeLecointre, Claire
Création ou mise à jour2000