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Versuch einer allgemeinen Sprachlehre

Vater, Johann Severin

ChapitreGrammaires des langues européennes modernes
Sous-chapitreGrammaires allemandes [3518]
Fac-similé(s)Google Livres
Texte(s)
Nom de l'auteurVater, Johann Severin
Datation de l'auteur1771–1826
Biographie de l'auteurGrammairien et orientaliste allemand. A partir de 1794, enseignant à l'Université de Halle. En 1798, professeur de théologie à l'Université de Iéna. De 1800 à 1809, professeur de théologie et de langues orientales à Halle. De 1810 à 1820, professeur de théologie à Königsberg. En 1820, retour à sa chaire de Halle, qu'il occupe jusqu'à sa mort. Auteur d'ouvrages importants de théologie, de grammaires et de lexiques de l'arabe, du syrien, de l'hébreu, du chaldéen, du russe, de la langue prusso-lithuanienne et de l'allemand comme langue étrangère, coauteur des tomes 2 à 4 du Mithridates (voir Adelung et al. , notice 5107). Orientaliste renommé. Fondateur de la slavistique en Allemagne. Travaux importants dans le domaine du comparatisme (pour une bibliographie des travaux linguistiques, voir Brekle 1970c).
Titre de l'ouvrageVersuch einer allgemeinen Sprachlehre. Mit einer Einleitung über den Begriff und Ursprung der Sprache und einem Anhange über die Anwendung der allgemeinen Sprachlehre auf die Grammatik einzelner Sprachen und auf die Pasigraphie
Titre traduitEssai d'une grammaire générale. Avec une introduction traitant du concept et de l'origine du langage et avec une annexe présentant l'application de la grammaire générale à des langues particulières et à la langue universelle écrite
Autre titreVersuch einer allgemeinen Sprachlehre
Remarques sur le titre
Type de l'ouvrageGrammaire générale rationnelle.
Type indexéGrammaire générale. Grammaire rationnelle.
Original (date, lieu)1801, Halle, Rengersche Buchhandlung.
Période|19e s.|
Édition utilisée1801, Halle, Rengersche Buchhandlung.
VolumétrieIn-8°, nombre de pages: XVI + 295 = 311 pages, nombre moyen de signes par page: 1 320.
Nombre de signes412 075
Reproduction moderne1970, réimpression en fac-similé de l'édition de 1801, introduction et commentaire de H. E. Brekle, Grammatica Universalis 3, Stuttgart-Bad Cannstatt, Friedrich Frommann Verlag (Günther Holzboog).
Diffusion
Langue(s) cible(s)Toutes les langues.
MétalangueAllemand.
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageDédicace à F. A. Wolf (1 p.), Préface (p. V-XI); Table des matières analytique (XII-XVI). Première section (1-28): définition du langage comme spécifiquement humain, comme émission intentionnée de sons articulés signifiant des concepts par convention et habitude. La connaissance d'une langue particulière présentée comme nécessairement empirique. Rôle du langage: exprimer la pensée et les sensations, former l'"âme", fixer les contenus mentaux, engendrer chez l'auditeur les mêmes concepts que ceux présents chez le locuteur. Deuxième section (29-134): concernant l'origine du langage, la formation des langues, l'étymologie et la parenté entre langues et dialectes particuliers, classement des méthodes d'investigation et des résultats comme relevant du domaine des connaissances hypothétiques; rejet de la théorie de l'origine divine du langage; entendement et volonté de communication comme condition sine qua non du langage. Supposition de sons significatifs exprimant des sensations ou imitant des sons naturels comme origine du langage; théorie de l'évolution des facultés de l'entendement et des langues jusqu'à leur état actuel. Troisième section (135-162): "Du concept et de la justification d'une grammaire générale": rejet, 1° d'une grammaire générale fondée sur une approche empirique consistant dans la comparaison des langues particulières et 2° de l'idée d'une phonologie générale. Distinction entre le langage, "l'ensemble des sons significatifs pour toutes les pensées" (p. 136) et l'acte langagier, i.e. "communication, désignation et représentation" (ibid.). Etablissement d'une sémiotique pragmatique. Nécessité de fonder la grammaire générale sur une analyse du contenu des représentations mentales, i.e. des jugements et des concepts qui, tous deux, ont une structure sujet - prédicat. Fondement de la répartition des mots d'une langue en classes de mots sur la décomposition possible du sujet, du prédicat, de l'assertion. Quatrième section (163-257): "Esquisse d'une grammaire générale"; les espèces principales des concepts du jugement; déduction des parties du discours possibles correspondant à l'expression de ces espèces de concepts; rejet de l'idée d'une syntaxe générale. Cinquième section (258-268): "Application de la grammaire générale aux grammaires de langues particulières"; procédé pour le grammairien cherchant les désignations des concepts relevés par la grammaire générale. Sixième section (268-273): "Utilisation de la grammaire générale pour la pasigraphie": rejet de l'idée d'une langue idéale, universelle; utilisation de la grammaire générale comme instrument critique des langues existantes. Septième section (274-289): Bibliographie; Index des matières (290-295).
Objectif de l'auteurA partir d'une analyse du jugement mental supposé antérieur à tout acte linguistique ainsi que des données fondamentales d'une situation de communication, Vater cherche à établir tous les constituants d'un jugement et leurs relations ainsi que les catégories linguistiques comme leurs correspondances dans l'expression linguistique. Il considère la grammaire générale ainsi constituée comme le fondement des grammaires particulières.
Intérêt généralCet ouvrage est certainement l'une des grammaires rationnelles les plus limpides et conséquentes. Outre la mise en correspondance, classique dans cette tradition, des constituants d'un jugement et des catégories linguistiques, Vater présente les éléments d'une sémiotique comme éléments à prendre en considération en vue d'une analyse du langage. Ces éléments sont "1° celui qui désigne, 2° celui pour lequel on désigne, 3° l'objectif de la désignation, 4° le succès obtenu concernant cet objectif, 5° le signe, le moyen, 6° ce qui est désigné" (p. 136, cf. Brekle 1970d). Il établit ainsi le fondement d'une sémiotique pragmatique. Vater accorde une place centrale aux données empiriques dans la mesure où la grammaire générale est censée établir les catégories morpho-syntaxiques possibles à partir d'une analyse des opérations mentales et, comme Beauzée (Grammaire générale, 1767, tome 1, notice 2411), il ne considère aucune de ces catégories linguistiques comme faisant partie d'une langue de manière nécessaire.
Parties du discoursLes catégories morpho-syntaxiques et les parties du discours sont directement déduites (parties du discours principales) ou indirectement déduites (parties du discours secondaires déduites des premières) d'une analyse du jugement qui, conformément à la tradition des grammaires rationnelles, est considéré comme composé de trois parties: sujet, prédicat, assertion. Font partie des catégories principales: les substantifs exprimant le concept d'un sujet, porteur de propriétés et ayant une structure interne sujet - prédicat, les adjectifs désignant les concepts de propriétés, les verbes désignant le prédicat plus l'assertion, le verbum substantivum exprimant l'assertion seule, les adverbes déterminant toute expression de propriété, les cas obliques et les prépositions désignant des concepts de sujet correspondant à des déterminations du prédicat, les conjonctions exprimant la relation entre phrases, les interjections exprimant des sentiments. Font partie des catégories linguistiques "secondaires" les classes des substantifs (pronoms, noms propres, substantifs de classe, substantifs abstraits, adjectifs et verbes substantivés), les articles, les classes des verbes (neutres, intransitifs, transitifs, réciproques, inchoatifs, fréquentatifs, désidératifs), différentes classes d'adjectifs et d'adverbes avec une distinction entre adverbes déterminant l'assertion vs adverbes déterminant le concept d'un adjectif, différentes classes de conjonctions, les modes, les temps (absolus vs relatifs). Concernant les pronoms, Vater met en évidence le caractère de non-personne de la 3e personne du pronom personnel (cf. p. 190 sq.) et la double fonction du pronom relatif (cf. p. 193 sq.). En analysant les prépositions et les cas, Vater distingue entre déterminations nécessaires à la complétude des concepts (par ex. verbes actifs, adjectifs exprimant un manque ou un désir [p. 233 sq.]) et déterminations facultatives (par ex. de temps, de lieu, de manière, du bénéficiaire).
Innovations term.
Corpus illustratifLes exemples, principalement en allemand, quelques-uns en latin et grec, sont forgés.
Indications compl.
Influence subieCf. la bibliographie de l'ouvrage (p. 274-289) où sont mentionnés des ouvrages de référence de tous les courants de la philosophie du langage du 18e s. (notons que l'existence d'une bibliographie est un fait rare à l'époque). Et en effet, Vater s'inspire aussi bien du sensualisme, du rationalisme que du criticisme et de l'idéalisme transcendantal. Ainsi, le fondement épistémologique ainsi que le modèle de l'entendement sont kantiens, l'hypothèse concernant l'origine du langage est proche de la position de Herder, la théorie de la (re)présentation de Roth (1795) est partiellement reprise, celle du caractère dialogique du langage présente chez Fichte (1795) semble sous-tendre l'approche sémiotique de Vater.
Influence exercéeSelon Naumann (1986, p. 75 et 170), le Versuch aurait influencé Jakob (1814) qui suit Vater pour rédiger une grammaire générale destinée à l'emploi scolaire, et Heyse (1814).
Renvois bibliographiquesAdelung J.C. 1970 [1806, 1809, 1816, 1817]; Brekle H.E. (éd.) 1970; Fichte J.G. 1971 [1795]; Forsgren K.-Å. 1985; Herder J.G. 1964 [1772]; Jakob L.H. 1814; Kant I. 1980 [1781], 1992 [1790]; Naumann B. 1986, 1996; Nerlich B. & Clarke D.D. 1996 (p. 40-42); Neumann W. 1987; Roth G.M. 1795; Vater J.S. 1805.
→ Références
Auteur de la noticeSpitzl-Dupic, Friederike
Création ou mise à jour2000