CTLF Corpus de textes linguistiques fondamentaux Imprimer Retour écran
Menu CTLF Notices Bibliographie Images Textes Articles

Aṣṭādhyāyī

Pāṇini

ChapitreTraditions non occidentales
Sous-chapitreSanskrit: travaux pré-paninéens, école paninéenne [4304]
Fac-similé(s)Göttingen Register of Electronic Texts in Indian Languages (GRETIL)
Texte(s)
Nom de l'auteurPāṇini
Datation de l'auteurMilieu du 4e s. a.C.?
Biographie de l'auteurGrammairien indien. Originaire de Śalātura (au nord de Peshawar), dans l'extrême Nord-ouest du sous-continent indien (?). Fondateur de la principale école grammaticale sanskrite.
Titre de l'ouvrageAṣṭādhyāyī. Aṣṭaka. Sūtrapāṭha. Vyākaraṇasūtra
Titre traduit(Formulaire) en huit leçons. id. Récitation des formules. Formulaire d'analyse (de paroles)
Autre titreAṣṭādhyāyī
Remarques sur le titre
Type de l'ouvrageTraité grammatical visant à permettre, à partir d'une analyse des mots en base et affixes, la génération des formes correctes de la langue sanskrite, par un système dérivationnel génératif intégrant, sous certaines conditions, morphologie, sémantique et syntaxe.
Type indexéTraité grammatical.
Original (date, lieu)Au plus tard, milieu du 4e s. a.C. Première éd. impr.: 1809 (Calcutta), sur laquelle se fonde O. Böhtlingk en 1839-40 (Bonn). Éd. de référence: Böhtlingk, 2e édition, 1887, Leipzig (réimpr. Hildesheim, Olms, 1964-1977).
Période|-4e s.|
Édition utilisée1966, Paris, L. Renou, La Grammaire de Pāṇini. École Française d'Extrême-Orient.
VolumétrieVol. 1, 413+7 pages.; vol. 2, 490+7 p.; 60 signes par page. environ, en excluant la traduction et les explications de l'éditeur.
Nombre de signes54 180
Reproduction moderne1998, New Delhi, Motilal Banarsidass, réimpr. de l'éd. d'O. Böhtlingk.
DiffusionNombreux manuscrits, relativement récents, mais d'un intérêt limité dans la mesure où l'Aṣṭādhyāyī, chef-d'œuvre de concision, était destinée à être apprise par cœur et a essentiellement fait l'objet d'une transmission orale. Malgré de probables interpolations entre sa codification par Pāṇini et la rédaction des vārttika par Kātyāyana, l'Aṣṭādhyāyī est l'un des textes les mieux établis de toute la tradition indienne. Elle a été transmise, semble-t-il, sans variantes depuis l'époque de Patañjali (2e s. a.C.). Traductions: Renou 1966, 2 vol. (en français); Vasu 1891, 2 vol. (en anglais); Katre 1989. Traductions en cours, comprenant des explications détaillées fondées sur les commentaires: Sharma 1987-1997, 4 vol. couvrant les leçons 1 à 5 (en anglais); Joshi-Roodbergen 1991-1998, 7 vol. couvrant les leçons 1 à 2.3 (en anglais).
Langue(s) cible(s)Sanskrit.
MétalangueSanskrit, ainsi qu'emploi de noms techniques, d'abréviations et de conventions d'usage propres au traité.
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageL'Aṣṭādhyāyī comprend près de 4000 règles (3983 selon le découpage de la Kāśikā vṛtti), réparties sur huit leçons (adhyāya) subdivisées en quatre quartiers ou chapitres (pāda). Contenu: Leçon 1 (351 règles): noms techniques et métarègles, emploi des désinences de moyen et d'actif, sens des désinences nominales. Leçon 2 (268 règles): formation des composés et emplois des cas. Leçons 3-5 (631 + 635 + 555 règles): dérivation nominale primaire, formations verbales, suffixes de féminin, dérivation secondaire. Leçons 6-7 (736 + 438 règles): règles de jonction (sandhi) interne et externe, en composition, dans la chaîne parlée (saṃhitā); accentuation, faits védiques. Leçon 8 (369 règles): fonctions liées aux mots finis (fin de mot, mots en groupes, jonction de phrases), accents de phrase et procès phoniques des consonnes en contact. Pāṇini ne dissocie pas systématiquement le traitement de la langue parlée (qu'il nomme bhāṣā) de celle du Veda (chandas). Il pose des règles générales, que viennent entraver des règles particulières dans les cas où elles divergent. L'agencement des formules ne suit pas un schéma linéaire ou progressif, et il n'est pas rare de voir des règles situées dans des sections distinctes s'appliquer conjointement. Elles se présentent sous la forme de phrases nominales, dans lesquelles il convient de suppléer le verbe être à la 3e personne du sing. (bhavati). La pertinence du traité est conditionnée en grande partie - mais non exclusivement - par le principe d'économie. Pāṇini fait preuve d'un rare génie d'organisation en systématisant divers procédés visant à la concision maximale, qui permettent de noter en un minimum d'espace les modalités d'emploi de chaque élément grammatical. On notera en particulier l'usage conventionnel des désinences casuelles, de l'ellipse (reconduction implicite d'un mot ou d'une partie de règle dans les règles ultérieures, susceptible de s'étendre dans certains cas sur plusieurs chapitres), ainsi que l'adoption d'un certain nombre de marqueurs (anubandha), qui visent à permettre la formation d'abréviations et à indiquer des opérations morphologiques ou phonétiques. De par la concision des formules, le traité est incompréhensible sans les gloses qui l'accompagnent (plus ancien recueil disponible: Kāśikā vṛtti), ce qui laisse place à des divergences d'interprétation dont les commentateurs tirent parti. L'Aṣṭādhyāyī suppose plusieurs traités ancillaires: Dhātupāṭha, Gaṇapāṭha, Uṇādisūtra, Pratyāhārasūtra. On attribue également à Pāṇini un ouvrage relatif au genre, le Liṅgānuśāsana, et un manuel de phonétique intitulé Pāṇinīyaśīkṣā..
Objectif de l'auteurConcevoir un manuel pratique de formation des mots et des phrases corrects du langage, impliquant une investigation théorique préalable sur la structure du sanskrit et visant, à partir de cette analyse, à établir un procédé de génération des formes linguistiques.
Intérêt généralModèle de description structurelle d'une langue, l'Aṣṭādhyāyī est la plus ancienne grammaire du sanskrit qui nous soit parvenue. Elle témoigne de l'état de la langue à la fin de l'époque védique et établit une norme qui servira de référence pour déterminer la correction de la langue classique. Du point de vue formel, elle constitue un modèle de référence pour le genre du sūtra.
Parties du discoursL'Aṣṭādhyāyī ne comporte pas de théorisation explicite des parties du discours et les grammairiens indiens ne reconnaissent pas comme telles, par exemple, l'adjectif, l'adverbe ou l'interjection, pas plus que les notions de syntagmes nominal ou verbal. Patañjali distingue quatre classes de mots (voir sous Patañjali). La prescription par Pāṇini d'opérations spécifiques en référence à certaines classes de mots (sarvanāman, "pronom", nipāta, "particule", etc.) témoigne cependant de sa conscience de l'existence de telles divisions. Par ailleurs, bien que la grammaire de Pāṇini traite principalement de morphologie et de phonétique, la syntaxe n'en est pas exclue et le système implique une analyse de la phrase. Celle-ci est centrée sur l'expression d'une action qualifiée par les différents facteurs (kāraka) concourant à sa réalisation (agent, objet, instrument, etc.). Le système dérivationnel est au cœur de la grammaire: les règles permettent de dériver des séquences abstraites de la forme [base + affixe(s)] qui aboutissent à la constitution de mots, l'introduction des affixes reposant principalement sur des critères sémantiques; l'élargissement du domaine de la morphologie aux relations syntaxiques permet la formation de phrases. Ce système ne comporte pas de théorie du genre.
Innovations term.Près de 200 termes techniques propres au traité, qui peuvent être classés en deux groupes: des mots qui ont un sens dans l'usage courant, redéfinis en vue de leur emploi technique (ex. guṇa, "qualité" ou "attribut", qui désigne conventionnellement dans la Grammaire les phonèmes a, e et o selon P. leçon 1, chap. 1, règle 2) et des noms artificiels, généralement très brefs (ex. ṭi, nom de la portion finale d'une forme à partir de la dernière voyelle, selon P. leçon 1, chap. 1, règle 54).
Corpus illustratifInexistant dans l'Aṣṭādhyāyī. Il appartenait probablement au commentaire oral aujourd'hui perdu. Ultérieurement, règles et exemples sont associés dans les gloses, ainsi qu'on l'observe dans la Kāśikā vṛtti..
Indications compl.
Influence subieHéritier probable d'une longue tradition, Pāṇini ne cite pas moins de dix noms de prédécesseurs (āpiśali, Kāśyapa, Gārgya, Gālava, Cakravarman, Bhāradvāja, Śākaṭāyana, Śākalya, Senaka et Sphoṭāyana), mais leurs ouvrages sont perdus; l'œuvre de Pāṇini a éclipsé toutes les élaborations antérieures et n'a pas été égalée depuis.
Influence exercéeTraité fondateur de l'ensemble de la tradition grammaticale, tant sanskrite que moyen-indienne. Les manuels des différentes écoles se démarquent peu de l'Aṣṭādhyāyī, excluant éventuellement les faits propres au Veda et l'accentuation. Cette œuvre, qui a fait l'objet de nombreux commentaires et sous-commentaires, a donné naissance à une riche tradition d'exégèse, dont l'influence dépasse largement le cadre de la grammaire pure et se fait sentir en particulier dans les écoles de logique et d'herméneutique. A partir du 12e s., parallèlement à l'affinement de l'exégèse traditionnelle, se fait jour une tendance à la réorganisation de l'ouvrage, visant à présenter les règles selon un schéma plus "pédagogique" (notamment en regroupant les règles en fonction de leur statut ou des formations concernées: règles d'interprétation, phonétique, dérivation nominale, verbale, formation des composés, etc.). L'un des exemples les plus connus de ce remaniement est la Siddhāntakaumudī de Bhaṭṭojī Dīkṣita.
Renvois bibliographiquesCardona G. 1976, 1988, 1999; Filliozat P.S. 1988; Joshi S.D. & Roodbergen J.A.F. 1991, 1993, 1994, 1995, 1996; Katre S.M. 1989; Pinault G.-J. 1989; Renou L. 1942, 1956; Scharfe H. 1977; Sharma R.N. 1987, 1990, 1995, 1997; Vasu S.C. 1891.
→ Références
Auteur de la noticeHaag, Pascale
Création ou mise à jour2000