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Eléments de syntaxe structurale

Tesnière, Lucien

ChapitreCompilations, linguistique historico-comparative, linguistique générale, phonétique et phonologie
Sous-chapitreLinguistique générale [5335]
Fac-similé(s)CTLF Images
Texte(s)CTLF Textes
Nom de l'auteurTesnière, Lucien
Datation de l'auteur13 mai 1893 – 6 décembre 1954
Biographie de l'auteurLinguiste français né à Mont-Saint-Aignan (Seine Inférieure [Seine Maritime]), mort à Montpellier. Lucien Tesnière se forme, avant la Première Guerre mondiale dans différentes universités: à Paris, il est l'élève d'Antoine Meillet et du dialectologue Jules Gilliéron (son étude du dialecte slovène [1926] fera date); à Leipzig, il rencontre Troubetzkoy, qui l'initiera aux travaux de l'Ecole de Prague; à Vienne, il étend le champ de ses connaissances des langues: langues slaves, langues germaniques, puis en captivité, de 1915 à 1918, l'hébreu, le finnois, le hongrois, le breton. Durant l'Entre-deux guerres, il enseigne le français à Ljubliana (1921-1924), est professeur de langues slaves et de français langue étrangère à Strasbourg (1924-1927). Il sera ensuite professeur de linguistique à Montpellier jusqu'à sa mort. Tesnière est surtout connu pour ses Eléments de syntaxe structurale, dont la première édition est posthume (1959). Un article publié en 1934, "Comment construire une grammaire?" (Bulletin de la Faculté des Lettres de Strasbourg) en annonçait déjà le programme. Tesnière est également l'auteur d'une Petite grammaire du russe.
Titre de l'ouvrageEléments de syntaxe structurale
Titre traduit
Autre titreEléments de syntaxe structurale
Remarques sur le titre
Type de l'ouvrageOuvrage de grammaire contenant une syntaxe structurale à visées générale, pédagogique et didactique.
Type indexéGrammaire didactique. Linguistique générale. Grammaire didactique. Syntaxe.
Original (date, lieu)1959, Paris, Librairie Klincksieck.
Période|20e s.|
Édition utilisée2e éd. revue et corrigée; 1965, Paris, Librairie Klincksieck, 2e tirage, 1969, 3e tirage, 1976, 4e tirage, 1982, 5e tirage, 1988.
VolumétrieIn-8°, [6] + VII-XXVI + 1-671 = 697 pages [+ 4 pages (bibliographie des travaux de Lucien Tesnière, ajoutée à partir du deuxième tirage) + carte hors texte]; nombre moyen de signes par page: 3900 signes.
Nombre de signes2 730 000
Reproduction moderneOuvrage actuellement disponible dans le commerce.
DiffusionIl existe deux éditions dont la seconde est régulièrement réimprimée sans changement. D'après l'avertissement de l'ouvrage, une première rédaction a été préparée dès avant 1939, mais le texte a été perfectionné jusqu'en 1950. Le livre étant paru à titre posthume, le texte a bénéficié des corrections de disciples et d'amis de l'auteur, notamment de F. Daumas, J. Fourquet, P. Garde, J. Perrot, E. Richer. Traduction allemande, sous le titre: Grundzüge der strukturalen Syntax, Stuttgart, 1980. Traduction espagnole (par Esther Diamante), sous le titre: Elementos de sintaxis estructural, Madrid, 1994 (ed. Gredos, 2 vol., 1185 p., Collection Biblioteca románica hispánica 2, Estudios y ensayos, 385). Traduction russe partielle (par Serge Sakhno et al.).
Langue(s) cible(s)Langues du monde.
MétalangueFrançais.
Langue des exemplesSyntaxe à visée générale, mais construite sur base d'exemples de français, latin, grec, langues germaniques, langues romanes, langues slaves, arabes, hébreu, finnois, hongrois, turc, breton, basque, chinois...
Sommaire de l'ouvrageL'ouvrage est fortement structuré: il comporte 3 parties dont la première et la troisième sons subdivisées respectivement en 5 et 6 livres, le tout comportant 278 chapitres numérotés en continu et eux-mêmes subdivisés en paragraphes numérotés. Dédicace, présentée sous forme de stemma. [p. VII-XVII] Table des matières. [XIX-XXVI] Table des [366] stemmas. [1] Avertissement et avertissement de la 2e édition. [3-7] Préface et préface de la 2e édition [par J. Fourquet]. [9-319] Première partie: La connexion. [11-101] Livre A: Préambule. [11-33] I, Structure ((a) ordre; (b) adhérence; (c) classification). [34-39] II, Forme. [39-40] III, Fonction. [40-51] IV, Sens. [51-94] V, Espèces de mots. [94-101] VI, Espèces de phrases. [102-190] Livre B: Structure de la phrase simple. [102-144] I, Nœud verbal ((a) actants; (b) circonstants; (c) subordonnés directs du verbe). [144-181] II, Nœud substantival. [181-186] III, Nœud adjectival. [186-190] IV, Nœud adverbial. [191-237] Livre C: Interrogation et négation. [238-282] Livre D: Valence. [283-319] Livre E: Métataxe. [321-358] Deuxième partie: La jonction. [359-660] Troisième partie: La translation. [361-410] Livre A: Introduction. [361-384] I, Théorie. [384-408] II, Variétés. [408-410] III, Classification. [411-473] Livre B: Translation du premier degré: translation simple. [474-541] Livre C: Translation du premier degré: translation multiple. [474-516] I, Translation double. [516-530] II, Translation triple. [531-536] III, Translation quadruple. [537-541] IV, Translation quintuple, sextuple et septuple. [543-617] Livre D: Translation du second degré: translation simple. [618-628] Livre E: Translation du second degré: translation multiple. [629-660] Livre F: Applications. [661-664] Conclusion. [665-670] Petit lexique de syntaxe structurale. Addenda. [671-674] Bibliographie des travaux de Lucien Tesnière. Hors texte: Carte de la "répartition typologique des langues (indigènes) par le sens du relevé linéaire".
Objectif de l'auteurTesnière propose de décrire le système syntaxique des langues sur la base de principes simples. Il vise une applicabilité pédagogique maximale dans l'apprentissage de la structure des langues (le français, comme d'autres langues, européennes ou non: sa syntaxe se veut générale). Il recherche le lien le plus adéquat entre la théorie scientifique, qui se doit d'être rigoureuse, et l'enseignement grammatical, notamment par l'observation et le classement de la multiplicité des faits concrets de langue.
Intérêt généralLa syntaxe de Tesnière fait la distinction entre, d'une part, l'ordre linéaire de la phrase et, d'autre part, la structure de la phrase, qui est cachée. Cet ordre structural, contrairement à la chaîne parlée ou écrite, est à plus d'une dimension. Cela permet d'analyser la hiérarchie des relations de dépendance. Tesnière propose ainsi la première syntaxe de dépendance capable de concurrencer le système fonctionnel traditionnel.
Parties du discoursAprès une critique en règle de la classification traditionnelle des mots en parties du discours, Tesnière divise les mots de la langue en mots pleins, qui sont chargés d'une fonction sémantique, d'un sens, et en mots vides, qui ne le sont pas. Seuls les premiers sont susceptibles de constituer un nœud (élément qui a sous sa dépendance un autre élément): ce sont les verbes, les substantifs, les adjectifs qualificatifs, certains pronoms et adverbes suffisamment autonomes (moi, aujourd'hui). Les mots vides sont interdits de position de nœud: ce sont les déterminants, les pronoms et les adverbes non autonomes (je, très).
Innovations term.Tesnière représente la phrase à l'aide d'une figure d'arbre, très pédagogique, appelée stemma. Selon lui, la phrase représente le déroulement d'un "procès", d'un "petit drame" ou des "acteurs" (les actants) évoluent dans un "décor" (les circonstants). Dans une phrase, le centre absolu est normalement le verbe. Tesnière rassemble sous le nom d'actant les anciennes fonctions sujet (prime actant), complément d'objet direct (second actant) et indirect (tiers actant). Les anciens compléments circonstanciels sont appelés circonstants. Le sujet est donc un actant presque comme un autre. Il existe une relation sémantique et structurale plus forte entre un verbe et ses actants qu'entre le même verbe et ses circonstants. Tesnière propose de classer les verbes en fonction du nombre d'actants qu'ils peuvent régir en théorie. Il utilise la métaphore chimique de la valence pour désigner le nombre d'actants (nombre limité de 0 à 3) qu'un verbe peut avoir sous sa dépendance.
Corpus illustratifLe plus souvent des mots, syntagmes ou phrases construites, issus des différentes langues étudiées, mais également, dans la partie Applications, des extraits d'auteurs anciens ou classiques (Platon, Tacite, La Fontaine, Bossuet, Corneille, Racine, Voltaire...).
Indications compl.Il y a un lien très fort entre morphologie et syntaxe. La morphologie commande à la syntaxe. Telle partie du discours aura telle fonction. Tout nom devrait être actant, tout adverbe, circonstant. Cependant, un nom peut être employé comme un adjectif (une robe saumon); un adverbe peut même avoir un emploi de nom (Demain est un autre jour). Pour rendre compte de ces phénomènes de transfert, Tesnière met au point la théorie de la translation. Un mot pourra occuper une fonction qui n'a pas été prévue pour lui s'il est translaté, avec ou sans l'aide d'un élément translatif (la préposition, par exemple, dans la femme de Pierre; la conjonction de subordination dans Je pense que Pierre viendra).
Influence subieSi peu de linguistes sont cités (l'ouvrage ne comporte d'ailleurs pas de bibliographie), on remarque l'influence notamment de Bally (plus que de Saussure), de l'Ecole de Prague (Troubetzkoy et Jakobson), de Meillet, Vendryes, Gougenheim et Brunot. Damourette & Pichon et Benveniste sont souvent mentionnés. Par ailleurs, Tesnière connaissait les travaux des Américains Boas (à travers ceux de Benveniste) et Sapir.
Influence exercéeTesnière a fourni à la syntaxe des outils de description. Cette syntaxe ne se limite pas au français. Ses connaissances linguistiques variées (langues slaves et germaniques, hébreu, finnois, hongrois, breton) lui ont permis d'élaborer un système qui se veut général. La conception de syntaxe de dépendance, les concepts d'actant, de circonstant et de valence, le mécanisme de la translation sont autant de notions grammaticales dont les linguistes se servent, quel que soit le cadre théorique dans lequel ils travaillent. Tesnière a exercé une influence particulièrement forte en Allemagne (voir par ex. la tentative d'application de la théorie tesnérienne au latin par Heinz Happ). Pour un bilan, voir Madray-Lesigne & Richard-Zappella éd. 1995.
Renvois bibliographiquesArrivé M. 1969; Baum R. 1976; Benveniste E. 1960; Corblin F. 1991; Coulardeau J. 2009; Helbig G. 1992; Madray-Lesigne F. & Richard-Zappella J. (éd.) 1995.
→ Références
Auteur de la noticeVan Raemdonck, Dan
Création ou mise à jour2000