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Kātantra

Śarvavarman

DomaineTraditions non-occidentales
SecteurSanskrit, prakrits et pali: écoles non paninéennes [4332]
Auteur(s)

Śarvavarman

Datation: ca 400?

Śarvavarman est le seul nom courant connu. Aucune information n'est disponible à son sujet. Bouddhiste, auteur supposé de la grammaire sanskrite appelée Kātantra, dont les plus anciens manuscrits connus, sous la forme de fragments découverts en Asie centrale, datent des alentours de 400 p.C.

Titre de l'ouvrageKātantra
Titre traduitPetit traité
Titre courtKātantra
Remarques sur le titreLe titre courant pourrait indiquer que l'ouvrage est le résultat d'un abrègement. Deux autres titres sont également connus: 1) Kalāpa [Ensemble de quatre], nom courant dans la tradition tibétaine, probablement par référence à la division quadripartite du livre (Lüders 1930, p. 718); 2) Kaumāra [Traité de Kumāra]. Ce nom, qui, selon la légende, s'expliquerait par le fait que l'ouvrage aurait été manifesté à son auteur par la grâce du dieu de la guerre Kumāra (alias Skanda, fils de Śiva), est, en réalité, dérivé de celui de son auteur, Kumāralāta et suggérerait, avec d'autres facteurs, que l'ouvrage de Śarvavarman est une refonte de celui de Kumāralāta, connu fragmentairement par des manuscrits trouvés en Asie centrale (Lüders 1930).
Période|3e s.|4e s.|
Type de l'ouvrageGrammaire du sanskrit, peut-être la plus ancienne après celle de Pāṇini. Les règles sont rédigées, comme toujours en Inde, sous forme d'aphorismes (sūtra). Un recueil de racines (dhātupāṭha), complément de la grammaire, est également attribué à Śarvavarman, mais de manière incertaine (Palsule 1961, p. 36-41 et 49-53).
Type indexéRègles grammaticales
Édition originaleLa composition s'est faite en plusieurs étapes, avec un noyau qui pourrait remonter au 1er s. p.C.; la version complète date des années 800 p.C., époque où l'ouvrage est intégré dans le canon tibétain. Première édition imprimée: The Kātantra, with the commentary of Durgasiṃha. Edited, with notes and indexes [incomplets] by Julius Eggeling. Calcutta, Bibliotheca Indica, 1874-1876.
Édition utiliséeThe Kātantra, with the commentary of Durgasiṃha. Edited, with notes and indexes [incomplets] by Julius Eggeling. Calcutta, Bibliotheca Indica, 1874-1876.
Volumétrie3 vol, 576 pages.
Nombre de signes604800
Reproduction moderne
DiffusionManuscrits anciens en Asie centrale, où le Kātantra est la grammaire sanskrite la plus diffusée. Le commentaire rédigé par l'auteur des aphorismes n'est pas parvenu jusqu'à nous, mais des traces indirectes en sont conservées dans les manuscrits. Le commentaire complet le plus utilisé est celui de Durgasiṃha (8e s. p.C.; éd. Eggeling), mais il en existe de nombreux autres, rédigés dans les milieux et les régions où le Kātantra a été diffusé (commentateurs jaina au Gujerat ou dans le sud de l'Inde, commentateurs originaires du Bihar ou du Bengale: Belvalkar 1915, p. 88-91); traductions et commentaires tibétains (Verhagen 1994, p. 193-198).
Langues ciblesSanskrit
MétalangueSanskrit
Langue des exemples
Sommaire de l'ouvrageQuatre chapitres comprenant respectivement quatre quartiers (pāda) chacun dans le texte primitif (Liebich 1919; Lüders 1930, p. 673), soit un total de 775 aphorismes: I. Métalangue et sandhi (79 sūtra) – II. Déclinaison (257 sūtra): nom, pronom, emploi des cas, formation du féminin – III et IV. Verbe (216 + 223 sūtra) incluant conjugaison, emploi des temps et des modes, conjugaisons dérivées, redoublements, lois phonétiques particulières, substitution de racines, formation des thèmes, etc. Dans le texte élargi commenté par Durgasiṃha, les deux chapitres traitant du verbe sont réunis en un. S'ajoutent à l'ensemble un long chapitre sur la dérivation nominale primaire (556 sūtra répartis en six sections) qui forme donc le quatrième de l'ouvrage, que la tradition elle-même n'attribue pas à Śarvavarman, ainsi que deux sections en vers intégrées au deuxième chapitre traitant respectivement de la composition nominale (29 sūtra) et de la dérivation secondaire (50 sūtra).
Objectif de l'auteur
Intérêt généralAdoptant une présentation grammaticale de type thématique et renonçant au modèle génératif qui fait la caractéristique de Pāṇini, le Kātantra a l'intérêt d'inaugurer une nouvelle approche de la grammaire sanskrite où domine l'angle pédagogique.
Parties du discoursDestiné à l'apprentissage du sanskrit en milieu bouddhique, le Kātantra est dégagé des contraintes qu'imposait à Pāṇini la prise en compte du védique, et n'inclut donc ni les règles relatives à cet état de langue, ni celles relatives à l'accentuation. D'autre part, l'analyse du verbe se fait en neuf classes (au lieu de dix), les présents radicaux athématiques et athématiques à redoublement étant considérés comme appartenant au même groupe (Kirste 1895, p. 121).
Innovations term.Bien qu'il fasse usage de la terminologie pāṇinéenne, le Kātantra la simplifie, renonçant par exemple aux énoncés condensés (pratyāhāra).
Corpus illustratifComme toujours dans les grammaires indiennes, le corpus illustratif est exclusivement du ressort du commentaire: phrases ou plus souvent mots isolés qui constituent des exemples construits.
Indications compl.
Influence subieCelle de la grammaire de Kumāralāta (3e-4e s.), connue par des manuscrits fragmentaires d'Asie centrale, dont le Kātantra paraît être une réfection.
Influence exercéeNé en milieu bouddhique, le Kātantra a nécessairement influencé les grammairiens du pali, notamment Kaccāyana (Renou 1957, p. 127-133).
Renvois bibliographiquesLiebich B. 1919; Lüders H. 1940
Rédacteur

Balbir, Nalini

Création ou mise à jour2000